Salaire chirurgien-dentiste en 2026 : grille, libéral et net

Un chirurgien-dentiste ne gagne pas un salaire mais, le plus souvent, le solde de son cabinet. En libéral, le bénéfice moyen atteignait 122 279 € par an en 2023 selon la CARCDSF, avec de très grands écarts. À l’hôpital, la grille démarre à 4 634 € brut par mois. Voici les repères de 2026, statut par statut.

Chirurgien-dentiste examinant la bouche d'une patiente au fauteuil, dans un cabinet dentaire
4 634 €brut mensuel au 1er échelon de praticien hospitalier, hors gardes et primes
9 954 €bénéfice mensuel moyen d’un libéral en 2024, avant impôt (CARCDSF)
7 846 €bénéfice mensuel médian d’un libéral en 2024, avant impôt (CARCDSF)

Fonction publique : la grille des praticiens hospitaliers

Le chirurgien-dentiste titulaire d’un hôpital public est praticien hospitalier, comme les médecins, les chirurgiens et les pharmaciens. Sa rémunération n’est pas indexée sur le point d’indice : elle est fixée en euros par l’arrêté du 29 juin 2023, qui modifie celui du 8 juillet 2022, et s’applique depuis le 1er juillet 2023. Elle n’a pas changé en 2026, d’après Hoppi. Les textes sur les astreintes visent expressément les personnels odontologiques.

ÉchelonAncienneté à l’entréeDurée dans l’échelonBrut mensuel
10 an2 ans4 634 €
22 ans2 ans4 840 €
34 ans2 ans5 179 €
46 ans2 ans5 547 €
58 ans2 ans5 724 €
610 ans2 ans5 930 €
712 ans2 ans6 372 €
814 ans2 ans6 637 €
916 ans4 ans7 546 €
1020 ans4 ans7 880 €
1124 ans4 ans8 318 €
1228 ans4 ans8 755 €
1332 ansTerminal9 368 €
Source : arrêté du 29 juin 2023 modifiant l’arrêté du 8 juillet 2022, article R. 6152-21 du Code de la santé publique, montants de la note du Centre national de gestion de juillet 2023. Brut mensuel à temps plein, hors gardes et primes. Légifrance bloquant l’accès automatisé, grille recoupée sur deux relais indépendants (Hoppi, Coopérer pour former).

Un débutant touche donc 55 608 € brut par an au 1er échelon, et 112 416 € au dernier, hors toute prime. Une grille concurrente multiplie des indices majorés par le point d’indice : elle est fausse pour les praticiens hospitaliers.

Avant le titre, l’interne en odontologie suit la grille nationale des internes, commune à la médecine, à la pharmacie et à l’odontologie. Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg affichent, au 3 décembre 2024, 2 136,60 € brut par mois en 1re année, 2 369,27 € en 2e année et 2 451,58 € en 3e année, indemnité de sujétion comprise, hors gardes.

Établissements privés et centres de santé

Les cliniques et les établissements privés à but non lucratif emploient aussi des dentistes, mais nous n’avons trouvé aucune grille publique de minima conventionnels propre à leur profession. Pour identifier la convention de votre employeur, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives.

Le repère disponible est statistique. Les médecins, dentistes et pharmaciens des établissements de santé gagnaient en 2023 en moyenne 6 811 € net par mois dans le public, 6 915 € dans le non lucratif et 6 274 € en clinique commerciale, en équivalent temps plein et primes incluses, selon la DREES. Ces moyennes regroupent trois professions, et les médecins tirent le chiffre vers le haut : elles ne décrivent pas le seul dentiste.

Dans les centres de santé, qui employaient 7 600 praticiens début 2025 selon la DREES, nous n’avons trouvé ni grille commune ni statistique de salaire fiable : le contrat fixe la rémunération.

