Salaire d’un docker en 2026 : grille, primes et net
Un docker qui débute au port touche-t-il le SMIC ? Pas tout à fait : la grille de la convention collective des ports et manutention démarre à 1 977 € brut par mois en 2026, soit un peu plus de 100 € au-dessus du minimum légal. Le reste dépend de la catégorie, de l’ancienneté et des primes de nuit et de week-end, que cette page détaille avec ses sources.
Le cadre : la convention collective ports et manutention (IDCC 3017)
Les dockers sont des salariés du secteur privé, employés par des entreprises de manutention portuaire. Leur convention est la convention collective nationale unifiée ports et manutention du 15 avril 2011, IDCC 3017, brochure 3375. Certaines sources citent le numéro 3016 : il s’agit d’une erreur, les fiches LégiSocial et Juristique donnent bien 3017. Pour vérifier la vôtre, utilisez notre outil pour trouver sa convention collective.
Les salaires minima hiérarchiques ont été relevés de 1,3 % par l’avenant n° 21 du 4 décembre 2025, applicable au 1er janvier 2026. Selon Juristique, ils s’échelonnent de 1 977 € à 8 092 € brut par mois, pour 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures mensuelles. L’arrêté d’extension du ministère du Travail était en attente de publication au Journal officiel à la date de la consultation : l’avenant s’impose donc aux entreprises signataires, et à toute la branche une fois l’extension publiée.
Cette fourchette couvre tous les emplois de la convention, de l’ouvrier docker au cadre d’exploitation, ainsi que les personnels administratifs et de maintenance. Nous n’avons pas pu lire le détail par catégorie et par ancienneté : la page consultée ne le reproduit pas et le PDF de l’avenant n’a pas été exploité. Le montant exact de l’ouvrier docker professionnel mensualisé est donc à demander à votre employeur, sur la grille annexée à l’avenant.
Le plancher de 1 977 € se situe environ 110 € au-dessus du SMIC de 1 867,02 € brut mensuel, en vigueur depuis le 1er juin 2026 (12,31 € de l’heure). L’écart est d’un peu moins de 6 % : il montre que la grille n’a pas été rattrapée par le SMIC, contrairement à celles de nombreuses branches en 2026.
Intermittents, mensualisés et intérimaires
Le régime issu de la loi n° 92-496 du 9 juin 1992 distingue les dockers professionnels mensualisés, salariés à temps plein d’une entreprise de manutention, des dockers intermittents ou occasionnels, appelés selon l’activité du port. Selon LégiSocial, la convention prévoit pour les intermittents des garanties d’emploi, des avantages spécifiques et des dispositions de cessation d’activité.
Un docker recruté par une agence d’intérim perçoit de son côté au moins 10 % d’indemnité de fin de mission sur sa rémunération brute totale, sauf cas d’exclusion, selon le Code du travail numérique. La rémunération doit rester équivalente à celle d’un salarié de l’entreprise utilisatrice occupant le même poste.
Primes, indemnités et variables
La convention prévoit, d’après LégiSocial, une prime d’ancienneté selon les années de service, une prime de fin d’année, une prime de travail de nuit, des majorations pour le week-end et les jours fériés et une prime de panier. Nous n’avons trouvé aucun montant chiffré et daté de ces primes dans les sources accessibles : aucun n’est avancé ici.
Pourquoi la fiche de paie varie autant
Un même docker peut voir sa paie varier d’un mois à l’autre selon le nombre d’escales de nuit ou de week-end. Comparez le total annuel avec votre employeur, primes comprises, plutôt que le seul minimum de la grille.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
Aucune statistique publique ne donne un salaire moyen ou médian propre au docker : le baromètre privé Salerya le reconnaît lui-même en présentant ses chiffres comme des estimations. Il les situe, en 2026, à 31 700 € brut annuel pour un profil de moins de deux ans, 38 000 € pour la médiane et 45 300 € au-delà de huit ans. Il ajoute que le brut de base est proche du SMIC et que les primes font l’écart.
| Profil | Brut annuel | Brut mensuel (÷ 12) |
|---|---|---|
| Moins de 2 ans | 31 700 € | 2 642 € |
| Médiane | 38 000 € | 3 167 € |
| Plus de 8 ans | 45 300 € | 3 775 € |
Lisez ces chiffres avec prudence : ils dépassent nettement le plancher de la grille (1 977 €), ce qui suppose des primes importantes et de l’ancienneté. Les salaires de sources privées sont des ordres de grandeur, pas des données publiques ni des garanties.
