Chauffeur de bus : missions, permis D, FIMO et salaire
Sur une ligne urbaine, sur la route d’un car scolaire ou aux commandes d’un bus RATP, le chauffeur de bus transporte chaque jour des voyageurs en respectant un horaire serré et des règles de sécurité strictes. Le permis D et la FIMO voyageurs sont obligatoires. Selon qu’il travaille pour un réseau urbain privé, la RATP ou une entreprise de cars, son statut et sa paie changent nettement.

Ce que fait un chauffeur de bus
Selon la fiche métier de France Travail, le conducteur de bus transporte des passagers sur des lignes urbaines, interurbaines ou scolaires, dans le respect d’un itinéraire et d’un horaire fixés à l’avance. Le métier recouvre des réalités différentes selon l’employeur : réseau urbain privé (Keolis, Transdev, RATP Dev), RATP en Île-de-France, ou entreprise de cars affiliée à la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV).
Sur une ligne urbaine, la journée commence par la vérification du véhicule : niveaux, pneumatiques, éclairages, ouverture des portes. Le conducteur prend ensuite son service, contrôle ou vend les titres de transport, informe les voyageurs des correspondances et adapte sa conduite à la circulation, à la météo et à la présence de personnes à mobilité réduite. Il communique avec la régulation en cas d’incident : accident, panne, embouteillage.
Le conducteur de car interurbain ou scolaire parcourt des lignes départementales ou régionales, parfois avec des arrêts en pleine campagne et un ramassage d’enfants qui impose une vigilance renforcée. Il gère aussi les bagages, les temps de pause réglementaires sur les longs trajets et, souvent, l’entretien courant du car entre deux services.
Dans les deux cas, le conducteur reste le premier représentant de l’entreprise face aux usagers : il gère les situations conflictuelles avec calme, signale toute anomalie technique au service maintenance et applique les principes d’écoconduite demandés par la plupart des réseaux.
Les compétences attendues
La rigueur réglementaire vient en premier : respect du code de la route, des temps de conduite et de repos fixés par le règlement européen sur le transport routier, et des procédures de sécurité propres à chaque entreprise. Une vérification omise avant le départ engage la responsabilité du conducteur.
La relation avec les voyageurs occupe une grande partie du métier : accueillir, renseigner sur un changement d’itinéraire, gérer un usager mécontent sans perdre patience. Le sens du service et le contrôle de soi comptent autant que la technique de conduite.
Le sang-froid s’exerce dans les imprévus : un malaise à bord, un accident, une déviation de dernière minute. Le conducteur alerte les secours si besoin et documente l’incident. S’y ajoute une bonne résistance physique : la station assise prolongée et les horaires décalés pèsent sur la durée.
Devenir chauffeur de bus
- Obtenir le permis BPréalable indispensable avant de préparer le permis D.
- Passer le permis DAccessible à 24 ans sans formation spécifique, ou dès 20 ans avec une formation longue de conducteur de transport de voyageurs (titre professionnel d’au moins 280 heures), voire 18 ans pour les services sans voyageurs ou les lignes régulières de moins de 50 km, selon le décret n° 2021-542 du 30 avril 2021.
- Suivre la FIMO voyageurs140 heures de formation initiale minimale obligatoire, qui couvrent la conduite sécurisée, la réglementation et les relations avec les voyageurs, avant la première prise de poste.
- Être recruté puis suivre la FCO35 heures de formation continue obligatoire, à renouveler tous les 5 ans pour conserver le droit de conduire à titre professionnel.
Deux titres professionnels distincts mènent au métier. Le titre professionnel de conducteur du transport routier interurbain de voyageurs, créé par l’arrêté du 21 juillet 2008, prépare à la conduite des cars sur route. Le titre professionnel de conducteur de transport en commun sur route vise les réseaux urbains : Keolis en forme ainsi 200 à 250 par an dans son propre centre de formation d’apprentis, accessible dès 18 ans avec le permis B, en six mois environ répartis entre théorie, immersion et conduite accompagnée. Ces parcours intègrent la FIMO et dispensent de la passer séparément.
En reconversion, il n’existe pas de VAE pour le permis D lui-même, mais la formation continue reste la voie normale : un projet de transition professionnelle, le compte personnel de formation ou France Travail peuvent financer le permis D et la FIMO. De nombreux réseaux urbains financent aussi directement la formation de leurs candidats retenus, via leur propre centre comme celui de Keolis, en échange d’un engagement à prendre le poste à l’issue du parcours.
Où travailler et dans quelles conditions
Trois grands types d’employeurs se partagent le métier : les réseaux urbains privés comme Keolis, Transdev ou RATP Dev, qui exploitent bus et tramways pour le compte des collectivités ; la RATP elle-même, en Île-de-France ; et les entreprises de transport de voyageurs par car, regroupées notamment au sein de la FNTV, pour les lignes interurbaines, le transport scolaire et le tourisme.