Libéral : le bénéfice du cabinet

Plus de huit dentistes sur dix exercent au moins en partie en libéral (75 % en exclusivité, 8 % en mixte, DREES 2026), où le revenu est le solde d’un cabinet : honoraires, moins loyer, matériel, prothèses, personnel et cotisations. La CARCDSF, la caisse de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, a publié le 24 mars 2026 les revenus de 2024, à partir de 40 213 déclarations.

Le bénéfice fiscal moyen est de 119 452 € par an, avant impôt sur le revenu, en baisse de 2,31 % sur un an. La médiane est de 94 154 €, en recul de 3,60 % : la moitié des praticiens gagne moins. Cette différence entre moyenne et médiane vient d’un petit groupe aux revenus très élevés. Les libéraux de moins de 35 ans se situent à 81 929 €.

Tranche de bénéfice 2023Part des praticiensBénéfice annuel moyenPar mois
92 736 € ou moins46,93 %52 771 €4 398 €
92 736 à 185 472 €36,19 %130 249 €10 854 €
185 473 € et plus16,88 %298 368 €24 864 €
Source : CARCDSF, revenus 2023, publiés le 25 mars 2025 (relayés par L’Information Dentaire). Bénéfice fiscal avant impôt, mensualisé par division par 12 (calcul Voilà le travail). Répartition par tranche non republiée pour le millésime 2024 plus récent : gardée ici à titre indicatif de la forme de la distribution, pas des niveaux actuels.

Les femmes, 48,2 % des déclarants en 2024, ont un bénéfice moyen de 97 455 €, contre 139 930 € pour les hommes, un écart d’environ 30 %. La source ne l’explique pas : temps de travail, spécialité et mode d’exercice peuvent jouer, sans que nous puissions le chiffrer.

Primes, indemnités et variables

À l’hôpital, le traitement de base ne dit pas tout. Voici les compléments les plus courants, tous identiques pour les spécialités médicales, pharmaceutiques et odontologiques.

ÉlémentMontant brutCondition et texte
Indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE)1 010 € par moisEngagement de 3 ans renouvelable, sans activité libérale
Garde de nuit, dimanche ou jour férié, période complète422,03 €Arrêté du 22 décembre 2023, en vigueur depuis le 1er janvier 2024
Garde, demi-période211,01 €Même arrêté
Astreinte à domicile70 à 280 € par nuitForfait fixé par l’établissement, depuis le 1er novembre 2025
Montants bruts à temps plein. Sources : Hoppi (IESPE), GPM (gardes et astreintes), instruction DGOS/RH5/2026/57 du 6 mai 2026.

L’astreinte est payée au forfait depuis le 1er novembre 2025, d’après GPM, dans une fourchette de 70 à 280 € par nuit fixée par chaque établissement. En 2026, la prime d’engagement de carrière hospitalière ne concerne que l’anesthésie-réanimation, la psychiatrie et la radiologie, selon la FHF : l’odontologie n’y figure pas.

En libéral, les variables sont d’un autre ordre : la part de soins remboursés à tarif opposable, la part de prothèses à honoraires libres, la patientèle, le nombre de fauteuils et les charges. Aucune de ces données n’a été retrouvée sous forme de statistique officielle récente.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

À l’hôpital, la progression suit uniquement l’ancienneté, sur une grille nationale identique partout en France.

SituationRepère
Praticien hospitalier débutant, 1er échelon4 634 € brut par mois
8 ans d’ancienneté, 5e échelon5 724 € brut par mois
20 ans d’ancienneté, 10e échelon7 880 € brut par mois
Fin de grille, 13e échelon9 368 € brut par mois
Libéral, moitié des praticiens (médiane 2024)moins de 7 846 € de bénéfice par mois avant impôt
Libéral, moyenne 20249 954 € de bénéfice par mois avant impôt
Sources : arrêté du 29 juin 2023 (hôpital) ; CARCDSF, revenus 2024 (libéral). Le brut hospitalier et le bénéfice libéral ne sont pas comparables : le second est un solde après charges du cabinet.

