Salaire décorateur d’intérieur en 2026

Le revenu d’un décorateur d’intérieur dépend d’abord de son statut. Salarié, il touche le plus souvent le Smic, faute de convention collective dédiée. Indépendant, statut largement majoritaire dans la profession, il facture ses missions à l’heure, au m² ou au forfait, avec des écarts très importants selon la région, la notoriété et le type de clientèle visé.

Décorateur d'intérieur en consultation client
1 867,02 €Smic brut mensuel, plancher légal des rares postes salariés en 2026
2 890 €brut mensuel médian, famille France Travail « graphistes, dessinateurs, stylistes, décorateurs », 2022
83 600 €chiffre d’affaires annuel : plafond de la micro-entreprise de services en 2026

Indépendant : micro-entreprise, société et tarifs

La majorité des décorateurs d’intérieur exercent en indépendant, la plupart en micro-entreprise. Le régime plafonne le chiffre d’affaires annuel à 83 600 € pour une activité de services en 2026, selon service-public.fr. Au-delà, deux années de suite, le passage à une société (EURL, SASU) ou au régime réel devient obligatoire.

Le régime fiscal, BIC ou BNC, dépend de la nature exacte de l’activité déclarée : conseil en décoration relève plutôt du BNC, vente de mobilier et de prestations manuelles plutôt du BIC. En 2026, un chiffre d’affaires en micro-BIC prestations de services supporte 21,2 % de cotisations sociales, contre 25,6 % en micro-BNC non réglementé, selon service-public.fr. La catégorie retenue à la déclaration d’activité change directement le revenu net perçu.

Selon Hemea, plateforme privée de mise en relation avec des professionnels de l’architecture et de la décoration, un décorateur d’intérieur facture en 2026 entre 50 et 150 € HT de l’heure selon son expérience et sa localisation, ou entre 30 et 80 € HT du m² pour un projet global d’aménagement. Ces montants restent des tarifs indicatifs publiés par un site commercial, pas une statistique officielle.

Le revenu net dépend ensuite des charges propres à l’activité : déplacements, communication, assurance responsabilité civile professionnelle, et parfois stock de mobilier ou d’échantillons. Aucune donnée publique ne permet de calculer un revenu net moyen une fois ces charges déduites, faute de code d’activité propre au métier dans les statistiques de l’Urssaf ou de l’Insee.

Pas de comptabilité officielle du métier

L’Insee et l’Urssaf ne publient aucun revenu propre aux décorateurs d’intérieur indépendants : l’activité est enregistrée sous des codes larges, partagés avec d’autres métiers du design et de l’architecture. Toute moyenne de revenu affichée par un site commercial reste une estimation privée.

De rares postes salariés, sans convention dédiée

Le salariat reste minoritaire : agences de décoration, enseignes d’ameublement, cabinets d’architecture ou promoteurs immobiliers embauchent quelques décorateurs pour du conseil en magasin ou du suivi de projets internes. Aucune convention collective ne porte spécifiquement ce métier, à la différence de professions voisines comme l’agencement ou l’immobilier.

En l’absence de coefficient ou de grille propre, seul le Smic s’impose comme plancher légal, soit 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. L’employeur fixe ensuite le salaire réel selon le niveau d’autonomie confié et la convention collective de son propre secteur d’activité : commerce, ameublement ou architecture n’appliquent pas les mêmes grilles.

Selon Data Emploi de France Travail, le salaire médian brut mensuel de la famille professionnelle « graphistes, dessinateurs, stylistes, décorateurs » atteignait 2 890 € en 2022, avec un écart marqué selon l’âge : 2 660 € avant 35 ans contre 3 218 € après 35 ans. Ce chiffre regroupe plusieurs métiers de la création au-delà du seul décorateur d’intérieur, à ne pas lui attribuer isolément.

Primes, indemnités et variables

L’indépendant n’a pas de prime au sens salarial : sa rémunération dépend uniquement du mode de facturation choisi et du volume de missions décrochées. Un forfait de projet complet protège mieux la trésorerie qu’une facturation au pourcentage du montant des travaux, qui dépend de la bonne exécution du chantier par les artisans.

Selon la même source Hemea, un projet complet d’aménagement se facture le plus souvent au forfait, entre 3 000 et 15 000 € HT pour un appartement et entre 5 000 et 25 000 € HT pour une maison, suivi de chantier compris. Ce suivi de chantier, quand il est facturé à part, représente généralement 3 à 8 % du montant des travaux réalisés.

