Un tableur partagé suffit tant que l’équipe compte dix personnes sur un horaire collectif. Arrivent les temps partiels, les plannings tournants, les heures supplémentaires à majorer et les salariés qui pointent depuis un chantier : les erreurs finissent sur la fiche de paie, et c’est à l’employeur de prouver les heures en cas de litige.

Un logiciel de gestion des temps et des activités (GTA) enregistre les heures, applique les règles de votre convention collective, tient les compteurs et envoie les variables à la paie. Le marché français en compte des dizaines, du module à deux euros par salarié jusqu’à la suite conçue pour les hôpitaux et les usines.

Nous avons retenu quatorze solutions commercialisées en octobre 2026, relevé leurs prix sur les pages officielles des éditeurs et capturé leurs sites. Plusieurs ont changé de nom depuis la précédente version de ce comparatif : Timmi Timesheet est devenu Lucca Feuilles de temps, KiwiHR s’appelle Tellent HR et Sigma-RH a pris le nom de Sigmia en septembre 2026.

Les 14 logiciels GTA en un coup d’œil

LogicielPour quiPrix public affiché
PayFitTPE et PME qui font leur paie dans PayFitOffre Paie avancée : 27 € HT par salarié et par mois + 49 € HT par mois
KelioPME à grands comptes, multi-sitesDe 3,05 € à 1,10 € HT par salarié et par mois selon l’effectif
Lucca Feuilles de tempsPME et ETI, suivi par projet3,00 € HT par collaborateur et par mois (plus de 100 salariés)
SkelloRestauration, commerce, équipes de terrainDès 59 € par mois (badgeuse) ou 79 € (planning)
ComboRestauration, hôtellerie, commercesSur devis
ManaTimeTPE et PME, achat module par module2,40 € à 2,90 € HT par utilisateur et par mois
Bizneo HRPME et ETI, pointage mobileDès 7 € par collaborateur et par mois
FactorialPME déjà équipées de la suiteSocle dès 6,5 € par utilisateur et par mois, module temps en plus
Staff & GoPME de 10 à 500 salariésSur devis
Tellent HR (ex-KiwiHR)PME avec personnel postéSur devis
OctimeSanté, commerce, collectivitésSur devis
eTemptation (Horoquartz)ETI et grands comptesSur devis
Chronos (Asys)Grandes organisations multi-sitesSur devis
Sigmia (ex-Sigma-RH)ETI et grandes organisationsSur devis

Ce que fait un logiciel GTA, et ce que la loi vous impose

Un logiciel GTA remplace les feuilles d’heures. Il recueille les pointages ou les déclarations, applique les règles de durée du travail de l’entreprise, tient les compteurs (heures supplémentaires, repos compensateurs, RTT, forfait jours) et transmet les éléments variables au logiciel de paie. La plupart gèrent aussi les plannings, et beaucoup incluent les congés et absences.

Le droit français ne vous oblige pas à installer une pointeuse. Il impose en revanche, pour les salariés qui ne suivent pas tous le même horaire collectif, d’enregistrer chaque jour les heures de début et de fin de chaque période de travail, avec un récapitulatif hebdomadaire (article D. 3171-8 du Code du travail). La Cour de justice de l’Union européenne a demandé en 2019 aux États d’exiger un système « objectif, fiable et accessible » de mesure du temps de travail journalier ; la France n’a pas adopté de texte spécifique depuis.

En cas de litige sur des heures supplémentaires, la preuve est partagée entre le salarié et l’employeur, et c’est à l’employeur de démontrer qu’il a respecté les durées maximales. Un décompte horodaté, qu’on ne peut pas retoucher après coup, reste le moyen le plus simple de tenir cette position. Pour les plafonds eux-mêmes, voyez notre article sur le temps de travail maximum par jour.

1. PayFit

Page de la gestion des temps et activités de PayFit

PayFit est d’abord un logiciel de paie, et c’est ce qui fait l’intérêt de sa gestion des temps : les heures pointées ou déclarées arrivent directement dans le bulletin, sans export ni ressaisie. Les salariés pointent depuis une pointeuse digitale (début et fin de journée, pauses) ou déclarent leurs heures, le manager valide, et les heures supplémentaires sont calculées avant de partir en paie. Le suivi par projet sert aussi aux entreprises qui justifient un crédit d’impôt recherche.

