Salaire commissaire-priseur en 2026 : salarié, associé, net

Un commissaire-priseur salarié a un minimum conventionnel, fixé par une grille commune aux maisons de vente et aux commissaires de justice. L’associé ou le dirigeant d’un opérateur de ventes volontaires n’a ni grille ni tarif réglementé : il vit des frais de vente qu’il fixe librement, prélevés sur le vendeur et sur l’acheteur. Voici ce que l’on peut vérifier, et ce qu’aucune source officielle ne publie.

1 898,18 €brut mensuel minimum pour un salarié, convention IDCC 3250, avril 2026
7 % et 9 %frais de vente usuels, à la charge du vendeur et de l’acheteur, exemple daté non réglementé
Aucun chiffre officielde revenu moyen pour l’associé ou le dirigeant d’une maison de vente

Trois situations se cachent derrière le mot « commissaire-priseur ». Le salarié d’une maison de vente a un minimum conventionnel. L’associé ou le dirigeant d’un opérateur de ventes volontaires encaisse des frais de vente libres, sans tarif imposé ni grille de revenu. Le stagiaire est rémunéré par la maison qui l’accueille, sans montant publié. Cette page détaille ce qui se vérifie, puis compare avec les professions voisines.

Salarié d’une maison de vente : la convention IDCC 3250

Depuis le 16 novembre 2022, une même convention collective couvre les commissaires de justice et les sociétés de ventes volontaires, sous le numéro IDCC 3250. Elle a été étendue par arrêté du 10 juillet 2024, publié au JORF du 18 juillet 2024. Elle s’applique aux clercs, secrétaires, gestionnaires de dossiers, opérateurs de ventes et commissaires-priseurs salariés d’une maison de vente, au même titre qu’aux salariés d’une étude de commissaire de justice. Vérifiez la vôtre avec l’outil de recherche de convention collective.

L’avenant n° 12 du 16 mars 2026, applicable depuis le 1er avril 2026, fixe la valeur du point à 8,87 €. Les minima vont de 1 898,18 € à 4 584,50 € brut par mois pour 35 heures.

CoefficientMinimum mensuel brut, avril 2026Annuel sur 12 mois
2141 898,18 €22 778 €
2502 193,02 €26 316 €
3002 602,52 €31 230 €
4003 421,52 €41 058 €
5424 584,50 €55 014 €
Source : avenant n° 12 du 16 mars 2026, IDCC 3250. Sélection de coefficients ; grille complète non consultée. Brut, temps plein, hors primes. Annuel calculé par le site (×12).

Rien dans les sources consultées ne rattache un coefficient précis au commissaire-priseur salarié plutôt qu’au clerc ou au gestionnaire de dossiers : la grille est commune à tous les métiers de la maison de vente, du plus junior au plus qualifié. Un commissaire-priseur salarié, titulaire du certificat d’aptitude, se situe vraisemblablement en haut de cette échelle, sans que cela ait pu être confirmé par un texte public.

Associé ou dirigeant : un revenu sans grille ni tarif

Contrairement au notaire ou au commissaire de justice, le commissaire-priseur des ventes volontaires n’a aucun tarif réglementé. Chaque maison de vente fixe librement ses frais de vente, prélevés en pourcentage du prix d’adjudication, à la charge du vendeur et de l’acheteur. Un article professionnel du Village de la justice cite, à titre d’exemple daté et non généralisable, des frais de l’ordre de 7 % pour le vendeur et 9 % pour l’acheteur du prix atteint. Ces taux varient selon la maison, la spécialité et la valeur du lot.

Des moyennes circulent, sans source

Plusieurs sites annoncent un salaire moyen entre 793 € et 10 167 € bruts par mois, ou un revenu annuel de 50 000 à 65 760 €. Aucun ne cite d’origine officielle, et ces chiffres mélangent souvent salariat et revenu d’entreprise : ils ne sont pas repris ici. Ni le Conseil des maisons de vente ni aucune administration ne publie de revenu moyen du commissaire-priseur indépendant.

Ce que l’associé ou le dirigeant conserve dépend du volume d’adjudications de sa maison, du nombre d’associés qui se partagent le résultat, des charges de structure (local, assurance, catalogues, promotion) et d’un éventuel emprunt pour racheter des parts. Aucune statistique officielle ne permet d’en tirer un montant par personne.

