Salaire home stager : revenus, forfaits et statut en 2026

Aucune administration ne publie de statistique de revenu pour les home stagers : la quasi-totalité exerce en indépendant, hors de toute convention collective. Cette page rassemble ce qui existe malgré tout : le régime social de la micro-entreprise, les fourchettes de prix pratiquées par des professionnels, et la grille qui s’applique aux rares postes salariés en agence immobilière.

83 600 €chiffre d’affaires annuel : plafond de la micro-entreprise de services en 2026
21,2 %de cotisations sociales en micro-BIC services, contre 25,6 % en micro-BNC, 2026
127 joursdélai de vente moyen sans home staging, contre moins d’un mois avec, selon la Fnaim en 2014

Indépendant : micro-entreprise ou société

La quasi-totalité des home stagers exercent en indépendant, la plupart en micro-entreprise. Le régime plafonne le chiffre d’affaires annuel à 83 600 € pour une activité de services en 2026, selon service-public.fr. Au-delà, deux années de suite, le passage à une société (EURL, SASU) ou au régime réel devient obligatoire.

Le régime fiscal exact, BIC ou BNC, dépend de la nature précise de l’activité déclarée et n’est pas tranché de façon uniforme pour le home staging, qui mélange conseil et prestation manuelle. En 2026, un chiffre d’affaires en micro-BIC prestations de services supporte 21,2 % de cotisations sociales, contre 25,6 % en micro-BNC non réglementé, selon service-public.fr. Vérifiez la catégorie retenue lors de votre déclaration d’activité : elle change directement le revenu net perçu.

Ce revenu net dépend ensuite de charges propres à l’activité : location ou achat de mobilier et d’accessoires, stockage, déplacements, assurance responsabilité civile professionnelle et communication. Aucune donnée publique ne permet de calculer un revenu net moyen une fois ces charges déduites.

Au-delà du plafond, ou pour se constituer une meilleure protection sociale, certains home stagers passent en société. Une EURL relève du régime social des travailleurs non salariés, proche de la micro-entreprise ; une SASU relève du régime assimilé salarié, avec des cotisations plus lourdes mais une couverture sociale plus proche de celle d’un employé. Ce choix se prépare avec un expert-comptable, selon le chiffre d’affaires réel et le niveau de protection recherché, et non selon une règle générale.

Le mobilier pèse aussi sur la trésorerie. Un home stager qui achète son propre stock plutôt que de le louer à chaque mission immobilise plusieurs milliers d’euros dès le démarrage de l’activité : un investissement qui ne se rentabilise qu’au fil des missions suivantes.

Pas de comptabilité officielle du métier

L’Insee et l’Urssaf ne publient aucune donnée de revenu propre aux home stagers : l’activité est enregistrée sous des codes larges (décoration, conseil, agencement), partagés avec d’autres métiers. Toute moyenne de revenu affichée par un site commercial reste une estimation privée, non vérifiable.

De rares postes salariés, sous la convention de l’immobilier

Le salariat reste marginal : quelques cabinets spécialisés, réseaux de home staging ou grandes agences immobilières embauchent un décorateur ou un home stager. Aucune convention collective ne porte spécifiquement ce métier.

Employé par une agence immobilière, un home stager relève de la convention collective de l’immobilier (IDCC 1527). L’avenant n° 110 du 4 mars 2026 fixe un minimum de 1 823 € brut par mois au premier niveau de la grille des employés (E1), et jusqu’à 3 831 € au niveau le plus élevé (C4), pour un temps plein. Sans coefficient propre au home staging, l’employeur choisit le niveau le plus proche des missions confiées.

Dans un cabinet de décoration ou un réseau spécialisé qui n’applique aucune convention identifiée, seul le Smic s’impose comme plancher légal, soit 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026.

L’intitulé du poste salarié varie d’un employeur à l’autre : « home stager », « décorateur conseil » ou « chargé de valorisation immobilière » recouvrent une même mission. Cette absence de nom de métier stabilisé complique la comparaison des offres et explique en partie l’absence de statistique dédiée.

Primes, indemnités et variables

L’indépendant n’a pas de prime au sens salarial : sa rémunération varie selon le mode de facturation choisi. Selon Refresh-Deco, une agence de home staging, en 2026, une mission complète (diagnostic, désencombrement, mise en scène, location de mobilier) se facture le plus souvent au forfait global, entre 1 500 et 3 000 € TTC pour un à trois mois de location. Une simple visite conseil, sans mise en œuvre, se facture entre 400 et 800 €.

