Agent de surveillance de la voie publique (ASVP) : missions et accès
Un sifflet au coin d’une école, un carnet à souches pour noter une plaque en double file : l’agent de surveillance de la voie publique passe ses journées dehors, entre un passage protégé et une rue en stationnement payant. Recruté par une mairie, souvent sans concours, il relève la plupart des infractions de stationnement et veille à la propreté des rues, sans les pouvoirs ni l’arme d’un policier municipal.
Ce que fait un agent de surveillance de la voie publique
La compétence de l’agent de surveillance de la voie publique (ASVP) tient à un seul texte : le 3° de l’article L. 130-4 du code de la route. Il autorise les agents des communes, titulaires ou non, chargés de la surveillance de la voie publique et agréés par le procureur de la République, à dresser des procès-verbaux pour les contraventions au code de la route relatives à la circulation et au stationnement.
Au quotidien, l’ASVP contrôle les horodateurs et les disques de stationnement, verbalise un véhicule en stationnement gênant ou abusif, et vérifie l’apposition du certificat d’assurance sur le pare-brise. Le stationnement dangereux reste hors de sa compétence : seuls les officiers et agents de police judiciaire peuvent le constater. Aux abords des écoles, il sécurise la traversée des élèves aux heures d’entrée et de sortie, un rôle que les communes lui confient de plus en plus souvent.
D’autres tâches s’ajoutent selon la commune : relever un dépôt sauvage, un tapage ou une publicité illégale, surveiller un marché, ou utiliser le procès-verbal électronique pour transmettre directement l’infraction à l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions. Certaines villes l’habilitent aussi à la vidéo-verbalisation, depuis un centre de supervision urbain.
L’ASVP ne doit pas être confondu avec le policier municipal : il n’est ni armé ni agent de police judiciaire adjoint. Il peut demander l’identité d’un contrevenant mais pas ses papiers, et n’a pas plus de pouvoir qu’un simple citoyen pour appréhender l’auteur d’un flagrant délit, en application de l’article 73 du code de procédure pénale, selon une synthèse de la presse spécialisée emploipublic.fr. Une circulaire du ministère de l’Intérieur, relayée par cette même source, demande que sa tenue reste visuellement distincte de celle des policiers municipaux, pour éviter toute confusion chez les habitants.
Les compétences attendues
La fermeté posée compte avant tout : annoncer une amende à un commerçant pressé ou à un parent en retard devant l’école, sans se laisser déborder par la discussion ni perdre son calme. L’agent doit savoir désamorcer une remarque agressive sans répondre par une autre agressivité.
La rigueur administrative vient ensuite. Un procès-verbal mal rédigé, une plaque mal relevée ou une heure imprécise suffisent à le faire annuler. L’agent saisit aussi les données sur un terminal ou un procès-verbal électronique, ce qui demande une aisance avec l’outil informatique et les applications de verbalisation.
La communication complète le profil : expliquer une règle de stationnement à un usager qui la découvre, transmettre une alerte par radio à la police municipale en cas d’incident, ou simplement renseigner un passant perdu. Le métier s’exerce debout, en extérieur, par tous les temps, ce qui demande une bonne résistance physique.
Devenir agent de surveillance de la voie publique
Deux portes mènent à ce poste, selon emploipublic.fr : l’ASVP peut être agent contractuel de la commune, recruté sans concours ni diplôme obligatoire, ou devenir fonctionnaire titulaire dans les cadres d’emplois des adjoints techniques ou des adjoints administratifs territoriaux, catégorie C. Il n’existe aucun cadre d’emplois propre à ce métier.
- Candidater en mairieSans diplôme ni concours, comme agent contractuel de droit public, le plus souvent en CDD.
- Ou réussir le concours externe de catégorie CConcours d’adjoint technique ou d’adjoint administratif territorial de 2e classe, accessible avec un CAP, un BEP ou un diplôme équivalent.
- Obtenir l’agrément et l’assermentationLe procureur de la République délivre l’agrément, puis le tribunal de police procède à l’assermentation : sans ces deux étapes, l’agent ne peut pas dresser de procès-verbal.
- Suivre la formation proposée par l’employeurLe CNFPT propose des modules sur le cadre réglementaire, la gestion des conflits et la sécurité routière, mais aucune durée de formation initiale n’est fixée nationalement pour ce poste, à la différence du policier municipal.
Le concours de catégorie C exige un diplôme de niveau CAP ou BEP, ou une équivalence reconnue, en plus des conditions générales de nationalité et de capacité physique propres à la fonction publique. Sans ce diplôme, seule la voie contractuelle, ou le recrutement sans concours au premier grade, reste ouverte.
En reconversion, ce métier reste l’un des rares de la sécurité publique accessible sans diplôme ni épreuve physique sélective, ce qui en fait une porte d’entrée pour des profils très variés : anciens commerçants, agents d’accueil, militaires en fin de contrat. La préparation au concours, quand il est visé, peut se financer par le compte personnel de formation ou un accompagnement de France Travail.
