Salaire électricien en 2026

Le salaire d’un électricien dépend d’abord de son secteur : dans le bâtiment, la convention collective des ouvriers fixe un minimum par région et par coefficient ; dans l’industrie, celle de la métallurgie s’applique partout en France. À son compte, tout dépend du volume de chantiers facturés. Voici les grilles, les primes et des exemples chiffrés pour 2026.

Électricien installant un tableau électrique sur un chantier
1 867 €brut mensuel en début de carrière, dans le bâtiment, en 2026
2 510 €brut mensuel pour un ouvrier qualifié confirmé, coefficient 270 en Île-de-France, en 2026
2 120 €revenu mensuel médian d’un électricien indépendant, après charges, en 2017

Bâtiment : la convention collective des ouvriers, IDCC 1596 ou 1597

Les électriciens salariés d’une entreprise du bâtiment relèvent de la convention collective nationale des ouvriers du bâtiment, déclinée en deux textes quasi identiques selon l’effectif : IDCC 1596 pour les entreprises jusqu’à 10 salariés, IDCC 1597 au-delà. La classification compte quatre niveaux (N1 à N4), déclinés en positions et coefficients, du 150 pour un débutant au 270 pour un maître ouvrier ou chef d’équipe.

Le minimum de chaque coefficient n’est pas national : il est négocié région par région, dans douze zones définies par la Fédération française du bâtiment, et révisé chaque année. En Île-de-France, l’accord du 5 novembre 2025 fixe les montants suivants, applicables en 2026.

CoefficientNiveauBrut mensuel de la grilleBrut mensuel réellement dû
150N1, position 11 843 €1 867,02 € (SMIC)
170N1, position 21 855 €1 867,02 € (SMIC)
185N21 899 €
210N3, position 12 038 €
230N3, position 22 164 €
250N4, position 12 292 €
270N4, position 22 510 €
Source : accord régional du 5 novembre 2025 sur les salaires minima des ouvriers du bâtiment d’Île-de-France, IDCC 1596/1597. SMIC au 1er juin 2026 : 1 867,02 € brut.

Aux coefficients 150 et 170, le montant conventionnel tombe sous le SMIC : c’est alors ce dernier qui s’applique, comme le prévoit le code du travail pour tout minimum inférieur au salaire minimum légal. Un point mérite d’être connu : à coefficient égal, un électricien, un plombier-chauffagiste ou un maçon touchent le même minimum. C’est l’expérience et la qualification, pas le métier lui-même, qui font la différence de coefficient au sein du bâtiment.

Industrie : la convention collective de la métallurgie, IDCC 3248

Les électriciens de maintenance salariés de l’industrie relèvent le plus souvent de la convention collective nationale de la métallurgie, IDCC 3248, signée le 7 février 2022 et applicable depuis le 1er janvier 2024. Elle a remplacé 76 conventions territoriales antérieures par une classification unique en neuf groupes (A à I) et dix-huit classes, fondée sur l’évaluation de chaque poste selon six critères (complexité, autonomie, contribution, encadrement, communication, connaissances requises).

Cette classification se fait poste par poste, à partir d’une fiche établie par l’employeur : il n’existe donc pas de classe unique attribuée d’office à tous les électriciens industriels, contrairement au coefficient du bâtiment. Selon l’avenant du 20 février 2026, le minimum de la classe la plus basse (A1) s’établit à 21 980 € brut par an, soit environ 1 832 € par mois, un montant inférieur au SMIC 2026 : c’est alors le SMIC qui s’applique comme plancher réel. La grille complète des salaires minima hiérarchiques (SMH) monte jusqu’à 68 450 € brut par an pour la classe la plus élevée (I18), qui correspond à des postes de direction. Les classes intermédiaires, où se situent la plupart des postes d’électricien de maintenance qualifié, se négocient au cas par cas selon la fiche de poste retenue par l’entreprise.

Artisan indépendant : revenus et chiffre d’affaires

Pour les non-salariés « classiques » (hors micro-entrepreneurs) de l’activité de travaux d’installation électrique, la dernière ventilation détaillée de l’Insee par type d’activité date de 2017 : un électricien indépendant dégageait alors un revenu moyen de 2 510 € par mois et une médiane de 2 120 € par mois, après charges et cotisations sociales personnelles mais avant CSG et CRDS. À titre de comparaison, la plomberie-chauffage affichait sur la même période une moyenne de 2 770 € et une médiane de 2 340 €.

Pour l’ensemble du secteur de la construction, une donnée plus récente existe mais n’est pas détaillée par métier : en 2023, la moitié des non-salariés classiques de la construction (hors micro-entrepreneurs) gagnaient moins de 2 610 € par mois, un dixième moins de 800 € et un dixième plus de 6 050 €, selon l’Insee.

