Pneumologue : métier, formation et salaire en 2026
Une toux qui ne passe pas depuis trois mois, un souffle court en montant un escalier : le généraliste adresse le patient au pneumologue, qui enchaîne spirométrie, endoscopie bronchique ou polysomnographie selon les cas. BPCO, asthme sévère, apnée du sommeil, cancer du poumon : onze ans d’études mènent à ce quotidien partagé entre consultations, gestes techniques et, souvent, un service hospitalier. Voici le métier, sa formation et ce qu’il rapporte.
Ce que fait un pneumologue
Comme toute pratique médicale, la pneumologie est réservée aux titulaires du diplôme d’État de docteur en médecine, inscrits au tableau de l’Ordre des médecins en application de l’article L.4131-1 du Code de la santé publique. Le pneumologue diagnostique et traite les maladies des poumons, des bronches et de la plèvre : asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), pneumonies, cancers broncho-pulmonaires, apnée du sommeil, fibroses pulmonaires et autres pathologies respiratoires chroniques.
La consultation s’appuie souvent sur un plateau technique propre à la spécialité. La spirométrie et les autres explorations fonctionnelles respiratoires mesurent le souffle, l’endoscopie bronchique permet de visualiser et de prélever dans les voies aériennes, la polysomnographie diagnostique une apnée du sommeil, l’échographie thoracique guide une ponction pleurale. Le référentiel du diplôme d’études spécialisées liste aussi la ponction artérielle, la ventilation non invasive et l’oxymétrie transcutanée parmi les gestes à maîtriser en fin de formation.
À l’hôpital, la journée alterne consultations, lecture d’explorations fonctionnelles, endoscopies programmées et réunions de concertation pluridisciplinaire pour les cancers thoraciques, aux côtés du radiologue et de l’oncologue. En cabinet libéral, l’activité se concentre davantage sur la consultation et le suivi au long cours d’une maladie chronique : ajuster un traitement de fond de l’asthme, surveiller une BPCO, prescrire et encadrer une oxygénothérapie à domicile.
Les compétences attendues
La précision technique compte dès les premiers gestes : une endoscopie bronchique ou une ponction pleurale ne tolèrent pas l’approximation, et la lecture d’une spirométrie ou d’un scanner thoracique demande une rigueur d’interprétation constante, condition d’un diagnostic fiable.
Le pneumologue passe beaucoup de temps à expliquer une maladie chronique plutôt qu’à l’annoncer une seule fois. Faire comprendre à un patient pourquoi son traitement de fond de l’asthme doit se poursuivre même sans symptôme, ou accompagner un sevrage tabagique difficile, demande de l’écoute et de la pédagogie répétée, bien plus qu’une seule consultation technique.
La spécialité évolue vite : biothérapies de l’asthme sévère, nouvelles molécules en cancérologie thoracique, techniques d’endoscopie interventionnelle. Cette veille s’entretient par le développement professionnel continu, obligatoire pour tout médecin en exercice, et par la collaboration régulière avec les autres professionnels de santé autour d’un même patient.
Devenir pneumologue
Le parcours démarre, comme pour toutes les spécialités médicales, par une première année sélective d’accès aux études de santé : le parcours spécifique accès santé (PASS) ou une licence avec option accès santé (L.AS), suivie du deuxième cycle jusqu’aux épreuves dématérialisées nationales (EDN) qui classent les étudiants pour le choix de leur spécialité et de leur ville d’internat. Ce tronc commun, identique pour toutes les spécialités, est détaillé sur notre fiche chirurgien.
- Réussir le PASS ou une L.ASUne seule tentative supplémentaire possible, par redoublement en PASS ou poursuite en licence pour une L.AS.
- Valider le deuxième cycle puis les EDNSix années avant l’internat, communes à toutes les spécialités médicales.
- Choisir l’internat de pneumologieL’accès dépend du rang de classement obtenu aux EDN.
- Suivre le DES de pneumologieDix semestres, soit 5 ans : phase socle de 2 semestres, phase d’approfondissement de 6 semestres, puis phase de consolidation en docteur junior.
- Choisir une option ou une formation complémentaireOption soins intensifs respiratoires, ou formation spécialisée transversale en sommeil, cancérologie, allergologie, addictologie ou médecine palliative.
Le DES de pneumologie est passé de 4 à 5 ans lors de la réforme du troisième cycle des études de médecine, organisée par l’arrêté du 12 avril 2017. Légifrance bloquant l’accès automatisé au texte intégral, sa maquette a été consultée via un document d’université qui en reprend le contenu réglementaire, et sa durée actuelle recoupée par un article professionnel daté. Le parcours complet, de la première année post-bac à la thèse de docteur en médecine, totalise donc 11 ans au minimum.
En formation initiale, le coût se limite le plus souvent aux droits universitaires : 178 € d’inscription pour l’année 2026-2027, plus 105 € de contribution de vie étudiante et de campus, deux sommes dont les boursiers sont exonérés et qui sont identiques à toutes les filières de médecine, selon Service-public.fr. L’internat est ensuite rémunéré comme une activité hospitalière à part entière.
En reconversion, aucune VAE ne donne accès au diplôme de docteur en médecine. Le décret n° 2019-1125 du 4 novembre 2019 ouvre une admission directe en 2e ou 3e année sur dossier puis entretien oral, réservée à des titulaires de certains grades scientifiques ou paramédicaux, avec deux candidatures possibles au maximum. En dehors de cette passerelle, le CPF et le projet de transition professionnelle ne couvrent pas un cursus de cette durée.
