Calcul RTT 2026 : combien de jours dans l’année
Calculez vos jours de RTT
Votre contrat prévoit 39 heures par semaine et votre employeur annonce 23 jours de RTT pour l'année. Votre collègue au forfait jours en a 9. Les deux chiffres sont justes. Ils ne se comparent pas, parce qu'ils ne compensent pas la même chose.
Le simulateur ci-dessus calcule les deux méthodes à partir de votre durée hebdomadaire ou de votre forfait, du nombre de jours de congés payés dont vous disposez et de l'année retenue. Il recalcule les jours fériés de cette année-là plutôt que d'en figer le nombre, ce qui change le résultat d'une année sur l'autre.
Vous y trouverez le détail complet du calcul, jour par jour : les jours calendaires, les week-ends, les jours fériés qui tombent réellement en semaine, vos congés, puis la conversion des heures excédentaires en journées de repos.
Les RTT ne viennent pas de la loi
Le code du travail ne connaît pas le mot RTT. Il fixe une durée légale de 35 heures par semaine et autorise l'entreprise à organiser le travail au-delà, à condition de compenser par des jours de repos répartis sur l'année. C'est cet aménagement du temps de travail, décrit par les règles de durée du travail des salariés du privé, qui produit ce que tout le monde appelle des RTT.
La conséquence est directe : aucun barème légal ne vous garantit un nombre de jours. Tout dépend de l'accord d'entreprise ou de branche qui organise votre temps de travail. Cet accord fixe l'horaire de référence, la méthode de calcul, l'arrondi, le sort des jours non pris et parfois une part de jours choisis par l'employeur.
Deux salariés du même secteur, tous deux à 39 heures, peuvent donc avoir des nombres de RTT différents. Avant de contester un décompte, demandez le texte de l'accord applicable. Son intitulé figure sur votre bulletin de paie.
Le calcul par les heures au-delà de 35 heures
La méthode la plus répandue part du nombre de jours réellement travaillés dans l'année. En 2026, l'année compte 365 jours, dont 104 samedis et dimanches. Neuf des onze jours fériés légaux tombent du lundi au vendredi. En retirant cinq semaines de congés payés, soit 25 jours ouvrés, il reste 227 jours de travail théoriques.
Ces 227 jours représentent 45,4 semaines. À 39 heures par semaine, vous accomplissez 4 heures de plus que la durée légale, soit 181,6 heures sur l'année. Une journée de travail valant 7,8 heures dans ce régime, ces heures excédentaires se convertissent en 23,28 jours de repos, arrondis à 23 jours.
Le même calcul appliqué à 37 heures donne 12 jours, à 36 heures un peu plus de 6 jours. La progression n'est pas proportionnelle, puisque la valeur de la journée de repos augmente en même temps que l'horaire.
Attention à ne pas confondre ces heures avec des heures supplémentaires. Un horaire de 39 heures compensé par des RTT ramène votre durée moyenne annuelle à 35 heures : les heures concernées sont neutralisées, elles ne déclenchent ni majoration ni repos compensateur. Les majorations reprennent leurs droits au-delà de l'horaire de référence de l'accord, comme le détaille notre calculateur d'heures supplémentaires.
Pourquoi le forfait jours donne un résultat bien plus faible
Un cadre autonome au forfait jours ne compte plus ses heures. Son contrat fixe un nombre de journées travaillées dans l'année, 218 au maximum, journée de solidarité comprise. Ses jours de repos sont le simple reste d'une soustraction : 227 jours travaillables en 2026, moins 218 jours de forfait, soit 9 jours.
L'écart avec les 23 jours du salarié à 39 heures surprend, jusqu'à ce qu'on regarde ce que chaque méthode compense. La première rachète chaque heure faite au-delà de 35 heures et la restitue en repos. La seconde ne compense rien d'autre que l'écart entre le calendrier de l'année et un plafond de journées.
Un salarié au forfait peut travailler 45 heures certaines semaines sans que ses jours de repos augmentent d'une minute. La contrepartie n'est pas dans le décompte, elle est dans l'autonomie réelle d'organisation, dans le suivi de la charge de travail que l'employeur doit assurer et dans l'entretien annuel obligatoire sur cette charge. Un forfait jours sans ce suivi effectif est régulièrement jugé sans effet par les tribunaux, ce qui replace le salarié sous le régime des 35 heures et ouvre droit au rappel de ses heures supplémentaires.
Le calendrier fait varier le résultat chaque année
Le nombre de jours fériés qui tombent un jour ouvré ne se décrète pas, il se constate. Les onze jours fériés du secteur privé comprennent quatre dates mobiles calées sur Pâques et sept dates fixes, dont le sort dépend du jour de la semaine.
| Année | Jours fériés en semaine | Jours travaillés | RTT à 39 h | Repos au forfait 218 |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | 9 | 227 | 23 jours | 9 jours |
| 2027 | 7 | 229 | 23 jours | 11 jours |
| 2028 | 9 | 226 | 23 jours | 8 jours |
| 2029 | 9 | 227 | 23 jours | 9 jours |
| 2030 | 10 | 226 | 23 jours | 8 jours |
Le décompte horaire absorbe ces variations, puisque moins de jours fériés signifie plus de jours travaillés, donc plus d'heures à compenser. Le forfait jours les encaisse de plein fouet : 2027, année pauvre en jours fériés utiles, offre 11 jours de repos, contre 8 en 2028. Un cadre au forfait perd donc trois jours d'une année sur l'autre sans que rien n'ait changé dans son contrat.
Ce que le calcul ne dit pas
Le résultat vaut pour une année complète de présence. Une arrivée en juin, un congé maternité, un arrêt maladie long ou un passage à temps partiel réduisent les droits au prorata, selon des modalités que l'accord précise. Certains accords retranchent en plus un jour au titre de la journée de solidarité, déjà incluse dans les 218 jours du forfait mais pas dans le décompte horaire.
Le sort des jours non pris mérite votre attention, car il sépare nettement les RTT des congés payés. Les jours de RTT perdus en fin de période ne se reportent pas et ne s'indemnisent pas, sauf si l'accord le prévoit, s'ils ont été versés sur un compte épargne temps ou si l'employeur vous a empêché de les prendre. Les congés payés, eux, bénéficient d'une protection nettement plus solide, y compris à la rupture du contrat, comme le montre notre calcul de l'indemnité de congés payés.
Cette asymétrie a une traduction pratique simple : quand vous devez arbitrer en fin d'année entre poser un RTT et poser un congé payé, posez le RTT. Il est le plus fragile des deux, et c'est celui qui disparaît le premier.
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