Orthodontiste : missions, études et débouchés

Un orthodontiste corrige les dents et les mâchoires mal alignées, avec des bagues, des gouttières ou des appareils amovibles posés après un diagnostic sur radios et empreintes. Ce spécialiste a d’abord obtenu le diplôme de chirurgien-dentiste, puis un diplôme d’études spécialisées d’orthopédie dento-faciale de trois ans, sur concours national. Il reçoit surtout des enfants et des adolescents, en cabinet libéral, pour un suivi qui dure souvent plusieurs années.

AccèsBac + 8diplôme de dentiste puis DES d’orthopédie dento-faciale
Formation8 ans5 ans de tronc commun, puis 3 ans de DES sur concours
Salaire débutantNon établi séparémentla CARCDSF ne distingue pas les orthodontistes des dentistes généralistes
Où travaillerCabinet libéralseul, en groupe, ou en collaboration

Ce que fait un orthodontiste

L’orthodontiste diagnostique et corrige les malpositions dentaires et les anomalies des mâchoires, chez l’enfant comme chez l’adulte. Il examine la bouche, prend des empreintes et des radiographies, puis conçoit un appareillage adapté : bagues fixes, gouttières transparentes ou appareils amovibles. Il ajuste ensuite ce dispositif lors de rendez-vous réguliers, sur plusieurs semestres, jusqu’à l’alignement recherché.

Ce métier est une spécialité du chirurgien-dentiste, pas un métier distinct dès le départ. Les deux exercices se recoupent (diagnostic sur radios, pose d’appareillages, hygiène bucco-dentaire), mais l’orthodontiste a suivi trois années supplémentaires de diplôme d’études spécialisées et concentre son activité sur l’alignement des dents et des mâchoires, quand le chirurgien-dentiste généraliste couvre l’ensemble des soins dentaires : caries, prothèses, extractions, chirurgie. Un chirurgien-dentiste généraliste peut aussi pratiquer des actes d’orthodontie simples, sans le titre de spécialiste.

Les compétences attendues

La précision manuelle est centrale : poser et régler un appareil dans une bouche exiguë demande une bonne vue et une main sûre. Le ROME de France Travail cite justement les activités de motricité fine parmi les conditions de ce métier. Savoir interpréter une radiographie et une empreinte pour construire un plan de traitement complet, souvent sur deux à trois ans, est tout aussi déterminant.

La patientèle est en majorité jeune : la pédagogie et la patience comptent, pour expliquer le port d’un appareil à un enfant comme pour rassurer ses parents. Le suivi s’étend sur la durée, avec un contrôle régulier de l’évolution du traitement et de l’hygiène. Comme tout praticien libéral, l’orthodontiste gère aussi son cabinet : stocks, personnel, relation avec le prothésiste dentaire qui fabrique certains dispositifs sur mesure.

Devenir orthodontiste

La voie passe obligatoirement par le diplôme de docteur en chirurgie dentaire, puis par une spécialisation choisie sur concours.

  1. Réussir le tronc commun des études dentairesPremière année de santé (PASS ou LAS), puis deux cycles de deux ans chacun, jusqu’au diplôme de formation approfondie en sciences odontologiques, soit cinq ans après le bac.
  2. Réussir le concours national d’internat en odontologieUn concours classant organisé au niveau national ; l’orthopédie dento-faciale est la spécialité la plus demandée, avec la concurrence la plus forte entre candidats.
  3. Suivre le DES d’orthopédie dento-facialeTrois ans d’internat, avec des stages hospitaliers, des enseignements théoriques et pratiques, et un mémoire de fin de cursus.
  4. S’inscrire à l’Ordre comme spécialiste qualifié en ODFCondition pour exercer et porter le titre d’orthodontiste, en plus de celui de chirurgien-dentiste.

Au total, le cursus mène au niveau Bac + 8, d’après la présentation du DES par la faculté d’odontologie de l’université de Nantes. Pour la session 2025-2026, le nombre de postes ouverts au niveau national en orthopédie dento-faciale s’élevait à 56, sur 130 postes toutes spécialités d’odontologie confondues, soit neuf de plus que la session précédente, d’après un décret publié au Journal officiel et relayé par un site spécialisé dans l’orientation dentaire : Légifrance bloque la lecture automatisée du texte d’origine.

Pour un adulte en reconversion, nous n’avons pas trouvé de voie courte : il faut reprendre le cursus complet de chirurgie dentaire depuis la première année de santé, puis réussir le même concours d’internat que les étudiants en formation initiale. Aucune VAE ni formation courte financée par le CPF n’a été identifiée pour ce niveau de diplôme.

Où travailler et dans quelles conditions

L’orthodontiste exerce presque exclusivement en cabinet libéral : la fiche ROME du métier ne cite d’ailleurs que ce statut d’emploi et ce type de structure. Il peut être titulaire de son cabinet, s’associer à d’autres praticiens, ou débuter en collaboration libérale chez un confrère, avec une rétrocession d’honoraires dont le taux se négocie au contrat, comme pour un chirurgien-dentiste généraliste.

