Salaire nutritionniste en 2026 : hôpital, libéral et micro

Combien gagne un nutritionniste ? Cela dépend du mot qu’il porte. Le médecin nutritionniste de l’hôpital public touche de 4 634 € à 9 368 € brut par mois en 2026, l’endocrinologue libéral déclare 60 867 € par an en moyenne, et le « nutritionniste » sans diplôme ne figure dans aucune statistique. Voici les chiffres par statut, et le calcul du net.

4 634 €brut mensuel au 1er échelon de praticien hospitalier, hors gardes et IESPE, en 2026
60 867 €bénéfice non commercial annuel moyen des endocrinologues libéraux en 2022, avant impôt
25,6 %cotisations sociales d’un micro-entrepreneur en activité libérale non réglementée depuis le 1er janvier 2026

Le mot « nutritionniste » recouvre des statuts sans commune mesure : un médecin spécialiste, un diététicien, un coach. Cette page traite le médecin nutritionniste en détail, puis les statuts non réglementés. Le diététicien a sa propre page : son salaire est traité dans le salaire du diététicien, sans recopie ici.

Hôpital public : la grille des praticiens hospitaliers

Le médecin nutritionniste salarié de l’hôpital est praticien hospitalier, statut des articles R. 6152-1 et suivants du Code de la santé publique. Sa rémunération est fixée en euros, sans lien avec le point d’indice de la fonction publique, par l’arrêté du 8 juillet 2022 modifié par celui du 29 juin 2023, en vigueur depuis le 1er juillet 2023. La grille compte treize échelons et vaut pour toutes les spécialités : la version complète figure sur la page salaire du cardiologue.

ÉchelonAncienneté à l’entréeBrut mensuel
1Début4 634 €
58 ans5 724 €
916 ans7 546 €
1332 ans9 368 €
Source : arrêté du 29 juin 2023 modifiant l’arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments des personnels médicaux des établissements publics de santé. Montants bruts mensuels arrondis à l’euro, hors gardes et indemnités. Légifrance bloque l’accès automatisé : grille recoupée sur deux relais professionnels indépendants (Hoppi, Coopérer pour former).

Une fiche métier de L’Étudiant annonce « plus de 4 500 € » au début et « environ 9 200 € » en fin de grille. Ces montants arrondis diffèrent de la grille de l’arrêté de 2023, seule à retenir. Le praticien qui renonce à toute activité libérale perçoit en plus l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) de 1 010 € brut par mois : un débutant exclusif touche donc 5 644 € avant gardes.

Internat et post-internat : avant la grille

Le DES d’endocrinologie-diabète et nutrition dure quatre ans, dont la dernière année en docteur junior. Les internes sont payés selon l’arrêté qui fixe leurs émoluments : à Strasbourg, les Hôpitaux universitaires affichent au 3 décembre 2024 un total brut mensuel de 2 136,60 € en première année, hors gardes. Le barème des années suivantes et celui du docteur junior n’ont pas été consultés pour cette page : vérifiez-les sur votre bulletin.

Clinique privée et établissements à but non lucratif

Les cliniques et centres de soins de suite emploient des médecins nutritionnistes en libéral ou sous contrat individuel. La convention collective de l’hospitalisation privée du 18 avril 2002, IDCC 2264, est réservée au personnel non médical et ne fixe pas leur paie. Aucune source publique ne donne de rémunération moyenne pour ces postes.

Le secteur privé non lucratif relève souvent de la convention du 31 octobre 1951, dite FEHAP, IDCC 29 : la paie y repose sur un coefficient multiplié par la valeur du point de la branche, valeur qui diverge selon les sources en 2026. Pour identifier la convention d’un employeur, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives.

