Salaire pneumologue en 2026 : grilles, primes et net

Sur la fiche de paie d’un praticien hospitalier pneumologue, l’échelon pèse moins que les gardes et l’activité libérale complémentaire. En clinique comme en cabinet, la plupart facturent en honoraires plutôt qu’en salaire, avec un revenu moyen en nette progression depuis 2022. Voici les grilles en vigueur en 2026, les minima du secteur privé, les revenus réellement déclarés et le passage du brut au net.

4 634 €brut mensuel au 1er échelon de praticien hospitalier, hors gardes et IESPE
9 368 €brut mensuel au 13e et dernier échelon, hors primes
134 703 €revenu net d’activité indépendante moyen des pneumologues libéraux en 2024

Fonction publique : la grille des praticiens hospitaliers

Les pneumologues salariés de l’hôpital public relèvent du statut de praticien hospitalier, régi par les articles R. 6152-1 et suivants du Code de la santé publique. Leur rémunération n’est pas indexée sur la valeur du point d’indice de la fonction publique : elle est fixée directement en euros par l’arrêté du 8 juillet 2022, modifié par celui du 29 juin 2023, en vigueur depuis le 1er juillet 2023, et commune à toutes les spécialités médicales, chirurgicales comme non chirurgicales.

ÉchelonDuréeBrut mensuel
12 ans4 634 €
22 ans4 840 €
32 ans5 179 €
42 ans5 547 €
52 ans5 724 €
62 ans5 930 €
72 ans6 372 €
82 ans6 637 €
94 ans7 546 €
104 ans7 880 €
114 ans8 318 €
124 ans8 755 €
13Terminal9 368 €
Source : arrêté du 29 juin 2023 modifiant l’arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments des personnels médicaux des établissements publics de santé. Montants bruts mensuels arrondis à l’euro, hors gardes et indemnités, Légifrance limitant l’accès automatisé au texte intégral ; grille recoupée à l’identique sur deux relais professionnels indépendants.

S’y ajoute, pour le praticien qui renonce à toute activité libérale, l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) de 1 010 € brut par mois, accordée pour un engagement de trois ans renouvelable. Un débutant exclusif touche donc 5 644 € brut avant gardes. Les praticiens hospitaliers contractuels, recrutés hors concours, négocient une rémunération qui peut dépasser cette grille selon le profil et la tension du poste.

Secteur privé : un exercice le plus souvent libéral, parfois salarié

En clinique privée à but lucratif, l’immense majorité des pneumologues exerce en libéral : ils facturent leurs actes en honoraires, même hébergés par l’établissement, et ne relèvent pas des minima salariaux de la clinique. La convention collective nationale de l’hospitalisation privée du 18 avril 2002, IDCC 2264, fixe la rémunération du personnel salarié de la clinique, infirmiers et administratifs compris, mais pas celle des médecins qui y consultent comme praticiens libéraux conventionnés.

Un exercice salarié existe dans les établissements privés à but non lucratif, le plus souvent affiliés à la convention collective du 31 octobre 1951, dite FEHAP, IDCC 29. La rémunération médicale y repose sur un coefficient de référence, qui intègre les mesures prises pour les praticiens hospitaliers, multiplié par la valeur du point de la branche. Cette valeur diverge selon les sources en 2026 : mieux vaut la vérifier sur le bulletin de paie. Pour identifier la convention appliquée par un employeur, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives.

Libéral : un revenu en nette progression

La CARMF publie chaque année le revenu net d’activité indépendante (RNAI) moyen par spécialité, déjà net des charges professionnelles et sociales mais avant impôt sur le revenu. Pour la pneumologie, ce revenu est passé de 122 853 € en 2022 à 131 262 € en 2023, puis à 134 703 € en 2024, soit une hausse de 9,6 % en deux ans, pour 1 092 pneumologues cotisants en 2024 contre 1 066 en 2022.

Cette progression dépasse celle de l’ensemble des médecins libéraux, qui sont passés de 118 910 € à 127 859 € sur la même période. Elle doit être lue avec prudence : le fichier CARMF agrège les secteurs 1 et 2 sans répartition publique par secteur pour la pneumologie, contrairement au communiqué de 2022 qui distinguait les deux. Aucune ventilation régionale ou par sous-spécialité n’est publiée.

Primes, indemnités et variables

Au-delà du traitement de base hospitalier, plusieurs éléments s’ajoutent selon le statut et l’activité réelle.

