Soudeur : missions, formation et salaire

Un soudeur assemble des pièces métalliques par fusion, en atelier d’industrie ou sur un chantier du bâtiment. Il règle son poste TIG, MIG/MAG ou à l’électrode enrobée selon le plan et le métal à souder, puis contrôle chaque cordon. Sur les chantiers exigeants (nucléaire, naval), une qualification de soudage certifiée est obligatoire avant de tenir la torche.

AccèsCAP à bac proou titre professionnel
Formation2 à 3 ansen lycée ou en apprentissage
Salaire débutant2 042 € bruten industrie, classe C5 de la métallurgie
Où travaillerUsine, chantierBTP, naval, nucléaire

Ce que fait un soudeur

Le soudeur assemble des pièces métalliques par fusion du métal, avec ou sans métal d’apport. Il commence par lire le plan et le mode opératoire de soudage, le WPS, qui fixe le procédé, les réglages et l’ordre des passes. Il prépare ensuite les pièces : dégraissage, décapage, positionnement sur gabarit ou pointage provisoire avant la soudure définitive.

Vient le réglage du poste : intensité, tension, débit de gaz de protection selon le procédé retenu. Le MIG/MAG domine en industrie et en BTP pour les aciers courants, le TIG s’impose sur l’inox et l’aluminium quand la précision prime, et l’électrode enrobée reste utilisée sur chantier extérieur. Une fois le cordon réalisé, le soudeur le contrôle à l’œil, corrige les défauts et documente son travail sur les supports qualité.

Dans les secteurs à haute exigence (nucléaire, aéronautique, offshore), il participe aussi aux contrôles non destructifs de ses propres soudures : ressuage, radiographie ou ultrasons, selon les exigences du client. Un soudeur du bâtiment assemble plutôt des charpentes métalliques, des garde-corps ou des structures de chantier, souvent en extérieur et en hauteur.

Les compétences attendues

La rigueur vient en premier : un mauvais réglage ou un défaut de préparation produit une soudure fragile, invisible à l’œil nu mais détectée au contrôle. Le soudeur doit aussi lire des plans 2D et 3D, parfois en anglais sur des chantiers internationaux, et connaître les caractéristiques des alliages qu’il assemble : un acier inoxydable ne se règle pas comme un acier au carbone.

La polyvalence des procédés fait la valeur d’un profil : un soudeur qualifié TIG et MIG/MAG sur plusieurs positions (à plat, en corniche, au plafond) trouve plus facilement une mission qu’un spécialiste d’un seul procédé. S’y ajoutent la résistance physique, debout de longues heures dans la chaleur et le bruit, et le respect strict des règles de sécurité : port des équipements de protection individuelle, ventilation des fumées, prévention incendie.

Devenir soudeur

Trois voies mènent au métier, selon l’accès défini par France Travail pour la fiche ROME H2913 : un diplôme de l’Éducation nationale, un titre professionnel pour adulte, ou un CQP de branche. Aucune ne suffit seule sur les chantiers exigeants : il faut ensuite passer une qualification de soudage propre au procédé utilisé.

  1. Passer un CAP réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage, option BDeux ans après la 3e, ou davantage en apprentissage avec les périodes en entreprise. Premier niveau d’entrée dans le métier.
  2. Poursuivre en bac pro technicien en chaudronnerie industrielleTrois ans, diplôme de référence pour les postes qualifiés selon France Travail, avec une meilleure maîtrise des matériaux et des contrôles.
  3. Ou suivre le titre professionnel Soudeur assembleur industrielDouze mois, niveau 3 du Répertoire national des certifications professionnelles, proposé notamment par l’Afpa en formation continue ou en alternance.
  4. Passer une qualification de soudage ISO 9606Un examen pratique par procédé, position et épaisseur de métal, valable trois ans sous condition d’un suivi tous les six mois, indispensable pour la tuyauterie industrielle, le nucléaire ou le naval.

Un CQP soudeur industriel ou un CQP assembleur au plan industriel, délivrés par la branche de la métallurgie, permettent aussi d’entrer dans le métier sans passer par un diplôme classique. Le CAP métallier ou le CAP serrurier de ville ouvrent une porte voisine, plutôt tournée vers le bâtiment.

En reconversion, le titre professionnel Soudeur assembleur industriel se prépare en formation continue, financé par un projet de transition professionnelle, un abondement de France Travail ou le compte personnel de formation. La validation des acquis de l’expérience permet à un professionnel déjà expérimenté de faire reconnaître un diplôme sans repasser toute la formation, sur présentation d’un dossier détaillant ses années de pratique.

