Une offre publiée sur trois sites d’emploi, des CV qui arrivent par e-mail, un manager qui répond au bout d’une semaine et un candidat qui accepte ailleurs entre-temps : c’est le quotidien d’un recrutement sans outil. Au-delà de quelques embauches par an, le problème n’est plus de trouver des candidats mais de ne pas en perdre.

Un ATS (applicant tracking system, logiciel de suivi des candidatures) centralise les offres, diffuse les annonces sur les sites d’emploi en un clic, range les candidatures dans un tableau par étape et fait circuler les avis entre recruteurs et managers. Les plus récents ajoutent une couche d’intelligence artificielle pour lire les CV, rédiger les annonces ou classer les profils.

Nous avons retenu douze logiciels commercialisés en France en octobre 2026, vérifié leurs prix sur les sites des éditeurs et capturé chacun d’eux. Le marché a bougé : HumanSourcing s’appelle désormais Inrecruiting, Recruitee est devenu Tellent Recruitee, et Nicoka s’adresse avant tout aux cabinets de recrutement.

Les 12 logiciels ATS en un coup d’œil

LogicielPour quiPrix public affiché
TaleezPME et ETI françaises, collectivitésSur devis
Welcome ATSEntreprises qui misent sur la marque employeurSur devis
FlatchrRecrutement terrain : santé, retail, restaurationSur devis, essai 14 jours
BeetweenPME, ETI, secteur publicSur devis
JobAffinityPME, ETI, groupes, secteur publicSur devis, tout inclus
Tellent RecruiteePME et ETI, recrutement collaboratifSur devis
TeamtailorEntreprises qui recrutent en volumeSur devis
We RecruitPME et ETIDès 2 070 € HT par an
Lucca RecrutementPME et ETI déjà sur Lucca3,21 € HT par collaborateur et par mois
FactorialPME déjà équipées de la suiteSocle dès 6,5 € par utilisateur et par mois
Inrecruiting (ex-HumanSourcing)PME, grands comptes, cabinetsDès 90 € par mois
Nicoka CABSCabinets de recrutement, ESN, intérim130 € par utilisateur et par mois

Ce qu’un ATS doit respecter : données des candidats et IA

Un ATS est d’abord une base de données personnelles, et la CNIL encadre sa durée de vie. Les données d’un candidat non retenu servent le temps de la procédure ; elles peuvent ensuite être gardées jusqu’à deux ans après le dernier contact dans un vivier, si le profil vous intéresse et que le candidat ne s’y oppose pas, puis archivées cinq ans à titre de preuve en cas d’action pour discrimination (référentiel de la CNIL d’avril 2026). Un bon ATS purge ou alerte automatiquement à l’échéance.

Les fonctions d’intelligence artificielle appellent une seconde vigilance. Le règlement européen sur l’IA classe à haut risque les systèmes qui trient les CV ou évaluent les candidats. Leurs obligations (documentation, contrôle humain, gestion des biais) devaient s’appliquer le 2 août 2026 ; le règlement dit « omnibus », entré en vigueur le 27 juillet 2026, les a reportées au 2 décembre 2027 (Commission européenne). D’ici là, demandez à l’éditeur ce que fait exactement son IA, et gardez la décision finale entre des mains humaines.

1. Taleez

Page d'accueil de Taleez

Taleez, éditeur français créé en 2016, revendique plus de 700 entreprises clientes et cible les PME et ETI qui recrutent au moins une dizaine de fois par an, ainsi que les collectivités. Les recrutements et les utilisateurs sont illimités, ce qui permet d’ouvrir l’outil à tous les managers sans surcoût. La multidiffusion couvre plus de 90 sites d’emploi et 15 000 écoles et formations supérieures.

Le module d’IA rapproche les CV de la CVthèque d’une offre, rédige un compte rendu d’entretien et aide à écrire les annonces ; la préqualification automatique est annoncée mais pas encore disponible. Cooptation, mobilité interne, entretien vidéo différé, SMS et gestion multi-entités complètent l’ensemble. Les données sont hébergées en France. Taleez ne publie pas de prix et l’assume : le tarif dépend de la taille, des besoins de diffusion et des modules.

2. Welcome ATS (Welcome to the Jungle)

Page de Welcome ATS de Welcome to the Jungle

Welcome to the Jungle, connu des candidats pour son site d’offres et ses pages entreprises, vend aux recruteurs une suite de quatre produits : marque employeur, ATS, sourcing parmi plus de 20 millions de profils et rapprochement entre offres et candidats. L’ATS s’appuie sur l’IA pour rédiger les offres, définir des critères de présélection et évaluer les candidatures en expliquant son évaluation.

Les produits s’utilisent ensemble ou à côté d’un ATS existant. Le modèle combine un abonnement et des packs d’offres publiées sur la plateforme, sur devis. C’est le choix logique d’une entreprise dont les candidats viennent déjà de Welcome to the Jungle et qui veut soigner son image employeur.