Où travailler et dans quelles conditions
L’employeur est toujours une commune ou un établissement public de coopération intercommunale. L’ASVP travaille seul ou en petite équipe dans les communes rurales, et au sein d’un service de police municipale plus large dans les villes, où il seconde les policiers municipaux sans partager leurs pouvoirs.
Les horaires suivent l’activité de la voie publique : journée, avec des pointes aux heures d’entrée et de sortie des écoles, parfois le samedi pour les marchés. Contrairement au policier municipal, l’ASVP ne porte pas d’arme : aucune disposition réglementaire ne le permet, quelle que soit la commune.
Ce qui plaît
- Un poste accessible sans concours ni diplôme obligatoire.
- Une porte d’entrée vers la police municipale, par un concours interne réservé.
- Un contact quotidien avec les habitants d’un même quartier.
Ce qui pèse
- Aucun cadre d’emplois propre, donc une rémunération et des primes qui varient fortement d’une commune à l’autre.
- Pas d’arme ni de pouvoirs de police judiciaire adjointe, contrairement au policier municipal.
- L’agressivité verbale de certains usagers verbalisés, sans les mêmes moyens de protection qu’un agent armé.
Combien gagne un agent de surveillance de la voie publique
Qu’il soit contractuel ou titulaire au premier échelon, l’ASVP débute à hauteur du SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. Les fonctionnaires territoriaux de catégorie C touchaient en moyenne 2 060 € net en équivalent temps plein en 2023, selon l’Insee, un repère qui couvre l’ensemble de la catégorie et pas seulement ce métier. S’ajoute, selon la politique de la commune, une indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) qui peut atteindre 945 € brut par mois.
Emploi et débouchés
La France compte environ 7 000 agents de surveillance de la voie publique, d’après un décompte relayé par la presse professionnelle en 2018, la donnée la plus récente retrouvée : aucun organisme n’en publie de mise à jour nationale régulière, à la différence des effectifs de police municipale. Les ASVP ne forment pas une catégorie statistique distincte dans les publications de la DGCL ou de l’Insee, qui les comptent avec les adjoints techniques ou administratifs territoriaux.
La demande suit en partie celle des polices municipales : leurs effectifs sont passés de 19 370 agents en 2010 à environ 29 000 fin 2024, en hausse de 19 % depuis 2020 selon des données du ministère de l’Intérieur relayées par Médiacités. De nombreuses communes qui créent ou renforcent un service de police municipale recrutent en parallèle des ASVP pour les tâches de stationnement, sans qu’un décompte national distingue les deux emplois.
France Travail ne publie pas de statistique de recrutement propre à ce métier dans son enquête annuelle Besoins en main-d’œuvre, qui ne distingue pas ce code ROME des autres missions de sécurité communale. Les offres se multiplient néanmoins sur les plateformes de l’emploi territorial, notamment avec l’extension du stationnement payant à des villes moyennes.
Évolutions de carrière
La voie la plus directe reste le concours interne de gardien-brigadier de police municipale, réservé aux ASVP territoriaux comptant deux ans de service au 1er janvier de l’année du concours. Cette voie représente en moyenne 30 % des nouveaux policiers municipaux recrutés chaque année, selon des organismes de préparation aux concours territoriaux.
Sans changer de métier, l’ASVP titulaire progresse aussi dans son propre cadre d’emplois : passage du grade de départ à adjoint technique ou administratif principal de 2e classe par concours, puis de 1re classe par examen professionnel ou ancienneté, chaque grade ouvrant une grille indiciaire plus haute.
Une réponse ministérielle à plusieurs questions parlementaires, relayée par la presse territoriale, estime qu’un cadre d’emplois propre aux ASVP n’est pas justifié, leurs missions restant trop centrées sur la verbalisation du stationnement pour couvrir un ensemble de fonctions comme l’exige un cadre d’emplois. Elle recommande en revanche de développer une formation spécifique, faute d’origine professionnelle commune aux agents en poste.
Métiers proches
Ces métiers partagent la sécurité ou le service public de proximité, avec des statuts et des pouvoirs très différents.
Un tremplin discret vers d’autres métiers de la fonction publique
Beaucoup d’ASVP ne restent pas dans ce poste toute leur carrière. Titulaire, l’agent appartient déjà aux cadres d’emplois des adjoints techniques ou administratifs territoriaux, les plus larges de la fonction publique territoriale : il peut candidater sur n’importe quel poste administratif ou technique d’une autre commune, sans repasser de concours.
Avant d’accepter un poste, demandez au service des ressources humaines si une IFSE est versée, à quel taux, et si une prime de nuisance ou de risque existe localement : rien n’est garanti au niveau national, et l’écart entre deux communes voisines peut dépasser 900 € brut par mois.

Sommaire
- Ce que fait un agent de surveillance de la voie publique
- Les compétences attendues
- Devenir agent de surveillance de la voie publique
- Où travailler et dans quelles conditions
- Combien gagne un agent de surveillance de la voie publique
- Emploi et débouchés
- Évolutions de carrière
- Métiers proches
- Un tremplin discret vers d’autres métiers de la fonction publique
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