Rémunération d’un administrateur judiciaire en 2026 : tarif et collaborateurs
Un administrateur judiciaire n’a pas de fiche de paie : l’associé d’une étude est payé par un tarif réglementé, des forfaits et des pourcentages fixés par arrêté. Quant au revenu moyen de la profession, aucune source officielle ne le publie. Cette page détaille ce tarif en 2026, la situation des collaborateurs salariés et le passage du brut au net.

Administrateur judiciaire : de quel métier parle-t-on ?
Cette page concerne l’administrateur judiciaire du Code de commerce. Le mandataire judiciaire, qui représente les créanciers, a un tarif distinct, même si les deux professions partagent souvent la même étude et la même convention collective.
Le tarif réglementé : comment l’étude est payée
La rémunération des administrateurs judiciaires est encadrée par le Code de commerce (partie réglementaire, articles A. 663-3 et suivants) et révisée par arrêté. Le site Weblex présente le tarif 2026 comme issu de l’arrêté du 25 février 2026 ; sa date d’application n’est pas claire dans les relais consultés, et le texte de Légifrance, bloqué aux robots, n’a pas été lu. Les montants ci-dessous sont donc ceux d’un site de veille juridique et non du texte officiel.
Le tarif repose sur trois éléments. Un forfait de diagnostic couvre l’analyse économique et sociale de l’entreprise, calculé selon sa taille. Une rémunération proportionnelle au chiffre d’affaires paie la mission d’assistance. Enfin, la nature de la mission modifie le résultat : moins 25 % pour la surveillance en sauvegarde, plus 50 % pour l’administration en redressement ou liquidation, plus 50 % lorsqu’un plan est arrêté.
| Taille de l’entreprise | Forfait de diagnostic |
|---|---|
| 0 à 5 salariés (chiffre d’affaires jusqu’à 750 000 €) | 884,93 € |
| 6 à 19 salariés (750 000 € à 3 M€) | 1 769,84 € |
| 20 à 49 salariés (3 à 7 M€) | 3 539,67 € |
| 50 à 149 salariés (7 à 20 M€) | 7 079,34 € |
| 150 salariés et plus (plus de 20 M€) | 8 849,17 € |
| Tranche de chiffre d’affaires | Mission d’assistance |
|---|---|
| 0 à 150 000 € | 1,771 % |
| 150 000 à 750 000 € | 0,886 % |
| 750 000 € à 3 M€ | 0,531 % |
| 3 à 7 M€ | 0,355 % |
| 7 à 20 M€ | 0,266 % |
Un exemple montre l’ordre de grandeur, à titre d’illustration et non de revenu. Pour une entreprise à 2 M€ de chiffre d’affaires, en lisant le barème par tranches, l’assistance donne 2 656,50 € sur les 150 000 premiers euros, 5 316 € sur les 600 000 suivants et 6 637,50 € sur les 1 250 000 restants, soit 14 610 €. Nous n’avons pas pu confirmer sur le texte que le barème s’applique par tranches, et cette somme s’ajoute au forfait de diagnostic.
Ces émoluments ne sont pas le revenu de l’administrateur. Ils reviennent à l’étude, qui règle les salaires de ses collaborateurs, son loyer, ses assurances et ses charges. Ce tarif concerne les procédures collectives : les sources consultées ne détaillent pas la rémunération d’un mandat ad hoc ou d’une conciliation, et nous n’avançons aucun montant.
Le revenu du titulaire : ce que l’on sait, et ce que l’on ignore
Aucune source officielle consultée ne publie le revenu moyen des administrateurs judiciaires : le bilan démographique du ministère de la Justice de mars 2026 ne traite que d’effectifs. L’ancienne fiche du site donnait des fourchettes de 80 000 à plus de 250 000 € par an, sans source ni méthode : elles sont écartées. Les fourchettes des sites de salaires ne valent pas mieux.
La profession compte 175 administrateurs au 1er janvier 2026, dont 159 individuels ou associés (94 % en société), répartis dans 80 études. Pour un associé, le revenu vient de la part de bénéfice de l’étude, après charges. Il dépend du nombre de dossiers, de la taille des entreprises suivies et de l’organisation interne. Le statut de travailleur non salarié implique des cotisations spécifiques : ne les calculez pas comme celles d’un salarié.
L’administrateur salarié et les collaborateurs d’étude
Depuis la loi du 6 août 2015, un administrateur peut exercer comme salarié d’une étude (article L. 811-7-1 du Code de commerce). Ils étaient 16 au 1er janvier 2026, dont 44 % de femmes, avec un âge moyen de 38,8 ans, et 13 travaillaient dans une SEL. Le ministère ne publie pas leur rémunération : aucun montant n’est donné ici.
Les autres salariés des études (juristes, comptables, chargés de dossiers) relèvent de la convention collective nationale du personnel des administrateurs et des mandataires judiciaires du 20 décembre 2007, IDCC 2706. Vous pouvez chercher la convention d’un employeur avec l’outil de recherche par entreprise.
