Salaire technicien audiovisuel en 2026

Le technicien audiovisuel débute autour de 2 222 € brut par mois chez un prestataire technique, selon la convention collective des entreprises au service de la création et de l’événement, en vigueur depuis le 1er avril 2025. La paie progresse avec le niveau de responsabilité, jusqu’à plus de 2 900 € pour un responsable de maintenance. Les postes d’exploitation événementielle passent souvent par un contrat d’usage payé à l’heure.

2 222 €brut mensuel au niveau technicien (IDCC 3252), depuis avril 2025
2 937 €brut mensuel pour un responsable de maintenance, même grille
1 867,02 €SMIC brut mensuel au 1er juin 2026, plancher des niveaux 1 et 2

Prestataires techniques, spectacle et diffusion : la convention IDCC 3252

Un technicien audiovisuel employé par un prestataire événementiel, une salle de spectacle ou une chaîne de télévision relève le plus souvent de la convention collective des entreprises au service de la création et de l’événement (IDCC 3252). Ce texte du 27 juin 2024 a fusionné, depuis le 1er avril 2025, l’ancienne convention des entreprises techniques au service de la création et de l’événement (IDCC 2717) avec celles des chapiteaux et des agences de mannequins, selon Légifrance, qui mentionne une extension par arrêté du 13 mars 2025.

Les fonctions techniques du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia sont réparties sur dix niveaux, chacun associé à un salaire minimum mensuel brut pour un temps plein. En voici les principales, utiles à un poste d’installation, d’exploitation ou de maintenance.

FonctionNiveauBrut mensuel hors contrat d’usageTaux horaire en contrat d’usage
Électricien AV21 851 €18,05 €
Machiniste AV21 851 €18,05 €
Coordinateur d’antenne32 007 €non applicable
Technicien de maintenance42 222 €non applicable
Technicien supérieur d’exploitation AV et/ou numérique42 222 €non applicable
Technicien supérieur de régie finale42 222 €non applicable
Ingénieur de la vision72 712 €31,67 €
Chef d’équipement AV72 712 €34,10 €
Chef d’antenne82 937 €non applicable
Responsable de maintenance82 937 €non applicable
Source : convention collective des entreprises au service de la création et de l’événement, IDCC 3252, annexe I (entreprises de prestation de services techniques cinéma, audiovisuel et multimédia), texte de base du 27 juin 2024, en vigueur depuis le 1er avril 2025.

Les niveaux 1 et 2 de la grille commune, à 1 801 € et 1 851 € bruts, se situent sous le SMIC de 1 867,02 € brut applicable depuis le 1er juin 2026 : c’est alors le SMIC qui s’impose comme plancher réel de rémunération.

Entreprises et intégrateurs : une convention non tranchée

Quand le technicien audiovisuel est salarié directement par une entreprise pour équiper ses salles de réunion et de visioconférence, la convention applicable dépend de l’activité déclarée de l’employeur : elle n’est pas tranchée pour ce profil. Si l’entreprise est un bureau d’études techniques ou une société de services informatiques, la convention Syntec (IDCC 1486) peut s’appliquer.

Position ETAMCoefficientMinimum brut mensuel
2.33552 045 €
3.14002 185 €
3.24502 340 €
3.35002 490 €
Source : accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux, IDCC 1486 (Syntec), applicable au 1er janvier 2025. À titre indicatif seulement : la classification exacte d’un intégrateur audiovisuel en entreprise n’est pas établie.

Aucune donnée publique ne permet aujourd’hui de trancher entre cette hypothèse et un rattachement au commerce de gros ou à la métallurgie, selon le matériel installé. Pour un poste en fonction publique, notamment dans une université, aucune grille propre aux techniciens audiovisuels n’a été identifiée.

Pour trancher dans votre cas, regardez le code NAF déclaré par l’entreprise et la convention indiquée sur votre bulletin de paie. Deux salariés au même poste, chez deux employeurs différents, peuvent ainsi relever de deux grilles distinctes pour un même travail d’installation de salle de réunion.

Primes, indemnités et variables

La convention IDCC 3252 prévoit une indemnité d’astreinte égale à au moins 25 % du salaire journalier brut de base pour chaque jour d’astreinte, ou un repos équivalent si le salarié et l’employeur en conviennent.

Pour un technicien de maintenance au niveau 4, le salaire journalier de base s’élève à environ 102,55 €, soit 2 222 € divisés par 151,67 heures mensuelles puis multipliés par 7 heures. Dix jours d’astreinte dans le mois ajoutent donc près de 256 € brut, versés en plus du salaire de base.

