Salaire soudeur en 2026

Le salaire d’un soudeur dépend d’abord de son secteur : la convention de la métallurgie fixe une grille nationale par classe, tandis que le BTP négocie des minima région par région. S’y ajoutent les qualifications de soudage, qui ouvrent l’accès aux missions les mieux payées dans le nucléaire, le naval ou l’offshore. Voici le détail, chiffres à l’appui.

2 042 €brut mensuel débutant en industrie, classe C5, métallurgie 2026
2 148 €brut mensuel confirmé en industrie, classe C6, métallurgie 2026
2 164 €brut mensuel en BTP, coefficient 230, Île-de-France 2026

Industrie : la convention collective de la métallurgie (IDCC 3248)

Depuis le 1er janvier 2024, une convention collective nationale unique de la métallurgie (IDCC 3248) remplace les anciennes conventions régionales. Elle classe chaque emploi, et non chaque personne, sur 18 classes réparties en 9 groupes (A à I), selon six critères : complexité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement et communication.

Un poste de soudeur qualifié se situe en classe C5 ou C6, un opérateur de production moins qualifié en B3 ou B4, et un technicien de maintenance industrielle en D7 ou D8, selon le repère de classification publié par Galius. Le salaire minimum hiérarchique (SMH) 2026 est fixé par un avenant du 20 février 2026, étendu par arrêté le 20 mai 2026 et publié au Journal officiel le 5 juin 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026.

ClasseRepère métierSMH annuel brutBrut mensuel recalculé
B4Opérateur de production qualifié23 620 €1 968,33 €
C5Soudeur, premier niveau24 510 €2 042,50 €
C6Soudeur confirmé25 780 €2 148,33 €
D7Technicien de maintenance industrielle26 680 €2 223,33 €
Sources : Galius et Coopérer pour former, avenant du 20 février 2026 sur les salaires de la métallurgie, chiffres recoupés entre les deux sites. Brut mensuel recalculé en divisant le SMH annuel (base 35 heures) par 12.

Les classes A1 et A2, sous le SMIC de 1 867,02 € brut depuis le 1er juin 2026, sont de toute façon rattrapées par le salaire minimum légal : elles ne concernent pas un poste de soudeur qualifié.

Avant 2024, chaque bassin d’emploi de la métallurgie appliquait sa propre convention régionale, avec des coefficients et des valeurs de point différents d’un département à l’autre. La convention unique a mis fin à cette dispersion : un soudeur classé C5 touche désormais le même minimum, qu’il travaille en Bretagne ou en Île-de-France, seule la région d’implantation de l’usine pouvant faire varier des accords d’entreprise complémentaires comme l’intéressement ou la participation.

BTP : la convention des ouvriers du bâtiment, des minima régionaux

Un soudeur du bâtiment relève de la convention collective nationale des ouvriers du bâtiment, IDCC 1596 pour les entreprises de moins de 10 salariés ou IDCC 1597 au-delà. À la différence de la métallurgie, cette convention ne fixe pas de grille nationale : chaque région négocie ses propres minima par niveau et coefficient.

Contrairement à la métallurgie, la grille du bâtiment ne nomme pas les métiers : elle classe une personne selon son autonomie et la difficulté de ses tâches, quel que soit son intitulé de poste. Un soudeur qui prépare seul son travail et lit des plans d’exécution se classe donc en N3, comme un maçon ou un plombier au même niveau d’autonomie. En Île-de-France, l’accord du 5 novembre 2025, étendu et publié au BOCC n° 2025-51, fixe les minima suivants, applicables en 2026 :

NiveauCoefficientDéfinition de la positionBrut mensuel (35 h)
N2185Ouvrier qualifié, premier niveau1 899 €
N3P1210Responsable de ses travaux, lit les plans (niveau courant d’un soudeur qualifié)2 038 €
N3P2230Travaux délicats en autonomie, tutorat des débutants2 164 €
N4P1250Chef d’équipe2 292 €
Source : accord régional Île-de-France du 5 novembre 2025 sur les salaires minima du bâtiment, chiffres recoupés entre Salerya et Juristique. Définitions des positions selon la classification nationale des ouvriers du bâtiment. Brut mensuel, hors panier et trajet.

Ces montants ne valent que pour l’Île-de-France : les minima du bâtiment varient fortement d’une région à l’autre. Pour connaître la grille qui s’applique à un employeur donné, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives, qui identifie la convention et son IDCC à partir du nom ou du secteur de l’entreprise.

