Avitailleur aéroportuaire : missions, permis et salaire en 2026

Sur le tarmac, un camion-citerne s’approche d’un avion entre deux vols. L’avitailleur raccorde le flexible, surveille la pression et prélève un échantillon de kérosène avant de délivrer les milliers de litres nécessaires au décollage. Recruté sans diplôme mais titulaire du permis poids lourd, d’une habilitation au transport de matières dangereuses et d’un badge aéroportuaire, il travaille pour une compagnie pétrolière, en horaires postés, sur les grandes plateformes comme sur les aéroports régionaux.

Avitailleur en tenue haute visibilité raccordant le flexible de kérosène d'un camion-citerne à un avion sur le tarmac
AccèsSans diplôme précispermis CE, ADR et badge aéroportuaire exigés
FormationQuelques semainesformation interne, après le permis et l’ADR
Salaire débutant2 116 € brutcoefficient 185, industrie du pétrole, hors primes
Où travaillerAéroportpour une compagnie pétrolière, pas pour l’aéroport

Ce que fait un avitailleur

L’avitailleur ravitaille les avions en carburant sur le tarmac des aéroports, entre deux vols. Le répertoire ROME de France Travail range ce métier sous l’appellation générale de « conducteur livreur avitailleur en carburant », qui couvre aussi bien la livraison en station-service que l’avitaillement des avions. Les offres de recrutement observées, chez TotalEnergies Aviation Fuels comme chez ses sous-traitants, concernent presque toutes l’aéroport : c’est ce métier que traite cette fiche.

Avitailleur d’aéronefs ou avitailleur de navires ?

Le même mot désigne, dans les ports, le prestataire qui approvisionne un navire en escale : vivres, pièces et parfois carburant, une opération de ravitaillement en combustible appelée soutage. Ce métier maritime, souvent nommé ship chandler, se prépare avec un BTS gestion transport et logistique associée et n’a ni le même employeur, ni la même formation, ni la même convention que l’avitailleur d’aéronefs présenté ici.

Sa mission commence par la réception du kérosène venu du dépôt ou de la raffinerie. Il conduit ensuite le camion-citerne jusqu’à l’avion stationné, raccorde les flexibles, surveille la pression et le débit pendant tout le transfert, puis prélève un échantillon pour vérifier l’absence d’eau ou de particules avant chaque livraison. Une erreur de quantité ou un carburant contaminé peuvent compromettre la sécurité du vol.

Il renseigne enfin les documents de traçabilité : quantité livrée, numéro de vol, heure et résultat des contrôles. Sur les grandes plateformes, l’essentiel du carburant transite par un réseau de canalisations souterraines reliant le dépôt aux postes de stationnement ; à Roissy et à Orly, ce réseau est géré par la Société de manutention des carburants aériens (SMCA), détenue par BP France, Esso SAF, Shell et TotalEnergies Marketing France. Le camion-citerne reste indispensable pour les avions stationnés loin du réseau, et sur les aéroports plus petits qui n’en ont pas.

Les compétences attendues

La rigueur prime avant tout : une erreur de quantité, un carburant non contrôlé ou une confusion d’avion n’ont pas leur place sur le tarmac. Chaque étape est protocolée et tracée, du prélèvement d’échantillon à la signature du bon de livraison.

Le respect des consignes de sécurité conditionne tout le poste : circulation en zone à risque d’explosion, interdiction de fumer, port des équipements de protection individuelle, prévention des déversements. Le ROME classe ce métier parmi ceux qui impliquent la manipulation de produits et d’engins dangereux.

Le travail se fait souvent seul, en extérieur, par tous les temps, avec des flexibles lourds à manier. Une bonne condition physique et une vigilance constante face à la circulation des avions et des engins sur l’aire de trafic complètent le profil.

Devenir avitailleur

Aucun diplôme n’est légalement exigé. Les offres de recrutement observées en 2026 demandent le permis CE, une habilitation ADR citerne étendue ou produits pétroliers pour transporter le kérosène, une matière dangereuse classée liquide inflammable, et une première expérience de conduite de poids lourd. Contrairement au conducteur de poids lourd classique, qui circule surtout sur route, l’avitailleur passe l’essentiel de son temps de conduite sur l’aire de trafic de l’aéroport.

  1. Obtenir le permis CE et l’ADRLe permis remorque et l’habilitation au transport de matières dangereuses sont les deux prérequis les plus demandés dans les offres.
  2. Décrocher un contrat chez une compagnie pétrolièreTotalEnergies Aviation Fuels ou un sous-traitant local recrutent en CDI, CDD ou intérim, selon l’aéroport.
  3. Obtenir le titre de circulation aéroportuaireDélivré après une enquête administrative, il conditionne l’accès aux zones réservées.
  4. Passer les permis piste T et MIls autorisent la conduite sur l’aire de trafic puis sur l’aire de manœuvre.
  5. Suivre la formation interneProcédures d’avitaillement, contrôle qualité du carburant et consignes de sécurité, dispensées par l’employeur.

Le titre de circulation aéroportuaire est délivré après une enquête administrative prévue par l’arrêté du 11 septembre 2013 relatif aux mesures de sûreté de l’aviation civile, et suppose une formation de sûreté à jour. Comme pour l’agent de piste, un casier judiciaire chargé peut empêcher son obtention, et donc l’embauche.