Deux chiffres, deux dates

Le détail par activité (électricité, plomberie…) le plus récent que nous ayons trouvé remonte à 2017. La donnée 2023 est plus fraîche mais regroupe tous les métiers de la construction, du maçon au peintre : elle donne un ordre de grandeur général, pas une valeur propre à l’électricité.

Primes, indemnités et variables

Dans le bâtiment, les ouvriers perçoivent des indemnités de petits déplacements (trajet, transport, repas) qui couvrent les frais liés au changement de chantier. Leur montant est fixé par les mêmes accords régionaux que les salaires et varie donc d’une zone à l’autre : il figure sur le bulletin de paie plutôt que dans un barème national unique. Une prime de panier s’y ajoute généralement pour les journées sans possibilité de rentrer déjeuner chez soi.

Dans l’industrie, les habilitations pour la haute tension ou les interventions en milieu à risque (nucléaire, chimie) sont parfois valorisées par une prime spécifique, négociée au niveau de l’entreprise plutôt qu’imposée par la convention de la métallurgie. Aucune source publique ne permet d’en donner un montant national fiable : renseignez-vous auprès de l’employeur ou du service RH.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Au sein du bâtiment, la progression suit le coefficient ; elle varie aussi sensiblement d’une région à l’autre pour un même niveau de qualification.

SituationSecteur et régionBrut mensuel 2026
Débutant, coefficient 150Bâtiment, Île-de-France1 867,02 € (SMIC)
Ouvrier professionnel, coefficient 185Bâtiment, Île-de-France1 899 €
Ouvrier qualifié, coefficient 230Bâtiment, Île-de-France2 164 €
Maître ouvrier, coefficient 270Bâtiment, Île-de-France2 510 €
Maître ouvrier, coefficient 270Bâtiment, Grand-Est2 578,38 €
Débutant, classe A1Industrie, métallurgie (national)1 867,02 € (SMIC, plancher sur 21 980 €/an)
Sources : accords régionaux du bâtiment (Île-de-France, 5 novembre 2025 ; Grand-Est, 16 janvier 2025), IDCC 1596/1597. Avenant du 20 février 2026, IDCC 3248. SMIC au 1er juin 2026.

Entre deux régions pour le même coefficient de maître ouvrier, l’écart dépasse déjà 68 € par mois : mieux vaut comparer une offre au minimum régional exact plutôt qu’à une moyenne nationale qui n’existe pas dans cette convention.

Du brut au net

Un électricien salarié non-cadre du bâtiment cotise environ 21 % de son brut, comme tout salarié du privé sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale. À titre d’exemple, un ouvrier qualifié au coefficient 230 en Île-de-France touche 2 164 € brut, soit environ 1 710 € net avant impôt. Pour un calcul précis selon votre situation, utilisez notre calculateur de salaire brut en net.

L’artisan en micro-entreprise ne raisonne pas en brut et net mais en chiffre d’affaires encaissé, sur lequel il paie des cotisations sociales forfaitaires calculées par l’Urssaf, puis l’impôt sur le revenu. Notre calculateur de charges auto-entrepreneur donne le montant net d’un chiffre d’affaires donné pour une activité artisanale de prestation de services.

Comparaison avec les métiers proches

Dans le bâtiment, la convention collective des ouvriers fixe un minimum par coefficient commun à plusieurs métiers, pas par intitulé de poste : l’écart entre deux professions ne vient donc pas du salarié mais de son coefficient personnel.

MétierBâtiment, coefficient 230, Île-de-France 2026Indépendant, revenu moyen 2017
Électricien2 164 €2 510 €
Plombier-chauffagiste2 164 €2 770 €
Sources : accord régional du bâtiment d’Île-de-France du 5 novembre 2025 (IDCC 1596/1597) ; Insee, Emploi et revenus des indépendants, données 2017.

Le même coefficient donne le même minimum salarié pour les deux métiers. C’est en indépendant que l’écart apparaît, la plomberie-chauffage dégageant historiquement un revenu moyen un peu supérieur à l’électricité selon l’Insee.

Fiche métier électricienMissions, compétences, formation et débouchés du métier.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un électricien

Dans le bâtiment, le premier levier tient à la région : à qualification égale, changer de zone conventionnelle peut faire varier le minimum de plusieurs dizaines d’euros par mois. Avant de comparer deux offres, vérifiez toujours l’accord régional applicable, pas une moyenne nationale qui n’a pas de valeur juridique dans cette convention.

Les habilitations et spécialisations pèsent ensuite : haute tension, IRVE, photovoltaïque ou domotique élargissent les chantiers accessibles et, en pratique, les employeurs négocient plus volontiers un coefficient élevé pour un profil qui les détient déjà.

Pour l’indépendant, la paie dépend surtout du tarif horaire pratiqué et du taux de remplissage de son carnet de commandes. Un artisan qui facture juste mais reste inoccupé une semaine sur quatre gagnera moins qu’un salarié au coefficient 230, quand un chantier bien négocié fera l’inverse.

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