3. Flatchr

Page du logiciel de recrutement Flatchr

Flatchr, éditeur parisien, s’est spécialisé dans le recrutement terrain : santé, automobile, hôtellerie-restauration, commerce, autant de secteurs où l’on recrute beaucoup, souvent vite et sans service RH étoffé. La multidiffusion couvre plus de 160 sites d’emploi, dont LinkedIn, Indeed et Google for Jobs, avec rapprochement des CV, modèles d’offres générés par IA et application mobile.

Le tarif se fait sur devis, avec un essai gratuit de quatorze jours ; le déploiement et la formation sont inclus selon l’éditeur. À noter : le module de recrutement d’Eurécia est fourni en partenariat avec Flatchr. Si vous utilisez déjà le SIRH Eurécia, vous profitez donc de ce moteur sans changer d’outil.

4. Beetween

Page d'accueil de Beetween

Beetween se présente comme un ATS « 100 % français, développé et hébergé en France », un argument qui pèse pour le secteur public (collectivités, éducation, santé), qu’il cible avec les PME et ETI. La diffusion touche plus de 180 sites d’emploi, et l’IA intervient à chaque étape : rédaction des offres, sourcing, préqualification, rapprochement et notation des candidatures.

Site carrière, cooptation, demandes de recrutement par les managers et CRM candidats sont inclus. L’éditeur revendique 1 600 clients et ne publie pas de prix. Si la cooptation vous intéresse, notre guide du recrutement par cooptation explique comment la cadrer avant de l’outiller.

5. JobAffinity

Page d'accueil de JobAffinity

JobAffinity, édité depuis 2009 par la société parisienne Intuition Software, mise sur la souveraineté : hébergement chez Scaleway en France, capital français, et une IA baptisée JAI qui tourne sur ses propres serveurs. Sa notation des candidatures est paramétrable et explicable, un atout au regard du règlement européen sur l’IA. La multidiffusion couvre plus de 200 sites d’emploi, avec lecture automatique des CV et validation par les managers.

L’éditeur annonce un déploiement en 24 à 48 heures et une version majeure, JobAffinity 2. Le tarif est sur devis mais « tout inclus, sans modules payants », ce qui évite les mauvaises surprises en cours de contrat.

6. Tellent Recruitee

Page d'accueil de Tellent Recruitee

Recruitee appartient au groupe néerlandais Tellent, qui réunit aussi l’ancien KiwiHR et Javelo, et porte désormais le nom Tellent Recruitee. Plus de 7 000 entreprises l’utilisent, PME et ETI surtout, mais aussi des agences de recrutement. Ses points forts : le recrutement collaboratif entre RH et managers, la cooptation, la diffusion et, plus rare, le recrutement par WhatsApp pour les profils qui ne lisent pas leurs e-mails.

L’automatisation et l’IA prennent en charge les tâches répétitives, et le groupe propose plus de 200 intégrations avec d’autres outils RH. Aucun prix n’est publié : Tellent fonctionne sur devis.

7. Teamtailor

Page d'accueil de Teamtailor

Teamtailor, éditeur suédois, a construit sa réputation sur les sites carrière : des pages soignées, faciles à mettre à jour, qui font de l’ATS un outil de marque employeur autant que de suivi. L’éditeur revendique plus de 250 fonctionnalités, dont un CRM candidats, la planification des entretiens, des rapports et une IA incluse sans limite d’usage.

Les tarifs sont sur devis. Teamtailor plaît aux entreprises qui recrutent en continu et veulent attirer des candidats qui ne cherchent pas activement ; pour quelques recrutements par an, c’est souvent plus d’outil que nécessaire.

8. We Recruit

Page d'accueil de We Recruit

We Recruit, édité par Septeo HR Solutions près de Lyon, est l’un des rares ATS à afficher ses prix : 2 070 € HT par an pour l’offre Essentiel et 3 270 € HT pour l’offre Avancé, qui ajoute la lecture des CV et la notation des candidatures par IA (jusqu’à 500 CV par mois), pour une entreprise de 51 à 150 salariés. L’engagement est annuel, et l’offre Premium se fait sur devis.

La multidiffusion est illimitée, les crédits des sites d’emploi payants s’achetant directement auprès d’eux. Site carrière, CVthèque, cooptation, entretien vidéo différé et tests de compétences sont inclus. L’application est hébergée sur Microsoft Azure en Irlande.

9. Lucca Recrutement

Page du logiciel de recrutement de Lucca

Lucca a ajouté un ATS à sa suite RH. On y retrouve l’essentiel : lecture des CV par IA pour créer les fiches candidats, tableau en kanban avec des étapes adaptées à chaque poste, page carrière intégrée (une par filiale si besoin), multidiffusion vers les sites d’emploi de votre choix, évaluations et commentaires partagés entre recruteurs, managers et coopteurs, avec des droits de lecture réglables.

