Salaire orthodontiste en 2026 : libéral, hôpital, honoraires

Le revenu d’un orthodontiste n’a pas de statistique officielle qui lui soit propre : la CARCDSF, caisse de retraite commune aux chirurgiens-dentistes et aux orthodontistes libéraux, publie un chiffre unique pour toute la profession. Cette page rassemble ce qui existe malgré tout : la grille hospitalière partagée avec les chirurgiens-dentistes, une donnée ancienne mais spécifique à l’orthodontie, et les règles des honoraires libres.

8 ansdurée totale des études, jusqu’au diplôme d’études spécialisées d’ODF
56postes d’orthopédie dento-faciale ouverts à l’internat national, session 2025-2026
Honoraires libressur la majorité des actes d’orthodontie, hors nomenclature de l’Assurance Maladie

Fonction publique : une grille partagée, un exercice marginal

L’orthodontiste qui exerce comme praticien hospitalier titulaire, dans un service d’odontologie de centre hospitalier universitaire, suit la même grille que l’ensemble des chirurgiens-dentistes hospitaliers, des médecins et des pharmaciens hospitaliers. Cette grille, fixée en euros par l’arrêté du 29 juin 2023 et non indexée sur le point d’indice de la fonction publique, est détaillée sur la page salaire du chirurgien-dentiste : nous ne la reproduisons pas ici pour éviter les doublons.

Cet exercice hospitalier reste marginal pour une spécialité presque intégralement libérale. Nous n’avons trouvé aucune statistique qui isole les orthodontistes parmi les praticiens hospitaliers d’odontologie, ni aucun poste salarié propre à l’orthodontie dans le secteur privé à but non lucratif.

Un interne en orthopédie dento-faciale touche, pendant ses trois années de DES, la grille nationale des internes en odontologie, commune à la médecine et à la pharmacie : elle est également détaillée sur la page salaire du chirurgien-dentiste. Rien n’indique que l’internat en ODF soit rémunéré différemment des autres spécialités odontologiques, faute d’un texte propre à cette filière.

Libéral : une donnée ancienne, faute de mieux

Plus de huit chirurgiens-dentistes sur dix exercent au moins en partie en libéral, un statut d’emploi quasi automatique pour un orthodontiste : la fiche ROME du métier ne mentionne d’ailleurs que la profession libérale. Le revenu de ce statut se calcule après charges de cabinet, comme pour tout praticien indépendant.

La CARCDSF, caisse de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes libéraux, publie chaque année un bénéfice fiscal moyen et médian. Mais ce chiffre, déjà détaillé sur la page salaire du chirurgien-dentiste, regroupe l’ensemble de la profession, orthodontistes compris, sans les distinguer des généralistes : nous ne le répétons pas ici, faute de valeur ajoutée propre à l’orthodontie.

La seule donnée que nous avons trouvée, spécifique aux spécialistes en orthopédie dento-faciale, date de 2015 : un panorama de L’Information Dentaire, fondé sur les comptes de la Sécurité sociale, chiffrait leurs honoraires annuels moyens facturés à 514 000 €, contre 230 000 € pour les généralistes qui concentraient leur activité sur l’orthodontie. Cette donnée mesure un chiffre d’affaires, pas un bénéfice net après charges : elle ne se compare pas directement au revenu publié par la CARCDSF, calculé après déduction des frais professionnels. Nous n’avons pas trouvé de version plus récente de ce panorama.

Primes, indemnités et variables

En libéral, il n’existe pas de prime au sens salarié : les honoraires sont libres sur la majorité des actes d’orthodontie, qui sont hors de la nomenclature générale des actes professionnels. Le praticien fixe son tarif, affiché sur un devis obligatoire avant traitement, selon la difficulté du cas, la durée prévue et sa patientèle. Pour les enfants traités avant leur 16e anniversaire, une part de l’acte reste remboursée à un tarif fixé par semestre, d’un ordre de grandeur de 175 à 195 € selon les relais consultés, dans la limite de six semestres au tarif plein : ce montant ne bouge pas selon le praticien, contrairement aux honoraires libres qui le complètent.