Les horaires suivent le rythme du service : prises de poste tôt le matin, fins tardives, coupures entre deux pointes de fréquentation, travail le week-end et les jours fériés. Le transport scolaire ajoute des services fractionnés autour des heures d’entrée et de sortie des classes.
Ce qui plaît
- Un accès sans diplôme, avec une formation financée par de nombreux employeurs.
- Des emplois répartis partout en France, en zone urbaine comme rurale.
- Une relation humaine au contact des voyageurs.
Ce qui pèse
- Les horaires décalés et les coupures, parfois mal indemnisées selon l’entreprise.
- La station assise prolongée et l’exposition aux incivilités des usagers.
- Une paie proche du SMIC en début de carrière, tous statuts confondus.
Combien gagne un chauffeur de bus
Le salaire dépend directement du statut : réseau urbain privé, RATP ou entreprise de cars interurbains n’appliquent ni la même convention, ni la même grille. Dans tous les cas, le début de carrière reste proche du SMIC, avec des compléments qui varient beaucoup selon les horaires réellement effectués.
Emploi et débouchés
Le secteur du transport routier de voyageurs (cars interurbains, scolaires, tourisme) comptait 2 624 établissements employeurs et 107 008 salariés au 31 décembre 2024, dont 82 % de conducteurs, soit 87 700 personnes, pour un parc de 66 564 autocars au 1er janvier 2025, selon les chiffres clés 2026 de la FNTV. France Travail a enregistré 18 690 offres d’emploi pour ce secteur en 2024, et 12 393 titres professionnels de conducteur de transport en commun sur route ont été délivrés la même année, avec un taux de réussite de 66 %.
Le baromètre de la fédération pour le 4e trimestre 2025 relevait environ 6 % de postes de conducteurs vacants en moyenne, 33 % des entreprises en difficulté pour recruter des conducteurs à temps plein et 61 % à temps partiel, et 29 % signalant des postes non pourvus sur le transport scolaire.
Le réseau urbain vit une transformation profonde en Île-de-France : la loi n° 2023-1270 du 27 décembre 2023 organise l’ouverture à la concurrence du réseau de bus francilien de la RATP, avec une désignation des nouveaux opérateurs (CAP Île-de-France, Keolis, Transdev, RATP Dev) échelonnée jusqu’au 31 décembre 2026. Au total, 19 000 salariés RATP sont concernés par ces transferts de contrat, dont environ 15 000 conducteurs, ce qui crée un besoin de recrutement soutenu chez les nouveaux exploitants.
En dehors de l’Île-de-France, aucune statistique publique ne recense à elle seule les conducteurs des réseaux urbains de province : leurs effectifs sont noyés dans les données globales du transport public urbain, qui incluent aussi le personnel de maintenance, de sûreté et d’encadrement.
Évolutions de carrière
Sur un réseau urbain, la progression suit la classification de la convention IDCC 1424 : d’un poste d’entrée, le conducteur peut accéder au statut d’agent unique confirmé, puis, avec de l’ancienneté, à des fonctions d’encadrement comme chef de ligne ou moniteur, chargé de former les nouveaux conducteurs. Ces évolutions dépendent des postes ouverts dans chaque entreprise et ne sont pas garanties par un texte national à date fixe.
Le passage entre transport urbain et interurbain se fait sans nouvelle formation lourde : le permis D et la FIMO voyageurs sont reconnus par tous les employeurs du secteur. Certains conducteurs évoluent aussi vers le transport de marchandises en passant le permis complémentaire, vers des fonctions de régulation ou de formation à la conduite, ou vers le contrôle des titres de transport.
Métiers proches
Ces métiers partagent la route, la relation aux usagers ou le secteur des transports, avec des permis et des statuts différents.
Ce que change l’ouverture à la concurrence des bus RATP
D’ici fin 2026, la totalité du réseau de bus francilien de la RATP doit être attribuée par lots à de nouveaux exploitants. Les conducteurs déjà en poste conservent, en principe, l’équivalent de leur emploi par centre-bus, et un appel au volontariat est prévu avant toute affectation obligatoire aux services de nuit. Les employeurs doivent informer les salariés concernés entre 4 et 6 mois avant le changement d’exploitant.
Pour les candidats qui entrent dans le métier aujourd’hui, la conséquence est concrète : un conducteur recruté par un nouvel opérateur pour exploiter une ligne ex-RATP relève de la convention IDCC 1424, pas du statut RATP, sans reprise d’ancienneté ni des avantages historiques du régime spécial. Comparez toujours le statut proposé avant de signer, la ligne exploitée pouvant changer d’exploitant en cours de carrière.
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