Son avantage tient à la suite : une fois le candidat recruté, ses informations alimentent directement son dossier RH. Le prix public est de 3,21 € HT par collaborateur et par mois pour les entreprises de plus de 100 salariés, ce qui le rend intéressant pour une entreprise déjà cliente de Lucca, moins pour une PME qui cherche seulement un ATS.

10. Factorial

Page du logiciel de recrutement de Factorial

Le recrutement est chez Factorial un module de la suite Talent : centralisation des candidatures, formulaires de candidature, réponses automatiques, page carrière personnalisable et publication vers les sites d’emploi par des intégrations, dont l’éditeur ne précise pas le nombre. Factorial met en avant l’analyse des CV par IA.

Le prix public de la suite démarre à 6,5 ou 6,9 € par utilisateur et par mois selon l’endroit de la page, sans indication du coût propre au module de recrutement. Comme pour Lucca, l’intérêt dépend de ce que vous utilisez déjà : face aux ATS spécialisés de ce comparatif, le module reste plus simple.

11. Inrecruiting (ex-HumanSourcing)

Site de HumanSourcing annonçant son passage à Inrecruiting

L’éditeur lyonnais de HumanSourcing a été racheté en 2021 par le groupe italien Zucchetti, et son ATS devient Inrecruiting, la marque de recrutement du groupe. Les deux noms coexistent encore. L’outil couvre la multidiffusion, la lecture des CV, le site carrière, les demandes de recrutement, la mobilité interne et l’envoi de SMS, avec une version dotée d’un CRM pour les cabinets.

Les prix affichés ne concordent pas d’une page à l’autre : « à partir de 90 € par mois pour un utilisateur » sur l’accueil, 320 € par mois de un à cinq utilisateurs RH sur la page tarifs, diffusions illimitées. Faites préciser le montant exact et ce qu’il couvre.

12. Nicoka CABS

Page d'accueil de Nicoka CABS

Nicoka CABS n’est pas un ATS de service RH : c’est l’outil tout-en-un des cabinets de recrutement, des chasseurs de têtes, des ESN et des agences d’intérim. Il réunit le suivi des candidats, une CVthèque, la multidiffusion sur plus de 130 sites d’emploi, un CRM de prospection des clients, la facturation et la signature électronique. Son assistant IA, Ada, analyse les CV, classe les profils par mission et rédige offres et messages.

Le tarif est unique : 130 € par mois et par utilisateur, tout inclus, sans engagement, avec quatorze jours d’essai. Pour un cabinet, c’est un prix raisonnable ; pour une entreprise qui recrute pour elle-même, la moitié des fonctions ne servira pas. Les cabinets eux-mêmes sont recensés dans notre annuaire des cabinets de recrutement.

Comment choisir votre ATS

Comptez vos recrutements. En dessous de cinq embauches par an, une boîte mail bien organisée et un tableur suffisent souvent. Entre dix et cinquante, un ATS spécialisé change la vie du service RH. Au-delà, ou avec plusieurs entités, regardez la gestion multi-sites, les droits par manager et les rapports. La démarche commence en amont, par un plan de recrutement qui dit combien de postes vous ouvrirez et quand.

Vérifiez où partent vos annonces. Un chiffre de « 200 jobboards » ne dit rien de leur pertinence. Demandez la liste et vérifiez que les sites spécialisés de vos métiers y figurent, ainsi que les conditions : la diffusion gratuite sur Indeed ou France Travail n’a rien à voir avec les annonces payantes, dont les crédits s’achètent souvent à part.

Testez avec vos managers. Un ATS que les managers n’ouvrent pas ne raccourcit aucun délai. Faites-leur évaluer deux candidatures pendant l’essai, depuis leur téléphone, sans formation : vous saurez si l’outil sera adopté.

Pensez à la suite. Si vous avez déjà un SIRH, regardez d’abord son module de recrutement (Lucca, Factorial, Eurécia avec Flatchr) : le dossier du candidat retenu se crée alors tout seul. Si vous n’en avez pas encore, notre comparatif des SIRH vous aidera à choisir dans quel ordre vous équiper.

L’ATS ne remplace pas la réponse au candidat

Les candidats jugent une entreprise sur un point que les grilles de fonctionnalités ignorent : la réponse. Un ATS permet de prévenir chaque candidat non retenu en deux clics, avec un modèle de message ; il ne le fait pas à votre place si personne ne déplace la candidature dans la colonne « refusé ».

Avant de choisir, mesurez votre délai moyen entre la candidature et la première réponse. Fixez-vous un objectif, une semaine par exemple, et demandez à l’éditeur comment son outil vous aidera à le tenir : relances automatiques, alertes aux managers en retard, tableau de bord des candidatures en attente. C’est le premier indicateur à suivre une fois l’outil en place.