Salaire ramoneur en 2026 : minima, artisan, primes et net

Un ramoneur salarié touche au minimum le SMIC, soit 1 867 € brut par mois depuis juin 2026, et sa convention collective n’est pas fixée d’avance : bâtiment ou installation thermique selon l’entreprise. L’artisan, lui, vit de son chiffre d’affaires. Voici les minima connus, le régime micro-entreprise, les primes et le passage du brut au net.

1 867,02 €SMIC brut mensuel, temps plein, depuis le 1er juin 2026
1 899 €brut mensuel au coefficient 185 du bâtiment, Île-de-France, 2026
21,2 %de cotisations sur le chiffre d’affaires d’une micro-entreprise de prestations, 2026

Aucune source officielle ne publie un salaire moyen ou médian pour le ramoneur. Les fourchettes qui circulent sur les sites d’emploi ne sont pas reprises ici, faute de méthode publiée. Ce qu’on peut établir, ce sont les planchers légaux et conventionnels et le fonctionnement du revenu d’artisan.

Salarié : quelle convention collective pour un ramoneur ?

Le ramonage n’a pas de convention propre. Une entreprise de ramonage-fumisterie relève de la convention du bâtiment (IDCC 1596 jusqu’à 10 salariés, IDCC 1597 au-delà) ou de celle de l’installation aéraulique, thermique et frigorifique (IDCC 1412), selon son activité principale. Le classement précis d’un ramoneur n’est établi par aucune source lue : vérifiez la convention inscrite sur votre bulletin de paie.

Dans le bâtiment, les minima sont fixés région par région. En Île-de-France, selon l’accord du 5 novembre 2025 applicable depuis le 5 février 2026 (Salerya), les niveaux N1 et N2 inférieurs (coefficients 150 et 170) sont rattrapés par le SMIC. La classification, elle, est nationale : le CAP donne droit au coefficient 185, un brevet professionnel ou un bac pro au 210, d’après la CAPEB.

Coefficient (bâtiment)NiveauBrut mensuel, Île-de-France 2026
150 et 170N1, exécution1 867,02 € (SMIC)
185N2, ouvrier professionnel (CAP)1 899 €
210N3, compagnon (bac pro, BP)2 038 €
230N3, compagnon confirmé2 164 €
250N4, chef d’équipe2 292 €
270N4, maître ouvrier2 510 €
Source : accord du 5 novembre 2025 (Salerya) et classification CAPEB, minima pour 35 heures. Les autres régions ont leur propre accord : en Bretagne, le 185 est à 1 917,70 € et le 210 à 2 082,95 € au 1er janvier 2026 (Juritravail).

Dans l’IDCC 1412, l’avenant n° 77 du 26 mars 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026, fixe des minima nationaux de 1 872,00 € (niveau I A, coefficient 176) à 2 143,20 € (IV A, coefficient 260) pour les ouvriers, jusqu’à 2 988,67 € au niveau V C, selon Juristique, recoupé avec LégiSocial. Je n’ai pas trouvé à quel niveau serait classé un ramoneur.

Artisan et micro-entrepreneur

La majorité des ramoneurs travaillent à leur compte, avec une immatriculation au répertoire des métiers. Les revenus ne sont pas plafonnés mais dépendent du volume de tournées, de la zone et des charges : véhicule, matériel, assurances, fournitures.

La seule statistique officielle repérée est celle de l’Insee sur les non-salariés de la construction, sans détail par métier : en 2023, hors micro-entrepreneurs, le revenu d’activité mensuel médian est de 2 610 €, le premier décile à 800 € et le neuvième à 6 050 €, avant CSG et CRDS (Insee, publié le 26 novembre 2025). Elle décrit un ensemble très large de métiers, sans isoler les ramoneurs.

En micro-entreprise, les prestations de services relèvent des BIC : 21,2 % de cotisations sur le chiffre d’affaires, avec un plafond de 83 600 € par an (economie.gouv.fr). Pour 4 000 € encaissés dans le mois, les cotisations sont de 848 €. Ce montant précède l’impôt, l’essence, le matériel et l’assurance.

Côté tarifs, Groupama relève en 2026 de 40 à 90 € pour une cheminée ouverte, de 50 à 130 € pour un insert, de 40 à 85 € pour un appareil à gaz et de 50 à 85 € au fioul. Ce sont des prix d’un assureur, pas une statistique de la profession. Ils servent d’ordre de grandeur pour bâtir un chiffre d’affaires.