Où travailler et dans quelles conditions

Le soudeur travaille dans l’industrie métallurgique, la construction navale, le BTP, l’aéronautique ou l’énergie (nucléaire, pétrochimie). Le répertoire ROME de France Travail classe la majorité des postes en intérim ou en CDI/CDD dans l’industrie, avec une part significative de l’alternance à l’entrée dans le métier.

Les horaires suivent souvent un rythme posté, en 2×8, 3×8 ou 5×8 selon la charge de l’atelier, avec parfois une astreinte. Sur un chantier de BTP ou une intervention offshore, le soudeur se déplace pour plusieurs semaines, avec des indemnités de déplacement propres à chaque employeur.

Ce qui plaît

  • Un métier en tension, recherché dans toute la France.
  • Des secteurs variés : usine, chantier, marine, nucléaire.
  • Des qualifications reconnues qui se négocient à l’embauche.

Ce qui pèse

  • La chaleur, le bruit et les fumées de soudage au poste.
  • Le port de charges et le travail parfois en hauteur ou en espace confiné.
  • Les horaires postés et les déplacements longs sur chantier.

Combien gagne un soudeur

En industrie, un soudeur qualifié se classe en classe C5 ou C6 de la nouvelle convention de la métallurgie, entre 2 042 € et 2 148 € brut par mois en 2026. Dans le BTP, la grille dépend de la région : un soudeur confirmé, classé N3, touche 2 038 € à 2 164 € brut par mois en Île-de-France. Les secteurs à qualification renforcée (nucléaire, naval, offshore) versent des compléments qui ne sont pas fixés par une grille publique.

2 042 €brut mensuel débutant en industrie, classe C5, métallurgie 2026
2 038 €brut mensuel en BTP, coefficient 210, Île-de-France 2026
2 148 €brut mensuel confirmé en industrie, classe C6, métallurgie 2026

Salaire soudeur en 2026Grille de la métallurgie, BTP par région, primes et net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

Le nombre de soudeurs a reculé en France, de 45 000 en 2009 à 34 400 en 2019, selon les données DSN et Insee reprises par l’Observatoire de la métallurgie. Ce recul touche un métier que l’industrie ne parvient pas à renouveler au même rythme que ses départs à la retraite.

L’Observatoire de la métallurgie estimait en mars 2023 qu’il faudrait former ou recruter 100 000 soudeurs dans les années suivantes, le soudage figurant parmi les trois métiers industriels les plus en tension avec la chaudronnerie et la maintenance. Le seul secteur naval prévoit environ 7 000 postes vacants d’ici 2030, et les formations professionnelles ne couvriraient que la moitié des besoins sur la même période, selon la même source.

Plus de 10 000 postes de remplacement sont attendus sur dix ans du seul fait des départs à la retraite, toujours selon l’Observatoire de la métallurgie. La relance du programme nucléaire (EPR2) et les besoins de la défense navale ajoutent une demande supplémentaire sur les mêmes qualifications, sans que ces deux filières publient de chiffre propre au métier de soudeur.

Évolutions de carrière

L’évolution la plus directe consiste à élargir ses qualifications de soudage : plus un soudeur maîtrise de procédés, de positions et d’épaisseurs, plus il accède à des missions mieux payées, notamment dans le nucléaire ou l’offshore. Beaucoup complètent aussi un CQP ou un titre pour devenir chaudronnier ou tuyauteur industriel, des métiers voisins mieux classés dans la grille de la métallurgie.

Avec l’expérience vient l’encadrement : chef d’équipe, puis contremaître d’atelier ou de chantier. D’autres se spécialisent dans le contrôle qualité des soudures, deviennent formateurs en CFA ou en centre Afpa, ou passent à la maintenance industrielle pour sortir des postes très répétitifs.

Métiers proches

Ces métiers partagent le travail du métal ou l’univers de l’atelier et du chantier, avec des formations et des outils différents.

Un passeport qui s’use : l’entretien des qualifications de soudage

Une qualification ISO 9606 ne s’acquiert pas une fois pour toutes. Elle reste valable trois ans, à condition qu’un responsable atteste tous les six mois d’une pratique régulière dans son domaine, et que deux soudures des six derniers mois passent un contrôle non destructif pour prolonger la validité de deux années supplémentaires. Un soudeur qui change d’employeur ou qui reste plusieurs mois sans souder sur un procédé donné peut donc perdre l’accès aux missions les mieux payées, même avec des années d’expérience.

Avant d’accepter un poste, vérifiez quelles qualifications l’employeur fait passer et à quelle fréquence il les renouvelle : un atelier qui investit dans vos qualifications ouvre plus de portes qu’un salaire de départ légèrement supérieur.

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