Agent de voyages : missions, formations, salaire et débouchés
Une famille veut fêter ses trente ans de mariage à Bali, avec deux enfants, un budget serré et un vol modifiable. L’agent de voyages compare, chiffre, réserve, puis reste joignable si la compagnie annule. Ce métier se prépare en deux ans après le bac, en agence, en ligne ou chez un voyagiste, et se défend face aux plateformes par le conseil.

Ce que fait un agent de voyages
Selon la fiche ROME G1303 de France Travail, le conseiller en voyages répond aux besoins des clients : il organise et vend des séjours, conseille sur les destinations, les transports et les hébergements, gère les réservations de vols et d’hôtels, propose des excursions et assure le suivi avant, pendant et après le départ. La fiche liste comme appellations voisines agent de comptoir en vente de voyages, conseiller voyages d’affaires, conseiller voyages en ligne, conseiller vendeur croisières et voyagiste.
Le cœur du métier tient en une conversation. Le client arrive avec une envie floue, une date, un budget. L’agent pose les questions qui font la différence : qui part, quel niveau de confort, quelle tolérance à l’aléa, quelles contraintes de santé ou de passeport. Il ne vend pas une destination, il assemble un dossier cohérent, avec un devis lisible et deux ou trois options à comparer.
La réservation demande de la rigueur. Vols, hôtels, transferts, assurances et excursions passent par des outils de réservation professionnels, propres à chaque voyagiste ou compagnie. Une faute sur l’orthographe d’un nom ou sur une date coûte des frais de modification, et l’agent en répond auprès du client.
Le métier se joue autant après la vente. Une grève, une compagnie qui supprime un vol, un hôtel surbooké : l’agent cherche une alternative, appelle le prestataire et rassure. C’est ce qui justifie l’existence de l’agence face aux sites de réservation en ligne.
Ne pas le confondre avec les métiers voisins
L’agent d’accueil touristique renseigne les visiteurs d’un territoire, le plus souvent en office de tourisme, et ne vend pas de voyage à forfait. Le conseiller en séjour occupe un poste comparable, avec le même accent sur la connaissance locale. Le guide-conférencier conduit des visites et détient une carte réglementée. Le réceptionniste d’hôtel accueille les clients d’un seul établissement.
Plus loin de l’agence, l’agent de comptoir d’une compagnie aérienne relève du transport aérien (convention IDCC 275) et vend des billets, pas des séjours. Le chef de produit tourisme, chez un voyagiste, conçoit les voyages que les agences vendent, et le responsable d’agence encadre l’équipe : nous y revenons dans les évolutions.
Les compétences attendues
La fiche ROME insiste sur cinq familles de compétences. La relation client vient d’abord : écouter, reformuler, respecter les délais de réponse et vérifier la satisfaction. La vente suit : sélectionner les produits selon la demande, présenter les tarifs, les formalités et les centres d’intérêt, puis conclure sans forcer.
La partie administrative pèse davantage qu’on ne l’imagine : établir des titres de transport, gérer réservations et annulations, suivre le dossier jusqu’au départ. La réglementation du voyage à forfait s’y ajoute, car l’agence doit assurer la conformité des voyages proposés avec les règles en vigueur.
Les langues comptent, l’anglais en particulier, ainsi que la géographie et la connaissance des produits. Le savoir-être fait le reste : sens du service, calme face à l’imprévu, capacité à organiser son travail selon les priorités. Les pics d’activité, autour des vacances scolaires et de la saison des réservations, exigent de garder la tête froide.
Devenir agent de voyages
La fiche ROME indique un accès avec un diplôme de niveau bac + 2 à bac + 3 dans le tourisme, les loisirs ou la vente. Aucun diplôme n’est exigé par la loi pour exercer : c’est l’agence qui est réglementée, pas le conseiller (voir plus bas). Les employeurs recrutent donc sur le niveau de formation et sur l’aisance commerciale.
- BTS TourismeDeux ans après le bac, en formation initiale ou en alternance. Le diplôme prépare à la relation avec les touristes, à la conception des services touristiques et à la gestion de l’information.
- BUT Techniques de commercialisationTrois ans en IUT, une porte d’entrée vers la vente de voyages, notamment d’affaires, d’après l’Onisep, dont la page n’a pas pu être ouverte ici.
- Licence professionnelle du tourismeDes mentions comme « métiers du tourisme : commercialisation des produits touristiques » figurent dans la liste de certifications de la fiche ROME.
- Bachelor ou master en management du tourismePour viser le produit, le marketing ou la direction d’agence.
Le BTS Tourisme relève de la fiche RNCP37890, de niveau 5, enregistrée du 1er septembre 2023 au 31 août 2028. Il se prépare par la voie scolaire, l’alternance, la formation continue et la validation des acquis de l’expérience. Nous n’avons pas trouvé de CAP ou de bac professionnel qui mène directement au poste : ils servent plutôt de première marche vers le BTS.
En reconversion, un adulte peut viser le BTS par la formation continue ou la validation des acquis de l’expérience, si son expérience de la vente ou du service client est solide. Le compte personnel de formation finance une certification enregistrée, avec 150 € de participation en 2026. Un salarié peut aussi demander un projet de transition professionnelle.
Pour comparer les organismes, leurs prix et leurs formats, consultez notre classement des formations d’anglais éligibles au CPF.