ÉlémentMontant brutTexte
Indemnité d’engagement de service public exclusif1 010 € par moisEngagement de 3 ans renouvelable, sans activité libérale
Garde de nuit, dimanche ou jour férié, période complète422,03 €Arrêté du 22 décembre 2023, en vigueur au 1er janvier 2024
Garde, demi-période (demi-nuit, samedi après-midi)211,01 €Même arrêté
Temps plein, montants 2026 sauf mention contraire, communs à toutes les spécialités de praticien hospitalier. Les astreintes des unités de soins intensifs respiratoires sont indemnisées par un forfait propre à chaque établissement.

Les gardes restent moins nombreuses qu’en chirurgie ou en anesthésie-réanimation, mais pèsent dans le total perçu pour les pneumologues affectés à une unité de soins intensifs respiratoires. En zone sous-dotée, certains établissements ajoutent une prime d’exercice territorial, de 250 à 1 000 € selon le nombre de demi-journées effectuées hors du site principal.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

À l’hôpital public, la progression suit exclusivement l’ancienneté et le grade, sur une grille strictement nationale.

Situation à l’hôpital publicBrut mensuel
Débutant, 1er échelon4 634 €
8 ans, 5e échelon5 724 €
14 ans, 8e échelon6 637 €
Fin de grille, 13e échelon9 368 €
Grille nationale identique sur tout le territoire, hors indemnité de résidence (0 à 3 % selon la commune) et hors gardes.

Un praticien hospitalier gagne le même brut à Lille qu’à Marseille, à l’exception de cette indemnité de résidence marginale. En libéral, aucune donnée déclarative publique ne ventile le revenu des pneumologues par région ou par sous-spécialité : le volume de consultations, la part d’actes techniques et la patientèle locale restent les leviers concrets, sans repère chiffré officiel à l’échelle d’une ville. La densité de l’offre, très inégale d’une région à l’autre, joue aussi sur la facilité à développer une patientèle.

Du brut au net

Le praticien hospitalier cotise au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et à l’Ircantec pour sa retraite complémentaire. Il ne relève donc pas de la CNRACL et de sa retenue de 11,10 % : ce taux est celui des fonctionnaires titulaires, pas des praticiens hospitaliers. Au premier échelon, après vieillissement plafonnée et déplafonnée, Ircantec et CSG-CRDS, le net avant impôt avoisine 3 739 € par mois, sans garde ni IESPE, sur la base du plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 € en 2026 : une estimation que la fiche de paie réelle fait foi. Pour affiner ce calcul selon votre situation, utilisez notre calculateur brut net de la fonction publique.

En libéral, le revenu net publié par la CARMF est déjà calculé après charges professionnelles et cotisations sociales : il ne passe pas par ce type de calculateur, mais reste ensuite soumis à l’impôt sur le revenu comme tout bénéfice non commercial.

Comparaison avec les métiers proches

Le fichier RNAI 2024 de la CARMF situe le pneumologue dans la moyenne haute des spécialités médicales non chirurgicales, loin derrière les spécialités les plus rémunératrices.

SpécialitéRNAI moyen, libéral, 2024
Médecin généraliste97 099 €
Pneumologue134 703 €
Cardiologue170 766 €
Radiologue194 605 €
Chirurgien195 329 €
Source : CARMF, revenu net d’activité indépendante (RNAI) par spécialité, année 2024, fichier RNS.csv. La ligne « cardiologue » reprend la catégorie CARMF « pathologie cardio-vasculaire ».

Le pneumologue gagne en moyenne près de 40 % de plus qu’un médecin généraliste libéral, mais reste nettement derrière le cardiologue, le radiologue et le chirurgien, trois spécialités où le volume d’actes techniques facturés par journée dépasse souvent celui de la pneumologie.

Fiche métier pneumologueMissions, formation, compétences et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un pneumologue

Le choix du secteur conventionnel pèse autant que pour les autres spécialités libérales : opter pour le secteur 1, à tarifs opposables, ou le secteur 2, à honoraires libres, engage durablement le niveau de revenu. La part d’actes techniques facturés, endoscopies et explorations fonctionnelles en tête, compte souvent plus que le nombre brut de consultations.

À l’hôpital public, un praticien hospitalier contractuel peut négocier son indice de recrutement au sein de la grille, tandis que le titulaire progresse selon une ancienneté fixée par décret, sans marge de négociation individuelle. Renoncer à toute activité libérale complémentaire pour toucher l’IESPE, 1 010 € par mois, reste un arbitrage à chiffrer selon le volume d’actes que ce renoncement ferait perdre, et beaucoup de pneumologues hospitaliers cumulent un temps partiel salarié avec des vacations en clinique privée.

Pour vérifier une proposition, comparez-la à la grille de l’arrêté du 29 juin 2023, disponible auprès du Centre national de gestion, et, en libéral, au fichier RNAI publié chaque année par la CARMF, qui reste la source chiffrée et indépendante la plus fiable sur ce revenu.

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