Primes, indemnités et variables

Le salaire de base est complété par des éléments qui dépendent de la convention appliquée. Dans le bâtiment, l’indemnité de trajet et de panier compense les repas pris sur chantier : 10,80 € par jour en Île-de-France en 2025, d’après Salerya. Les montants de grand déplacement ne sont pas publics.

Les intempéries concernent un ramoneur du bâtiment qui ne peut monter sur un toit : l’indemnisation est de 75 % du salaire, pour 9 heures par jour au plus, 45 heures par semaine et 495 heures par an, avec une première heure non indemnisée (CIBTP Sud-Ouest). Cette règle ne vaut que si l’entreprise relève du bâtiment.

Dans l’IDCC 1412, une prime d’ancienneté existe, calculée sur un point valant 5,90 € depuis le 1er avril 2026 (avenant n° 78 du 26 mars 2026, extension par arrêté du 11 juin 2026). Le taux applicable n’a pas été retrouvé : consultez le texte de branche. La saisonnalité d’automne peut produire des heures supplémentaires majorées, dont le calculateur d’heures supplémentaires donne le détail.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Le salaire du ramoneur salarié progresse avec le coefficient : diplôme, autonomie, encadrement. La région joue, puisque le bâtiment négocie ses minima localement. L’artisan, lui, progresse avec sa clientèle et son offre.

SituationRepère chiffréAnnée
Débutant sans diplôme, plancher légal1 867,02 € brut par mois2026
CAP, bâtiment Île-de-France (185)1 899 € brut par mois2026
CAP, bâtiment Bretagne (185)1 917,70 € brut par mois2026
Compagnon (210), Île-de-France2 038 € brut par mois2026
Compagnon (210), Bretagne2 082,95 € brut par mois2026
Chef d’équipe (250), Île-de-France2 292 € brut par mois2026
Source : Salerya et Juritravail, minima du bâtiment ouvriers. La classification d’un ramoneur dans ces niveaux n’est pas établie.

La spécialisation en fumisterie (tubage, création de conduits) et l’installation de poêles ouvrent des prestations mieux facturées qu’un ramonage seul, mais je n’ai pas de tarif public pour un tubage. Un brevet professionnel ou un bac pro ouvre le coefficient 210 dans la classification du bâtiment, selon la CAPEB.

Du brut au net

Pour un salarié, on retient 21 % de cotisations salariales sous le plafond mensuel de 4 005 € en 2026. Au coefficient 185 en Île-de-France, 1 899 € brut donnent environ 1 500 € net avant impôt (1 899 x 0,79 = 1 500,21). Au coefficient 210, 2 038 € brut donnent environ 1 610 € net. Ce calcul ne tient pas compte du prélèvement à la source ni des primes.

Pour simuler votre cas, utilisez le calculateur brut en net. Si vous exercez en micro-entreprise, le calculateur de charges d’auto-entrepreneur chiffre vos cotisations sur votre chiffre d’affaires.

Comparaison avec les métiers proches

Les deux métiers voisins dont le cadre est chiffré sur le site partagent l’une des deux conventions possibles pour le ramoneur.

MétierCadre et repèreAnnée
RamoneurPlancher : SMIC 1 867,02 € brut, convention non établie2026
MaçonBâtiment, coefficient 185 Île-de-France : 1 899 € brut par mois2026
FrigoristeIDCC 1412 : minima de 1 872,00 € à 2 988,67 € brut pour les ouvriers et techniciens des niveaux I à V2026
Sources : Salerya, Juristique, LégiSocial. Grilles conventionnelles, minima et non salaires réels.

Ramoneur : métier, formation et débouchésMissions, titre Ramoneur fumiste, réglementation du ramonage et évolutions.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner

Trois éléments comptent : la convention appliquée, qui change les minima et les primes, le diplôme reconnu, qui fixe le coefficient, et la région. Pour un artisan s’ajoutent la densité de clientèle, la part de fumisterie dans l’activité et la saison.

Pour négocier, demandez le coefficient et la convention écrits sur le contrat, puis comparez avec le minimum de votre région sur le site de la fédération du bâtiment. Le titre Ramoneur fumiste (RNCP 41734) est un argument concret. Enfin, un devis clair et un certificat de ramonage bien rempli font la réputation d’un indépendant plus sûrement qu’un tarif bradé.

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