La spécialité et la région comptent en libéral, mais nous n’avons pas trouvé de statistique officielle qui les chiffre. Côté région, la DREES relevait en 2021 une densité de 86 dentistes pour 100 000 habitants en Provence-Alpes-Côte d’Azur contre 41 en Normandie et Picardie : la concurrence et les besoins locaux diffèrent beaucoup.

Du brut au net

Le praticien hospitalier cotise au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et à l’Ircantec pour sa retraite complémentaire, d’après l’Ircantec. Il ne relève donc pas de la CNRACL et de sa retenue de 11,10 %, taux des fonctionnaires titulaires.

Le calcul de Voilà le travail applique 6,90 % de vieillesse plafonnée et 0,40 % de vieillesse déplafonnée, l’Ircantec 2026 à 2,84 % jusqu’à 4 005 € et 7,06 % au-delà (arrêté du 19 décembre 2025), puis la CSG et la CRDS à 9,70 % de 98,25 % du brut. Il donne, avant impôt, environ 3 739 € net au 1er échelon (4 634 € brut) et 7 669 € au 13e (9 368 € brut), hors primes, mutuelle et prélèvement à la source. Le site Hoppi annonce un chiffre plus élevé, par un abattement forfaitaire : l’écart tient à la méthode.

En libéral, le bénéfice de la CARCDSF est déjà calculé après les charges du cabinet et avant l’impôt sur le revenu : le net disponible dépend donc de votre fiscalité personnelle, de vos assurances et de vos remboursements d’emprunt. Pour un ordre de grandeur sur un montant de cadre, essayez le calculateur brut net cadre, qui n’applique pas l’Ircantec.

Comparaison avec les métiers proches

Métier et cadreRepèreSource
Chirurgien-dentiste, 1er échelon PH4 634 € brut par moisArrêté du 29 juin 2023
Chirurgien-dentiste libéral, moyenne 2024119 452 € de bénéfice annuel avant impôtCARCDSF
Chirurgien à l’hôpital publicMême grille de praticien hospitalierArrêté du 29 juin 2023
Pharmacien hospitalierMême grille de praticien hospitalierArrêté du 29 juin 2023
Sage-femme à l’hôpital public3 569 € net par mois en moyenneDREES, 2023, équivalent temps plein
Sage-femme libérale42 200 € de revenu d’activité annuel moyenDREES, 2021
Attention aux unités : brut mensuel pour la grille, net mensuel pour la DREES, bénéfice ou revenu annuel pour le libéral. Les chiffres ne se comparent pas directement.

La comparaison la plus utile concerne les sages-femmes, qui partagent la caisse de retraite CARCDSF : leur revenu libéral moyen (42 200 € en 2021) est presque trois fois plus bas que le bénéfice moyen des dentistes en 2024 (119 452 €), même si les années diffèrent. Le dentiste libéral gagne donc nettement plus, mais il porte aussi l’investissement d’un cabinet.

Chirurgien-dentiste : la fiche métierMissions, études, statuts, débouchés et évolutions de carrière.Voir la fiche

Négocier et se renseigner

Ce qui fait varier la paie d’un chirurgien-dentiste tient à quatre choses : le statut, l’ancienneté à l’hôpital, la taille de la patientèle en libéral, et la part de soins à honoraires libres. À l’hôpital, la grille est nationale et il y a peu à négocier hors des gardes et des astreintes. Un contrat de praticien contractuel, lui, se discute.

En collaboration libérale, la négociation porte sur la rétrocession : demandez ce qu’elle couvre (matériel, assistant, prothèses, laboratoire) avant de comparer deux propositions. En centre de santé, demandez la rémunération à l’acte ou au fixe, les jours de congé et la prise en charge de la formation continue.

Pour les données officielles, consultez la DREES pour les effectifs, la CARCDSF pour les revenus libéraux et le Centre national de gestion pour les postes de praticien hospitalier.

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