Primes, indemnités et variables

Dans le BTP, le panier repas compense les frais du salarié qui ne peut pas rentrer déjeuner chez lui sur un chantier : il atteint 11,85 € par jour travaillé en Île-de-France en 2026. Les déplacements longs, notamment offshore ou sur un site nucléaire, ouvrent droit à des indemnités de grand déplacement propres à chaque employeur, non fixées par une grille publique.

Aucune des deux conventions ne prévoit de prime spécifique liée aux qualifications de soudage : leur effet passe par le classement du poste (une classe C6 plutôt que C5, un coefficient 230 plutôt que 210), pas par une ligne de paie à part. Un soudeur qualifié sur plusieurs procédés négocie donc son classement à l’embauche, plus que ses primes.

De nombreuses entreprises de la métallurgie versent en plus un 13e mois ou une prime d’intéressement, prévus par accord d’entreprise et non par la convention de branche : leur montant varie d’un employeur à l’autre et ne figure sur aucune grille publique. Un soudeur en intérim touche par ailleurs une indemnité de fin de mission et une indemnité compensatrice de congés payés à chaque paie, ce qui rapproche son revenu réel du salaire d’un titulaire malgré un taux horaire de base parfois identique.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

À qualification égale, l’écart de paie tient surtout au secteur et à la région d’exercice.

SituationRepèreBrut mensuel
Débutant en industrieClasse C5, métallurgie2 042,50 €
Confirmé en industrieClasse C6, métallurgie2 148,33 €
Professionnel en BTP, Île-de-FranceN3P1, coefficient 2102 038 €
Confirmé en BTP, Île-de-FranceN3P2, coefficient 2302 164 €
Sources : voir tableaux précédents. Les minima du BTP hors Île-de-France ne sont pas comparables terme à terme, faute de grille nationale unique.

Nucléaire, naval, offshore : pas de grille publique

Les missions à qualification renforcée versent des compléments réputés plus élevés, mais aucune source publique (Insee, Dares, observatoire de branche) ne chiffre un écart moyen fiable pour ces secteurs. Un chiffre avancé par une agence d’intérim ou un site d’emploi ne constitue pas une donnée établie : demandez le détail de la rémunération avant de signer.

Du brut au net

Le soudeur est un salarié non-cadre : ses cotisations suivent le taux de 21,00 % retenu sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026).

Ligne de paieMontant mensuel
Brut, classe C5 (métallurgie, débutant)2 042,50 €
Cotisations salariales, 21,00 %– 428,93 €
Net avant impôt1 613,57 €
Calcul Voilà le travail à partir du SMH métallurgie 2026 et du taux de cotisations non-cadre. Hors mutuelle, hors impôt sur le revenu.

Pour un montant personnalisé selon votre situation, utilisez notre calculateur de salaire brut en net. Un intérimaire ajoute à ce calcul l’indemnité de fin de mission et l’indemnité compensatrice de congés payés, versées avec chaque paie.

Comparaison avec les métiers proches

La classification de la métallurgie permet de comparer directement le soudeur à d’autres postes d’atelier.

MétierClasse ou niveauBrut mensuel 2026
Soudeur, industrieC5 à C62 042,50 € à 2 148,33 €
Agent de production, industrieB3 à B41 892,50 € à 1 968,33 €
Technicien de maintenance industrielleD7 à D82 223,33 € à 2 391,67 €
Soudeur, BTP Île-de-FranceN3P1 à N3P22 038 € à 2 164 €
Source : Galius et Coopérer pour former pour la métallurgie, Salerya et Juristique pour le BTP. Bruts mensuels recalculés, 2026.

Le soudeur se classe au-dessus d’un agent de production, mais en dessous d’un technicien de maintenance industrielle, qui supervise des équipements plutôt que d’exécuter une seule opération.

Fiche métier soudeurMissions, procédés, formation et conditions de travail.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un soudeur

Le classement conventionnel ne dit pas tout : deux soudeurs au même coefficient touchent des paies très différentes selon leurs qualifications de soudage à jour. Un profil certifié TIG et MIG/MAG sur plusieurs positions accède à des missions que refuse un soudeur qualifié sur un seul procédé, souvent avec un classement plus élevé à l’embauche.

Avant de signer, faites préciser par écrit votre coefficient ou votre classe, la convention appliquée et son IDCC, ainsi que la prise en charge du renouvellement de vos qualifications : un employeur qui les finance et les programme régulièrement protège votre employabilité, bien plus qu’une prime ponctuelle.

Vous souhaitez vous reconvertir ou évoluer dans ce métier ?

Découvrez les formations disponibles près de chez vous et financez votre projet grâce au CPF.