La fonction ne se vend pas seule. Elle est incluse à partir de l’offre Paie avancée, affichée à 27 € HT par salarié et par mois, plus 49 € HT d’abonnement mensuel, sans engagement ; au-delà de dix salariés, le tarif se fait sur devis. PayFit vise les TPE et les PME, de la restauration aux services. Il n’annonce ni badgeuse physique ni géolocalisation : pour des équipes réparties sur plusieurs sites avec des terminaux, regardez plutôt Kelio.

2. Kelio

Page du logiciel GTA de Kelio

Kelio, l’ancien Bodet Software rebaptisé du nom de son logiciel en octobre 2022, fait partie des rares éditeurs français de GTA qui publient leurs tarifs. Comptez 3,05 € HT par salarié et par mois pour la GTA simple à 50 salariés, 1,75 € à 200 et 1,10 € à 1 000, avec un engagement initial de trois ans. La version avec planning avancé monte à 5,75 € à 50 salariés.

Le logiciel couvre tout le spectre : pointage sur des terminaux fabriqués en France, sur PC, smartphone ou badgeuse virtuelle, géolocalisation activable sur mobile, forfait jours, repos compensateurs, plannings multi-sites et multi-conventions. Les pointeuses physiques et le déploiement s’ajoutent au prix par salarié. C’est le choix logique d’une PME industrielle ou d’un réseau de magasins qui veut un seul outil pour tous ses sites.

3. Lucca Feuilles de temps (ex-Timmi Timesheet)

Page de Lucca Feuilles de temps

Vous le connaissiez peut-être sous le nom de Timmi Timesheet : Lucca a abandonné ses noms de gamme (Timmi, Cleemy, Poplee) et le module s’appelle désormais Lucca Feuilles de temps. Il convient aux entreprises qui veulent savoir où passe le temps autant que combien il en passe : saisie déclarative ou badgeuse, feuilles pré-remplies, semaines types, ventilation par projet pour la facturation ou le crédit d’impôt recherche.

Les règles françaises sont prises en charge : forfait jours ou heures, heures supplémentaires et de nuit, contrôle des durées maximales et des repos, avec des alertes en cas de dépassement. Le tarif public est de 3,00 € HT par collaborateur et par mois pour les entreprises de plus de 100 salariés, hors frais de mise en place. Le module se branche naturellement sur Lucca Absences, présenté dans notre comparatif des logiciels de congés et absences.

4. Skello

Page d'accueil de Skello

Skello s’adresse aux métiers où le planning change chaque semaine : restauration, commerce, pharmacie, loisirs. Le planning tient compte de la convention collective, la badgeuse tourne sur une tablette ou un mobile avec géolocalisation, et les compteurs de congés, de RTT et de repos compensateurs se mettent à jour à chaque pointage. Les feuilles d’heures se signent électroniquement.

Le prix se calcule par établissement et non par salarié, ce qui avantage les équipes nombreuses sur un même site : à partir de 59 € par mois pour la badgeuse, 79 € pour le planning et 99 € pour les deux, avec quatorze jours d’essai et une remise de 10 % en paiement annuel. Les groupes de 200 à 10 000 salariés passent sur une offre Entreprise, sur devis.

5. Combo

Page d'accueil de Combo

Combo part du même constat que Skello avec une promesse plus large : du planning à la paie, sans ressaisie. L’outil gère le planning du personnel, les congés et absences, une pointeuse digitale et, avec Combo Pay, la paie elle-même et la distribution des fiches. Il vise la restauration, l’hôtellerie, la boulangerie, les commerces et les pharmacies.

Combo ne publie pas de grille tarifaire ; l’essai gratuit se fait sans carte bancaire ni engagement. Pour un restaurateur qui n’a pas encore de logiciel de paie, réunir planning, temps et bulletins chez un même éditeur supprime la jonction la plus fragile, celle des variables de paie.

6. ManaTime

Page de la gestion du temps de ManaTime

ManaTime se vend à la brique, ce qui permet de ne payer que ce qu’on utilise : 2,40 € HT par utilisateur et par mois pour le suivi des heures, 2,90 € pour les présences, 2,90 € pour les absences. Le module Présences propose une badgeuse virtuelle (« je démarre ma journée »), un planning de présence en Gantt et un export vers la paie. L’essai dure quatorze jours, sans carte bancaire.