La grille est protégée derrière des sites payants, et les montants qui circulent sont ceux de relais que nous n’avons pas pu recouper. Le site convention.fr annonce des minima bruts mensuels de 1 600 à 2 000 € pour la filière administrative, de 2 064 à 2 525 € pour les techniciens et agents de maîtrise, et de 1 630 à 2 174 € puis 2 393 à 2 860 € dans la filière technique. Une autre source cite 1 650 € au niveau I et 3 500 € au niveau V. Ces fourchettes divergent, et le dernier avenant salarial identifié par LégiSocial date du 12 mars 2019.
Un repère sûr : le SMIC est de 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026 (Code du travail numérique). Un minimum de grille inférieur est relevé à ce niveau. Pour un premier poste, comptez donc au moins 1 867,02 € brut, et demandez la grille appliquée par l’employeur.
Primes, indemnités et variables
L’associé n’a pas de prime : sa variable, c’est le volume et la taille des dossiers, puisque le tarif suit le chiffre d’affaires et la nature de la mission. Une année riche en grands redressements ne ressemble pas à une année de petites procédures. Selon Altares, 236 entreprises de plus de 100 salariés ont été en défaillance en 2025, en hausse de 18,6 %, mais ce n’est pas un revenu.
Pour les collaborateurs, la convention prévoit des suppléments d’ancienneté dont nous n’avons pas pu lire le montant. Les stagiaires en voie d’accès à la profession sont rémunérés : convention.fr annonce 1 865 à 2 086 € brut mensuel pour la filière stagiaires, sans recoupement.
Évolution selon l’expérience, le statut et la région
Faute de barème public, l’évolution se lit par le statut.
| Statut | Mode de rémunération | Donnée disponible |
|---|---|---|
| Stagiaire (3 à 6 ans) | Salaire de collaborateur d’étude | 1 865 à 2 086 € brut/mois selon convention.fr, non recoupé |
| Collaborateur salarié | Grille IDCC 2706 | SMIC au minimum, soit 1 867,02 € brut/mois |
| Administrateur salarié | Salaire fixé par contrat | Aucune donnée publique |
| Administrateur associé | Part des résultats de l’étude | Aucun revenu moyen publié |
La région joue par le volume de dossiers, non par le tarif, qui est national. Le ministère localise les bureaux (68,9 % en régions, 10,9 % à Paris) sans lien avec un niveau de revenu : aucune donnée régionale de revenu n’existe dans nos sources.
Du brut au net
Pour un collaborateur non-cadre, avec des cotisations salariales de 21,00 % sous le plafond mensuel de 4 005 € en 2026, un salaire de 1 867,02 € brut donne environ 1 475 € net avant impôt, hors mutuelle et prévoyance ; 2 000 € brut donnent environ 1 580 €. Ce sont des ordres de grandeur, pas une paie.
Pour vos chiffres, utilisez le calculateur brut en net, ou le calculateur cadre si votre contrat le prévoit. L’associé, travailleur non salarié, ne suit pas ce calcul : ses cotisations dépendent du bénéfice de l’étude.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Cadre de rémunération | Repère sourcé |
|---|---|---|
| Administrateur judiciaire | Tarif réglementé (arrêté du 25 février 2026 selon Weblex) | Forfait de diagnostic de 884,93 € à 8 849,17 € ; revenu non publié |
| Mandataire judiciaire | Tarif réglementé, arrêté du 25 février 2026 | 2 351,25 € par procédure ; revenu non publié |
| Collaborateur d’étude | IDCC 2706 | SMIC 1 867,02 € brut/mois au minimum |
| Salarié de commissaire de justice | IDCC 3250, avenant n° 12 du 16 mars 2026 | 1 898,18 € à 4 584,50 € brut/mois depuis le 1er avril 2026 |
Pour un métier voisin, consultez la page salaire de l’huissier de justice ou celle de l’expert-comptable.
Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner
Trois facteurs jouent : le statut (salarié, associé), la taille et la nature des dossiers, et la conjoncture des défaillances. Le tarif ne se négocie pas, c’est un arrêté. Le contrat d’un salarié, lui, se négocie : coefficient de départ, reprise d’ancienneté, part variable éventuelle.
Avant d’accepter un poste, demandez la grille IDCC 2706 appliquée et le coefficient d’embauche, pas une fourchette orale. Pour le tarif, lisez l’arrêté en vigueur sur Légifrance. Pour les effectifs, le bilan démographique annuel du ministère de la Justice, et pour la vie de la profession, le site du CNAJMJ. Enfin, un stagiaire ou un associé vous renseignera mieux qu’un site de salaires sur ce que gagne réellement une étude.
Sommaire
- Le tarif réglementé : comment l’étude est payée
- Le revenu du titulaire : ce que l’on sait, et ce que l’on ignore
- L’administrateur salarié et les collaborateurs d’étude
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, le statut et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner
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