Ramoneur : missions, formation, réglementation et débouchés

Fin septembre, le téléphone du ramoneur ne s’arrête plus : les propriétaires de poêles à bois veulent leur certificat de ramonage avant les premiers froids. Il grimpe sur le toit, descend le hérisson dans le conduit, aspire la suie, puis contrôle le tirage. Un métier réglementé, physique, et très demandé en automne. Voici comment y entrer et ce qu’on y gagne.

AccèsNiveau 3 (CAP)ou 3 ans d’expérience dans le métier
FormationTitre ou CTMde quelques mois à 2 ans selon la voie
Salaire débutantSMIC : 1 867 € brutpar mois, convention collective non établie
Où travaillerArtisan ou salariéchez les particuliers, en copropriété, en entreprise

Ce que fait un ramoneur

Le ramoneur entretient les conduits de fumée et les appareils qui y sont raccordés : cheminées ouvertes, inserts, poêles à bois et à granulés, chaudières fioul et gaz. Selon la fiche ROME F1621 de France Travail, il retire les suies et les dépôts par action mécanique directe sur la paroi, inspecte l’installation pour détecter les risques et conseille le client sur l’entretien.

Une intervention type commence par la protection de la pièce : bâches, aspirateur à filtre, ouverture de la trappe. Le ramoneur passe ensuite un hérisson ou une brosse par le haut, depuis le toit, ou par le bas selon la configuration. Il vérifie enfin la vacuité du conduit sur tout son parcours, contrôle le tirage et signale une fissure, un nid ou un conduit mal dimensionné.

Le débistrage traite les dépôts de bistre, un goudron brillant très inflammable qui se forme surtout avec le bois humide. Le tubage, lui, consiste à glisser un conduit inox dans une cheminée ancienne pour la remettre aux normes : à ce stade, on est au métier de fumiste. Beaucoup d’entreprises font les deux.

Chaque visite se termine par un document : le certificat de ramonage, qui précise les conduits traités et atteste leur vacuité. Le client le conserve : c’est la pièce que l’assureur demandera après un sinistre.

Les compétences attendues

La première est la sécurité en hauteur : circuler sur un toit, installer une échelle ou une ligne de vie, ne jamais improviser. Le ROME signale que l’habilitation au travail en hauteur peut être exigée, et le port d’équipements de protection (casque, gants, chaussures, protections auditives) fait partie du quotidien.

La deuxième est le diagnostic. Une suie sèche et poudreuse ne raconte pas la même histoire qu’un dépôt brillant et goudronneux : le premier trahit un tirage correct, le second un bois trop humide ou un appareil mal réglé. Le ramoneur doit aussi reconnaître les risques d’intoxication au monoxyde de carbone.

La troisième, moins visible, est la relation client. On travaille chez les gens, on leur explique pourquoi un conduit est dégradé et on leur conseille des travaux sans forcer la vente. Le sérieux du certificat et la ponctualité fidélisent la clientèle d’année en année.

Devenir ramoneur

Le ramonage est une activité artisanale réglementée : selon l’INPI, elle relève de la loi du 5 juillet 1996 et du décret du 2 avril 1998, qui exigent une personne qualifiée, ou placée sous son contrôle effectif et permanent. La qualification passe par un CAP, un BEP ou un titre de niveau au moins équivalent, ou par trois ans d’expérience dans le métier.

La certification de référence est le titre Ramoneur fumiste, niveau 3, délivré par le COSTIC et enregistré au RNCP sous le numéro 41734, valable jusqu’au 27 novembre 2030 selon France compétences. Il compte trois blocs : auditer les conduits, créer des conduits neufs, nettoyer conduits et générateurs. En 2024, 177 personnes l’ont obtenu, dont 94 % occupaient un emploi dans le domaine six mois plus tard.

  1. Vérifier son niveau d’entréeLe titre demande un niveau 3 (CAP, BEP) ou un niveau seconde ou première générale.
  2. Choisir la voieFormation courte en organisme, apprentissage ou contrat de professionnalisation, ou certificat technique des métiers (CTM) de ramoneur préparé en chambre de métiers.
  3. Se former en situation réelleLes évaluations se font sur plateforme fonctionnelle et devant un jury de quatre professionnels justifiant d’au moins trois ans d’expérience.
  4. S’immatriculer ou se faire embaucherSalarié d’une entreprise de ramonage, ou inscription au répertoire des métiers pour s’installer.

Les durées varient beaucoup d’un organisme à l’autre : des stages de quelques semaines jusqu’à des parcours de quatre mois avec stage en entreprise, d’après les offres référencées par France Travail. Le coût dépend de l’organisme : demandez-le, car je n’ai pas trouvé de tarif public national.

En reconversion, le métier est accessible à un adulte issu du bâtiment, de la plomberie ou de la maçonnerie. Le titre étant enregistré au RNCP, il peut se préparer par la VAE si vous avez déjà pratiqué, ou par une formation financée par le CPF, France Travail ou un projet de transition professionnelle, sous réserve de l’éligibilité de l’organisme choisi.

Où travailler et dans quelles conditions

La clientèle se compose de particuliers (maisons chauffées au bois, au fioul, au gaz), de copropriétés et de professionnels : restaurants, collectivités, établissements avec chaufferie. Le ROME décrit un travail en journée, chez le client, sur chantier, avec des charges lourdes à manipuler et une station debout prolongée.

