Salaire aquaculteur en 2026 : grilles, statuts et net

Le salaire d’un aquaculteur dépend d’abord du statut : salarié d’une ferme piscicole, employé d’une entreprise conchylicole ou chef d’exploitation. Le salarié a des minima conventionnels, jamais sous le SMIC de 1 867,02 € brut en 2026. L’exploitant n’a aucune rémunération garantie, et aucun revenu moyen public n’existe. Cette page détaille les grilles, ce que l’on ignore et le calcul du net.

Aquaculteur en combinaison contrôlant des poches d'huîtres sur des tables d'élevage à marée basse
1 867 €brut mensuel : SMIC au 1er juin 2026, plancher de tout salarié
2 886 €brut mensuel au niveau 6 des cultures marines, 19,03 € de l’heure, 1er août 2026
1 475 €net mensuel estimé au SMIC, hors primes, calcul du site

Trois situations n’ont presque rien en commun. Le salarié de la conchyliculture (huîtres, moules, algues, crustacés marins) suit la convention IDCC 7019. Le salarié d’un élevage de poissons suit l’IDCC 7010. Le chef d’exploitation est indépendant : son revenu vient du résultat de son entreprise, pas d’une grille.

Salarié des cultures marines : convention IDCC 7019

La convention nationale des cultures marines et de la coopération maritime (IDCC 7019, brochure 3618) couvre l’élevage de mollusques, d’échinodermes, d’algues et de crustacés marins, selon la présentation de salaire-minimum.com. L’avenant n° 51 du 9 juillet 2026 applique une hausse de 2,41 % au 1er août 2026 : les six niveaux vont de 12,31 € à 19,03 € de l’heure. Nous n’avons pas relu le détail des niveaux intermédiaires à cette date, ni la publication de l’extension de cet avenant.

NiveauTaux horaire au 1er février 2026Brut mensuel (151,67 h)Net estimé
112,02 €1 823 € (le SMIC s’applique)1 440 €
212,19 €1 849 €1 461 €
312,52 €1 899 €1 500 €
412,85 €1 949 €1 540 €
514,12 €2 142 €1 692 €
618,58 €2 818 €2 226 €
Source : avenant n° 50 du 13 janvier 2026 (salaire-minimum.com, février 2026), remplacé au 1er août 2026 par l’avenant n° 51. Mensualisation à 151,67 heures et net estimé à 79 % du brut : calculs propres, base 35 heures à vérifier dans votre contrat.

Ces montants sont des planchers : l’employeur peut payer davantage. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC (12,31 € de l’heure) dépasse les niveaux 1 à 5 de cette grille de février : le salarié concerné touche alors au moins le SMIC. Vérifiez le niveau inscrit sur votre bulletin, ou cherchez votre convention avec l’outil de recherche du site.

Salarié d’un élevage aquacole : convention IDCC 7010

La convention nationale des personnels des élevages aquacoles (IDCC 7010, brochure 3609) concerne les piscicultures et salmonicultures, hors conchyliculture. Le dernier avenant de salaires cité par LégiSocial est l’avenant n° 11 du 26 juin 2019, mais une grille plus récente circule. Nous n’avons trouvé aucune grille de 2026 pour cette convention.

ClassificationTaux horaireBrut mensuel (151,67 h)
Coefficient 10011,65 € (alors le SMIC)1 767 €
Coefficient 25012,49 €1 894 €
Coefficient 40015,11 €2 292 €
Source : Juristique, grille de l’aquaculture au 1er janvier 2024 (page mise à jour en mars 2026, données 2024). Grille ancienne : depuis le 1er juin 2026, le SMIC est de 1 867,02 €, supérieur au coefficient 100 et proche du 250.

Concrètement, le salarié d’une pisciculture débute au SMIC, et seuls les coefficients élevés le dépassent nettement. Les valeurs de 2026 peuvent être plus hautes que celles de ce tableau : demandez la grille à jour à l’employeur ou au syndicat professionnel.

Chef d’exploitation : un revenu qu’aucune source publique ne donne

L’exploitant paie tout avant de se payer : aliments ou naissain, matériel, redevance de la concession, cotisations sociales. Son revenu est un résultat, qui peut être négatif une année de mortalité. En agriculture, Agreste publie le résultat courant moyen (29 410 € par actif non salarié en 2024, exploitations d’une production standard d’au moins 25 000 €). Pour l’aquaculture, nous n’avons trouvé aucun revenu moyen de l’exploitant dans les sources publiques consultées.

