Salaire courtier en travaux en 2026 : commissions et net

Un courtier en travaux ne touche pas de salaire au sens strict : il est payé quand un chantier se signe, le plus souvent par une commission de l’artisan. Le revenu dépend donc du volume de travaux placés, du taux négocié et du statut. Voici les repères sourcés, ceux qui manquent, et un calcul du net en micro-entreprise.

Courtier en travaux sur un chantier
5 à 15 %commission sur les travaux signés, selon les guides du secteur
2 407 €brut mensuel minimum ETAM niveau E du bâtiment en Île-de-France en 2026
50 000 €chiffre d’affaires annuel espéré par un indépendant, selon Obat

Le revenu d’un courtier en travaux : trois statuts, trois logiques

Aucun organisme public ne publie de revenu moyen du courtier en travaux. Le métier n’a ni convention collective dédiée, ni statut réglementé, ni code statistique propre que nous ayons pu identifier. Tout ce qui suit vient de guides de professionnels, donc de sources commerciales, et doit se lire comme un ordre de grandeur.

Trois situations coexistent. L’indépendant encaisse des commissions et déclare un chiffre d’affaires. Le franchisé exerce sous enseigne et paie un droit d’entrée, d’environ 20 000 € selon Obat. Le salarié travaille pour une plateforme ou une entreprise du bâtiment, avec un fixe que personne ne publie pour ce poste.

Indépendant : la commission des artisans

Le taux de commission n’est pas standard. Obat cite 7 à 10 % du montant des travaux, prélevés sur chaque entreprise intervenant dans le projet. La plateforme Hemea indique un pourcentage « le plus souvent compris entre 10 % et 15 % ». Effy annonce 5 à 15 %, avec des cas allant jusqu’à 30 % qu’il juge à surveiller. L’écart tient au métier exercé : une simple mise en relation se paie moins qu’un suivi complet.

Le client peut aussi payer des honoraires. Obat évoque moins de 3 % du coût des travaux pour des prestations d’assistance comme le montage de dossiers de financement, la prospection restant gratuite pour lui. Les artisans intègrent en général la commission dans leurs devis : le prix payé par le client la contient déjà.

SourceTaux de commissionNature de la source
Obat7 à 10 %éditeur de logiciel pour artisans
Hemea10 à 15 %plateforme de courtage
Effy5 à 15 %acteur de la rénovation énergétique
Sources : guides en ligne d’Obat, Hemea et Effy consultés en septembre 2026, non datés. Aucune source publique indépendante.

L’ancienne fiche du site citait 7 à 15 % et un revenu de 2 000 € brut par mois en début d’activité, puis 4 100 € en moyenne. Ces chiffres venaient de sites d’emploi et de blogs sans méthode publiée : nous ne les reprenons pas. Effy avance de son côté 2 000 à 3 500 € par mois en début d’activité et 5 000 à 8 000 € pour un profil expérimenté, sans dire d’où viennent ces montants.

Salarié : le bâtiment ou une plateforme

Un courtier salarié d’une entreprise du bâtiment relève de la convention collective de son employeur. Pour les ETAM du bâtiment, les minima en Île-de-France (hors Seine-et-Marne) ont été relevés par l’accord du 5 novembre 2025 (IDCC 2609), selon Juristique. La bonne convention dépend de l’employeur : vérifiez-la avec l’outil du site.

Niveau ETAMMinimum mensuel brut
C2 057 €
D2 239 €
E2 407 €
F2 841 €
G3 119 €
H3 357 €
Source : Juristique, accord du 5 novembre 2025, ETAM du bâtiment en Île-de-France hors Seine-et-Marne, 35 heures, en vigueur en 2026. Le niveau applicable à un courtier dépend de son poste : aucune source ne le classe.

Pour les salariés d’une plateforme, d’un bureau d’études ou d’un réseau relevant de la convention Syntec (IDCC 1486), la grille est celle de cette convention, et non celle du bâtiment. Aucune offre publique de courtier salarié n’a été retrouvée avec un fixe chiffré : ce montant reste non établi. Le guide Michael Page 2026 ne comporte pas de ligne « courtier en travaux » dans les extraits que nous avons relevés.

Primes, variables et charges à prévoir

La rémunération est variable par nature. Un salarié peut avoir un fixe et une part variable sur les chantiers signés, mais nous n’avons trouvé aucun barème public. Un indépendant supporte ses propres coûts : assurance de responsabilité civile professionnelle, décennale si ses missions dépassent la mise en relation, logiciel, déplacements.

La décennale n’est pas obligatoire pour toute activité de courtage. Elle le devient, selon cet assureur, si le courtier gère le planning, dirige l’exécution ou surveille le chantier, l’absence d’assurance étant punie jusqu’à 75 000 € d’amende et six mois de prison. Ce coût réduit d’autant le revenu, sans qu’aucun tarif public ne soit disponible.

