Salaire bûcheron en 2026 : grille IDCC 7025, SMIC et net
Le salaire d’un bûcheron se lit dans une grille horaire, celle de la convention des travaux forestiers, et se heurte vite au SMIC. Aucun salaire moyen public n’existe pour le métier : voici les minima en vigueur en septembre 2026, le paiement à la tâche, le statut d’indépendant et le passage du brut au net.

Le métier lui-même, ses formations et ses risques sont décrits dans la fiche du bûcheron. Ici, seules les rémunérations comptent. Elles dépendent du statut : salarié d’une entreprise de travaux forestiers, salarié d’un organisme public ou entrepreneur. Aucune enquête publique lue ne donne un revenu moyen constaté, ni chez les salariés ni chez les indépendants : ce sont donc des minima.
Salarié d’une entreprise de travaux forestiers : la convention IDCC 7025
Les entreprises de travaux forestiers relèvent de la convention nationale des entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers (ETARF, IDCC 7025), du 8 octobre 2020, dont le champ couvre l’exploitation forestière et la sylviculture, d’après convention.fr. Ce n’est pas l’IDCC 7024 de la production agricole. Vérifiez la vôtre avec l’outil de recherche de convention.
Sa grille de salaires comprend une section propre à l’exploitation forestière, celle du bûcheron. Le tableau suivant reprend la grille de mars 2026, issue de l’avenant n° 11 du 7 janvier 2026 (+ 1,25 %, extension le 20 février 2026), telle que la publie Juristique. Chaque niveau donne une fourchette de taux, entre son premier et son dernier échelon.
| Niveau | Taux horaire brut | Brut mensuel (151,67 h) |
|---|---|---|
| I, emplois exécutants | 12,02 à 12,20 € | 1 823,07 à 1 850,37 €, sous le SMIC |
| II, emplois spécialisés | 12,33 à 12,46 € | 1 870,09 à 1 889,81 € |
| III, emplois qualifiés | 12,59 à 12,87 € | 1 909,53 à 1 951,99 € |
| IV, emplois hautement qualifiés | 13,30 à 13,85 € | 2 017,21 à 2 100,63 € |
Seul le niveau I passe sous le SMIC de 12,31 € de l’heure : l’employeur doit alors verser le SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois. Le niveau II l’égale à peine, d’où l’écart réel très faible entre un exécutant et un spécialisé au début de la carrière.
Un deuxième texte, l’avenant n° 12 du 15 juillet 2026, relève la grille de 2,67 % en moyenne. Il s’appliquera le premier jour du mois qui suit la publication de son arrêté d’extension, encore attendu à la date de notre lecture (relais Juristique du 5 septembre 2026). Tant que cet arrêté n’est pas paru, la grille de mars reste la référence ; ensuite, les taux seront les suivants.
| Niveau (échelons) | Taux horaire brut | Brut mensuel (151,67 h) |
|---|---|---|
| I, exécutants (1 à 2) | 12,31 à 12,51 € | 1 867,06 à 1 897,39 € |
| II, spécialisés (1 à 2) | 12,66 à 12,81 € | 1 920,14 à 1 942,89 € |
| III, qualifiés (1 à 3) | 12,91 à 13,24 € | 1 958,06 à 2 008,11 € |
| IV, hautement qualifiés (1 à 3) | 13,63 à 14,22 € | 2 067,26 à 2 156,75 € |
Le niveau de classement d’un bûcheron n’est pas figé par le diplôme : un relais de recherche indique que la convention retient le poste réellement tenu, le diplôme servant à définir les savoirs attendus, et place le titulaire du BPA bûcheron au niveau III. La classification n’a pas été lue en entier : demandez le niveau et le coefficient inscrits sur votre contrat.
Secteur public : ONF, communes et collectivités
Le ROME cite le secteur public parmi les statuts d’emploi du bûcheron, à côté du privé et du travailleur indépendant. Les agents publics de la forêt ont des grilles à part, détaillées dans les pages salaire garde forestier et salaire sylviculteur, qui couvrent le technicien forestier de l’ONF et les ouvriers forestiers de droit privé de l’office.
Ce que nous n’avons pas trouvé : une grille publique du bûcheron employé directement par une commune. Les collectivités recrutent selon les cadres d’emplois de la fonction publique territoriale, notamment les adjoints techniques : de C1 à C3, les indices majorés 366 à 478 donnent 1 801,74 à 2 353,09 € brut, avec le SMIC sous l’indice 380 (bornes concordantes de fafpt.org, emploipublic.fr et de la CFDT Interco).
Entrepreneur de travaux forestiers : un revenu qui ne se moyenne pas
Un entrepreneur de travaux forestiers facture des prestations à des propriétaires, des coopératives ou des industriels du bois. Son revenu dépend du prix du chantier, du parc de machines (abatteuse, porteur, débardeur) et du carburant. Aucune source publique lue ne donne de revenu moyen pour ce profil, et nous n’en avançons donc aucun.
