Salaire cheminot en 2026 : grille de la convention ferroviaire et comparatif
Il n’existe pas une grille de salaire pour « les cheminots », mais une convention collective commune à tout nouvel entrant depuis 2020, quel que soit son métier ou son employeur : la convention collective nationale de la branche ferroviaire. Cette page détaille sa grille par classe, les primes propres au rail, et compare avec les métiers proches déjà publiés sur ce site.
Nouveaux entrants : la grille de la convention ferroviaire
Depuis 2020, tout cheminot nouvellement recruté, à la SNCF comme chez un opérateur concurrent, relève de la convention collective nationale de la branche ferroviaire du 31 mai 2016 (IDCC 3217). Après l’avenant du 17 décembre 2025, applicable au 1er janvier 2026 et revalorisant la grille de 1,18 %, les minima vont de 22 641 € à 78 296 € brut par an selon la classe, de 1 à 9, et l’ancienneté, jusqu’à 33 ans. Recherchez cette convention sur notre moteur de recherche des conventions collectives.
Le champ d’application de cette convention couvre les codes NAF 49.10Z (transport ferroviaire interurbain de voyageurs), 49.20Z (transport ferroviaire de fret), 52.21Z (services auxiliaires des transports terrestres) et 33.17Z (réparation et maintenance d’autres équipements de transport). Elle s’applique donc à la conduite, à la maintenance, à l’exploitation des gares et à la plupart des fonctions support du secteur, pas seulement aux conducteurs. Le temps de travail de référence est fixé à 1 600 heures par an, avec un maximum de 48 heures par semaine, 44 heures en moyenne sur six mois et 24 heures de repos hebdomadaire minimum.
| Classe | Brut annuel à l’embauche | Brut mensuel (÷ 12) |
|---|---|---|
| 1 | 22 641 € | 1 886,75 € |
| 3 | 24 839 € | 2 069,92 € |
| 5 | 28 954 € | 2 412,83 € |
| 9 | 66 468 € | 5 539,00 € |
La convention ne publie pas quelle classe correspond à quel métier précis : un agent de maintenance, un conducteur ou un agent commercial débutants peuvent se retrouver sur des classes différentes selon l’employeur et le poste exact. Aucune classification publique détaillée par métier n’a été trouvée pour l’ensemble des familles de cheminots.
Statut cheminot historique : une grille qui reste interne
Les agents entrés avant 2020 gardent leur statut de cheminot et le régime spécial de retraite qui l’accompagne, désormais fermé à tout nouvel entrant. Aucune grille publique de ce statut n’a été identifiée au moment de la rédaction : la SNCF ne la publie pas en ligne sous une forme lisible par un robot, et aucun relais fiable ne la reprend intégralement.
Seuls les agents entrés avant 2020 restent au régime spécial de retraite de la SNCF, fermé à tout nouvel entrant. Aucun âge de départ n’a été retrouvé, daté et sourcé, pour l’ensemble des familles de métiers de ce régime : les sources disponibles citent surtout les 57 à 59 ans des agents de conduite, sans donnée équivalente pour la maintenance, la vente en gare ou les fonctions support.
Il n’existe par ailleurs aucun statut libéral ou indépendant pour un cheminot : tous les métiers du rail s’exercent en tant que salarié, que ce soit au statut historique ou sous contrat de droit privé.
Primes, indemnités et variables
Au 1er janvier 2026, la convention ferroviaire prévoit des primes communes à plusieurs familles de métiers :
- 4,34 € de l’heure la nuit pour le personnel roulant, 4,80 € pour les sédentaires ;
- 4,31 € de l’heure les dimanches et jours fériés ;
- une prime d’ancienneté jusqu’à 18 % après 30 ans pour les classes 1 à 6, 9 % pour les classes 7 et 8.
Certaines familles ont en plus leurs propres primes internes, comme une prime de conduite grande vitesse pour les conducteurs de TGV ou des primes de sécurité pour les agents de voie. Leur montant n’est pas centralisé publiquement et varie d’un accord d’entreprise à l’autre.