Une minorité de professionnels, selon la même source, préfère un pourcentage du prix de vente affiché, entre 1 et 3 %, une pratique plus courante aux États-Unis. Le home staging virtuel, qui consiste à ajouter des meubles numériquement sur les photos de l’annonce sans intervenir sur le bien, coûte nettement moins cher qu’une mise en scène physique complète, puisqu’il se facture à la photo retouchée plutôt qu’au volume de mobilier loué. Aucun tarif de référence fiable n’est publié par un organisme professionnel pour cette prestation.

Le salarié d’une agence immobilière peut, comme les négociateurs, toucher une part variable liée aux ventes qu’il a contribué à préparer, selon les accords internes de son employeur : aucune règle collective ne l’impose pour ce poste.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Aucune source ne publie de grille de tarifs de home staging selon l’ancienneté ou la région : le marché est trop informel et trop récent pour cela. Ce qui varie clairement, selon les tarifs indicatifs publiés par Refresh-Deco en 2026, c’est l’ampleur de la mission.

PrestationFourchette de prix TTC
Visite conseil, sans mise en œuvre400 à 800 €
Home staging par covering, sans location de meubles800 à 3 500 €
Home staging partiel, une ou deux pièces800 à 2 500 €
Home staging complet, mobilier loué compris1 500 à 5 000 €
Source : Refresh-Deco, tarifs indicatifs publiés en 2026, hors zone géographique précisée.

Du brut au net

Pour un indépendant, il n’y a pas de brut ni de net au sens salarial : le revenu imposable, en micro-entreprise, s’obtient en appliquant un abattement forfaitaire au chiffre d’affaires (50 % en BIC, 34 % en BNC), avant impôt sur le revenu. Les cotisations sociales, 21,2 % ou 25,6 % selon le régime retenu, se paient en plus, sur le chiffre d’affaires encaissé, pas sur ce revenu abattu.

Pour un forfait facturé 2 000 € TTC, une mission complète courante selon Refresh-Deco, un home stager en micro-BIC services règle environ 424 € de cotisations sociales (21,2 %) et déclare un revenu imposable de 1 000 € après abattement de 50 %, avant impôt sur le revenu. Pour estimer vos propres charges, utilisez notre calculateur de charges d’auto-entrepreneur.

Pour le rare poste salarié en agence immobilière, au minimum de la convention (1 823 € brut), les cotisations d’un non-cadre retirent environ 21 % du brut, soit près de 1 440 € net par mois avant impôt. Notre calculateur de salaire brut en net affine ce calcul selon votre situation.

Comparaison avec les métiers proches

Les repères ci-dessous ne se comparent pas terme à terme : le home staging indépendant se facture à la mission, les autres lignes sont des salaires mensuels.

MétierRepère de revenuStatut
Home stager1 500 à 3 000 € TTC par mission (Refresh-Deco, 2026)Indépendant
Home stager en agence1 823 € brut/mois minimum (IDCC 1527, 2026)Salarié
Diagnostiqueur immobilier débutant2 000 € brut/mois (CIDJ, 2025)Salarié
Négociateur immobilier VRP débutant1 540 € brut/mois minimum (IDCC 1527, 2026)Salarié
Sources indiquées par ligne. Le repère du home stager indépendant est un forfait par mission, pas un salaire mensuel.

Ces chiffres montrent surtout que le home staging reste, comme le diagnostic ou la négociation immobilière débutante, une activité aux revenus modestes tant que le portefeuille de clients n’est pas construit.

Fiche métier home stagerMissions, formation, statut et conditions de travail.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier le revenu d’un home stager

Le facteur numéro un reste le réseau d’apporteurs d’affaires : agences immobilières, mandataires et notaires, qui recommandent un home stager plutôt qu’un autre. Un professionnel qui débute sans ce réseau facture souvent moins cher pour se faire connaître, ce qui pèse directement sur son revenu la première année.

Le choix du mode de facturation compte aussi. Un forfait global protège mieux le home stager qu’un pourcentage du prix de vente, qui dépend d’une transaction qu’il ne maîtrise pas et peut prendre des mois à se conclure. Beaucoup de professionnels combinent les deux selon les missions.

Avant de vous lancer ou de fixer vos tarifs, comparez plusieurs devis de confrères dans votre région, sur des biens similaires : c’est le seul repère fiable, en l’absence de toute grille officielle pour ce métier.

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