Technicien audiovisuel
Le technicien audiovisuel installe, règle et entretient les équipements de son, d’image et de diffusion : consoles, caméras, serveurs vidéo, systèmes de visioconférence. Il travaille chez un prestataire événementiel, dans une salle de spectacle, une chaîne de télévision ou une entreprise qui équipe ses salles de réunion. Le BTS Métiers de l’audiovisuel, option exploitation des équipements, reste la voie de référence pour exercer ce métier technique.
Ce que fait un technicien audiovisuel
Le technicien audiovisuel installe, exploite et entretient les équipements de son, d’image et de diffusion : consoles de mixage, caméras, serveurs vidéo, écrans, systèmes de visioconférence. C’est un métier différent du technicien de plateau (cadreur, régisseur, monteur), qui participe à la fabrication d’un contenu, et de l’ingénieur du son, dont le rôle est de créer et de mixer le son d’une œuvre. Le référentiel officiel de France Travail (ROME I1329) le définit comme un technicien d’exploitation et de maintenance : sa mission est de faire fonctionner du matériel, pas de le mettre en scène.
Sur un salon professionnel ou un concert, il monte la sonorisation, câble les enceintes et les micros, puis règle les niveaux avant l’arrivée du public. Dans une salle de spectacle, il exploite le parc de matériel au quotidien et le maintient en état entre deux événements. En régie de diffusion, chez un prestataire ou une chaîne de télévision, il assure la continuité de l’antenne et corrige un incident technique en direct. Dans une entreprise, il installe et dépanne les salles de réunion équipées d’écrans et de visioconférence.
La maintenance occupe une bonne partie du métier : diagnostiquer une panne, mesurer une tension, identifier un composant défectueux, planifier une intervention préventive. Le technicien lit des schémas et des documents techniques, parfois en anglais, et respecte les règles de sécurité électrique propres à chaque intervention.
Les compétences attendues
Une bonne partie des interventions touche à l’électricité : câblage, mesures, connexions. Une habilitation électrique (BR, B1V ou B2V selon les tâches confiées) est presque toujours exigée en plus du diplôme, et sa formation est généralement prise en charge par l’employeur.
Former les utilisateurs à un nouveau système, expliquer une panne à un client ou rassurer un régisseur pendant un direct demande de la pédagogie autant que de la technique.
La veille technologique compte aussi : les formats de diffusion, les protocoles réseau et les normes de sécurité évoluent vite. Le ROME I1329 cite également l’esprit d’équipe, la rigueur et la réactivité, utiles lors d’une panne en pleine diffusion ou juste avant un lever de rideau.
Devenir technicien audiovisuel
Le bac professionnel Systèmes numériques, option audiovisuels, réseau et équipement domestiques, souvent cité comme porte d’entrée, est inactif depuis le 31 août 2023. Il a été remplacé par le bac pro Cybersécurité, informatique et réseaux, électronique (CIEL), plus généraliste et sans option audiovisuel dédiée, selon France compétences. Un bac général ou technologique à dominante scientifique reste une entrée possible vers la suite du parcours.
- Obtenir un bac général, technologique ou un CAP en électroniqueUn profil scientifique ou technique facilite l’entrée en BTS.
- Décrocher le BTS Métiers de l’audiovisuel, option techniques d’ingénierie et exploitation des équipementsDeux ans en lycée ou en CFA, avec des périodes de stage en entreprise.
- Passer une habilitation électriqueBR, B1V ou B2V selon les interventions confiées.
- Se spécialiser en posteBroadcast, événementiel ou intégration en entreprise, souvent en alternance ou en CDD.
Le BTS Métiers de l’audiovisuel, option techniques d’ingénierie et exploitation des équipements (RNCP37022, niveau 5) reste la certification de référence, active jusqu’au 31 août 2027. Il forme à la préparation, à l’installation et à la maintenance des équipements de tournage, de diffusion et de studio, en scolarité, en apprentissage ou en formation continue.
En reconversion, ce BTS se prépare aussi par la validation des acquis de l’expérience pour les professionnels déjà en poste sur du matériel technique. Le CPF, le projet de transition professionnelle ou une aide de France Travail permettent de financer une formation continue vers ce métier.
Pour comparer les organismes, leurs prix et leurs formats, consultez notre classement des formations au montage vidéo éligibles au CPF.
