Professeur des écoles : missions, concours, formation et débouchés
Il est 8 h 20, vingt-quatre élèves de CE1 entrent en classe et l’une d’elles pleure parce qu’elle a oublié son cahier. Le professeur des écoles gère l’accueil, lance la dictée du jour et garde un œil sur l’élève qui décroche en lecture. Ce métier de fonctionnaire s’ouvre en 2026 à bac + 3, après une réforme du concours.
Ce que fait un professeur des écoles
Le professeur des écoles enseigne toutes les disciplines à des enfants de 3 à 11 ans : français, mathématiques, sciences, histoire-géographie, éducation physique, arts, langues vivantes. Il tient une classe, parfois deux niveaux mélangés en zone rurale, du même groupe d’élèves toute l’année. C’est ce qui distingue son métier de celui d’un professeur de collège ou de lycée, qui voit défiler des centaines d’élèves.
Sa journée commence avant la sonnerie et se termine longtemps après. Le temps devant élèves représente 24 heures par semaine, auxquelles s’ajoutent 108 heures annuelles pour le reste du métier, selon le décret n° 2017-444 du 29 mars 2017 : 36 heures d’activités pédagogiques complémentaires, 48 heures de travail en équipe, 18 heures d’animation pédagogique et de formation, 6 heures de conseils d’école. La préparation des séances, les corrections et les rendez-vous avec les familles s’ajoutent, sans décompte.
Dans une classe de maternelle, l’enseignant apprend à parler, à se repérer, à vivre en groupe, avec l’aide d’une ATSEM. En CP, il enseigne la lecture. En CM2, il prépare l’entrée au collège. Partout, il repère les difficultés, monte un projet d’aide personnalisé, échange avec le psychologue scolaire ou l’orthophoniste, et reçoit les parents.
Les compétences attendues
La pédagogie compte plus que l’érudition : expliquer une soustraction avec retenue à un enfant de 7 ans demande de trouver dix façons de le dire. La gestion de groupe vient avec l’expérience. L’enseignant tient sa classe sans élever la voix, prévient les conflits de cour de récréation et fait respecter des règles communes.
Le métier réclame aussi une bonne maîtrise du français et des mathématiques, qui sont les deux premières épreuves écrites du concours. Il exige de l’organisation (progressions, emplois du temps, évaluations), de l’écoute des familles et une vraie capacité à travailler en équipe, car les décisions se prennent en conseil de maîtres et en conseil de cycle. Enfin, l’enseignant doit savoir adapter ses supports aux élèves en difficulté ou en situation de handicap.
Devenir professeur des écoles
Le recrutement passe par le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE). Il change de forme à partir de la session 2026 : il redevient accessible à bac + 3, sur le modèle de l’ancien concours d’avant les masters. Selon le site officiel devenirenseignant.gouv.fr, il faut détenir une licence ou être inscrit en dernière année de licence.
- Obtenir une licenceToutes les spécialités sont acceptées. Une licence Professorat des écoles ouvre à la rentrée 2026.
- Réussir le CRPE bac + 3Deux épreuves écrites d’admissibilité, puis des épreuves orales d’admission, entre mars et juillet.
- Suivre le master M2EDeux ans en alternance : élève fonctionnaire en première année, stagiaire à mi-temps en seconde.
- Être titulariséAprès la validation du master et de l’année de stage, le lauréat devient fonctionnaire titulaire.
Le calendrier 2026 s’est déroulé ainsi : écrits du CRPE bac + 3 les 1er et 2 avril 2026, oraux entre mai et juillet, pour 11 600 postes au total, dont 5 000 au niveau bac + 3 et 6 600 au niveau bac + 5 selon le Cned. Les concours bac + 5 restent ouverts jusqu’à la session 2027 ; ensuite, seul le concours bac + 3 subsiste. Les inscriptions à la session 2027 courent du 1er octobre au 25 novembre 2026.
Le concours bac + 3 compte, d’après Forprof, deux écrits (français et mathématiques ; analyse et réflexion sur plusieurs domaines d’enseignement) et deux oraux (une présentation disciplinaire, un entretien de motivation). Les coefficients et les durées doivent se lire dans l’arrêté de la session : nous ne les reprenons pas ici faute de source officielle lue.
Pendant le master, la rémunération est celle d’un salarié en formation : environ 1 400 € net par mois en première année, à partir de 1 800 € net en seconde année, puis à partir de 2 100 € net après titularisation, d’après le ministère.
Pour une reconversion, la licence est la condition d’entrée. Un salarié qui en détient une peut présenter le concours directement, sans reprendre d’études. Les troisièmes concours s’adressent aux candidats ayant une expérience professionnelle hors enseignement, et vous pouvez financer une préparation avec votre CPF ou avec France Travail. En attendant, plusieurs académies recrutent des contractuels dès le niveau licence : un CDD qui permet de tester le métier, sans donner le statut de fonctionnaire.
