Salaire et revenu d’un maraîcher en 2026 : par taille de ferme

Le maraîcher ne se paie pas comme un salarié : sa rémunération est ce qui reste de ses ventes après les charges. En 2024, ce résultat moyen atteignait 3 304 € par mois et par actif, mais 1 583 € dans les petites fermes. Voici les revenus par taille de ferme, les cotisations MSA, les micro-fermes, le salarié agricole et le net.

3 304 €résultat mensuel moyen par actif non salarié en 2024, avant cotisations et impôt
1 583 €même mesure dans les petites exploitations du réseau (production de 25 à 100 k€)
1 167 €revenu disponible mensuel moyen par actif des micro-fermes bio suivies par MMbio, soit 14 000 € par an

Chef d’exploitation : le revenu réel du maraîchage en 2024

Le réseau d’information comptable agricole (Rica) d’Agreste mesure le résultat courant avant impôts (RCAI), c’est-à-dire ce qui reste après les charges, les salaires et les amortissements, mais avant les cotisations sociales de l’exploitant et l’impôt. Sa ligne « maraîchage » porte sur 7 703 exploitations représentées en 2024, dont la production standard dépasse 25 000 €. Les montants ci-dessous sont annuels, en euros courants.

Production standardExploitationsActifs non salariésRCAI par exploitationRCAI par actif non salariéPar mois
25 à 100 k€3 3361,2223 230 €18 990 €1 583 €
100 à 250 k€1 8201,3541 410 €30 570 €2 548 €
250 k€ et plus2 5471,8113 220 €62 940 €5 245 €
Ensemble7 7031,4457 280 €39 650 €3 304 €
Source : Agreste, Chiffres et données n° 1, janvier 2026, Rica 2024, maraîchage (OTEX 2800). Mensuel = annuel divisé par 12.

La taille explique l’écart. Les petites fermes cultivent en moyenne 6,11 hectares avec 1,73 actif, les plus grandes 33,67 hectares avec 9,74 actifs, et leurs charges de personnel passent de 12 870 € à 220 010 € par exploitation. L’endettement suit : 31,85 % de l’actif pour les premières, 55,11 % pour les secondes.

Un point de méthode compte pour les projets modestes : le Rica exclut les fermes dont la production standard est inférieure à 25 000 €, soit une grande partie des micro-fermes. Leur revenu est traité plus bas.

Micro-fermes : ce que les études permettent de dire

Les références sur les très petites surfaces viennent d’études de réseaux, pas de statistiques officielles. Le projet MMbio a suivi 42 fermes de moins de 1,5 hectare. Selon Maraîchage technique, qui le relaie, le revenu disponible moyen était d’environ 14 000 € par an et par actif, soit 7 € de l’heure, avec des écarts de -3,51 € à 18,92 € de l’heure. Le site est un relais spécialisé : je n’ai pas ouvert le rapport d’origine.

Deux autres repères aident à situer les ordres de grandeur. Le chiffre d’affaires de ces fermes tournait autour de 6,10 € par m², entre 4 et 8 €, avec une médiane de 2 700 heures de travail par an, selon Réussir. L’étude de l’Inrae et d’AgroParisTech sur la ferme du Bec Hellouin, menée sur une seule ferme, évaluait entre 900 et 1 570 € nets par mois le revenu tiré de 1 000 m², pour 43 heures par semaine, d’après Basta en 2016. Cette ferme est atypique, car elle vend aussi des formations et des visites.

Deux études souvent citées manquent de chiffres lisibles : le rapport de 2018 sur treize fermes du réseau Maraîchage sol vivant n’affiche pas ses résultats économiques sur la page que j’ai lue, et je n’ai trouvé aucun chiffre de revenu de l’Institut de l’agriculture durable pour le maraîchage. Ils ne sont donc pas repris ici.

Cotisations MSA, micro-BA et statut

Le RCAI est un revenu avant cotisations. Le Rica compte pour les maraîchers 14 110 € de cotisations sociales de l’exploitant en moyenne par exploitation en 2024, soit 5 450 € dans les petites fermes et 29 160 € dans les plus grandes. Le barème MSA 2026 prévoit pour un chef d’exploitation 17,15 % de retraite de base jusqu’au plafond de la Sécurité sociale, 0,72 % au-delà, 4 % de retraite complémentaire, 9,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS.

Depuis 2026, l’assiette sociale unique bénéficie d’un abattement de 26 %, selon Web-agri. Pour les petites surfaces, le micro-bénéfice agricole est ouvert jusqu’à 129 200 € de recettes hors taxes en moyenne sur trois ans pour 2026 à 2028, avec un abattement forfaitaire de 87 %.

Sous le seuil d’activité minimale, on peut rester cotisant solidaire : cotisations allégées, droits réduits. Les seuils de surface dépendent des arrêtés départementaux et je n’ai pas trouvé de valeur nationale pour le maraîchage.