En reconversion, l’expérience de la conduite poids lourd, de la logistique ou du transport de matières dangereuses est un atout direct : le permis CE et l’ADR se financent par le CPF ou par France Travail. Aucune VAE propre à ce métier n’a été identifiée : dans la pratique, la formation reste assurée en interne par l’employeur, une fois le permis et le badge obtenus.

Où travailler et dans quelles conditions

L’avitailleur travaille pour une compagnie pétrolière, pas pour l’aéroport ni pour la compagnie aérienne qu’il ravitaille. En France, TotalEnergies Aviation dessert 800 aéroports et aérodromes dans le monde et se présente comme le premier réseau d’aviation générale du pays. D’autres compagnies pétrolières et des sous-traitants locaux assurent l’avitaillement sur d’autres plateformes.

Avitailleur, agent de piste, pilote ou contrôleur aérien ?

Sur le même aéroport, plusieurs métiers se croisent sans se confondre. L’agent de piste charge les bagages et repousse l’avion pour un prestataire d’assistance en escale, pas pour une compagnie pétrolière. Le pilote de ligne et l’hôtesse de l’air ou le steward restent à bord, et le contrôleur aérien gère la circulation depuis la tour. L’avitailleur, lui, ne monte jamais dans l’avion.

Les contrats vont du CDI à l’intérim, avec des horaires postés qui suivent les plages de trafic de l’aéroport, nuits, week-ends et jours fériés compris. Le poste s’exerce en extérieur, sur l’aire de trafic, par tous les temps.

Ce qui plaît

  • Le travail au contact des avions, sans supervision permanente.
  • Une entrée rapide, sans diplôme, une fois le permis CE et l’ADR obtenus.
  • Une paie nettement au-dessus du SMIC dès l’embauche.

Ce qui pèse

  • Les horaires postés : nuits, week-ends et jours fériés selon le trafic.
  • La manipulation d’un produit dangereux, sous procédure stricte.
  • Le poste extérieur, exposé au froid, à la chaleur et au bruit des réacteurs.

Combien gagne un avitailleur

Le salaire dépend de la convention collective nationale de l’industrie du pétrole (IDCC 1388), qui classe l’avitailleur d’aéronefs parmi les ouvriers, en deux échelons. Selon l’accord de salaires du 27 novembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, l’échelon A, coefficient 185, est payé 2 115,85 € brut par mois, et l’échelon B, coefficient 200, réservé à celui qui opère à partir d’installations extérieures, 2 213,92 €. Une offre publiée en septembre 2026 par une agence d’intérim pour un poste à l’aéroport de Bordeaux annonçait, primes de poste comprises, une fourchette de 2 000 à 3 700 € brut par mois : un ordre de grandeur d’une seule offre, pas une moyenne établie.

2 115,85 €brut mensuel à l’embauche, échelon A, coefficient 185
2 213,92 €brut mensuel à l’échelon B, coefficient 200
23 550 €revenu annuel garanti après 6 mois d’ancienneté, primes comprises

Salaire avitailleur en 2026Grille de la convention, primes de nuit et de dimanche, ancienneté et net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

Aucune statistique publique ne recense spécifiquement les avitailleurs d’aéronefs : ni la DARES, ni l’INSEE, ni l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail n’isolent ce métier des autres emplois du transport aérien. Les offres observées en septembre 2026, publiées directement par TotalEnergies Aviation Fuels ou par des agences d’intérim pour son compte, à Bordeaux, Lyon et Toulouse, montrent un recrutement actif sur les principales plateformes régionales.

La demande suit le trafic aérien plutôt que les embauches de l’aéroport lui-même. Une compagnie pétrolière recrute selon ses propres contrats d’avitaillement, qui peuvent changer de titulaire lors d’un appel d’offres. Un débutant sans diplôme trouve donc plus facilement une porte d’entrée qu’un poste garanti à long terme sur le même site.

Évolutions de carrière

La progression suit d’abord les échelons de la convention : de l’échelon A, coefficient 185, à l’échelon B, coefficient 200, puis vers les postes d’agent de maîtrise, classés à partir du coefficient 215.

Avec de l’ancienneté, certains évoluent vers la responsabilité d’un dépôt de carburant aviation, le contrôle qualité ou l’encadrement d’une équipe d’avitaillement. Le permis CE et l’expérience du transport de matières dangereuses ouvrent aussi des passerelles vers le transport routier classique ou vers d’autres postes d’exploitation de l’industrie pétrolière, en dépôt ou en raffinerie.

Métiers proches

Ces métiers partagent l’aéroport, le permis poids lourd ou le transport de marchandises avec l’avitailleur.

Vérifiez qui vous embauche avant de signer

Sur les offres d’avitailleur, l’employeur affiché n’est pas toujours celui qui applique la convention. Les compagnies pétrolières recrutent parfois en direct, mais aussi via des agences d’intérim ou des sous-traitants locaux pour le compte de l’aéroport ou de leur propre client. Le statut d’intérimaire change la donne : pas d’ancienneté cumulée dans l’entreprise utilisatrice, une mission limitée à la durée du contrat commercial entre le pétrolier et son client.

Avant de signer, demandez qui est l’employeur juridique, quelle convention s’applique et si le poste est reconduit au terme de la mission. Un contrat d’intérim de douze mois, comme celui observé à Bordeaux en septembre 2026, ne garantit rien au-delà de son terme, même si le site continue de recruter ensuite.

Envie de changer de métier ?

Reprenez en main votre projet professionnel avec un bilan de compétences 100% en ligne