Où travailler et dans quelles conditions
La grande majorité des professeurs des écoles enseignent dans une école publique, maternelle, élémentaire ou primaire, rattachée à une circonscription dirigée par un inspecteur de l’Éducation nationale. Le privé sous contrat recrute par le même concours. Les maîtres y ont un contrat définitif et non le statut de fonctionnaire, mais, selon le ministère, leur carrière et leur rémunération brute sont identiques à celles du public.
L’affectation ne se choisit pas librement. Un lauréat est nommé dans un département, souvent loin de chez lui, puis obtient une mutation à l’ancienneté. Le mouvement interdépartemental, les permutations informatisées, se fait en une phase, avec une seconde chance par la voie des demandes d’exeat et d’ineat, une autorisation de quitter un département et une autorisation d’entrer dans l’autre.
Les postes en éducation prioritaire (REP et REP+) donnent droit à des indemnités annuelles de 1 734 € en REP et de 5 114 € en REP+, hors part modulable, d’après la synthèse du SNUipp de mars 2025.
Ce qui plaît
- Le suivi d’une classe sur toute une année, et le progrès visible des élèves.
- Le statut de fonctionnaire et l’emploi sur tout le territoire.
- Les vacances scolaires, avec un rythme calé sur l’école.
Ce qui pèse
- La charge invisible : préparation, corrections, réunions, parents.
- Une affectation subie au début, et des mutations lentes.
- Un salaire d’entrée modeste par rapport au niveau de diplôme.
Un professeur des écoles peut aussi diriger une école : la direction ouvre droit à une indemnité de sujétions spéciales et à une décharge de classe qui dépend du nombre de classes.
Combien gagne un professeur des écoles
Un titulaire est rémunéré sur la grille nationale de l’Éducation nationale : la paie dépend de l’échelon, donc de l’ancienneté, et non du lieu ni de la performance. Le brut mensuel s’obtient en multipliant l’indice majoré par la valeur du point, soit 4,922783 € depuis le 1er juillet 2023. La classe normale compte onze échelons, de l’indice 395 à l’indice 678.
Ces trois repères sont recalculés d’après la grille indiciaire du 1er janvier 2024 et le point d’indice de la DGAFP. S’y ajoutent l’ISAE, de 2 550 € brut par an, soit 212,50 € par mois, et, selon le poste, des indemnités de zone d’éducation prioritaire ou de direction. Le ministère annonce plus de 2 100 € net par mois à la titularisation.
Emploi et débouchés
L’Insee dénombre 367 468 enseignants du premier degré en France, public et privé, pour l’année scolaire 2024-2025, dont 86,2 % de femmes dans le public. Le concours 2026 offre 11 600 postes, soit un ordre de grandeur de recrutement chaque année.
Le débouché principal reste le concours : l’emploi est garanti à qui le réussit, dans le département d’affectation. Nous n’avons pas trouvé de chiffres officiels récents de postes non pourvus, et nous préférons ne pas en citer.
Évolutions de carrière
La progression est d’abord une affaire de grades. Après deux ans au 9e échelon, un enseignant peut être promu à la hors classe (indices 595 à 826), puis à la classe exceptionnelle (indices 700 à 835) à partir du 5e échelon de la hors classe, selon les règles rappelées par le SE-Unsa. Ces promotions dépendent d’un avis et de quotas.
Le professeur peut aussi changer de fonction : directeur d’école, maître formateur qui accueille les stagiaires, conseiller pédagogique de circonscription, enseignant spécialisé auprès des élèves en difficulté ou en situation de handicap après le CAPPEI, coordonnateur en éducation prioritaire. Chaque poste ouvre des indemnités ou une bonification indiciaire. Certains passent le concours d’inspecteur de l’Éducation nationale.
Pour quitter l’école, un enseignant peut aller vers la formation d’adultes ou l’orientation.
Métiers proches
Ces métiers partagent la pédagogie, l’accompagnement des enfants et souvent l’Éducation nationale.
Ce que la réforme change pour les candidats
Avec le concours à bac + 3, le calcul du candidat se déplace. Autrefois, il fallait cinq ans d’études avant de savoir si l’on serait enseignant. Désormais, on passe le concours en fin de licence, puis on est payé pendant les deux années du master. L’entrée coûte moins cher, mais le risque se déplace : le lauréat s’engage dans un master d’enseignement en alternance, avec un mi-temps devant élèves dès la seconde année.
Avant de vous lancer, passez quelques jours dans une classe. Beaucoup de candidats découvrent l’enseignement par le concours. Le métier se juge sur la gestion d’un groupe de vingt-cinq enfants un mardi de novembre, bien plus que sur la maîtrise du programme.
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