Maire : élection, missions et indemnité en 2026

Le maire n’est pas un salarié mais un élu : le conseil municipal le désigne parmi ses membres après chaque élection municipale, pour un mandat de six ans. Officier d’état civil et de police judiciaire, il dirige l’exécutif communal et détient seul les pouvoirs de police. Il perçoit en échange une indemnité de fonction, fixée par la loi selon la taille de sa commune, pas un salaire négocié.

AccèsÉlectionpar le conseil municipal
Mandat6 ansprochain renouvellement en 2032
Indemnité1 155 à 5 960 €brut mensuel selon la population
Où exercerUne mairieparmi les 34 986 communes de France

Ce que fait un maire

Le maire n’est pas recruté : il est élu. Après chaque élection municipale, le conseil municipal se réunit et le désigne parmi ses membres, au scrutin secret et à la majorité absolue lors des deux premiers tours, à la majorité relative au troisième (article L. 2122-7 du code général des collectivités territoriales, CGCT). En cas d’égalité de voix, le plus âgé des candidats est déclaré élu. Le mandat dure six ans : les dernières élections municipales se sont tenues les 15 et 22 mars 2026, dans 34 986 communes, selon une note du Cevipof de Sciences Po.

Une fois élu, il devient officier d’état civil de plein droit, comme ses adjoints : il enregistre naissances, reconnaissances, mariages et décès, et délivre les livrets de famille (article L. 2122-32 du CGCT). Depuis le 29 décembre 2019, il peut déléguer cette fonction à un conseiller municipal, y compris pour célébrer un mariage. Depuis le 1er janvier 2020, il peut aussi la déléguer à un fonctionnaire titulaire de la commune, sauf pour la célébration et la signature de l’acte de mariage : un agent contractuel ne peut jamais signer un acte d’état civil à sa place. Les Pacs sont enregistrés en mairie depuis le 1er novembre 2017, une compétence transférée des tribunaux.

Le maire est aussi officier de police judiciaire, au sens de l’article 16 du code de procédure pénale, sous l’autorité du procureur de la République et non du préfet. Il détient seul les pouvoirs de police municipale : assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques sur le territoire de la commune (article L. 2212-2 du CGCT). Ce pouvoir s’exerce par arrêté municipal : il ne peut être ni partagé avec le conseil municipal, ni délégué, ni transféré à une intercommunalité.

Le maire exécute enfin les décisions du conseil municipal (article L. 2122-21 du CGCT) : il prépare et engage le budget, dirige l’administration communale, souvent avec l’appui d’un secrétaire de mairie dans les petites communes, et représente la commune dans les actes de la vie civile et en justice.

Les compétences attendues

La qualité la plus citée par les maires en exercice est la disponibilité : réunions de conseil en soirée, permanences le samedi pour les mariages, astreintes lors d’un incident ou d’un épisode climatique. Le mandat n’a pas d’horaires fixes.

Le maire arbitre en permanence entre des intérêts contradictoires : habitants, commerçants, agriculteurs, associations. Il doit savoir écouter, trancher et assumer une décision impopulaire, souvent sans formation juridique ou budgétaire préalable.

Les bases du droit des collectivités, des finances publiques et de l’urbanisme s’acquièrent en général sur le mandat, avec l’appui du secrétaire de mairie ou des services de la commune, des associations d’élus et des centres de gestion départementaux.

Devenir maire : une élection, pas un recrutement

Aucun diplôme ni concours ne mène à la mairie. Le parcours passe par le suffrage universel, puis par un vote interne au conseil municipal.

  1. Se porter candidat aux élections municipalesÊtre français ou ressortissant d’un pays de l’Union européenne, avoir 18 ans révolus et être inscrit sur les listes électorales de la commune.
  2. Être élu conseiller municipalLe scrutin de liste s’applique désormais à toutes les communes, y compris celles de moins de 1 000 habitants.
  3. Être élu maire par le conseil municipalLors de la séance d’installation, au scrutin secret, à la majorité absolue puis relative.
  4. Organiser le mandat avec une activité professionnelleCrédit d’heures et autorisations d’absence pour les élus salariés, protection contre le licenciement lié au mandat.

Un ressortissant de l’Union européenne non français peut être élu conseiller municipal, mais pas maire ni adjoint : cette restriction remonte au traité de Maastricht de 1992. Les agents dont les fonctions touchent à la comptabilité communale ne peuvent pas être maire dans le ressort de leur service (article L. 2122-5 du CGCT), et magistrats, policiers, gendarmes ou hauts fonctionnaires de préfecture restent inéligibles dans leur ressort pendant les six mois suivant la fin de leurs fonctions.

Depuis la loi organique n° 2014-125 du 14 février 2014, un député ou un sénateur ne peut plus être maire. La loi n° 2000-295 du 5 avril 2000 interdit par ailleurs de cumuler la fonction de maire avec celle de président du conseil départemental ou du conseil régional.

Le maire ne doit pas être confondu avec l’adjoint au maire, qui reçoit de lui des délégations (état civil, urbanisme, affaires scolaires) mais n’a pas de pouvoir de police propre, ni avec le conseiller municipal, qui siège au conseil sans fonction exécutive, sauf délégation ponctuelle depuis 2019 pour l’état civil. Ces deux mandats n’ont pas encore de fiche dédiée sur ce site.