Les chiffres de la filière donnent seulement une échelle. En 2023, selon FranceAgriMer, la conchyliculture vendait pour 663 millions d’euros avec 2 597 entreprises, la pisciculture pour 260 millions d’euros avec 368 entreprises (marines et d’eau douce hors étang). Ces ventes ne sont pas un revenu : elles ignorent les charges.

Régime social de l’exploitant

Selon une réponse du ministère de l’Agriculture au Sénat (2004), les cultures marines relèvent de la MSA, sauf pour les personnes qui naviguent, affiliées à l’Enim. Le barème 2026 de ces régimes n’a pas été relu pour cette page : demandez une simulation de cotisations à la caisse avant de vous installer.

Primes, indemnités et variables

Le métier connaît des contraintes que les grilles ne valorisent pas toujours : travail le dimanche, horaires selon les marées, astreintes de surveillance, pics saisonniers. France Travail les relève parmi les conditions de travail de la fiche A1404, sans indiquer de prime.

Nous n’avons pas trouvé, dans une source lue, le taux des primes d’ancienneté ni des majorations de nuit ou de dimanche prévues par les conventions 7010 et 7019. Les heures supplémentaires suivent la règle légale : 25 % de majoration pour les huit premières heures au-delà de 35 heures, puis 50 %, selon Service-public.fr, sauf accord plus favorable. Consultez le texte de votre convention ou votre bulletin de paie.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

L’expérience et le diplôme font monter le niveau de classification : ouvrier, technicien, responsable d’élevage. Dans la grille des cultures marines, l’écart est net entre le niveau 1 et le niveau 6.

Poste typeCadreBrut mensuel de référence
Débutant sans diplômeSMIC, toutes conventions1 867 €
Ouvrier qualifiéIDCC 7019, niveaux 3 à 4, février 20261 899 à 1 949 €
Technicien confirméIDCC 7019, niveau 5, février 20262 142 €
EncadrementIDCC 7019, niveau 6, février 20262 818 €
Fin de grille piscicultureIDCC 7010, coefficient 400, janvier 20242 292 €
Sources : avenant n° 50 (IDCC 7019, salaire-minimum.com) et grille Juristique de janvier 2024 (IDCC 7010). Correspondance entre postes et niveaux non établie par une source lue : lecture indicative.

Aucune source consultée ne donne de différence de rémunération par région ni par espèce. Les régions concentrent des filières différentes : le littoral pour les coquillages, les vallées et les zones d’élevage pour la truite. Pour la spécialisation, l’écloserie et l’algoculture demandent des compétences rares, mais aucune grille ne les distingue.

Du brut au net

Un salarié au SMIC gagne 1 867,02 € brut par mois. Avec des cotisations salariales d’environ 21 % du brut sous le plafond mensuel de 4 005 €, le net avant impôt est d’environ 1 475 € (1 867,02 × 0,79). Un salarié au niveau 5 des cultures marines (2 142 € brut) touche environ 1 692 €. Le net réel varie avec la mutuelle et la prévoyance.

Le calculateur de brut en net permet de refaire ce calcul avec votre salaire. Le chef d’exploitation, lui, ne fait pas ce calcul : ses cotisations se calculent sur son résultat.

Comparaison avec les métiers proches

MétierCadreRepère brut
MareyeurIDCC 1589, 1er janvier 2026, niveaux I à VIII1 831 à 3 434 € par mois
Salarié agricoleIDCC 7024, niveau 3, 20261 906 € par mois
Aquaculteur (cultures marines)IDCC 7019, niveaux 1 à 6, août 20261 867 à 2 886 € par mois
Aquaculteur (élevage de poissons)IDCC 7010, coefficients 100 à 400, 20241 767 à 2 292 € par mois
Sources : fiches mareyeur et agriculteur du site (juristique.org, IDCC 1589 et 7024) et grilles ci-dessus. Le niveau I du mareyage (1 831 €) est inférieur au SMIC : le SMIC s’applique.

Aquaculteur : missions, formation et débouchésEspèces, diplômes, autorisations, statut et débouchés.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner

Trois éléments comptent plus que le nom du métier : la convention applicable (7010 ou 7019), le niveau de classification inscrit sur le contrat et le statut, salarié ou exploitant. Un employeur qui vous classe au niveau 1 alors que vous conduisez seul un bassin ou une parcelle mérite une question : demandez le niveau exact, les critères de la grille et la date de l’avenant appliqué.

Pour négocier, appuyez-vous sur un diplôme reconnu (CAP maritime, bac pro, BTSA) et sur les responsabilités réellement tenues : astreintes, conduite d’un bateau, gestion de lots. Pour vérifier une grille à jour, consultez le texte officiel de la convention, les syndicats de la profession (comité régional conchylicole, syndicat de la pisciculture) et l’inspection du travail.

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