Où travailler et dans quelles conditions
Contrairement aux spécialités chirurgicales, la pneumologie reste majoritairement salariée : 58,8 % des pneumologues exercent comme salariés, 25,8 % en libéral exclusif et 15,4 % en exercice mixte, selon les données RPPS au 1er octobre 2024. Le plateau technique nécessaire, polysomnographie et endoscopie bronchique en tête, favorise l’exercice hospitalier ou en clinique plutôt que le cabinet isolé.
Le pneumologue exerce à l’hôpital public comme praticien hospitalier ou, dans un CHU, comme hospitalo-universitaire. En clinique privée, il facture le plus souvent en honoraires, même hébergé par l’établissement. Un exercice salarié existe aussi dans les structures privées à but non lucratif, et de nombreux cabinets de ville se regroupent pour mutualiser le matériel d’exploration fonctionnelle.
Les gardes sont moins fréquentes qu’en chirurgie, mais existent dans les unités de soins intensifs respiratoires, où l’option de fin d’internat trouve sa suite logique. La répartition géographique reste très inégale : l’Île-de-France compte 674 pneumologues contre 12 en Corse, pour une densité nationale de 4,6 pour 100 000 habitants.
Ce qui plaît
- Un suivi dans la durée, qui permet de voir l’effet d’un traitement sur plusieurs années.
- Moins de gardes lourdes que dans les spécialités chirurgicales.
- Une diversité technique, entre endoscopie, imagerie et consultation.
- Une demande croissante, liée au vieillissement et aux maladies chroniques.
Ce qui pèse
- Une profession vieillissante, où près d’un quart des pneumologues de ville ont 65 ans ou plus.
- De fortes disparités territoriales entre régions bien dotées et zones sous-denses.
- L’accompagnement de maladies chroniques, parfois difficile à faire adhérer dans la durée.
- Une formation longue, sélective dès la première année.
Combien gagne un pneumologue
À l’hôpital public, un praticien hospitalier pneumologue débute au premier échelon à 4 634 € brut par mois, hors gardes, sur la même grille que l’ensemble des spécialités médicales non chirurgicales. En libéral, le revenu net d’activité indépendante moyen atteint 134 703 € en 2024 selon la CARMF, en hausse de 6,8 % sur un an.
Emploi et débouchés
La France comptait 3 022 pneumologues en activité au 1er octobre 2024 en France hexagonale, pour une densité de 4,6 praticiens pour 100 000 habitants, selon l’exploitation du RPPS par l’Observatoire régional de la santé Centre-Val de Loire. La répartition reste très inégale : 674 pneumologues en Île-de-France contre 12 en Corse, et des densités qui vont de 5,5 en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 3,5 en Corse.
La pyramide des âges inquiète davantage que les effectifs bruts. Parmi les pneumologues de ville recensés en France hexagonale, 24,1 % ont 65 ans ou plus, contre seulement 6,9 % de moins de 35 ans, selon la même source RPPS. Ce vieillissement de la profession survient alors que les maladies respiratoires chroniques progressent : la bronchopneumopathie chronique obstructive toucherait environ 3,5 millions de personnes en France et causerait plus de 18 000 décès par an, l’asthme concernerait environ 4 millions de personnes, selon des données relayées de Santé publique France, site dont l’accès automatisé n’a pas pu être vérifié ligne à ligne.
L’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, qui interroge les employeurs sur leurs intentions de recrutement, ne détaille pas ce métier précis : le recrutement hospitalier passe surtout par les tours du Centre national de gestion et les offres directes des établissements, en particulier dans les territoires les moins bien dotés.
Évolutions de carrière
À la sortie de l’internat, plusieurs voies s’ouvrent avant, ou en dehors, du titre de praticien hospitalier titulaire.
| Évolution | Voie d’accès | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Chef de clinique-assistant | Poste hospitalo-universitaire de 2 à 4 ans après l’internat | Combine soin, enseignement et début de recherche |
| Assistant des hôpitaux | Contrat de 2 à 6 ans, hors filière universitaire | Consolide l’expérience avant un poste de titulaire |
| Praticien hospitalier titulaire | Inscription sur la liste d’aptitude du Centre national de gestion | Statut protégé, grille nationale à 13 échelons |
| Professeur des universités-praticien hospitalier | Qualification par le Conseil national des universités puis concours | Carrière hospitalo-universitaire, direction de service possible |
| Installation ou association en libéral | Cabinet de ville ou activité en clinique privée | Rémunération liée au volume de consultations et d’actes techniques |
La spécialisation continue après le DES grâce aux formations spécialisées transversales choisies pendant l’internat : médecine du sommeil, cancérologie thoracique, allergologie. L’encadrement mène à la responsabilité d’une unité de soins intensifs respiratoires puis à la chefferie de service, nommée par le directeur sur proposition de la commission médicale d’établissement.
Métiers proches
Ces spécialités médicales partagent des organes, des examens ou des patients avec la pneumologie, avec des formations et des gestes différents.
Le poids des maladies respiratoires, un défi qui dépasse le seul cabinet
Le sous-diagnostic reste le problème central de la pneumologie en santé publique : une large part des personnes atteintes de BPCO, parfois estimée entre 60 et 90 % selon les sources, ignorerait son diagnostic jusqu’à un stade avancé. Le pneumologue ne travaille donc pas seul : la prévention et le dépistage précoce passent d’abord par le médecin traitant et par des campagnes de sensibilisation, le rôle du spécialiste intervenant souvent après un repérage tardif.
Le tabac, la pollution de l’air et certaines expositions professionnelles restent les premiers leviers de prévention des maladies respiratoires chroniques, des facteurs qui échappent largement à la seule consultation médicale. Cette dimension collective explique pourquoi la pneumologie s’articule de plus en plus avec la médecine du travail, la tabacologie et les programmes d’éducation thérapeutique du patient, plutôt qu’avec le seul colloque singulier entre un médecin et son patient.
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