La distinction entre personnel « roulant » et personnel « sédentaire » conditionne le tarif de la prime de nuit, mais la convention ne précise pas toujours à quelle catégorie appartient chaque poste de maintenance ou d’escale : un agent de voie qui intervient de nuit sur les circulations n’est pas forcément classé roulant au sens du texte. Faute de grille publique détaillée par poste, mieux vaut vérifier directement auprès de l’employeur quelle prime s’applique à un métier donné.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
Dans la grille de la branche, le brut progresse par paliers d’ancienneté à l’intérieur d’une même classe, mais lentement : en classe 1, il passe de 22 641 € à l’embauche à 26 670 € après 33 ans, soit environ 18 % de plus en trois décennies.
| Ancienneté (classe 1) | Brut annuel | Brut mensuel (÷ 12) |
|---|---|---|
| Embauche | 22 641 € | 1 886,75 € |
| 3 ans | 22 981 € | 1 915,08 € |
| 15 ans | 24 391 € | 2 032,58 € |
| 30 ans | 26 276 € | 2 189,67 € |
| 33 ans | 26 670 € | 2 222,50 € |
Changer de classe pèse bien davantage que l’ancienneté seule : passer de la classe 1 à la classe 5 augmente le brut d’embauche de plus de 25 %. Aucune grille régionale n’est publiée : le montant conventionnel est, en théorie, le même partout en France, les éventuelles différences venant des accords propres à chaque opérateur plutôt que d’un zonage géographique.
Du brut au net
Pour un salarié non cadre, les cotisations salariales représentent environ 21 % du brut sous le plafond mensuel de 4 005 € en 2026. Un cheminot payé 1 886,75 € brut à l’embauche (classe 1) touche donc environ 1 490 € net par mois (1 886,75 × 0,79), avant impôt et hors primes. Pour vérifier un montant précis selon sa situation, utilisez notre calculateur de salaire brut en net.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Repère brut mensuel | Source |
|---|---|---|
| Conducteur de train | 2 400 à 3 000 € | Offre France Travail (fret, Combirail), 11 septembre 2026 |
| Contrôleur SNCF | SMIC (1 867,02 €) au minimum publié | France Travail, dossier métier 2026 |
| Chauffeur routier | 1 885,25 € | Convention du transport routier, IDCC 16, accord du 11 octobre 2023 |
| Conducteur de tramway | 1 868,84 à 1 902,58 € | Transports urbains, IDCC 1424, accord du 18 février 2026 |
| Cheminot, classe 1 | 1 886,75 € | Convention ferroviaire, IDCC 3217, 1er janvier 2026 |
À l’embauche, un cheminot de classe 1 se situe dans la même fourchette que les autres métiers du transport proches du SMIC. L’écart se creuse surtout avec la spécialisation et la classe atteinte, pas avec le seul fait de travailler pour un employeur plutôt qu’un autre.
Keolis, Transdev et Trenitalia France appliquent la même convention de branche que la SNCF pour leurs salariés du rail, mais aucun des trois n’a publié de grille d’entreprise plus précise au moment de la rédaction. Le seul repère vérifiable reste donc la grille de la convention, identique quel que soit l’employeur, les éventuels compléments d’accord d’entreprise n’étant pas documentés publiquement.
Ce qui fait vraiment varier la paie d’un cheminot
Ce n’est pas l’ancienneté seule qui compte, mais la classe attribuée à l’embauche et la famille de métiers choisie. Un agent de maintenance qui reste sur son poste vingt ans progresse lentement ; celui qui devient technicien puis ingénieur change de classe et gagne nettement plus, à ancienneté égale.
Pour négocier, la marge de manœuvre individuelle reste faible : les minima sont fixés par la convention, pas par un entretien annuel. La vraie négociation porte sur l’accès à une classe supérieure, à une formation qualifiante ou à un changement de famille de métiers. Les représentants syndicaux et le service RH local restent les meilleurs interlocuteurs pour connaître les postes ouverts chez son employeur.
Sommaire
- Nouveaux entrants : la grille de la convention ferroviaire
- Statut cheminot historique : une grille qui reste interne
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait vraiment varier la paie d’un cheminot
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