Un revenu qui suit le marché

Selon la FFB, l’entretien-rénovation a reculé de 1,1 % en 2025 et devrait encore perdre 0,5 % en 2026. Moins de chantiers signés, c’est moins de commissions.

Évolution selon le volume de chantiers signés

L’expérience compte moins que le volume placé, et aucune statistique ne relie les deux. Le tableau montre donc un calcul, pas un constat : il applique une commission de 10 %, au milieu de la fourchette des sources, à trois niveaux de travaux signés dans l’année. Le taux réel peut être inférieur ou supérieur.

Travaux signés par anCommissions à 10 %Net micro, cotisations à 21,2 %Net micro, cotisations à 25,6 %
300 000 €30 000 €23 640 € par an, soit 1 970 € par mois22 320 € par an, soit 1 860 € par mois
500 000 €50 000 €39 400 € par an, soit 3 283 € par mois37 200 € par an, soit 3 100 € par mois
800 000 €80 000 €63 040 € par an, soit 5 253 € par mois59 520 € par an, soit 4 960 € par mois
Calcul Voilà le travail, 2026 : chiffre d’affaires moins les cotisations sociales de la micro-entreprise (21,2 % ou 25,6 %, Service-public F36232), avant impôt, assurances et frais. Le seuil de 83 600 € de chiffre d’affaires des services n’est pas atteint.

Le chiffre de 50 000 € de chiffre d’affaires est celui qu’Obat juge atteignable pour un indépendant. Il suppose 500 000 € de travaux placés à 10 %, soit une dizaine de chantiers de 50 000 €. Ce n’est pas une moyenne observée, et la région, le réseau et la conjoncture pèsent sur le résultat.

Du brut au net

Pour un salarié, les cotisations salariales représentent 21,00 % du brut sous le plafond mensuel de 4 005 € en 2026. Un ETAM au niveau E à 2 407 € brut touche environ 1 901 € avant prélèvement à la source, un niveau H à 3 357 € environ 2 652 €. Le calculateur brut en net précise selon le cas.

Pour un indépendant en micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires. Les sources divergent sur la catégorie : le courtage en travaux peut relever des prestations de services BIC (21,2 %) ou des activités libérales non réglementées BNC (25,6 %), et nous n’avons pas obtenu de confirmation de l’Urssaf. Les deux cas figurent dans le tableau ci-dessus. Le plafond de chiffre d’affaires est de 83 600 € pour les services. Le calculateur micro-entrepreneur chiffre les cotisations.

À titre de repère, et sans lien avec le courtage, l’Insee mesure pour 2023 un revenu médian de 2 610 € par mois chez les non-salariés de la construction, hors micro-entrepreneurs et avant CSG et CRDS. Ce chiffre concerne les artisans du bâtiment, pas les intermédiaires.

Comparaison avec les métiers proches

MétierRepère de rémunérationSource
Courtier en travauxNon établi ; commission de 5 à 15 %Guides du secteur
Conducteur de travaux35 000 € brut par an en junior, 45 000 € et plus après 5 ansMichael Page, guide 2026
Économiste de la construction38 000 à 40 000 € brut par an (0 à 2 ans), 40 000 à 50 000 € (2 à 5 ans), 50 000 à 65 000 € (5 à 15 ans)Michael Page, guide 2026, p. 29
Courtier en assurance23 076 à 55 221 € brut par an, minima conventionnelsIDCC 2247, avenant du 19 juin 2025
Repères en brut annuel, sauf mention. Les montants Michael Page sont des fourchettes de marché, les minima conventionnels des planchers.

La comparaison montre un piège. Un courtier à 39 400 € net par an paraît proche d’un conducteur de travaux, mais c’est un net après cotisations micro, sans congés payés, sans chômage et sans retraite complémentaire. À revenu affiché égal, la protection sociale n’est pas la même.

Courtier en travaux : le métierMissions, statut, assurances, formation et débouchés.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie et comment négocier

Le taux et l’assiette font tout : commission sur le devis hors taxes ou toutes taxes comprises, sur tous les lots ou seulement sur certains. Négociez ces points par écrit avec chaque artisan avant le premier chantier.

Le modèle choisi change le partage. Une franchise apporte des clients mais coûte un droit d’entrée et parfois des redevances, tandis qu’un indépendant garde toute sa commission et cherche seul ses clients. Demandez le taux de transformation des demandes avant de signer avec un réseau.

La protection sociale se construit à la main : prévoyance, retraite, trésorerie pour les mois sans signature. Pour un salarié, négociez le fixe plutôt que le variable, puisque la conjoncture de la rénovation reste fragile.

Pour vérifier les chiffres, comparez les sources indépendantes avant de croire un blog de réseau : Insee, FFB, minima de convention. Le décompte des courtiers et les revenus moyens restent à ce jour sans source officielle.

Envie de changer de métier ?

Reprenez en main votre projet professionnel avec un bilan de compétences 100% en ligne