Sur les écarts entre ports, ou entre Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque et Nantes-Saint-Nazaire, aucune donnée publique comparable n’existe. La convention est nationale, mais des accords locaux, comme celui du 30 juillet 2012 pour Dunkerque sur les conditions d’emploi et de rémunération des dockers, l’adaptent port par port.
La spécialisation joue aussi : la conduite de chariots de forte capacité suppose le CQP ouvrier docker de base, puis une spécialisation avec CACES R489 catégorie 4, selon l’UMNP du port de Nantes. Nous n’avons pas de prime chiffrée associée.
Du brut au net
Prenons un salaire au plancher de la grille, 1 977 € brut par mois, sans prime. Les cotisations salariales d’un non-cadre en 2026 s’élèvent à environ 21,00 % sous le plafond mensuel de 4 005 €, soit 415,17 € (1 977 × 0,21). Le net avant impôt sur le revenu est donc d’environ 1 561,83 € par mois.
Avec des primes de nuit et de week-end, le brut monte, mais le taux de cotisations reste proche. Simulez votre propre fiche de paie avec notre calculateur de salaire brut en net. Si vous effectuez des heures supplémentaires, l’outil pour le calcul des heures supplémentaires vous sera utile.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Cadre | Brut mensuel 2026 |
|---|---|---|
| Docker, toute la grille | IDCC 3017, ports et manutention | 1 977 € à 8 092 € |
| Grutier, travaux publics | IDCC 1702, Île-de-France | 2 070 € à 2 881 € |
| Conducteur de poids lourd | Transport routier, coefficient 150M, IDCC 16 | 1 885,25 € |
| Salarié au SMIC | Légal | 1 867,02 € |
Le plancher du docker dépasse ceux des transports routiers, qui sont rattrapés par le SMIC. Mais la fourchette du docker inclut l’encadrement : ne comparez pas le haut de grille de 8 092 € avec une fiche d’exécution. Sur les postes proches, voyez aussi le salaire du cariste et le salaire du manutentionnaire.
Docker : le métierMissions, formation, statut portuaire, retraite et débouchés.Voir la fiche métier
Négocier et se renseigner
Ce qui fait varier la paie, c’est d’abord la catégorie de classement et l’ancienneté, ensuite la part des horaires de nuit et de week-end. Avant d’accepter un poste, demandez la catégorie conventionnelle, le montant de la prime de nuit et la fréquence des escales de nuit dans le port concerné.
Pour vérifier vos droits, la convention et ses avenants sont consultables sur Légifrance et sur les fiches de LégiSocial. Le délégué syndical de l’entreprise, très présent dans les ports, connaît les accords locaux. Enfin, le dispositif de départ anticipé pour pénibilité et amiante, qui concerne surtout les dockers embauchés avant 2004, pèse sur le revenu global : il est détaillé dans la fiche métier.
Le revenu global se juge aussi sur la durée de carrière. Selon Rapports de Force (8 juin 2024), les dockers partent en pratique vers 55 ans, avec un dispositif de pénibilité qui permet jusqu’à quatre ans d’avance pour 21 ans d’ancienneté acquis en 2025 au plus tard. Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite avant de bâtir un plan de carrière sur ce seul argument.
Enfin, gardez en tête la date de la donnée : l’avenant n° 21 vaut pour 2026. Si l’arrêté d’extension paraît entre-temps, la grille deviendra obligatoire pour toutes les entreprises de manutention, y compris celles qui n’ont pas signé l’accord.
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