Salaire tourier en 2026 : grilles et conventions
Aucune grille n’affiche la ligne « tourier » : ni la convention de l’artisanat, ni celle de l’industrie n’en font un poste à coefficient propre. Sa paie dépend donc de l’employeur, du diplôme détenu et du CQP Tourier. Voici les grilles qui s’appliquent réellement, selon que vous travaillez en artisanat, en pâtisserie ou dans l’industrie.
Artisanat : la convention collective de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 843)
La plupart des touriers employés par une boulangerie-pâtisserie artisanale relèvent de la convention collective IDCC 843, du 19 mars 1976. L’avenant n° 139 du 14 janvier 2026, effet au 1er janvier 2026, fixe les minima par coefficient. Aucun coefficient n’y est nommé « tourier » : les grilles consultées positionnent le CAP au coefficient 160, un an d’expérience au 170, le BP, le BTM ou un CQP de spécialisation au 185, et un poste d’adjoint au 240.
| Coefficient | Repère de qualification | Taux horaire | Brut mensuel (151,67 h) |
|---|---|---|---|
| 155 | Débutant | 12,41 € | 1 882 € |
| 160 | CAP | 12,53 € | 1 900 € |
| 170 | Un an d’expérience | 12,78 € | 1 938 € |
| 185 | BP, BTM ou CQP | 13,31 € | 2 019 € |
| 190 | Adjoint, premier niveau | 13,43 € | 2 037 € |
| 240 | Adjoint confirmé | 14,59 € | 2 213 € |
Au coefficient 155, le minimum tombe sous le SMIC de 1 867,02 € brut en vigueur depuis le 1er juin 2026 : c’est ce dernier qui s’applique. Pour identifier la convention exacte d’un employeur, utilisez le moteur de recherche des conventions collectives de Voilà le travail.
Pâtisserie : la convention collective IDCC 1267, si l’employeur est un pâtissier
Un tourier employé par une pâtisserie, une chocolaterie ou une confiserie relève plutôt de la convention de la pâtisserie, IDCC 1267 (brochure 3215). L’avenant n° 114 du 29 janvier 2026, étendu au Journal officiel le 17 avril 2026, part d’un coefficient 160 un peu plus bas que celui de l’artisanat boulanger.
| Coefficient | Brut mensuel 35 h |
|---|---|
| 160 | 1 863,37 € |
| 180 | 1 929,37 € |
| 190 | 2 035,28 € |
| 220 | 2 336,12 € |
Industrie : la convention de la boulangerie-pâtisserie industrielle (IDCC 3255)
Dans un atelier industriel de viennoiserie, la convention applicable est l’IDCC 3255, qui a remplacé l’IDCC 1747 le 1er octobre 2024. L’avenant n° 5 du 2 juillet 2026, effet au 1er août 2026, fixe les minima des ouvriers de 1 870,02 € à 2 149,23 € brut mensuel selon le niveau, un peu au-dessus des grilles de l’artisanat sur le haut de la fourchette. Cette information ne repose que sur une seule source trouvée : vérifiez-la sur votre bulletin de paie.
Cette même convention classe les postes d’encadrement de production en cadres, avec des minima nettement plus élevés : 3 153,65 € au niveau J1, jusqu’à 5 300,76 € au niveau M. Un tourier qui prend la responsabilité d’une ligne de production en atelier industriel change ainsi de grille, et pas seulement d’échelon.
Un tourier qui travaille dans le rayon boulangerie d’une grande ou moyenne surface relève le plus souvent d’une troisième convention, celle du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, IDCC 2216. L’avenant n° 99 du 17 avril 2026, étendu le 6 juillet 2026 et applicable au 1er août 2026, fixe des minima de 1 823,07 € à 3 806,25 € brut mensuel selon le niveau, une fourchette large qui dépend surtout du type de poste occupé dans le magasin.
Primes, indemnités et variables
En artisanat, l’IDCC 843 prévoit une majoration de nuit de 25 % entre 20 h et 6 h, une majoration de dimanche d’au moins 20 % (variable selon les départements), et des heures supplémentaires à 25 % puis 50 % au-delà de la 44e heure. Une prime de fin d’année s’ajoute après un an d’ancienneté : 4,75 % du salaire annuel en 2026, versée avant le 15 janvier, selon un barème qui grimpe à 5 % en 2027.