Deux réserves. La géolocalisation annoncée repose sur l’adresse IP et non sur le GPS du téléphone : elle situe un réseau, pas un salarié sur un chantier. Et l’addition grimpe vite si vous empilez les modules ; faites le calcul avec les seules briques dont vous avez besoin.

7. Bizneo HR

Page du logiciel de pointage de Bizneo HR

Bizneo HR, éditeur espagnol présent en France, couvre le pointage avec géolocalisation dans l’application mobile, les plannings, les compteurs et un registre du temps de travail conservé un an. Les règles françaises sont paramétrables : RTT, forfait jours, congés au prorata de l’acquis, télétravail.

Le tarif part de 7 € par collaborateur et par mois en abonnement annuel, avec des packs pour petites entreprises de 66 € par mois pour cinq salariés à 150 € pour vingt. Les formules Essentiel, Avancé et Suite complète sont sur devis, et l’éditeur annonce un déploiement de vingt jours en moyenne.

8. Factorial

Page du logiciel GTA de Factorial

Factorial, éditeur espagnol installé à Barcelone, propose un pointage depuis l’ordinateur, l’application mobile ou un QR code affiché sur un appareil partagé, avec une géolocalisation qui limite le pointage à un lieu donné. Les feuilles de temps se remplissent automatiquement, les heures supplémentaires sont calculées et le planning gère les affectations en masse et les rotations.

La gestion du temps est un module optionnel ajouté au socle de la suite. La page tarifs affiche un point de départ de 6,5 ou 6,9 € par utilisateur et par mois selon l’endroit où on la lit, sans préciser s’il s’agit de HT : demandez un devis écrit pour le module temps avant de comparer. L’outil a surtout du sens si vous utilisez déjà Factorial pour le reste de vos RH.

9. Staff & Go

Page d'accueil de Staff and Go

Staff & Go, SIRH alsacien créé en 2020, vise les PME de 10 à 500 salariés et les cabinets d’expertise comptable qui gèrent les RH de leurs clients. Le module de gestion des temps intègre une badgeuse, les congés suivent dans le même outil, et les variables partent vers le logiciel de paie : Staff & Go prépare la paie mais ne la produit pas.

L’outil se vend en neuf modules à la carte. La page tarifs officielle n’était pas accessible lors de notre vérification, il faut donc passer par un devis. Attention à l’adresse : le site est staffngo.com, le domaine staffandgo.com étant à vendre.

10. Tellent HR (ex-KiwiHR)

Page de Tellent HR Manage, ex-KiwiHR

Si vous cherchez KiwiHR, c’est ici : le logiciel s’appelle désormais Tellent HR (module HR Manage), du nom du groupe néerlandais qui réunit aussi Recruitee. Il cible les PME dont une partie du personnel ne travaille pas derrière un bureau. Le suivi des présences se fait en temps réel, avec un solde d’heures supplémentaires et des journaux de pointage, et une borne de pointage (Clock-In Station) peut être installée à l’entrée d’un site.

Tellent ne publie pas de prix pour ce module : tout passe par une démonstration et un devis. Vérifiez à cette occasion le paramétrage des règles françaises (convention collective, forfait jours), que la documentation publique détaille peu.

11. Octime

Page d'accueil d'Octime

Octime, éditeur français présent depuis vingt-cinq ans, est très implanté dans la santé, le commerce, l’hôtellerie et les collectivités, là où les cycles de travail sont complexes : roulements, gardes, remplacements. Sa gamme comprend OCTIME pour les grandes organisations, OCTIME Expresso pour les structures plus petites et STAFFELIO pour organiser les remplacements de dernière minute. Badgeage, interface paie et application salarié myOCTIME complètent l’ensemble.

Aucun tarif n’est publié. Octime vaut surtout le détour si votre difficulté principale est la construction des plannings sous contraintes, davantage que le simple pointage.

12. eTemptation (Horoquartz)

Page d'eTemptation, le logiciel GTA d'Horoquartz

Horoquartz, éditeur et intégrateur fondé en 1971 à Massy, commercialise sa suite GTA sous le nom eTemptation, aujourd’hui en génération 7, avec une offre allégée pour les PME baptisée eTSentiel. La suite couvre les temps, les absences, les plannings optimisés à moyen et long terme et le suivi d’activité en production, avec des terminaux industriels et des badgeuses RFID.