Le ramoneur est le plus souvent artisan, avec une tournée locale, ou salarié d’une petite entreprise. Le rythme est saisonnier : la demande culmine à l’automne, avant la saison de chauffe, et l’été sert à la prospection, aux travaux de tubage et aux installations.

Ce qui plaît

  • Une obligation légale qui entretient la demande chaque année.
  • L’autonomie : tournée à soi, clientèle fidèle, pas de bureau.
  • Un vrai résultat visible : un conduit propre, une famille rassurée.

Ce qui pèse

  • Le travail en hauteur et les toits par tous les temps.
  • La suie : poussières cancérogènes, protection respiratoire indispensable.
  • La saisonnalité : un automne saturé, un été plus calme.

Le risque le plus sérieux est sanitaire. Le CIRC classe les suies en groupe 1, cancérogènes pour l’homme, depuis 1987, en s’appuyant sur des cas de cancers de la peau et sur des études suédoises et danoises montrant un excès de cancers du poumon chez les ramoneurs, d’après l’évaluation publiée par le CIRC. Masque adapté, combinaison, aspiration à la source et lavage après chantier ne sont pas facultatifs.

Combien gagne un ramoneur

Aucune source officielle ne publie un salaire moyen du ramoneur. Le métier n’a pas de classification établie dans une convention précise : selon l’entreprise, on rencontre le bâtiment (IDCC 1596 jusqu’à 10 salariés, 1597 au-delà) ou l’installation thermique (IDCC 1412), sans que j’aie trouvé de source qui tranche.

Le plancher est donc le SMIC : 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. Dans la grille du bâtiment en Île-de-France, un ouvrier professionnel (coefficient 185, niveau du CAP) est à 1 899 € brut par mois depuis février 2026. L’artisan, lui, dépend de son chiffre d’affaires et de ses charges.

1 867 €SMIC brut mensuel au 1er juin 2026, temps plein
1 899 €brut mensuel, bâtiment Île-de-France, coefficient 185, 2026
2 610 €revenu mensuel médian des non-salariés de la construction, 2023, avant CSG et CRDS

Salaire ramoneur en 2026Minima des conventions, artisan en micro-entreprise, primes et passage au net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

Je n’ai pas trouvé de chiffre officiel sur le nombre de ramoneurs en France ni sur les projets de recrutement propres au métier dans l’enquête BMO 2026 de France Travail, qui recense 2,28 millions de projets tous métiers. Les fédérations professionnelles publient parfois des effectifs, mais aucun n’était accessible avec une date fiable.

Le contexte est en revanche documenté. Dans la construction, la BMO 2026 comptabilise 139 510 projets de recrutement, en baisse de 16 %, dont 65 % jugés difficiles (metiers-btp.fr). Les entreprises de ramonage étant très petites, beaucoup de recrutements passent par le bouche-à-oreille et l’apprentissage, sans annonce.

L’insertion des certifiés est bonne : 98 % en emploi à six mois pour la cohorte 2024 du titre Ramoneur fumiste selon France compétences, sur 177 personnes, un échantillon réduit à manier avec prudence.

Évolutions de carrière

La première évolution est l’installation à son compte : inscription au répertoire des métiers, micro-entreprise ou entreprise individuelle, assurance de responsabilité civile professionnelle et garantie décennale dès que l’on pose un conduit. Le régime micro est fixé à 21,2 % de cotisations sur le chiffre d’affaires pour les prestations de services, dans la limite de 83 600 € par an, selon economie.gouv.fr.

Le ramoneur peut aussi élargir son offre : fumisterie (tubage, création de conduits), installation de poêles et d’inserts, entretien de chaudières, contrôle de conformité. Chaque extension demande parfois une qualification propre, notamment pour le gaz : renseignez-vous auprès de l’organisme certificateur avant de l’afficher.

Avec de l’expérience, on peut devenir chef d’équipe, formateur ou tuteur d’apprentis, ou reprendre une entreprise dont le dirigeant part à la retraite.

Métiers proches

Le ramoneur partage avec d’autres métiers du bâtiment la hauteur, les installations thermiques et le travail chez le particulier.

Ce qu’il faut savoir avant de démarrer : la réglementation du ramonage

La demande du ramoneur repose sur une règle que le client doit connaître. Le règlement sanitaire départemental type impose le ramonage au moins une fois par an, deux fois pour certains combustibles solides ou liquides, la commune ou le département pouvant préciser. La MAE (page du 10 mars 2026) rappelle que le code général des collectivités territoriales confie la police à la commune.

Le non-respect peut coûter jusqu’à 450 € d’amende, mais l’enjeu réel est l’assurance : après un incendie ou une intoxication, l’assureur peut réduire, voire refuser, l’indemnisation faute de certificat. Le coût du ramonage est à la charge de l’occupant, selon Groupama, qui relève en 2026 des prix de 40 à 90 € pour une cheminée ouverte et de 50 à 130 € pour un insert.

Une règle locale, pas une loi unique

Le règlement sanitaire varie d’un département à l’autre : avant de promettre à un client une fréquence, consultez celui de votre commune. Je n’ai pas pu confirmer par un texte officiel lu directement la date ni le contenu exact de chaque règlement local.

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