Où travailler et dans quelles conditions
Les prestataires techniques événementiels équipent et exploitent le son, la lumière et la vidéo des concerts, salons et conférences. Les salles de spectacle et les chaînes de télévision emploient leurs propres techniciens pour l’exploitation quotidienne et la maintenance des équipements de diffusion. De plus en plus d’entreprises recrutent aussi des techniciens, ou font appel à des intégrateurs, pour équiper et dépanner leurs salles de réunion et de visioconférence. Les universités et grands établissements d’enseignement emploient également des techniciens audiovisuels pour leurs amphithéâtres et leurs studios pédagogiques.
Le statut dépend du secteur. L’installation et la maintenance se pratiquent surtout en CDI, chez un prestataire ou une entreprise. L’exploitation événementielle ouvre plus souvent sur des contrats à durée déterminée d’usage, avec le statut d’intermittent du spectacle, annexe 8 de l’assurance chômage, une fois les 507 heures sur douze mois atteintes, selon France Travail.
Ce qui plaît
- Des secteurs variés : spectacle, télévision, entreprise, éducation.
- Un métier concret, avec du matériel et des pannes à résoudre.
- Le CDI reste accessible côté installation et maintenance.
Ce qui pèse
- Les horaires irréguliers : soirs, week-ends, astreintes.
- Les déplacements et le port de charges lourdes.
- La précarité de certains contrats côté événementiel.
Combien gagne un technicien audiovisuel
Chez un prestataire technique ou une chaîne de télévision, le technicien audiovisuel relève le plus souvent de la convention collective des entreprises au service de la création et de l’événement (IDCC 3252), en vigueur depuis le 1er avril 2025. Un technicien de maintenance ou d’exploitation débute au niveau 4 de la grille, à 2 222 € brut par mois pour un temps plein. La progression vers des postes de responsable ou de spécialiste porte le minimum à plus de 2 900 € brut.
Emploi et débouchés
Le secteur des entreprises techniques de l’audiovisuel et du cinéma, au sens de la nouvelle convention IDCC 3252, compte 951 entreprises, dont 670 actives en 2024, réparties à près de 80 % en Île-de-France, selon le rapport de branche Ficam-Audiens publié en 2025 sur les données 2024. Trois quarts d’entre elles emploient moins de dix salariés permanents.
Ce périmètre compte 6 053 salariés permanents en CDI ou en CDD de plus de trois mois, dont 5 157 en CDI, un nombre en hausse de 20 % depuis 2020. S’y ajoutent 13 492 salariés intermittents en 2024, en léger recul de 3 % sur un an. Au total, 19 545 personnes ont travaillé dans ce secteur en 2024, pour une masse salariale de 378 millions d’euros.
Les techniciens du son, de l’éclairage, de la vidéo et de l’image représentent 42 000 des intermittents techniques du spectacle et de l’audiovisuel, soit 38,5 % de cette population, selon les statistiques de France Travail pour 2024.
Évolutions de carrière
La même convention distingue plusieurs niveaux de responsabilité, du technicien débutant au responsable d’équipe.
| Poste | Niveau | Salaire minimum brut mensuel |
|---|---|---|
| Électricien AV ou machiniste AV, débutant | 2 | 1 851 € |
| Technicien de maintenance ou d’exploitation | 4 | 2 222 € |
| Ingénieur de la vision, spécialiste broadcast | 7 | 2 712 € |
| Responsable de maintenance | 8 | 2 937 € |
Après quelques années, un technicien peut se spécialiser en ingénierie de la vision pour la télévision et le direct, prendre la responsabilité d’un parc de matériel, ou évoluer vers la qualité et les processus techniques : consultez notre fiche ingénieur qualité pour ce virage. D’autres se mettent à leur compte pour proposer leurs services à des prestataires événementiels ou à des entreprises.
Métiers proches
Ces métiers touchent au même matériel ou aux mêmes environnements techniques, avec des missions différentes.
CDI ou intermittence : deux façons d’exercer
Le choix du secteur détermine surtout le statut. Dans la même convention IDCC 3252, un poste de technicien de maintenance ou d’exploitation n’ouvre pas droit au contrat à durée déterminée d’usage : c’est un poste permanent, en CDI ou en CDD classique. À l’inverse, des fonctions comme ingénieur de la vision ou chef d’équipement AV peuvent être pourvues en contrat d’usage, payées à l’heure.
Avant de candidater, vérifiez donc si l’offre décrit un poste permanent chez un prestataire ou une entreprise, ou une mission ponctuelle pour un événement. Les deux mènent au même métier, mais pas à la même stabilité de revenus ni aux mêmes droits au chômage.
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