Le salarié d’une enseigne d’ameublement peut toucher une part variable liée aux ventes de mobilier ou d’accessoires qu’il a conseillées, selon les accords internes de son employeur : aucune règle collective ne l’impose pour ce poste, à la différence des métiers de la vente encadrés par une convention.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Aucune grille officielle ne publie de tarifs de décoration selon l’ancienneté ou la région, faute d’organisme professionnel qui centralise ces données. Ce qui varie clairement, selon les tarifs indicatifs de Hemea publiés en 2026, c’est l’ampleur de la mission confiée.

PrestationFourchette de prix HT
Consultation ponctuelle, à l’heure50 à 150 €
Aménagement d’une seule pièce800 à 3 000 €
Projet complet, appartement3 000 à 15 000 €
Projet complet, maison5 000 à 25 000 €
Source : Hemea, tarifs indicatifs publiés en 2026. En région parisienne, les prix sont généralement 20 à 40 % plus élevés qu’en province, selon la même source.

La spécialisation joue aussi sur le tarif horaire : un décorateur positionné sur l’hôtellerie de luxe ou le commerce haut de gamme facture davantage qu’un généraliste, du fait de contraintes de délai et d’image plus fortes. Aucune statistique publique ne chiffre cet écart, seuls les tarifs affichés par les professionnels eux-mêmes en donnent une idée.

Du brut au net

Pour un indépendant, il n’y a pas de brut ni de net au sens salarial : le revenu imposable, en micro-entreprise, s’obtient en appliquant un abattement forfaitaire au chiffre d’affaires encaissé, 50 % en BIC services, 34 % en BNC. Les cotisations sociales, 21,2 % ou 25,6 % selon le régime retenu, se paient en plus, sur le chiffre d’affaires brut, pas sur ce revenu déjà abattu.

Pour un forfait facturé 2 000 € HT, une mission d’aménagement de pièce courante selon les tarifs Hemea, un décorateur en micro-BIC services règle environ 424 € de cotisations sociales (21,2 %) et déclare un revenu imposable de 1 000 € après abattement de 50 %, avant impôt sur le revenu. Pour estimer vos propres charges selon votre chiffre d’affaires, utilisez notre calculateur de charges d’auto-entrepreneur.

Pour le rare poste salarié au Smic, les cotisations d’un non-cadre retirent environ 21 % du brut, soit près de 1 475 € net par mois avant impôt. Notre calculateur de salaire brut en net affine ce calcul selon la situation réelle de l’employeur.

Comparaison avec les métiers proches

Les repères ci-dessous ne se comparent pas terme à terme : le décorateur indépendant se facture à la mission ou à l’heure, les autres lignes sont des salaires mensuels d’un métier salarié.

MétierRepère de revenuStatut
Décorateur d’intérieur50 à 150 € HT de l’heure (Hemea, 2026)Indépendant
Décorateur d’intérieur, poste rare1 867,02 € brut/mois, Smic (2026)Salarié
Famille « graphistes, dessinateurs, stylistes, décorateurs »2 890 € brut/mois médian (Data Emploi France Travail, 2022)Salarié, données groupées
Diagnostiqueur immobilier débutant2 000 € brut/mois (CIDJ, 2025)Salarié
Sources indiquées par ligne. Le repère du décorateur indépendant est un tarif horaire, pas un salaire mensuel.

Ce tableau montre surtout l’écart entre un marché salarié étroit, calé sur le Smic faute de convention dédiée, et un marché indépendant aux tarifs bien plus élevés une fois la clientèle installée. Entre les deux, la période de démarrage en indépendant reste la plus incertaine financièrement.

Fiche métier décorateur d’intérieurMissions, formation, statut et conditions de travail.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier le revenu d’un décorateur d’intérieur

Le facteur numéro un reste le réseau d’apporteurs d’affaires : agences immobilières, architectes, artisans et anciens clients satisfaits, qui recommandent un décorateur plutôt qu’un autre. Un professionnel qui débute sans ce réseau facture souvent moins cher pour se constituer un book, ce qui pèse directement sur son revenu la première année.

Le choix du mode de facturation compte aussi. Un forfait global protège mieux le décorateur qu’un pourcentage du montant des travaux, qui dépend d’un chantier qu’il ne maîtrise pas entièrement et peut prendre du retard. Beaucoup de professionnels combinent une facturation horaire pour le conseil et un forfait pour le suivi de chantier.

Avant de fixer vos tarifs ou d’accepter une offre salariée, comparez plusieurs devis de confrères dans votre région, sur des projets similaires : c’est le repère le plus fiable, en l’absence de toute grille officielle pour ce métier.

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