Salaire aide-soignant en 2026 : grilles, primes et net

Sur la fiche de paie d’un aide-soignant hospitalier, le traitement de base n’est qu’une ligne parmi d’autres : complément Ségur, prime grand âge en Ehpad, heures de nuit, dimanches. Dans le privé, tout dépend du coefficient et de la convention appliquée. Voici les grilles en vigueur en septembre 2026, les primes réelles et ce que gagnent vraiment les aides-soignants.

aide-soignant EHPAD hôpital soins patient
2 108 €brut mensuel au 1er échelon de l’hôpital public, Smic et Ségur compris, hors primes
2 397 €net mensuel moyen à l’hôpital public en 2023, aides-soignants et agents de service, primes incluses
1 867 €brut mensuel : Smic 2026, plancher de fait dans le privé lucratif jusqu’au coefficient 257

Fonction publique hospitalière : la grille des aides-soignants

Les aides-soignants titulaires de la fonction publique hospitalière appartiennent, depuis le 1er octobre 2021 et le décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021, au corps de catégorie B des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture. Ce corps comprend deux grades : la classe normale, onze échelons depuis le 1er septembre 2022, et la classe supérieure, accessible par avancement.

Le point vaut 59,0734 € par an, soit 4,922783 € par mois, depuis le 1er juillet 2023, sans changement en 2026 selon la DGAFP.

ÉchelonDuréeIndice majoréBrut mensuel
11 an et 6 mois3731 836,20 €
21 an et 6 mois3751 846,04 €
32 ans3771 855,89 €
42 ans3881 910,04 €
52 ans et 6 mois4011 974,04 €
63 ans4142 038,03 €
73 ans4292 111,87 €
83 ans4442 185,72 €
93 ans4612 269,40 €
104 ans4852 387,55 €
11Terminal5172 545,08 €
Sources : décret n° 2021-1267 du 29 septembre 2021, modifié par le décret n° 2022-1207 du 31 août 2022, et grille de la CGT du CHU de Toulouse au 1er janvier 2024, classe normale. Brut recalculé au point de 4,922783 €, en vigueur au 1er septembre 2026, hors indemnité différentielle, CTI et primes.

Les trois premiers échelons sont passés sous le Smic, porté à 1 867,02 € brut le 1er juin 2026. Une indemnité différentielle, de 30,82 € au 1er échelon, complète donc le traitement jusqu’au Smic. Elle disparaîtra si le minimum de traitement de la fonction publique est relevé.

S’y ajoute le complément de traitement indiciaire, fixé à 49 points d’indice majoré par le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 pour tous les agents non médicaux des hôpitaux et Ehpad publics : 241,22 € brut au point actuel, contre 229,62 € en 2020, soit les 183 € net encore souvent cités. Un débutant touche donc 2 108,24 € brut avant primes.

La classe supérieure va de l’indice majoré 387 à 560, soit de 1 905,12 € à 2 756,76 €. Elle s’obtient au choix, par tableau d’avancement, après au moins un an au 4e échelon de la classe normale et cinq ans de services effectifs dans un corps paramédical de catégorie B, selon le décret n° 2022-1206 du 31 août 2022.

Tout titulaire perçoit aussi la prime spéciale de sujétion, 10 % du traitement indiciaire, et une prime forfaitaire de 15,24 € par mois, prévues par l’arrêté du 23 avril 1975, plus l’indemnité spécifique (ex-indemnité des treize heures) : pour un agent recruté depuis le 1er octobre 2021, elle vaut 13/1900 du traitement annuel de son indice de recrutement, selon le décret n° 2021-1411 du 29 octobre 2021.

En Ehpad et dans les structures de soins de longue durée ou de gériatrie, s’ajoute la prime grand âge. Créée par le décret n° 2020-66 du 30 janvier 2020, elle est fixée à 118 € brut par mois, identique quel que soit l’échelon.

Privé non lucratif : la convention FEHAP de 1951 (IDCC 29)

La plupart des Ehpad associatifs et des cliniques à but non lucratif appliquent la convention collective du 31 octobre 1951, dite FEHAP, IDCC 29. L’aide-soignant diplômé y a un coefficient de référence de 376, multiplié par la valeur du point fixée par avenant ou recommandation patronale agréée.