Libéral : le médecin nutritionniste conventionné

La CARMF publie pour 2022 un bénéfice non commercial moyen de 60 867 € pour 777 endocrinologues, rangés sous « endocrinologie et métabolisme » : 60 610 € en secteur 1 (279 praticiens) et 61 011 € en secteur 2 (498 praticiens). Cela représente environ 5 070 € par mois avant impôt. Le revenu est net de charges professionnelles et de cotisations, mais soumis à l’impôt sur le revenu. La CARMF ne publie pas de ligne « nutrition » séparée : aucun revenu propre au médecin spécialisé en nutrition seule n’est disponible.

Le secteur 2, qui autorise des dépassements d’honoraires, ne rapporte donc en moyenne quasiment rien de plus (0,7 %), alors que l’écart entre secteurs dépasse 30 000 € pour l’ensemble des spécialités (84 724 € en secteur 1, 116 737 € en secteur 2). Une spécialité de consultation, sans acte technique rémunérateur, reste modeste.

Côté tarifs, la CSMF fixe la consultation très complexe d’endocrinologie à 62 € depuis le 1er janvier 2026, avec la majoration MCE, que la FMF chiffre à 30,50 € pour les endocrinologues et internistes compétents en diabétologie. Le tarif de base d’une consultation se déduit à 31,50 € par différence ; ce montant est aussi celui que donne le comparateur Lesfurets, sans que les textes officiels de l’Assurance maladie, bloqués aux robots, aient pu être consultés. Ces tarifs valent en secteur 1 ou pour les médecins OPTAM.

Les statuts non réglementés : coach, naturopathe, « nutritionniste » sans titre

Le professionnel sans diplôme de médecin ni de diététicien exerce presque toujours en micro-entreprise. Son activité relève des bénéfices non commerciaux, avec un taux de cotisations sociales de 25,6 % du chiffre d’affaires depuis le 1er janvier 2026, contre 24,6 % en 2025, d’après L’Entreprise facile, qui cite l’Urssaf. Le taux est réduit pendant les premiers trimestres avec l’ACRE.

Aucun organisme officiel ne publie de revenu moyen pour ces professions, faute de catégorie statistique. Leurs consultations ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, ce qui pèse sur la clientèle, et elles ne peuvent légalement prétendre à un bilan diététique. Voyez aussi les fiches du coach en nutrition et du naturopathe.

Primes, indemnités et variables

ÉlémentMontant brutTexte
Indemnité d’engagement de service public exclusif1 010 € par moisEngagement de 3 ans renouvelable, sans activité libérale
Garde de nuit, dimanche ou jour férié, période complète422,03 €Arrêté du 22 décembre 2023, en vigueur au 1er janvier 2024
Garde, demi-période211,01 €Même arrêté
Indemnité de sujétion de l’interne, 1re et 2e année435,18 € par moisArrêté fixant les émoluments des internes
Majoration MCE, consultation libérale en diabétologie30,50 €Convention médicale, 1er janvier 2026
Temps plein, montants 2026 sauf mention contraire. Les astreintes sont indemnisées par un forfait propre à chaque établissement.

Dix gardes complètes ajoutent 4 220,30 € brut par mois, davantage que le passage de plusieurs échelons de la grille. Une spécialité de consultation comme la nutrition en comporte peu : elles relèvent surtout de l’hôpital.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

À l’hôpital, la paie suit l’ancienneté sur une grille nationale, identique à Lille et à Marseille. Un praticien de 16 ans d’ancienneté est au 9e échelon, à 7 546 € brut mensuel, hors gardes. En libéral, la région joue sur la patientèle et non sur le tarif, national en secteur 1.

SituationRémunération
Interne, 1re année2 136,60 € brut par mois
Praticien hospitalier débutant4 634 € brut par mois
Praticien hospitalier, 16 ans7 546 € brut par mois
Praticien hospitalier, fin de grille9 368 € brut par mois
Endocrinologue libéral, moyenne 202260 867 € par an, avant impôt
Micro-entrepreneur non réglementéAucune donnée officielle
Grille nationale des praticiens hospitaliers, hors gardes et IESPE ; CARMF pour le libéral, bénéfice non commercial 2022.