Le cadre social, lui, est établi. Toute personne rémunérée dans une entreprise de travaux forestiers est présumée salariée, et il faut demander à la MSA la levée de cette présomption pour s’affilier comme non-salarié agricole, selon le ministère de l’Agriculture. Le régime de la micro-entreprise n’est pas ouvert à ces entrepreneurs : n’utilisez donc pas le calculateur micro-entrepreneur pour estimer votre net.
Primes, indemnités et variables
Aucune prime propre au métier n’a été chiffrée par les sources lues : ni prime de pénibilité, ni indemnité de panier ou de déplacement propre à la convention. Le ROME cite pourtant les déplacements professionnels et le port d’équipements de protection, sans indiquer de compensation. Vérifiez sur votre contrat et vos bulletins ce que prévoit votre entreprise.
Certains chantiers sont payés à la tâche, au volume abattu. En Alsace-Moselle, la MSA relevait en 2017 une rémunération au rendement, facteur d’accélération et de risque, d’après Le Bimsa, une publication régionale de 2017 qui ne vaut pas pour toute la France. Quel que soit le mode de paiement, le salaire ne peut pas descendre sous le minimum conventionnel ni sous le SMIC.
Pour les heures supplémentaires, qui se multiplient pendant les périodes de coupe, le taux conventionnel n’a pas été lu : calculez-les avec le calculateur d’heures supplémentaires.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
Aucune source publique n’a permis de comparer les salaires par région, par ancienneté ou par essence exploitée. Les seuls repères solides sont les niveaux de la grille, qui récompensent la qualification : le passage à un poste de conducteur d’engins ou de chef d’équipe se traduit par un changement de niveau, pas par une hausse continue.
| Étape | Repère (avenant n° 12, extension attendue) | Brut mensuel |
|---|---|---|
| Ouvrier qualifié, niveau III | 12,91 à 13,24 €/h | 1 958,06 à 2 008,11 € |
| Ouvrier hautement qualifié, niveau IV | 13,63 à 14,22 €/h | 2 067,26 à 2 156,75 € |
| Technicien, agent de maîtrise, niveau V (TAM 1) | 14,91 à 15,74 €/h | 2 261,40 à 2 387,29 € |
| Niveau VI (TAM 2) | 16,59 à 17,43 €/h | 2 516,21 à 2 643,61 € |
| Cadre I et cadre II, niveaux VII et VIII | 18,89 et 21,00 €/h | 2 865,05 et 3 185,07 € |
Du brut au net
Prenons un ouvrier hautement qualifié au bas du niveau IV de la grille de mars 2026, à 13,30 € de l’heure : 13,30 x 151,67 heures, soit 2 017,21 € brut par mois. Avec le taux salarial moyen du calculateur du site, environ 21 % sous le plafond de la Sécurité sociale, les cotisations représentent 423,61 € et le net avant impôt ressort autour de 1 593,60 €.
Au SMIC, le même calcul donne 392,07 € de cotisations et environ 1 474,95 € net. C’est une estimation à 35 heures, sans prime ni heure supplémentaire : votre fiche de paie peut différer selon votre régime. Testez votre cas avec le calculateur brut en net.
Comparaison avec les métiers proches
Ces repères viennent de fiches du site et de conventions différentes : ils montrent un ordre de grandeur, pas une équivalence entre métiers.
| Métier | Cadre | Brut mensuel |
|---|---|---|
| Bûcheron, niveaux I à IV | IDCC 7025, mars 2026 | 1 823,07 à 2 100,63 € |
| Élagueur grimpeur | Paysage, IDCC 7018, niveaux O.1 à O.6, 2026 | 1 838,24 à 2 056,65 €, SMIC sous O.3 |
| Jardinier | Paysage, IDCC 7018, niveau O.1, 2026 | 1 838,24 €, avant relèvement au SMIC |
| Garde forestier, technicien ONF | Fonction publique, IM 373 à 508 | 1 836,20 à 2 500,77 €, SMIC sous l’IM 380 |
Devenir bûcheronMissions, formations, débouchés et statut d’entrepreneur.Lire la fiche
Ce qui fait varier la paie, et comment la défendre
Trois leviers comptent. Le premier est le niveau de classement, qui suit le poste réellement occupé : un bûcheron qui conduit régulièrement une abatteuse ou encadre une équipe peut demander à être reclassé. Le deuxième est la qualification : BPA, Bac pro Forêt ou CS Pilote de machines ouvrent les niveaux hauts. Le troisième est le statut, salarié ou indépendant.
Avant de signer, vérifiez le niveau, le coefficient, le mode de paiement (à l’heure ou à la tâche) et la convention applicable. Pour le texte officiel de la convention, consultez celui de code.travail.gouv.fr, qui renvoie à Légifrance, et suivez l’extension de l’avenant n° 12 : c’est elle qui fera passer la grille à son nouveau niveau.
Sommaire
- Salarié d’une entreprise de travaux forestiers : la convention IDCC 7025
- Secteur public : ONF, communes et collectivités
- Entrepreneur de travaux forestiers : un revenu qui ne se moyenne pas
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait varier la paie, et comment la défendre
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