Après un Bac+2 ou un Bac+3 obtenu dans un tout autre domaine, viser une carrière en finance peut sembler tardif, voire hors de portée. C’est une idée reçue. Le secteur s’est organisé pour accueillir les profils venus d’ailleurs, à condition de choisir la bonne voie.
La finance recrute, et elle rémunère correctement dès l’entrée : un analyste financier ou un contrôleur de gestion débutant se situe souvent entre 35 000 et 50 000 € brut par an. Encore faut-il combler l’écart entre son diplôme d’origine et les attendus du métier.
Plusieurs solutions existent pour se réorienter sans repartir de zéro. Année passerelle, admissions parallèles, mastères spécialisés, alternance : voici comment basculer vers la finance après un Bac+2 ou un Bac+3.
L’année passerelle, le sas le plus direct
La solution la plus efficace porte un nom précis. Une passerelle finance permet à un étudiant de Bac+2 ou Bac+3, venu d’un autre horizon, de se remettre à niveau sur les fondamentaux avant d’intégrer un cycle mastère, sans recommencer tout un cursus.
Concrètement, cette année de spécialisation couvre les bases indispensables : analyse financière, finance d’entreprise, comptabilité, droit et fiscalité, mathématiques financières. Elle débouche souvent sur un certificat de niveau Bac+3 et ouvre les portes des mastères en finance. L’accès suppose en général d’avoir validé 120 crédits ECTS dans un domaine proche, comme la gestion, l’économie ou le commerce. Elle s’adresse aussi bien aux titulaires d’un BTS ou d’un BUT qu’aux étudiants issus d’une licence générale, y compris dans des disciplines éloignées de la finance.
Les admissions parallèles, l’autre porte d’entrée
Les écoles de commerce et de finance recrutent aussi en admissions parallèles, souvent appelées AST. Après un BTS, un BUT ou une licence, vous pouvez intégrer directement un cursus de niveau Bac+5 sur dossier et entretien, sans repasser par le post-bac. Le jury évalue alors le dossier académique, la cohérence du projet professionnel et la motivation, bien plus que la spécialité d’origine.
Le chemin type se dessine ainsi : un Bac+2 ou Bac+3, puis une année passerelle ou une admission directe selon votre profil, et enfin le mastère finance. Pour repérer les cursus reconnus et leurs débouchés, l’ONISEP reste une référence utile. Cette voie est particulièrement adaptée si votre dossier est déjà orienté gestion, économie ou commerce.
Bachelors, mastères et MSc : choisir son niveau
L’offre de formation en finance s’étage sur plusieurs niveaux. Un bachelor de spécialisation consolide les bases en trois ans, tandis que le mastère ou le MSc, accessibles à Bac+3, mènent en deux ans à un titre de niveau 7 reconnu par l’État.
Les spécialités ne manquent pas : finance d’entreprise, audit et contrôle de gestion, finance de marché, gestion de patrimoine, ou encore finance durable, un domaine en pleine expansion. Le choix dépend du métier visé, et mieux vaut le clarifier avant de s’engager, car chaque parcours ouvre des portes différentes.

L’alternance, la voie la plus rentable
Parmi toutes ces options, l’alternance mérite une attention particulière. Sur de nombreux programmes, l’alternant ne paie aucun frais de scolarité, ceux-ci étant pris en charge par l’entreprise et l’organisme financeur. Le budget cesse alors d’être un frein à la réorientation. Le rythme alterne généralement quelques jours ou semaines de cours et le reste en entreprise, ce qui permet d’appliquer aussitôt les notions apprises.
L’intérêt dépasse l’aspect financier. En alternant cours et missions en entreprise, vous accumulez une expérience concrète que les recruteurs valorisent autant que le diplôme. Pour une réorientation, c’est souvent le moyen le plus sûr de décrocher un premier poste dès la sortie de formation.
Les métiers et les salaires à la clé
La finance offre un large éventail de débouchés. L’analyste financier et le contrôleur de gestion démarrent entre 35 000 et 50 000 € brut par an. La gestion de patrimoine se situe dans une fourchette proche, avec une part variable qui grimpe vite. L’audit financier tourne autour de 35 000 à 48 000 €. D’autres fonctions, en middle et back office, recrutent aussi largement et constituent souvent un point d’entrée plus accessible pour un profil en réorientation.
Les métiers du corporate finance et des fusions-acquisitions paient davantage : en région parisienne, un analyste junior en M&A démarre fréquemment à partir de 50 000 à 60 000 € de fixe. Ces écarts s’expliquent par l’intensité du travail et la forte sélectivité des recrutements dans la banque d’affaires. Notre guide sur la reconversion dans la finance détaille ces parcours et leurs perspectives d’évolution.
Combien de temps et à quel coût ?
La durée d’une réorientation vers la finance dépend du point de départ. Une année passerelle ajoute un an avant le mastère, soit environ trois ans jusqu’au Bac+5 en comptant les deux années de master. Une admission parallèle directe, lorsque le profil le permet, fait gagner cette année de remise à niveau.
Le coût varie tout autant. En formation initiale, les frais de scolarité d’une école de finance se comptent en milliers d’euros par an. En alternance, ils sont pris en charge par l’entreprise et l’étudiant perçoit une rémunération, calculée en pourcentage du SMIC selon l’âge et l’année d’études. C’est ce qui fait de l’alternance la voie la plus accessible financièrement.
Plusieurs dispositifs allègent encore la facture : le compte personnel de formation pour les salariés, les aides régionales, ou le contrat de professionnalisation pour les adultes en reconversion. Se renseigner sur les financements avant de s’inscrire fait souvent la différence entre un projet abandonné et un projet mené à terme.
Réussir la bascule quand on ne vient pas de la finance
Le vrai enjeu d’une réorientation n’est pas le diplôme d’origine, c’est le rattrapage des fondamentaux. Comptabilité, analyse financière, droit des sociétés, fiscalité et mathématiques financières de base forment le socle à maîtriser. Le niveau attendu en calcul n’est pas celui d’un cursus scientifique, mais une réelle aisance avec les chiffres, les pourcentages et l’analyse de données.
Les écoles valorisent aussi la capacité à produire des analyses claires et à manier Excel, l’outil quotidien du financier. Un parcours atypique, loin d’être un handicap, apporte souvent un regard différent que les recruteurs apprécient. Prendre le temps de définir son métier cible avant de choisir sa formation évite bien des détours coûteux. Bien préparée, une année passerelle transforme une réorientation en véritable tremplin vers un secteur qui ne manque pas d’opportunités.