C’est un outil de grand compte : agroalimentaire, industrie, banque, transport, secteur public. Pas de prix public, et un projet d’intégration à prévoir. Horoquartz est aussi un acteur de la sûreté et du contrôle d’accès, ce qui intéresse les sites qui veulent réunir pointage et accès aux locaux.

13. Chronos (Asys)

Page du logiciel de suivi des temps d'Asys

Asys, éditeur lyonnais, destine Chronos aux grandes organisations publiques et privées réparties sur plusieurs sites : santé, hôtellerie-restauration et loisirs, industrie, distribution, collectivités. On y trouve badgeuses physiques et virtuelles, planification automatique, portails collaborateur et manager, tableaux de bord et intégrations avec la paie, l’intérim et l’ERP. Les PME et ETI disposent d’une gamme dédiée, So’Horsys.

Tout se fait sur devis, après démonstration. Le fonds Capza est entré au capital en 2024, sans changement de marque ni de produit.

14. Sigmia (ex-Sigma-RH)

Page d'accueil de Sigmia, ex-Sigma-RH

Sigma-RH a pris le nom de Sigmia le 15 septembre 2026, sans changer de produit. L’éditeur, d’origine québécoise et présent en France par une filiale parisienne, propose une suite « Temps, activités et planification » intégrée à un SIRH complet avec paie et santé-sécurité. Sa cible : ETI et grandes organisations du transport, du BTP, de l’industrie, de la santé et du secteur public.

Pas de tarif public. Sigmia s’adresse aux entreprises qui veulent remplacer d’un coup GTA, paie et dossier salarié, pas à celles qui cherchent seulement une badgeuse.

Comment choisir votre logiciel GTA

Commencez par le mode de pointage, et par ce que la CNIL en pense. Pour contrôler les horaires, la CNIL juge excessifs la biométrie (empreinte, reconnaissance faciale) et la photo prise à chaque pointage ; elle a mis en demeure plusieurs employeurs équipés de badgeuses photo. Un badge, un code ou un pointage sur mobile suffisent (fiche de la CNIL sur le contrôle des horaires). La géolocalisation, elle, ne peut servir au suivi du temps de travail qu’à titre secondaire, si aucun autre moyen n’existe, jamais en continu et jamais en dehors des heures de travail.

Testez vos règles, pas la démonstration. Tous les éditeurs savent montrer un salarié à 35 heures. Demandez-leur de paramétrer devant vous une semaine réelle : un temps partiel modulé, un cadre au forfait jours, une nuit majorée, un jour férié travaillé. C’est là que les écarts entre outils apparaissent. Pour vérifier un calcul avant de faire confiance au logiciel, notre calculateur d’heures supplémentaires applique les majorations légales.

Regardez la jonction avec la paie. Un export de fichier à importer chaque mois reste une source d’erreurs. Les solutions qui produisent elles-mêmes le bulletin (PayFit, Combo, Kelio avec son module paie) ou qui disposent d’un connecteur avec votre logiciel de paie évitent la ressaisie. Si vous cherchez une suite qui réunit tout, notre comparatif des SIRH prolonge celui-ci.

Calculez le coût sur trois ans. Le prix par salarié n’est qu’une partie de la facture. Ajoutez l’engagement minimal (trois ans chez Kelio), les badgeuses physiques, les frais de mise en place et de formation, et vérifiez si le tarif se calcule par salarié, par utilisateur actif ou par établissement : à effectif égal, ces trois modèles donnent des écarts importants.

Le bon logiciel est celui que vos salariés utilisent

Un outil GTA échoue rarement sur ses calculs. Il échoue quand les salariés oublient de pointer, contournent la badgeuse ou corrigent leurs heures en fin de mois, et que le service paie retombe sur des déclarations approximatives. Le choix du support compte donc plus qu’une fonction de plus : une borne à l’entrée pour un atelier, le mobile pour des équipes itinérantes, la saisie déclarative pour des cadres autonomes.

Avant de signer pour tous les sites, faites tourner l’outil un mois sur une seule équipe, en parallèle de votre méthode actuelle, et comparez les deux décomptes avec le bulletin. Les écarts que vous trouverez diront plus sur le logiciel que n’importe quelle grille de fonctionnalités.