La convention prévoit aussi une indemnité forfaitaire d’un euro par jour travaillé lorsque le salarié accepte, par accord avec l’employeur, d’acheter et d’entretenir lui-même son équipement de protection individuelle : casque, harnais, protections auditives. Cette indemnité suppose un justificatif d’achat ou d’entretien au moins une fois par an, et ne dispense pas l’employeur de vérifier que l’équipement reste adapté au risque.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

La progression suit les dix niveaux de la grille, du poste d’entrée à la responsabilité d’une équipe ou d’un parc de matériel.

ÉtapeNiveauBrut mensuel
Débutant, électricien ou machiniste AV21 851 €
Technicien confirmé, maintenance ou exploitation42 222 €
Spécialiste broadcast, ingénieur de la vision72 712 €
Responsable de maintenance ou d’antenne82 937 €
Source : convention IDCC 3252, annexe I, en vigueur depuis le 1er avril 2025. Minima bruts mensuels, temps plein, hors contrat d’usage.

Cette convention ne prévoit pas de grille régionale : le montant minimum est national. L’activité reste toutefois concentrée : près de 80 % des entreprises de la branche audiovisuelle et cinéma sont implantées en Île-de-France, selon le rapport de branche Ficam-Audiens 2025. Une bonne partie des postes se trouve donc autour de Paris, même si les salles de spectacle et les prestataires événementiels emploient partout en France.

À partir du niveau 6, la fonction est réputée cadre au sens de la convention, ce qui change le régime de cotisation retraite et ouvre droit à un forfait en jours plutôt qu’à un décompte horaire strict. Un chargé d’exploitation ou un responsable de maintenance franchit donc ce seuil avant un simple technicien d’installation ou d’exploitation.

Du brut au net

Le technicien audiovisuel salarié d’un prestataire ou d’une entreprise est non-cadre et cotise environ 21 % de son salaire brut au régime général.

Ligne de paieMontant mensuel
Salaire brut, niveau 42 222,00 €
Cotisations salariales, environ 21 %– 466,62 €
Net avant impôt1 755,38 €
Calcul Voilà le travail : non-cadre, taux de cotisation moyen de 21 % sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 €.

Ce calcul vaut pour un salarié sans enfant, hors mutuelle obligatoire et hors impôt sur le revenu prélevé à la source. Un salarié cadre, à partir du niveau 6 de la grille, cotise un peu plus pour la retraite complémentaire : comptez alors plutôt 78 % de net sur le brut, contre 79 % pour un non-cadre du régime général.

Pour un montant précis selon votre situation, utilisez notre calculateur de salaire brut en net. En contrat d’usage, la rémunération se calcule à l’heure ou au cachet, avec des règles de cotisation propres au régime des intermittents du spectacle.

Comparaison avec les métiers proches

Dans la même convention, les postes d’installation et de maintenance sont mieux protégés que les fonctions d’exploitation événementielle, qui passent plus souvent par des contrats d’usage.

FonctionNiveauBrut mensuelContrat
Électricien AV, machiniste AV21 851 €CDI ou contrat d’usage à 18,05 €/h
Technicien de maintenance42 222 €CDI, contrat d’usage non applicable
Ingénieur de la vision72 712 €CDI ou contrat d’usage à 31,67 €/h
Responsable de maintenance82 937 €CDI, contrat d’usage non applicable
Source : convention IDCC 3252, annexe I, en vigueur depuis le 1er avril 2025.

Un même écart se retrouve chez les prestataires événementiels : deux techniciens embauchés le même mois peuvent toucher des minima différents de plusieurs centaines d’euros selon l’intitulé exact retenu par l’employeur dans la grille de l’annexe I.

Le métier voisin d’ingénieur du son, plus tourné vers la création et le mixage, relève de grilles différentes, celles de la production audiovisuelle (IDCC 2642) et du spectacle vivant privé (IDCC 3090) : consultez notre page salaire ingénieur du son pour le détail.

Fiche métier technicien audiovisuelMissions, formation, conditions de travail et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie

Le premier levier est le statut du poste : un contrat permanent chez un prestataire ou une entreprise donne accès aux niveaux 4 et plus, alors qu’une mission ponctuelle côté événementiel se négocie souvent à l’heure, sans garantie de volume sur l’année.

L’habilitation électrique conditionne aussi l’accès à certains postes de niveau 4 : sans elle, un candidat reste cantonné aux fonctions de niveau 2, moins bien payées. Avant de signer, vérifiez le niveau indiqué sur votre contrat et son intitulé exact dans la grille de l’annexe I : deux postes proches, comme technicien de maintenance et chef d’équipement AV, se paient plus de 450 € d’écart par mois.

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