Salaire d’un contrôleur de gestion en 2026 : Syntec, secteur et fonction publique
Sur une offre de contrôleur de gestion, l’intitulé du poste dit peu de choses du salaire réel : un débutant en cabinet et un confirmé dans un groupe industriel ne partent pas de la même base. Le secteur, la convention collective et la taille de l’entreprise pèsent plus que le diplôme affiché sur le CV. Voici les grilles, les études disponibles et le passage au net en 2026.

Ces repères viennent de l’étude de l’Apec sur la fonction contrôle de gestion, audit pour le privé, et de la grille officielle des attachés territoriaux pour la fonction publique. Le contrôleur de gestion n’a pas de convention ni de corps qui lui soit propre : sa rémunération dépend de l’employeur qui le recrute.
Fonction publique : la grille des attachés
Dans les collectivités, le contrôle de gestion est confié à un attaché territorial, cadre d’emplois de catégorie A recruté sur concours ou par mutation. Le grade d’attaché compte douze échelons, fixés par le décret n° 2022-1581 du 16 décembre 2022. Le brut se calcule en multipliant l’indice majoré par la valeur du point, 4,922783 € depuis le 1er juillet 2023.
| Échelon | Durée | Indice majoré | Brut mensuel |
|---|---|---|---|
| 1 | 1 an | 379 | 1 867 € |
| 2 | 1 an | 393 | 1 935 € |
| 3 | 1 an | 411 | 2 023 € |
| 4 | 1 an | 436 | 2 147 € |
| 5 | 1 an 6 mois | 464 | 2 284 € |
| 6 | 1 an 6 mois | 502 | 2 471 € |
| 7 | 2 ans | 547 | 2 693 € |
| 8 | 2 ans | 587 | 2 889 € |
| 9 | 2 ans | 634 | 3 122 € |
| 10 | 2 ans | 674 | 3 318 € |
| 11 | 3 ans | 714 | 3 514 € |
| 12 | sommet | 750 | 3 692 € |
Le grade supérieur, attaché principal, va de l’indice majoré 504 (2 481 € brut) à l’indice majoré 801 en fin de carrière (3 943 € brut). À l’hôpital public, le contrôle de gestion revient souvent à un attaché d’administration hospitalière, dont la grille va de l’indice majoré 395 (1 945 € brut) à l’indice majoré 678 (3 338 € brut) sur onze échelons, fixée par le décret n° 2001-1207 du 19 décembre 2001 modifié. Ces traitements s’ajoutent au régime indemnitaire RIFSEEP, qui varie d’un employeur public à l’autre et n’a pas de montant national fixe.
Secteur privé : Syntec en conseil, une autre convention ailleurs
En cabinet de conseil ou en ESN, l’employeur applique le plus souvent la convention Syntec (bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseils), IDCC 1486. Un contrôleur de gestion y entre en général en position cadre 2.1 ou 2.2 selon son expérience, sur la grille de l’accord du 26 juin 2024, étendu le 8 novembre 2024 et applicable depuis le 1er janvier 2025 : 2 315 € à 2 850 € brut mensuel minimum selon le coefficient.
Dans l’industrie, c’est la nouvelle convention collective nationale de la métallurgie (IDCC 3248), signée le 7 février 2022 et applicable depuis le 1er janvier 2024, qui fixe les minima : de 22 404 € à 68 450 € brut annuel selon la classe, un contrôleur de gestion junior se situant dans les classes de cadres (groupes F à I). Dans la banque, le commerce ou la distribution, chaque secteur a la sienne. Notre outil pour trouver sa convention collective la retrouve à partir du nom de l’employeur.
Ces minima conventionnels restent des planchers légaux : l’Apec mesure des salaires réels nettement supérieurs, 29 000 € à 53 000 € brut annuel pour 80 % des embauches dans la fonction contrôle de gestion, audit, tous secteurs confondus.
Primes, indemnités et part variable
Une partie de la rémunération dépend d’objectifs annuels, individuels ou collectifs. L’Apec relève qu’au global, tous cadres confondus, la moitié bénéficient d’une rémunération comprenant une part variable, sans taux publié spécifiquement pour le contrôle de gestion. La participation aux résultats est obligatoire dès 50 salariés, et l’intéressement peut s’y ajouter sur accord d’entreprise.