Les horaires très matinaux du tourier, souvent avant 4 heures, tombent en grande partie avant la plage de nuit à 25 % : seules les heures effectuées entre 20 h et 6 h en bénéficient. Dans l’industrie, les majorations dépendent des accords d’établissement : aucune grille nationale datée n’a été retrouvée pour la nuit et le dimanche sous l’IDCC 3255.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
La progression suit d’abord la qualification, bien davantage que l’ancienneté seule.
| Situation | Convention | Brut mensuel |
|---|---|---|
| Débutant, CAP | Artisanat, IDCC 843 | 1 900 € |
| Un an d’expérience | Artisanat, IDCC 843 | 1 938 € |
| CQP Tourier ou BP | Artisanat, IDCC 843 | 2 019 € |
| Adjoint confirmé | Artisanat, IDCC 843 | 2 213 € |
| Ouvrier qualifié, haut de grille | Industrie, IDCC 3255 | 2 149 € |
Au-delà de la grille conventionnelle, c’est surtout le passage à un poste d’encadrement, comme chef tourier ou responsable de production, qui fait progresser la paie de façon sensible, bien plus que les échelons d’ancienneté.
Du brut au net
Le tourier est un salarié non cadre du secteur privé : il cotise environ 21 % de son brut, cotisations sociales et CSG-CRDS comprises.
| Situation | Brut mensuel | Net avant impôt (≈ 79 % du brut) |
|---|---|---|
| Débutant, coefficient 160 | 1 900 € | 1 501 € |
| Avec CQP, coefficient 185 | 2 019 € | 1 595 € |
| Industrie, haut de grille | 2 149 € | 1 698 € |
Ce taux de 21 % donne un ordre de grandeur pour un salarié non cadre à temps plein. Pour affiner selon votre situation, primes de nuit ou de dimanche comprises, utilisez le calculateur de salaire brut en net.
Comparaison avec les métiers proches
À coefficient d’entrée comparable, les métiers de la boulangerie-pâtisserie se tiennent dans une fourchette assez resserrée.
| Métier | Brut mensuel débutant | Convention |
|---|---|---|
| Tourier | 1 900 à 2 149 € | Selon l’employeur |
| Boulanger | 1 900 € | IDCC 843, coef. 160 |
| Pâtissier | 1 863 € | IDCC 1267, coef. 160 |
| Chocolatier | 2 040 € | IDCC 1286, coef. 160 |
| Boucher, préparateur | 2 002 € | IDCC 3254 |
| Vendeur en boulangerie | 1 900 € | IDCC 843, coef. 160 |
Le chocolatier démarre le plus haut des métiers comparés, et le pâtissier le plus bas. Le tourier se situe généralement entre les deux, son niveau exact dépendant surtout de la convention appliquée par l’employeur plutôt que d’un barème qui lui serait propre.
Ce qui fait vraiment varier la paie d’un tourier
La première question à poser avant de signer n’est pas le salaire affiché, mais quelle convention s’applique. Un même poste de tourier peut relever de l’IDCC 843 dans une boulangerie artisanale, de l’IDCC 1267 dans une pâtisserie, de l’IDCC 3255 dans un atelier industriel, voire de l’IDCC 2216 si l’employeur est un commerce de détail alimentaire. Les grilles ne sont pas identiques, et le nom du métier sur le contrat ne le dit pas toujours.
Ensuite, faites valoir le CQP Tourier ou toute formation de spécialisation suivie, même informelle, au moment de la négociation du coefficient d’embauche : sans ligne dédiée dans la grille, c’est l’employeur qui classe le poste, et deux touriers aux compétences identiques peuvent être payés à des coefficients différents selon la structure.
Sommaire
- Artisanat : la convention collective de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 843)
- Pâtisserie : la convention collective IDCC 1267, si l’employeur est un pâtissier
- Industrie : la convention de la boulangerie-pâtisserie industrielle (IDCC 3255)
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait vraiment varier la paie d’un tourier
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