Calcul chômage partiel 2026 : indemnité et salaire

Calculez votre indemnité d'activité partielle

Votre employeur vous annonce une baisse d'activité et deux semaines sans travail sur le mois. La question suivante arrive tout de suite : combien restera-t-il sur votre compte à la fin du mois ? Le chômage partiel, que le code du travail appelle activité partielle, ne coupe pas votre salaire en deux, mais il ne le maintient pas non plus.

Le simulateur ci-dessus calcule votre indemnité à partir de votre salaire brut, du nombre d'heures chômées et de la durée de votre contrat. Il affiche aussi le total réellement perçu sur le mois, heures travaillées comprises, et ce que l'opération coûte à votre employeur une fois l'allocation de l'État déduite.

Les montants retenus sont ceux applicables aux heures chômées en 2026, avec le plancher et le plafond horaires en vigueur depuis la revalorisation du SMIC du 1er juin.

60 % du brut, entre un plancher et un plafond

Pour chaque heure non travaillée, votre employeur vous verse une indemnité égale à 60 % de votre rémunération horaire brute. Ce pourcentage porte sur du brut alors que l'indemnité subit très peu de prélèvements : le résultat représente en pratique environ 72 % de votre salaire net horaire, d'après les règles de rémunération du salarié en activité partielle.

Deux bornes encadrent ce calcul. L'indemnité ne peut pas descendre sous 9,74 € par heure chômée, montant calé sur le SMIC net horaire. Un salarié au SMIC conserve donc à peu près l'intégralité de son net, puisque 60 % de son brut horaire tomberait bien plus bas. Le plancher ne s'applique pas aux apprentis ni aux contrats de professionnalisation rémunérés sous le SMIC, qui perçoivent l'équivalent de leur rémunération horaire.

À l'autre extrémité, la rémunération prise en compte s'arrête à 4,5 SMIC, soit 55,40 € de l'heure. L'indemnité est donc bloquée à 33,24 € par heure chômée. Au-delà d'environ 8 400 € brut par mois, chaque euro de salaire supplémentaire n'ouvre plus aucun droit : la perte augmente à mesure que la rémunération s'élève.

Le calcul sur un mois complet

Prenons un salarié à 2 500 € brut pour 35 heures par semaine, avec 70 heures chômées dans le mois. Son taux horaire de référence vaut 2 500 € divisés par 151,67 heures, soit 16,48 €. L'indemnité horaire s'établit à 9,89 €, et les 70 heures chômées rapportent 692,31 €.

Les 81,67 heures effectivement travaillées restent payées normalement, soit 1 346,15 €. Le mois se solde par 2 038,46 € bruts au lieu de 2 500 €, une perte de 461,54 €, un peu plus de 18 %. En net, l'écart se resserre : environ 1 756 € contre 1 975 € pour un mois normal, parce que l'indemnité supporte beaucoup moins de prélèvements que le salaire qu'elle remplace.

Un piège attend les salariés dont le contrat prévoit plus de 35 heures. Les heures perdues ne sont indemnisées que dans la limite de la durée légale. À 39 heures, les quatre heures supplémentaires structurelles sortent du calcul, sauf lorsqu'elles résultent d'un accord collectif d'aménagement du temps de travail ou d'une convention individuelle de forfait en heures. Demandez à votre employeur sur quel fondement repose votre horaire : la différence se chiffre en dizaines d'euros par mois.

Une indemnité qui n'est pas un salaire

Sur votre bulletin de paie, l'indemnité d'activité partielle apparaît sur une ligne distincte, et son régime social n'a rien à voir avec celui de votre rémunération habituelle. Elle échappe aux cotisations de Sécurité sociale et à la retraite complémentaire. Seules la CSG à 6,2 % et la CRDS à 0,5 % s'appliquent, sur une assiette réduite de 1,75 %, soit 6,58 % du montant brut.