Les valeurs publiées pour 2026 divergent, de 4,568 € à 4,58 € (dernière confirmée par le ministère dans une réponse publiée en septembre 2025). Dans les deux cas, le salaire de base se situe autour de 1 720 € brut, sous le Smic : l’employeur le complète par une ligne « complément salaire minimum », dont la valeur exacte figure sur le bulletin de paie.

S’y ajoute un complément Ségur de 238 € brut par mois, fixe quel que soit le coefficient, et une prime décentralisée de 5 % du salaire de base selon les règles de l’établissement. Pour connaître la convention d’un employeur, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives.

Privé lucratif : la convention de l’hospitalisation privée (IDCC 2264)

Les cliniques commerciales appliquent la convention collective nationale de l’hospitalisation privée du 18 avril 2002, IDCC 2264. Le minimum dépend du coefficient du poste (sur le bulletin de paie), multiplié par une valeur de point de 7,26 € fixée par l’avenant n° 32 du 10 novembre 2022, avec effet au 1er juillet 2022.

Jusqu’au coefficient 257, le résultat reste sous le Smic : c’est donc le Smic qui s’applique, porté à 1 867,02 € brut au 1er juin 2026, si bien que le minimum conventionnel s’y confond souvent. S’y ajoute le complément Ségur de la branche, 206 € brut par mois par l’accord du 16 octobre 2020 étendu le 12 janvier 2021 ; les Ehpad commerciaux relèvent d’un accord distinct du 16 novembre 2020.

Pas d’exercice en libéral

Contrairement à l’infirmier, l’aide-soignant ne peut pas s’installer en libéral : la profession s’exerce uniquement sous statut salarié ou de fonctionnaire, selon la DREES.

Primes, indemnités et variables

Les primes suivantes s’ajoutent au salaire de base ; prime de sujétion, indemnité spécifique et prime grand âge en tête, plusieurs n’existent que dans la fonction publique.

ÉlémentMontantTexte ou source
Complément de traitement indiciaire, fonction publique241,22 € brut par moisDécret n° 2020-1152
Prime spéciale de sujétion, fonction publique10 % du traitement, soit 183,62 € au 1er échelonArrêté du 23 avril 1975
Indemnité spécifique, ex-treize heures, fonction publique13/1900 du traitement annuel, soit 150,76 € au 1er échelonDécret n° 2021-1411
Prime forfaitaire, fonction publique15,24 € brut par moisArrêté du 23 avril 1975
Complément Ségur, FEHAP (IDCC 29)238,00 € brut par moisMinistère chargé de la santé
Complément Ségur, hospitalisation privée (IDCC 2264)206,00 € brut par moisAccord du 16 octobre 2020
Prime grand âge, Ehpad et gériatrie, fonction publique118,00 € brut par moisDécret n° 2020-66 et arrêté
Heure de nuit, de 21 h à 6 h, fonction publique25 % du traitement horaire, soit 3,03 € au 1er échelonDécret n° 2023-1238
Dimanche ou jour férié travaillé, fonction publique60,00 € pour 8 heuresArrêté du 22 décembre 2023
Temps plein, point d’indice au 1er septembre 2026. Dans le privé, nuits et dimanches dépendent de l’accord d’entreprise ou de la convention appliquée.

La prime grand âge, la prime forfaitaire et les compléments Ségur ne suivent pas les échelons : ils s’ajoutent à l’identique du début à la fin de carrière. La prime spéciale de sujétion progresse au contraire avec le traitement, et l’indemnité spécifique reste figée au montant du recrutement. Dans le privé, à défaut d’accord d’entreprise, notre calculateur d’heures supplémentaires donne le montant des heures majorées au-delà de la durée légale.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Avec les échelons puis la classe supérieure, le brut mensuel avec le CTI passe de 2 108,24 € au recrutement (1er échelon, indice 373) à 2 786,30 € en fin de classe normale (indice 517), puis jusqu’à 2 997,98 € en fin de classe supérieure (indice 560), hors prime de sujétion, indemnité spécifique, prime grand âge et primes locales.