Primes, indemnités et variables

La convention IDCC 3250 pose des minima, pas des rémunérations complètes. Une prime d’ancienneté, un 13e mois ou une part variable liée aux ventes peuvent exister selon la maison ou un accord d’entreprise, mais aucune règle commune n’a pu être confirmée dans les sources consultées. Dans certaines maisons, un commissaire-priseur salarié perçoit un intéressement lié aux adjudications qu’il a menées, sans barème public.

Le stagiaire, rémunéré par la maison de vente qui l’accueille pendant ses deux ans de stage, n’a pas de montant publié sur les pages officielles consultées. Demandez-le avant de signer un contrat de stage.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Aucune statistique officielle ne relie salaire, ancienneté et région dans cette profession. Ce que les textes montrent, c’est un escalier de statuts, pas un barème continu.

ÉtapeStatutCe qui fixe la paie
Stage de 2 ansSalarié de la maison de venteMontant non publié, à vérifier au contrat
Premier posteSalarié, bas de la grilleConvention IDCC 3250, à partir de 1 898,18 € brut
Commissaire-priseur confirméSalarié, haut de la grilleJusqu’à 4 584,50 € brut minimum
Associé ou dirigeantRevenu d’entrepriseFrais de vente libres, aucun montant officiel
Source : convention IDCC 3250 (avenant n° 12), synthèse du site. Tableau sans montant inventé pour les statuts non salariés.

La région joue par la concentration des maisons de vente et du public d’acheteurs, nettement plus forte à Paris, où se trouve l’hôtel des ventes Drouot, que dans le reste du pays. Aucune donnée officielle ne chiffre cet écart par commissaire-priseur.

Du brut au net

Pour un salarié, les cotisations s’élèvent à 21,00 % du brut sous le plafond mensuel de 4 005 €, et à 19,81 % au-delà. Au minimum de 1 898,18 €, le net avant impôt avoisine 1 499 €. Pour le haut de la grille, à 4 584,50 €, avec 21,00 % jusqu’à 4 005 € et 19,81 % au-delà, le net avant impôt avoisine 3 631 €.

Ces calculs sont approximatifs : la mutuelle, la prévoyance et d’éventuelles primes varient selon la maison. Le calculateur de salaire brut en net donne un résultat précis pour votre situation. L’associé ou le dirigeant, lui, cotise comme travailleur non salarié sur son revenu d’entreprise, sans grille comparable.

Comparaison avec les métiers proches

La comparaison la plus directe se fait avec le commissaire de justice, puisque les deux professions partagent la même convention collective.

MétierRepère salariéRepère associé ou titulaire
Commissaire-priseur1 898 € à 4 584 € brut mensuel (IDCC 3250, avril 2026)Frais de vente libres, non publiés
Commissaire de justice1 898 € à 4 584 € brut mensuel (IDCC 3250, avril 2026)Bénéfice de l’étude, non publié
Notaire (salarié)1 928 € à 6 103 € brut mensuel (IDCC 2205, mars 2026)Résultat net moyen de 198 000 € par étude (observatoire Fiducial 2025)
Avocat (salarié)29 135 € à 52 131 € brut annuel (avenant n° 29 du 24 janvier 2025)Revenu médian de 47 953 €, moyen de 83 225 € (CNB)
Sources : convention IDCC 3250 (avenant n° 12), convention IDCC 2205 (avenant n° 65), avenant n° 29 des avocats salariés, CNB, observatoire Fiducial 2025. Périmètres différents : ne comparez pas terme à terme.

Commissaire-priseur et commissaire de justice partagent exactement la même grille salariale, signée le même jour pour les deux professions. Le notaire salarié monte plus haut en fin de grille, mais démarre à un niveau proche.

Fiche métier commissaire-priseurMissions, formation, réforme de 2022-2026 et débouchés.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner

Le statut pèse le plus : passer de salarié à associé change la nature du revenu, d’un minimum garanti à un résultat qui dépend des ventes. La spécialité ensuite, puisqu’une maison tournée vers l’art contemporain ou la haute horlogerie traite des lots d’une valeur bien supérieure à celle d’une maison généraliste, pour un même nombre de ventes. La localisation enfin, Paris concentrant la plus grande part du public d’acheteurs.

Pour négocier comme salarié, partez du coefficient inscrit au contrat et demandez l’ancienneté reprise. Pour un projet d’association, demandez à la maison ses derniers bilans et le détail de ses frais de vente, à faire lire par un expert-comptable. Les sources fiables restent le Conseil des maisons de vente, les avenants de la convention IDCC 3250 et les publications professionnelles du secteur.

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