Aucune source publique ne ventile le revenu du médecin nutritionniste par région, ni entre spécialisation en obésité, en diabète ou en nutrition du sport.

Du brut au net

Le praticien hospitalier cotise au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et à l’Ircantec pour sa retraite complémentaire, d’après l’Ircantec. Il ne relève donc pas de la CNRACL et de sa retenue de 11,10 % : ce taux est celui des fonctionnaires titulaires, pas des praticiens hospitaliers.

Ligne de paieMontant mensuel
Émoluments, 1er échelon4 633,98 €
Vieillesse plafonnée, 6,90 % jusqu’à 4 005 €– 276,35 €
Vieillesse déplafonnée, 0,40 %– 18,54 €
Ircantec tranche A, 2,84 % jusqu’à 4 005 €– 113,74 €
Ircantec tranche B, 7,06 % au-delà– 44,41 €
CSG et CRDS, 9,70 % de 98,25 % du brut– 441,63 €
Net avant impôt3 739,31 €
Calcul Voilà le travail : praticien hospitalier à temps plein, sans garde ni IESPE, hors mutuelle et impôt. Régime général, Ircantec 2026 (arrêté du 19 décembre 2025) et CSG-CRDS, plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 € en 2026. Estimation : la fiche de paie réelle fait foi.

Pour le fonctionnaire, le calculateur brut net de la fonction publique affine selon la situation. Le micro-entrepreneur, lui, se calcule sur le chiffre d’affaires : avec 30 000 € encaissés dans l’année, les cotisations à 25,6 % représentent 7 680 €, soit 22 320 € avant frais professionnels et impôt, ou 1 860 € par mois. Le calculateur de charges de l’auto-entrepreneur fait le calcul selon votre activité.

Comparaison avec les métiers proches

Le classement CARMF place l’endocrinologue en bas des spécialités médicales libérales, sous le généraliste.

SpécialitéRevenu net moyen, libéral, 2022
Endocrinologue60 867 €
Gynécologue médical57 050 €
Psychiatre73 014 €
Pédiatre74 884 €
Médecin généraliste76 512 €
Source : CARMF, bénéfice non commercial 2022 tous secteurs (endocrinologie, psychiatrie et médecine générale : tableau en ligne ; pédiatrie et gynécologie médicale : communiqué du 7 novembre 2023). Moyenne de l’ensemble des spécialités : 91 767 €.

L’endocrinologue déclare environ 80 % du revenu d’un généraliste libéral (60 867 / 76 512). Aucune statistique officielle ne chiffre le diététicien libéral : la comparaison directe avec lui n’existe pas.

Fiche métier nutritionnisteLes quatre profils, études, statut et règles sur le titre.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie, et comment vérifier une offre

Le premier levier est le profil : il sépare un praticien hospitalier de plus de 4 600 € brut mensuels d’un consultant en micro-entreprise dont aucun revenu n’est publié. Le second est le statut : à l’hôpital la grille est nationale, en libéral le revenu dépend du nombre de consultations et de la patientèle, en micro-entreprise du chiffre d’affaires moins 25,6 % de cotisations.

Le troisième est l’exercice mixte : cumuler vacations hospitalières et cabinet donne un socle et un revenu libéral, mais l’IESPE de 1 010 € par mois suppose de renoncer à l’activité libérale. Pour négocier un poste contractuel, comparez l’offre au 1er échelon de la grille, IESPE comprise.

Pour vérifier un chiffre, appuyez-vous sur la grille de l’arrêté du 29 juin 2023 et, en libéral, sur les publications de la CARMF et de la DREES, seules sources chiffrées indépendantes. Méfiez-vous des sites qui affichent un « salaire moyen de nutritionniste » sans distinguer les profils : ils mélangent des métiers qui n’ont rien de comparable.

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