Calcul pension d’invalidité 2026 : montant par catégorie

Calculez votre pension d'invalidité

Après trois ans d'arrêt maladie, ou après un accident qui laisse des séquelles, le médecin-conseil de la caisse propose parfois un classement en invalidité. La question qui suit dans la même minute est toujours la même : de quoi vivrai-je ? Le simulateur ci-dessus donne le montant mensuel à partir de deux informations, votre salaire annuel moyen et la catégorie retenue.

La pension d'invalidité n'a rien d'une aide sociale. C'est une prestation contributive, calculée sur vos salaires passés comme une retraite anticipée, avec un plancher pour les carrières modestes et un plafond pour les hautes rémunérations. Elle se cumule d'ailleurs avec un salaire, dans certaines limites.

Trois catégories, deux taux

Le classement dépend de ce que vous pouvez encore faire, pas de la maladie elle-même. La première catégorie vise l'assuré qui reste capable d'exercer une activité rémunérée. La deuxième concerne celui qui ne peut plus exercer aucune profession. La troisième reprend cette incapacité totale et y ajoute le besoin d'une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie.

Le taux appliqué au salaire annuel moyen vaut 30 % en première catégorie et 50 % dans les deux autres. La troisième catégorie ajoute une majoration pour tierce personne, d'un montant fixe et bien supérieur à la pension elle-même dans la plupart des cas.

CatégorieTauxPension mensuelle minimumPension mensuelle maximum
1re30 %338,31 €1 201,50 €
2e50 %338,31 €2 002,50 €
3e50 % et majoration1 636,76 €3 300,95 €

Ces montants ont été revalorisés au 1er avril 2026 et figurent sur la fiche du service public consacrée à la pension d'invalidité. Le classement n'est pas définitif : la caisse peut réviser la catégorie si votre état évolue, dans un sens comme dans l'autre.

Le salaire annuel moyen, la vraie variable

La caisse retient vos dix meilleures années de salaire soumis à cotisations, chacune plafonnée au plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année concernée, soit 48 060 € en 2026. Si vous avez cotisé moins de dix ans, la moyenne porte sur les années réellement travaillées, ce qui pénalise fortement les carrières courtes.

Pour un salaire annuel moyen de 30 000 €, la pension de deuxième catégorie s'établit à 1 250 € par mois, celle de première catégorie à 750 €. Un salaire moyen de 60 000 € ne change rien au-dessus du plafond : la pension bute à 2 002,50 € en deuxième catégorie, montant atteint dès 48 060 € de moyenne.

Ce plafonnement crée un décrochage brutal pour les hauts salaires. Un cadre payé 5 000 € net par mois voit son revenu divisé par deux et demi. Le contrat de prévoyance de l'entreprise devient alors le seul amortisseur, et son existence se vérifie bien avant d'en avoir besoin.

Le plancher joue dans l'autre sens. Une moyenne de 6 000 € par an donnerait 150 € mensuels en première catégorie : le minimum de 338,31 € s'applique et remplace ce calcul.

Travailler en percevant sa pension

La première catégorie suppose une activité possible, et rien n'interdit de reprendre un emploi en deuxième catégorie. Le cumul reste encadré : le total de la pension et de vos revenus ne doit pas dépasser un seuil de comparaison, égal au plus favorable entre le salaire de votre dernière année d'activité et votre salaire annuel moyen, dans la limite de 6 007,50 € par mois.

Au-delà de ce seuil, la pension est réduite de la moitié du dépassement, et non supprimée. Un dépassement de 750 € coûte 375 € de pension. Les revenus retenus sont ceux des douze mois qui précèdent, examinés du treizième au deuxième mois avant la mensualité à payer, comme le précise la fiche du service public sur les conséquences d'une hausse de ressources.

Le classement en invalidité n'entraîne pas automatiquement l'inaptitude au travail : celle-ci relève du médecin du travail, au terme d'une procédure distincte. Un salarié déclaré inapte et licencié pour ce motif perçoit une indemnité de licenciement doublée quand l'inaptitude est d'origine professionnelle, calcul que détaille notre calculateur d'indemnité de licenciement.

L'allocation supplémentaire d'invalidité

Une pension au minimum ne suffit pas à vivre. L'allocation supplémentaire d'invalidité complète les ressources jusqu'à 922,17 € par mois pour une personne seule et 1 542,84 € pour un couple, montants applicables depuis le 1er avril 2026. Pour un pensionné au minimum vivant seul, elle représente 583,86 € mensuels.

Le calcul des ressources laisse de côté plusieurs revenus, dont la majoration pour tierce personne, les prestations familiales, l'allocation de logement sociale et la valeur de la résidence principale. Une partie des revenus professionnels est également neutralisée. Les conditions figurent sur la fiche officielle consacrée à l'ASI.

Cette allocation cesse à l'âge légal de départ à la retraite, remplacée par l'allocation de solidarité aux personnes âgées. En dessous de ces plafonds, d'autres dispositifs restent ouverts selon la composition du foyer, notamment le RSA pour les situations sans droit à pension et la prime d'activité en cas de reprise à temps partiel.

Ce que la pension supporte comme prélèvements

La pension d'invalidité entre dans le revenu imposable et supporte la CSG, la CRDS et la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie. Les taux dépendent du revenu fiscal de référence du foyer, avec une exonération complète pour les revenus les plus modestes et un taux réduit dans la tranche intermédiaire.

La majoration pour tierce personne échappe à tous ces prélèvements et à l'impôt sur le revenu. Un pensionné de troisième catégorie voit donc une part importante de son revenu circuler sans retenue, ce que le montant brut affiché ne laisse pas deviner.

Le dossier se prépare avant la décision

La caisse propose souvent la pension d'elle-même, à l'expiration des droits aux indemnités journalières. Rien n'oblige à attendre cette proposition : vous pouvez déposer la demande vous-même, et le délai de douze mois qui suit la stabilisation de votre état ou la fin des indemnités journalières court vite.

Avant de signer, rassemblez vos relevés de carrière et vérifiez les dix années que la caisse retiendra. Une année incomplète, un employeur qui a mal déclaré, une période à l'étranger oubliée : ces erreurs se corrigent en amont, presque jamais après la notification. Le montant qui en sort vous accompagnera jusqu'à la retraite.

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