Un exercice hospitalier existe, dans les services d’odontologie des centres hospitaliers universitaires, surtout pour les praticiens qui enseignent ou mènent une activité de recherche en parallèle des soins. Nous n’avons pas trouvé de statistique séparant les orthodontistes salariés du reste des chirurgiens-dentistes hospitaliers.

Ce qui plaît

  • Un résultat visible, mesurable au fil du traitement.
  • Une patientèle suivie sur la durée, avec une relation de confiance.
  • Des honoraires libres sur la plupart des actes, hors nomenclature de l’Assurance Maladie.

Ce qui pèse

  • Un accès très sélectif, l’internat en ODF étant la spécialité la plus demandée.
  • Un cabinet et son plateau technique à financer et à gérer.
  • Un reste à charge à expliquer à des familles, faute de remboursement adapté aux tarifs réels.

Combien gagne un orthodontiste

Aucune statistique récente ne sépare le revenu des orthodontistes de celui des chirurgiens-dentistes généralistes : la CARCDSF, leur caisse de retraite commune, publie un chiffre unique pour l’ensemble de la profession libérale. La seule donnée propre aux spécialistes en orthopédie dento-faciale que nous avons trouvée date de 2015, via un panorama fondé sur les comptes de la Sécurité sociale.

514 000 €honoraires annuels moyens facturés par un spécialiste ODF, donnée 2015 non actualisée
230 000 €honoraires annuels moyens des généralistes centrés sur l’orthodontie, même donnée 2015
Non séparérevenu net des orthodontistes non isolé dans les statistiques CARCDSF

Salaire orthodontiste en 2026Ce que disent les statistiques disponibles, et leurs limites.Voir les salaires

Emploi et débouchés

La France comptait environ 2 100 spécialistes qualifiés en orthopédie dento-faciale en 2015, soit 6,5 % des chirurgiens-dentistes en exercice, d’après un panorama de L’Information Dentaire fondé sur les comptes de la Sécurité sociale. Environ 700 chirurgiens-dentistes généralistes concentraient par ailleurs leur activité sur l’orthodontie, qui représentait alors plus de la moitié de leurs honoraires remboursables. Nous n’avons pas trouvé d’effectif plus récent isolant cette spécialité.

La répartition géographique était, à la même date, inégale : une densité de 7,8 spécialistes pour 100 000 habitants en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 7,4 en Île-de-France, contre seulement 3,8 en Bourgogne-Franche-Comté. La sélectivité du concours d’internat limite mécaniquement le nombre de nouveaux praticiens chaque année : 56 postes d’ODF ont été ouverts au niveau national pour la session 2025-2026.

La demande de soins reste soutenue. Le même panorama de 2015 évoquait environ deux millions de patients traités par an, dont 85 % âgés de 9 à 16 ans, pour une durée moyenne de traitement de 4,1 semestres. L’essor de l’orthodontie adulte, souvent motivée par l’esthétique, n’a pas de statistique nationale à jour que nous ayons pu vérifier.

Évolutions de carrière

Contrairement au chirurgien-dentiste généraliste, qui peut choisir entre plusieurs DES (orthopédie dento-faciale, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire), l’orthodontiste a déjà choisi sa spécialité : il n’existe pas de sur-spécialisation ordinale après le DES d’ODF. Les évolutions passent plutôt par la pratique : direction d’un cabinet de groupe, association avec d’autres orthodontistes ou chirurgiens-dentistes, formation continue pour intégrer de nouvelles techniques (gouttières numériques, par exemple).

Certains praticiens ajoutent l’enseignement à leur activité de soins, comme maître de conférences ou professeur des universités en odontologie, en cumulant recherche et pratique clinique au sein d’un centre hospitalier universitaire. D’autres s’investissent dans un syndicat professionnel, comme l’Union nationale des orthodontistes de France, pour représenter la profession dans les négociations avec l’Assurance Maladie.

Métiers proches

Ces métiers partagent le soin dentaire, la précision manuelle ou une spécialisation médicale acquise sur concours.

Financer un traitement : ce qui change entre l’enfant et l’adulte

Les tarifs de l’orthodontie ont un point commun avec beaucoup d’actes dentaires : la base de remboursement de l’Assurance Maladie n’a presque pas bougé depuis des décennies, alors que les honoraires réels des praticiens, eux, sont libres. Un semestre de traitement actif coûte le plus souvent entre 600 et 1 200 € chez l’enfant, et jusqu’à 1 500 € chez l’adulte, d’après un guide spécialisé en orthodontie : la différence avec le tarif remboursé reste à la charge du patient et de sa mutuelle.

Avant le 16e anniversaire, et seulement après un accord préalable du contrôle médical de l’Assurance Maladie, un semestre de traitement est remboursé à hauteur d’environ 175 à 195 € selon les relais consultés (ameli.fr bloquant la lecture automatisée, les deux montants n’ont pas pu être recoupés sur la source officielle), dans la limite de six semestres au tarif plein. Passé 16 ans, l’Assurance Maladie ne prend plus en charge le traitement, sauf situations exceptionnelles : c’est l’une des raisons pour lesquelles la majorité des patients commencent leur traitement dans l’enfance.

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