Le télétravail, fréquent dans ce métier de bureau, peut ouvrir droit à une allocation exonérée jusqu’à 2,70 € par jour et 59,40 € par mois en 2026, sans accord collectif obligatoire. Dans la fonction publique, le régime indemnitaire RIFSEEP (IFSE liée au poste, CIA liée à la manière de servir) complète le traitement indiciaire, pour un montant qui dépend de chaque collectivité ou établissement.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
| Profil | Fourchette brute annuelle |
|---|---|
| Débutant, moins de 2 ans (bas de la fourchette Apec) | 29 000 à 35 000 € |
| Confirmé, 3 à 8 ans | 35 000 à 45 000 € |
| Senior ou responsable de service, plus de 8 ans | 45 000 à 53 000 € et au-delà en groupe |
| Attaché territorial, échelon 1 | 22 404 € (SMIC appliqué) |
| Attaché territorial, dernier échelon | 44 305 € |
L’écart entre un débutant et un profil confirmé tient surtout à la taille du périmètre suivi : une ligne de produits pour un junior, une filiale ou une division pour un senior. La région pèse aussi, dans les mêmes proportions que pour l’ensemble des fonctions cadres : l’Île-de-France affiche des rémunérations plus élevées qu’en province, sans qu’un écart chiffré propre au contrôle de gestion soit publié par l’Apec.
Du brut au net
Un contrôleur de gestion cadre à 40 000 € brut par an, soit 3 333,33 € par mois, cotise 21 % jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 €. Son net avant impôt atteint environ 2 633 € par mois, avant mutuelle et prévoyance. Le calculateur brut net cadre permet de refaire le calcul avec son propre salaire.
Pour un attaché territorial, le passage au net suit une autre logique : cotisations retraite de la fonction publique et CSG-CRDS sur une base différente du privé. Le calculateur brut net fonction publique applique ce barème spécifique.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Fourchette brute annuelle, 80 % des embauches |
|---|---|
| Contrôleur de gestion | 29 000 à 53 000 € |
| Comptable | 25 000 à 45 000 € |
| Analyste financier | 33 000 à 63 000 € |
| Directeur financier | 49 000 à 129 000 € (cadres en poste) |
Le contrôleur de gestion se situe entre le comptable et l’analyste financier, deux métiers dont il partage une partie des compétences. L’écart avec le directeur financier illustre la trajectoire de carrière plus qu’une différence de métier à un instant donné : c’est souvent le même profil, quinze ans plus tard.
Fiche métier contrôleur de gestionMissions, compétences, formations et débouchés.Voir la fiche
Ce qui fait vraiment varier la paie d’un contrôleur de gestion
Avant de négocier, identifiez la convention collective de votre employeur, pas celle du poste : deux contrôleurs de gestion dans deux entreprises voisines peuvent relever de Syntec, de la métallurgie ou d’une convention de commerce, avec des minima et des primes différents. Le numéro IDCC figure sur le bulletin de paie.
Le périmètre suivi pèse davantage que l’intitulé du poste : un « contrôleur de gestion » qui pilote une filiale de 200 personnes négocie sur d’autres bases qu’un junior qui suit une seule ligne de produits, même à ancienneté égale. Faites-vous préciser ce périmètre avant de comparer une offre à une autre.
Ces repères datent vite. L’Apec renouvelle ses études de rémunération chaque année, l’accord Syntec prévoit un examen des minima au plus tard le 30 juin, et le point d’indice de la fonction publique peut être revalorisé sans préavis long. Vérifiez toujours la date de la source citée par un recruteur avant un entretien.
Sommaire
- Fonction publique : la grille des attachés
- Secteur privé : Syntec en conseil, une autre convention ailleurs
- Primes, indemnités et part variable
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait vraiment varier la paie d’un contrôleur de gestion
Envie de changer de métier ?
Reprenez en main votre projet professionnel avec un bilan de compétences 100% en ligne
