Calcul solde de tout compte : toutes les sommes dues

Calculez votre solde de tout compte

Le dernier jour venu, l'employeur vous remet un document qui récapitule tout ce qu'il vous reste à verser. Dernier salaire, congés non pris, indemnité de rupture, parfois préavis et RTT : quatre ou cinq lignes qui, mises bout à bout, représentent souvent deux à trois mois de paie. Un salarié à 2 500 € brut, cinq ans d'ancienneté et douze jours de congés restants repart avec 6 825 € brut, soit 6 048 € nets estimés.

Le simulateur ci-dessus reconstitue ces lignes une par une, selon le motif de votre départ. Il reprend exactement les formules de nos calculateurs dédiés, ce qui vous permet de vérifier chaque montant séparément si l'un d'eux vous paraît douteux.

Ce récapitulatif ne remplace pas votre bulletin de paie final, qui reste le seul document opposable. Il sert à savoir, avant de signer, si l'ordre de grandeur est le bon.

Les lignes qui doivent figurer sur votre solde

Le dernier salaire vient en premier, proratisé si vous quittez l'entreprise en cours de mois. Vient ensuite l'indemnité compensatrice de congés payés, due quel que soit le motif du départ, y compris en cas de démission ou de faute grave. Puis l'indemnité de rupture propre à votre situation, et le cas échéant l'indemnité compensatrice de préavis.

Deux lignes plus discrètes s'y ajoutent parfois. Les jours de RTT non pris ne sont indemnisés que si un accord collectif le prévoit ou si l'employeur vous a empêché de les poser ; leur valeur se calcule sur une base de 21,67 jours ouvrés par mois. Les CDD ouvrent de leur côté droit à une prime de précarité de 10 % de la rémunération brute totale du contrat.

La remise du solde s'accompagne obligatoirement du certificat de travail et de l'attestation destinée à France Travail, comme le rappelle la fiche officielle sur le reçu pour solde de tout compte. Sans cette attestation, vous ne pouvez pas vous inscrire, et le calcul de votre allocation chômage ne peut pas démarrer.

L'indemnité de congés payés, la ligne la plus souvent sous-évaluée

Deux méthodes existent et l'employeur doit retenir la plus favorable, sans que vous ayez à le demander. La première prend le dixième de la rémunération brute perçue pendant la période de référence, rapporté aux jours qui vous restent. La seconde maintient votre salaire : la valeur d'une journée de congé est votre mensuel divisé par 26 jours ouvrables.

L'écart entre les deux se creuse dès que votre rémunération a varié. Avec 30 000 € encaissés sur la période de référence, 2 500 € de salaire actuel et douze jours restants, le dixième donne 1 200 € et le maintien 1 153,85 € : quarante-six euros d'écart, en faveur du dixième. Un salarié qui a fait beaucoup d'heures supplémentaires ou touché des primes variables peut voir cet écart dépasser 10 %.

La comparaison n'est pas facultative, elle est imposée par le code du travail. C'est aussi la ligne la plus souvent calculée à la va-vite, parce qu'elle demande de reprendre douze bulletins. Si le montant vous paraît bas, refaites-le avec notre calculateur d'indemnité de congés payés, qui affiche les deux méthodes côte à côte.

Ce que le motif de rupture change vraiment

Le motif ne modifie ni le dernier salaire ni les congés payés. Il commande en revanche l'indemnité de rupture, et c'est là que se joue l'essentiel du montant.

MotifIndemnité de rupturePréavis légalRégime social
Licenciement1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, dès 8 mois d'ancienneté1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delàExonérée sous 96 120 €
Rupture conventionnelleMême barème, sans ancienneté minimaleAucunExonérée sous 96 120 €
Fin de CDDAucune, mais prime de précarité de 10 %AucunSoumise à cotisations
DémissionAucuneConvention collective ou usagesSans objet
Départ volontaire à la retraiteUn demi-mois dès 10 ans, jusqu'à 2 mois à 30 ans1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delàSoumise à cotisations

Le cas du CDD mérite un détour. La prime de précarité, à 10 % de la rémunération brute totale du contrat, entre dans l'assiette de l'indemnité de congés payés : elle augmente donc deux lignes à la fois. Un CDD de six mois à 2 000 € rapporte 1 200 € de prime, une indemnité de congés payés de 1 320 € au lieu de 1 200 €, et un solde total de 4 520 € brut. Notre calculateur de prime de précarité détaille les huit situations dans lesquelles elle n'est pas due.

Le préavis non effectué : qui paie et qui ne paie rien

Un préavis travaillé se paie en salaire ordinaire, il n'apparaît donc pas comme une ligne distincte du solde. Une indemnité compensatrice n'apparaît que si vous n'avez pas travaillé le préavis, et le sort dépend alors de celui qui en a pris l'initiative.

Quand l'employeur vous dispense de l'exécuter, il vous doit l'intégralité du salaire que vous auriez perçu, congés payés afférents compris. Deux mois de préavis à 2 500 € représentent 5 000 € de plus sur votre solde. Quand c'est vous qui demandez à partir plus tôt et que l'employeur accepte, aucune indemnité n'est due.

Cette distinction se joue souvent à l'écrit et vaut plusieurs milliers d'euros. Faites confirmer par courriel ou par lettre qui a proposé la dispense, avant votre dernier jour et non après.

Du brut au net : ce que vous encaissez vraiment

Toutes les lignes ne subissent pas le même sort. Le dernier salaire, les congés payés, le préavis, les RTT et la prime de précarité supportent les cotisations sociales comme un salaire ordinaire, autour de 21 % pour un non-cadre. L'indemnité de licenciement et l'indemnité de rupture conventionnelle en sont exonérées dans la limite de 96 120 €, soit deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, et échappent à l'impôt sur le revenu pour leur montant légal.

L'indemnité de départ volontaire à la retraite fait exception : elle est traitée comme un salaire, cotisations et impôt compris. Un salarié qui part de lui-même après trente ans de maison voit donc son indemnité de deux mois amputée d'un cinquième avant même l'impôt. Une mise à la retraite décidée par l'employeur, elle, suit le régime favorable de l'indemnité de licenciement.

Sur notre exemple de licenciement à 2 500 €, la part soumise à cotisations est de 3 700 € et la part exonérée de 3 125 €. Le net estimé ressort à 6 048 €, avant prélèvement à la source sur la seule fraction imposable. Pour affiner le montant de l'indemnité elle-même, notre calculateur d'indemnité de licenciement tient compte du salaire de référence le plus favorable et des primes annuelles.

Signer ne vous engage pas autant qu'on vous le dira

On vous présentera le reçu comme une formalité, parfois avec une insistance mal placée. Vous n'êtes jamais obligé de le signer, et le refus de signer ne bloque ni le versement des sommes ni la remise de l'attestation France Travail. Vous pouvez aussi signer en ajoutant la mention « sous réserve de mes droits ».

Si vous avez signé sans réserve, il vous reste six mois pour dénoncer le reçu par lettre recommandée en désignant précisément les sommes contestées. Passé ce délai, le document devient libératoire pour les seules sommes qui y sont chiffrées, ce qui laisse entiers les éléments oubliés : une prime jamais versée, des heures supplémentaires non payées, un treizième mois au prorata. Pour ceux-là, la prescription reste de trois ans. Notez la date de signature quelque part, c'est elle qui fait courir le compteur.

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