Un écrêtement légal complète le dispositif et surprend souvent. Ce prélèvement ne peut pas ramener le cumul de votre rémunération nette d'activité et de votre indemnité nette sous le SMIC brut mensuel, retenu en entier sans proratisation. Dans l'exemple ci-dessus, le total du mois reste sous ce seuil : aucune CSG n'est retenue et l'indemnité est versée pour son montant brut. Beaucoup de bulletins d'activité partielle affichent ainsi une ligne de contribution sociale à zéro, sans erreur de l'employeur.

L'exonération s'arrête là. L'indemnité reste imposable à l'impôt sur le revenu et figure sur votre déclaration avec vos salaires, prélèvement à la source compris. L'écart entre un mois normal et un mois d'activité partielle se réduit donc moins en trésorerie qu'il n'y paraît, comme le montre une comparaison avec notre convertisseur de salaire brut en net.

Ce que l'État rembourse à l'entreprise

L'employeur avance l'indemnité, puis se fait rembourser une allocation par l'Agence de services et de paiement. En régime de droit commun, cette allocation vaut 36 % de la rémunération horaire brute, avec un minimum de 8,57 € par heure chômée depuis le 1er janvier 2026 et un maximum de 19,94 €.

Sur notre exemple, l'entreprise verse 692,31 € et récupère 599,90 €. Il lui reste 92,41 € à sa charge, environ 13 % de l'indemnité. Le dispositif n'est donc pas gratuit pour elle, mais il coûte nettement moins que le maintien du salaire, et bien moins qu'un licenciement économique.

Deux limites encadrent le recours. Chaque salarié ne peut pas dépasser 1 000 heures indemnisables par an, ramenées à 100 heures lorsque la baisse d'activité vient de travaux de modernisation des bâtiments ou des installations. L'autorisation administrative, elle, est accordée pour trois mois au plus, renouvelable dans la limite de six mois sur douze mois consécutifs, d'après la procédure imposée à l'employeur. Une entreprise qui prolonge au-delà cherche autre chose qu'un creux passager.

Le régime de longue durée, plus favorable mais fermé

Une entreprise confrontée à une baisse durable pouvait négocier un accord d'activité partielle de longue durée rebond, en échange d'engagements de maintien de l'emploi et de formation. L'indemnité y atteint 70 % du brut au lieu de 60 %, avec un plafond porté à 38,78 € par heure, et l'allocation remboursée à l'employeur monte à 60 %. Pendant les heures consacrées à une formation, l'indemnité est portée à 100 % de la rémunération nette.

Aucun nouvel accord ne peut plus être déposé depuis le 1er mars 2026. Les dispositifs validés avant cette date continuent de produire effet, au plus tard jusqu'au 30 avril 2028, dans la limite de 18 mois d'indemnisation sur 24 mois d'application, avec une réduction d'horaire plafonnée à 40 % de la durée légale. Les conditions du dispositif rebond restent donc utiles à connaître si votre entreprise en relève encore.

Ce qu'il faut regarder sur votre bulletin

Vérifiez trois chiffres, dans cet ordre. Le nombre d'heures chômées d'abord, qui doit correspondre à votre planning réel et non à une estimation. Le taux horaire de référence ensuite, qui se calcule sur votre rémunération habituelle, primes de poste comprises, et non sur le seul salaire de base. Le montant horaire de l'indemnité enfin, jamais inférieur à 9,74 €.

Un dernier point mérite d'être connu, parce qu'il déçoit régulièrement : vous ne pouvez pas refuser d'être placé en activité partielle. La décision relève du pouvoir de direction de l'employeur, et un refus s'analyse comme une faute. Seuls les représentants du personnel protégés doivent donner leur accord écrit lorsque la mesure ne concerne pas tout leur service.

Si les périodes se succèdent sur plusieurs trimestres, la vraie question n'est plus le calcul de l'indemnité mais la solidité de l'entreprise. Autant faire le point sur vos droits à ce moment-là, quand le temps ne vous manque pas, plutôt qu'au moment d'une procédure : notre simulateur d'allocation chômage donne l'ordre de grandeur de ce que vous percevriez, et il repose sur vos salaires bruts habituels, pas sur les indemnités d'activité partielle.

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