À l’hôpital, les compléments (indemnité d’engagement de service public exclusif, gardes, astreintes) sont communs à toutes les spécialités odontologiques et déjà détaillés sur la page salaire du chirurgien-dentiste. Nous n’avons trouvé aucun élément variable propre à l’orthodontie, ni à l’hôpital ni en libéral, ni de barème publié pour la cession d’une patientèle ou d’un droit de présentation, qui joue pourtant sur le prix d’installation dans un cabinet existant.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

SituationRepère
Spécialiste ODF, honoraires moyens facturés (2015)514 000 € par an, avant charges
Généraliste centré sur l’orthodontie, honoraires moyens (2015)230 000 € par an, avant charges
Densité la mieux dotée : Provence-Alpes-Côte d’Azur (2015)7,8 spécialistes pour 100 000 habitants
Densité la moins dotée : Bourgogne-Franche-Comté (2015)3,8 spécialistes pour 100 000 habitants
Source : Assurance Maladie, comptes de la Sécurité sociale, données 2015, relayées par L’Information Dentaire. Honoraires bruts facturés, pas un revenu net. Aucune donnée plus récente ni régionale actualisée retrouvée pour cette spécialité.

Une densité plus faible ne signifie pas nécessairement un revenu plus élevé : elle peut aussi traduire un accès aux soins plus difficile pour les patients de la région. Nous n’avons pas trouvé d’étude qui relie directement densité et niveau de revenu pour cette spécialité.

L’expérience joue sans doute un rôle, comme pour toute profession libérale : une patientèle se construit sur plusieurs années, et un praticien débutant part souvent d’un cabinet à développer ou d’une collaboration à temps partiel. Aucune donnée publique ne chiffre cependant l’écart entre un orthodontiste qui débute et un praticien installé depuis quinze ou vingt ans : nous ne l’inventons pas.

Du brut au net

Le praticien hospitalier titulaire cotise au régime général de la Sécurité sociale et à l’Ircantec, comme l’ensemble des chirurgiens-dentistes hospitaliers : le calcul détaillé, échelon par échelon, figure sur la page salaire du chirurgien-dentiste. Aucun des six calculateurs du site n’est construit pour ce statut précis ; le calculateur brut net cadre donne un ordre de grandeur, sans tenir compte de l’Ircantec.

En libéral, le bénéfice publié par la CARCDSF est déjà calculé après les charges du cabinet, avant l’impôt sur le revenu. Le montant réellement disponible dépend ensuite de la fiscalité personnelle du praticien, de ses cotisations de retraite complémentaire et de ses remboursements d’emprunt : aucun de nos calculateurs ne modélise un bénéfice non commercial de profession libérale au réel, et nous ne proposons donc pas de simulation chiffrée pour ce statut.

Comparaison avec les métiers proches

Métier et cadreRepèreSource
Chirurgien-dentiste et orthodontiste, hôpital publicMême grille de praticien hospitalierArrêté du 29 juin 2023
Chirurgien-dentiste généraliste, libéral, moyenne 2024119 452 € de bénéfice annuel avant impôtCARCDSF, toutes spécialités confondues
Spécialiste en orthopédie dento-faciale, honoraires facturés (2015)514 000 € par an, avant chargesAssurance Maladie, via L’Information Dentaire
Attention : la ligne CARCDSF est un bénéfice net de charges, la ligne orthodontiste 2015 est un chiffre d’affaires brut. Les deux ne se comparent pas terme à terme, faute d’une donnée unique et récente couvrant les deux professions de la même façon.

Cette comparaison a ses limites, mais elle donne un ordre de grandeur : même en tenant compte de l’écart de nature entre bénéfice net et honoraires bruts, le chiffre d’affaires d’un cabinet d’orthodontie spécialisé dépassait largement, en 2015, le revenu moyen d’un chirurgien-dentiste généraliste. Rien ne garantit que cet écart se maintienne à l’identique en 2026, faute de source plus récente.

Orthodontiste : la fiche métierMissions, études, statuts et débouchés de cette spécialité.Voir la fiche

Négocier et se renseigner

Ce qui fait varier le revenu d’un orthodontiste tient surtout à sa patientèle : sa taille, sa fidélité sur plusieurs années de traitement, et la part d’actes hors nomenclature facturés librement. La rareté relative de la spécialité, limitée chaque année par le nombre de postes d’internat, joue aussi sur la demande adressée à chaque cabinet.

En collaboration libérale, la négociation porte sur le taux de rétrocession et sur ce qu’il couvre : matériel, assistante, laboratoire de prothèse. Avant de vous installer ou de rejoindre un cabinet, demandez le détail des charges, la patientèle existante et son ancienneté.

Pour les données officielles, consultez la presse professionnelle dentaire pour le suivi des revenus, la CARCDSF pour la retraite, et l’Ordre national des chirurgiens-dentistes pour l’inscription et le titre de spécialiste.

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