La grille est nationale : seule l’indemnité de résidence, de 0 %, 1 % ou 3 % du traitement selon la commune, fait varier la paie publique selon la région. Dans le privé, les minima conventionnels ne varient pas non plus selon le territoire, mais les tensions de recrutement en Ile-de-France ou dans les grandes métropoles poussent parfois les employeurs au-delà du minimum.

Du brut au net

Un fonctionnaire ne cotise pas au chômage mais subit une retenue pour pension, y compris sur le complément de traitement indiciaire et la prime de sujétion ; les autres primes cotisent à la retraite additionnelle.

Ligne de paieMontant mensuel
Traitement indiciaire, indice 3731 836,20 €
Indemnité différentielle, Smic30,82 €
Complément de traitement indiciaire241,22 €
Prime spéciale de sujétion183,62 €
Indemnité spécifique150,76 €
Prime forfaitaire15,24 €
Total brut2 457,86 €
Pension CNRACL, 11,10 % du traitement, du CTI et de la prime de sujétion, plus 1,5 % de cette prime– 253,73 €
RAFP, 5 % des autres primes et indemnités– 9,84 €
CSG et CRDS, 9,70 % de 98,25 % du brut– 234,24 €
Net avant impôt1 960,05 €
Calcul Voilà le travail : titulaire recruté en 2026 à temps plein, hôpital public, sans indemnité de résidence, nuit ni dimanche, hors mutuelle, impôt et prime grand âge.

Les retenues atteignent 20 % du brut ; notre calculateur brut net de la fonction publique, avec son taux moyen de 18 %, ne donne qu’un ordre de grandeur en début de carrière.

Dans le privé, l’aide-soignant est salarié non cadre et cotise environ 21 % de son brut. Au Smic de 1 867,02 € plus le complément Ségur FEHAP de 238 €, soit 2 105 € brut hors prime décentralisée et ancienneté, il perçoit ainsi près de 1 660 € net (calculateur de salaire brut en net).

Comparaison avec les métiers proches

Les salaires publiés par la DREES situent l’aide-soignant parmi les métiers de l’hôpital.

MétierHôpital publicPrivé non lucratifCliniques commerciales
Aide-soignant et agent de service2 397 €1 988 €1 911 €
Infirmier2 872 €2 625 €2 602 €
Rééducateurs, dont kinésithérapeute2 619 €2 487 €2 364 €
Médico-techniques, dont manipulateur radio2 747 €2 516 €2 411 €
Encadrement soignant, dont cadre de santé3 559 €3 665 €3 700 €
Source : DREES, Les établissements de santé, édition 2026, fiche 8. Net mensuel moyen en équivalent temps plein, primes incluses, 2023.

Un infirmier gagne 475 € net de plus par mois qu’un aide-soignant à l’hôpital public, un écart qui se creuse dans le privé (637 € dans le non lucratif, 691 € en clinique commerciale) : dans les trois secteurs, l’aide-soignant reste le métier soignant le moins rémunéré de ce tableau, d’où l’attractivité de la passerelle vers le diplôme d’infirmier.

Fiche métier aide-soignantMissions, formation, conditions de travail et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un aide-soignant

À grade ou coefficient égal, le planning pèse plus lourd qu’un échelon supplémentaire : dix nuits par mois à l’hôpital public ajoutent près de 290 € brut avec la majoration de 25 %, quand un échelon ne rapporte que 10 à 120 € brut selon la classe. Comparez toujours le net, primes locales comprises, plutôt que le brut affiché sur une offre : l’écart moyen dépasse 480 € net par mois entre l’hôpital public et une clinique commerciale selon la DREES, mais un Ehpad qui verse la prime grand âge et majore bien les nuits peut le réduire.

Avant de signer, vérifiez si le poste ouvre droit à la prime grand âge : réservée aux structures dédiées aux personnes âgées, son absence sur une fiche de paie en Ehpad mérite d’être questionnée auprès de l’employeur.

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