Où travailler et dans quelles conditions
Les employeurs se répartissent en quatre familles. L’agence de voyages en boutique, indépendante ou en réseau, vend surtout aux particuliers. L’agence en ligne et les plateaux téléphoniques traitent les demandes à distance. Le voyagiste conçoit ses propres séjours et circuits. L’agence de voyages d’affaires organise les déplacements des salariés d’entreprises. Selon le rapport de branche 2025, ces employeurs sont de petites structures, très implantées en Île-de-France.
Le salarié relève de la convention collective des opérateurs de voyages et guides, IDCC 3245, qui a remplacé celle des agences de voyages et de tourisme (IDCC 1710) : nous détaillons ses minima dans notre page sur le salaire. Vous pouvez vérifier la convention de votre employeur avec notre outil de recherche.
Les conditions de travail sont celles du commerce de conseil : contact permanent avec le public, samedi travaillé en agence, déplacements possibles pour les repérages, rythme irrégulier avec des pics saisonniers, selon la fiche ROME. Le statut est le plus souvent salarié en CDI ou CDD, avec du saisonnier dans certaines structures.
Ce qui plaît
- Un métier de conseil où l’on fait plaisir.
- La connaissance des destinations, enrichie par des voyages de découverte.
- Des spécialisations : croisière, noces, voyages d’affaires.
- Des passerelles vers le voyagiste ou l’indépendance.
Ce qui pèse
- Le samedi et les pics de saison.
- La gestion des litiges quand un voyage tourne mal.
- Des minima proches du SMIC en début de grille.
- La concurrence des plateformes en ligne.
Combien gagne un agent de voyages
Le salaire de départ suit les minima de la branche. Dans l’IDCC 3245, la grille relayée par convention.fr pour 2026 va de 1 819,82 € brut par mois au groupe A à 3 075,50 € au groupe G. Le groupe A est sous le SMIC de 1 867,02 € en vigueur depuis le 1er juin 2026 : c’est alors le SMIC qui s’applique.
Une part variable complète parfois la paie : primes sur les ventes, avantages de voyage réservés aux professionnels. Nous n’avons trouvé aucune source publique qui chiffre les commissions d’un conseiller salarié, et nous n’en donnons donc pas.
Emploi et débouchés
Le rapport économique et social 2025 de la branche, publié par les Entreprises du Voyage et l’OPCO Mobilités, compte près de 29 000 salariés dans un peu plus de 4 000 entreprises, dont 23 % de moins de 30 ans, selon la presse professionnelle. Le même relais annonce plus de 4 000 départs attendus en dix ans. Nous n’avons pas pu ouvrir le PDF de la branche : ces chiffres passent par un relais.
Le nombre d’agences recule. Les immatriculations d’« agents de voyages et apparentés » sont passées de 4 330 en 2018 à 4 020 en 2024, d’après L’Echo touristique. Nous n’avons trouvé aucun chiffre public fiable sur la chute des ventes de 2020 et 2021, et nous ne l’inventons pas.
Le marché a néanmoins repris. Pour 2025, l’Observatoire des Entreprises du Voyage réalisé pour Orchestra, cité par L’Echo touristique, indique un panier moyen de près de 2 300 € et un nombre de dossiers en recul de 4 %, avec des agences qui gagnent du terrain sur la vente à distance.
Évolutions de carrière
La progression classique mène au poste de responsable d’agence : l’équipe, les objectifs commerciaux, le budget. Chez un voyagiste, le chef de produit négocie avec les hôteliers et les transporteurs, puis construit les séjours que les agences vendent. Ces postes s’obtiennent en général après quelques années de vente, avec un bachelor ou un master pour les plus élevés.
On peut aussi se spécialiser : voyages d’affaires, croisières, voyages de noces, séjours sur mesure ou haut de gamme, destinations lointaines. La spécialité fait la valeur du conseiller, et elle nourrit un carnet d’adresses.
Enfin, l’indépendance est une voie réelle, avec un cadre légal précis décrit ci-dessous. Le métier ouvre aussi vers des voisins de la vente événementielle ou du logement, comme le wedding planner ou l’agent immobilier.
Métiers proches
Ces métiers partagent l’accueil, le conseil ou la vente de services autour du voyage.
Se mettre à son compte : ce que la loi exige d’une agence
On lit encore « licence » ou « carte professionnelle » d’agent de voyages, mais le mot juste est immatriculation. Selon Atout France, tout opérateur de voyages doit s’inscrire au registre et justifier d’une garantie financière et d’une assurance de responsabilité civile professionnelle, en application de l’article L. 211-18 du Code du tourisme.
Selon Bpifrance Création, l’immatriculation est gratuite depuis le 1er janvier 2019 et valable trois ans. Le numéro doit figurer sur l’enseigne, les contrats, les publicités et le site. La garantie doit couvrir les fonds reçus des clients, sans montant fixé par la loi : il dépend de l’activité prévue. Ni Atout France ni Bpifrance ne mentionnent de condition de diplôme, alors que certains blogs en évoquent une : nous ne l’avons pas confirmée.
Il existe une seconde voie, moins lourde : le mandataire agit en vertu d’un mandat écrit donné par un opérateur immatriculé, dont l’article R. 211-49 du Code du tourisme encadre le contenu et la rémunération. Vendre des billets d’avion ou de train peut, en outre, exiger un agrément IATA ou SNCF, selon Bpifrance. Nous avons lu ces textes par relais, Légifrance bloquant les robots : faites-les vérifier par Atout France avant de vous lancer.
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