Salarié maraîcher : la convention de la production agricole (IDCC 7024)

Un ouvrier maraîcher, un chef de culture ou un saisonnier relève en général de la convention collective de la production agricole et des Cuma, IDCC 7024, sauf texte local. La grille de l’avenant n° 11 du 2 juillet 2026 est détaillée sur la page salaire de l’horticulteur, qui la commente. Elle n’a qu’une source (la FDSEA de la Somme) et son extension n’est pas vérifiée : consultez-la avec cette réserve.

Retenez que le premier niveau est au SMIC, soit 1 867,02 € brut mensuel pour 35 heures depuis le 1er juin 2026. Pour vérifier la convention de votre employeur, utilisez l’outil de recherche de convention collective.

Primes, indemnités et variables

Pour le chef d’exploitation, la principale variable est la subvention. Les subventions d’exploitation pèsent en moyenne 16 590 € par ferme maraîchère en 2024, dont 3 200 € d’aides couplées et 980 € pour les MAEC et les aides bio, selon le Rica. Dans les petites fermes, elles atteignent 9 960 € pour un RCAI de 23 230 €.

Pour le salarié, aucune source nationale ne donne de primes propres au maraîchage : prime d’ancienneté, panier ou avantages en nature dépendent du contrat et de la convention. Ce point n’est pas établi ici.

Évolution selon la taille, le statut et la région

SituationRepère mensuelNatureAnnée
Salarié débutant1 867 € brutSMIC, niveau 1 de l’IDCC 70242026
Petite ferme du Rica1 583 €RCAI par actif, avant cotisations2024
Ferme moyenne du Rica2 548 €RCAI par actif, avant cotisations2024
Grande ferme du Rica5 245 €RCAI par actif, avant cotisations2024
Micro-ferme bio (MMbio)1 167 €revenu disponible moyen par actif2017 à 2021
Sources : Agreste Rica 2024 ; Maraîchage technique (MMbio) ; IDCC 7024 via FDSEA 80, extension non vérifiée.

L’Insee regroupe légumes, fleurs et plantes : en 2022, ces indépendants déclaraient 1 940 € par mois en moyenne, 580 € en micro-BA, et 20,6 % avaient un revenu nul ou déficitaire. Le regroupement empêche de lire le maraîchage seul.

Aucune statistique régionale de revenu maraîcher n’a été trouvée. Le revenu varie donc surtout avec la taille et le statut, pas avec un barème régional.

Du brut au net

Le calcul concerne le salarié. Le taux salarial 2026 est de 21,00 % sous le plafond mensuel de 4 005 €. Au SMIC de 1 867,02 € brut, les cotisations salariales s’élèvent à 392,07 € et le net avant impôt à environ 1 474,95 €. Le calculateur brut en net donne le détail selon votre cas.

Le chef d’exploitation n’a pas de fiche de paie : ses cotisations MSA se calculent sur le revenu professionnel, et l’impôt sur le bénéfice agricole. Un maraîcher qui gagne 3 304 € par mois de RCAI ne les encaisse pas en net.

Comparaison avec les métiers proches

Métier (orientation du Rica)RCAI par actif non salariéPar mois
Maraîcher39 650 €3 304 €
Horticulteur (page salaire), fleurs et horticulture diverses37 250 €3 104 €
Arboriculteur (page salaire), fruits et cultures permanentes32 000 €2 667 €
Viticulteur (page salaire)29 680 €2 473 €
Agriculteur (page salaire), toutes orientations29 410 €2 451 €
Source : Agreste, Rica 2024, lignes par orientation, avant cotisations et impôt.

Le maraîchage arrive en tête de ces lignes, mais avec plus d’actifs par ferme, plus de main-d’œuvre salariée ; le Rica ne mesure pas le temps de travail, donc pas le revenu à l’heure.

Maraîcher : missions, formation et installationPlein champ, serre, bio, vente directe, BPREA et aides.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier le revenu, et comment agir dessus

Quatre leviers pèsent. La taille d’abord, puisque le RCAI par actif est de 18 990 € à 62 940 € selon les tranches. Le débouché ensuite : le Rica ne distingue pas circuit court et circuit long, donc aucun chiffre officiel ne dit lequel paie mieux. L’endettement, qui atteint 55,11 % de l’actif dans les grandes fermes, et les aides complètent la liste.

Pour négocier, un salarié s’appuie sur le niveau de la convention et sur ses responsabilités : chef d’équipe, conduite d’engins, gestion d’une serre. Pour s’installer, mieux vaut demander à la chambre d’agriculture un prévisionnel chiffré et le comparer aux références ci-dessus, plutôt qu’à une moyenne nationale.

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