Où exercer et dans quelles conditions

Le maire exerce à la mairie de sa commune, de quelques dizaines d’habitants à plusieurs centaines de milliers. En mars 2026, 34 986 communes ont renouvelé leur conseil municipal, un nombre en baisse de 4,7 % depuis 2001 en raison des fusions de communes, selon le Cevipof.

Dans la majorité des petites communes, le maire garde une activité professionnelle ou est retraité : l’indemnité, modeste sous les 3 500 habitants, ne suffit pas à en vivre. La loi lui garantit un crédit d’heures trimestriel et des autorisations d’absence auprès de son employeur pour exercer le mandat (articles L. 2123-1 et L. 2123-2 du CGCT).

Plus la commune est peuplée, plus le mandat se rapproche d’un exercice à temps plein, avec un cabinet, des adjoints délégués et une administration étoffée.

Ce qui plaît

  • Agir concrètement sur la vie quotidienne des habitants.
  • Une légitimité forte, conférée par le suffrage universel.

Ce qui pèse

  • Une disponibilité presque sans limite, soirs et week-ends compris.
  • Une exposition aux critiques, parfois aux violences, sans la protection d’un employeur classique.

Combien gagne un maire

Le maire ne perçoit pas un salaire mais une indemnité de fonction, fixée par la loi selon la population de la commune (article L. 2123-23 du CGCT). Sous 3 500 habitants, le taux maximal s’applique de droit depuis la loi Engagement et proximité de 2019, sans délibération du conseil municipal. Celui-ci ne peut voter un montant inférieur que si le maire le demande lui-même.

1 155 €brut mensuel sous 500 habitants, 2026
2 290 €brut mensuel de 1 000 à 3 499 habitants
5 960 €brut mensuel à partir de 100 000 habitants

Indemnité de maire en 2026Barème complet par strate, majorations, cotisations et cumul de mandats.Voir l’indemnité

Profil et renouvellement des maires en 2026

Aux élections municipales de mars 2026, environ 900 000 candidats se sont présentés sur 50 478 listes, un nombre plus que doublé depuis 2020 avec la généralisation du scrutin de liste à toutes les communes. 68 % des communes n’ont connu aucune compétition électorale, contre 55 % en 2020, selon le Cevipof.

Les candidates représentent 49 % des candidats en 2026, mais seulement 24,7 % des têtes de liste. En 2020, dernière élection pour laquelle le profil des maires élus est connu, 20 % des maires étaient des femmes, contre 12 % en 2001, pour un âge moyen de 59 ans, 57 ans chez les femmes et 60 ans chez les hommes.

Le renouvellement recule : 63 % des maires sortants se sont représentés en 2026, contre 69 % en 2020 et plus de 70 % en 2008 et 2014. L’écart entre les sexes se creuse aussi, avec 65 % des hommes sortants candidats à nouveau contre 54 % des femmes.

Cumul, intercommunalité et fin de mandat

Un maire peut aussi présider ou diriger une intercommunalité : communauté de communes, d’agglomération ou métropole. Le cumul des indemnités reste possible, mais leur somme est plafonnée à une fois et demie le montant de l’indemnité parlementaire (article L. 2123-20 du CGCT), soit environ 8 898 € brut par mois au 1er janvier 2024. Au-delà, l’excédent revient au budget de la collectivité où l’élu exerce le mandat le plus récent.

En fin de mandat, le maire ou l’adjoint qui a cessé son activité professionnelle pour se consacrer à sa fonction peut demander une allocation différentielle de fin de mandat (article L. 2123-11-2 du CGCT). Elle couvre jusqu’à 100 % de la différence entre l’indemnité et les autres ressources pendant douze mois, puis 80 % jusqu’au vingt-quatrième mois. La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local a supprimé les seuils de population qui limitaient jusque-là cette aide.

Côté retraite, l’indemnité ouvre des droits à l’Ircantec, le régime complémentaire obligatoire des élus, dès le premier euro perçu. L’affiliation au régime général de base ne devient obligatoire qu’au-delà de la moitié du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 24 030 € par an en 2026 ; en dessous, une cotisation volontaire reste possible. Deux régimes facultatifs par rente, le Fonpel et la Carel, permettent de la compléter, financés à parts égales par l’élu et la commune.

Métiers proches

Ces métiers gravitent autour de la mairie et de la collectivité, sans être des mandats électifs.

Maire, adjoint, conseiller municipal, directeur d’administration centrale : ne pas confondre

L’adjoint au maire et le conseiller municipal sont aussi des élus locaux, mais sans les pouvoirs propres du maire : l’adjoint agit par délégation, dans le domaine que le maire lui confie, et le conseiller siège au conseil municipal sans fonction exécutive.

Le directeur d’administration centrale n’a rien à voir avec le maire, malgré la proximité des deux intitulés dans certaines recherches : c’est un haut fonctionnaire de l’État, nommé en conseil des ministres, qui dirige une direction d’un ministère à Paris. Le maire, lui, est élu par ses concitoyens ou par leurs représentants, pour administrer un seul territoire, sa commune, avec des pouvoirs que la loi lui attribue en propre et non par délégation d’un ministre.

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