Salaire neurochirurgien en 2026 : grille et revenus

Sur la fiche de paie d’un neurochirurgien hospitalier, la grille des praticiens hospitaliers ne distingue pas sa spécialité des autres : rachis, cerveau ou nerfs périphériques, le barème reste commun. La CARMF, elle, regroupe encore son revenu libéral sous la seule catégorie « chirurgie ». Voici les grilles en vigueur en 2026, ce que les gardes changent réellement, et le passage du brut au net.

4 634 €brut mensuel au 1er échelon de praticien hospitalier, hors gardes et IESPE
9 368 €brut mensuel au 13e et dernier échelon, hors primes
195 329 €revenu net moyen 2024 de la catégorie CARMF « chirurgie », qui inclut la neurochirurgie sans l’isoler

Fonction publique : la grille des praticiens hospitaliers

Le neurochirurgien salarié de l’hôpital public relève, comme toutes les spécialités médicales et chirurgicales, du statut de praticien hospitalier, régi par les articles R. 6152-1 et suivants du Code de la santé publique. Sa rémunération n’est pas indexée sur la valeur du point d’indice de la fonction publique : elle est fixée directement en euros par l’arrêté du 8 juillet 2022, modifié par celui du 29 juin 2023, en vigueur depuis le 1er juillet 2023, et commune à toutes les spécialités.

ÉchelonDuréeBrut mensuel
12 ans4 634 €
22 ans4 840 €
32 ans5 179 €
42 ans5 547 €
52 ans5 724 €
62 ans5 930 €
72 ans6 372 €
82 ans6 637 €
94 ans7 546 €
104 ans7 880 €
114 ans8 318 €
124 ans8 755 €
13Terminal9 368 €
Source : arrêté du 29 juin 2023 modifiant l’arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments des personnels médicaux des établissements publics de santé. Montants bruts mensuels, hors gardes et indemnités, grille commune à toutes les spécialités de praticien hospitalier.

Avec 52 % des neurochirurgiens en salariat exclusif selon l’ARS Île-de-France, cette grille concerne une part plus large de la profession que pour la chirurgie générale, où le libéral domine. L’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) ajoute 1 010 € brut par mois pour le praticien qui renonce à toute activité libérale, pour un engagement de 3 ans renouvelable : un débutant exclusif touche donc 5 644 € brut avant gardes. Les praticiens hospitaliers contractuels, recrutés hors concours pour pourvoir des postes durablement vacants, négocient parfois une rémunération supérieure à cette grille.

Clinique privée et établissements à but non lucratif

Les neurochirurgiens qui opèrent en clinique privée à but lucratif exercent très majoritairement en libéral : ils facturent leurs actes en honoraires. La convention collective de l’hospitalisation privée du 18 avril 2002, IDCC 2264, couvre le personnel salarié de l’établissement, infirmiers et administratifs compris, mais pas les médecins libéraux qui y interviennent. Un exercice salarié existe aussi dans les établissements privés à but non lucratif, le plus souvent affiliés à la convention collective du 31 octobre 1951 (FEHAP, IDCC 29), dont la rémunération médicale repose sur un coefficient lié à la grille des praticiens hospitaliers. Pour identifier la convention appliquée par un employeur, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives.

Libéral : une spécialité que la CARMF n’isole pas

Aucune publication de la CARMF ne détaille le revenu propre à la neurochirurgie : la caisse la classe dans la catégorie « chirurgie », aux côtés des autres spécialités chirurgicales. Selon le fichier statistique officiel publié par la CARMF, le revenu net d’activité indépendante moyen de cette catégorie atteint 195 329 € en 2024, contre 188 436 € en 2023 et 180 931 € en 2022. Ce chiffre donne un ordre de grandeur, mais ne distingue pas un neurochirurgien d’un chirurgien orthopédiste ou viscéral, dont les volumes d’actes et les niveaux de dépassement diffèrent sensiblement.

Le mode de tarification pèse lourd sur ce revenu. En 2024, le taux de dépassement moyen pratiqué par l’ensemble des chirurgiens atteignait 62,6 % du tarif de convention, l’un des plus élevés toutes spécialités confondues, selon les données publiques de l’Assurance maladie. Avec seulement 183 neurochirurgiens en libéral exclusif et 131 en exercice mixte sur l’ensemble du territoire, la patientèle et le volume d’actes individuels restent très variables d’un praticien à l’autre, sans donnée déclarative publique qui permette de les situer plus précisément.

Primes, indemnités et variables

Au-delà du traitement de base, plusieurs éléments s’ajoutent selon le statut et l’activité réelle du praticien.

ÉlémentMontant brutTexte
Indemnité d’engagement de service public exclusif1 010 € par moisEngagement de 3 ans renouvelable, sans activité libérale
Garde de nuit, dimanche ou jour férié, période complète422,03 €Arrêté du 22 décembre 2023, en vigueur au 1er janvier 2024
Garde, demi-période (demi-nuit, samedi après-midi)211,01 €Même arrêté
Temps plein, montants 2026. Les astreintes sont indemnisées par un forfait propre à chaque établissement, en plus des montants ci-dessus.

Les gardes pèsent proportionnellement plus dans le revenu d’un neurochirurgien que dans celui d’une spécialité mieux pourvue en effectifs : avec 660 praticiens pour couvrir la permanence des soins sur tout le territoire, le nombre de gardes par praticien et par mois dépasse souvent celui observé dans les CHU dotés de services chirurgicaux plus peuplés. Dix gardes de nuit complètes par mois ajoutent plus de 4 200 € brut, un montant qui dépasse la progression obtenue en franchissant plusieurs échelons de la grille.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

À l’hôpital public, la progression suit exclusivement l’ancienneté et le grade, sur une grille strictement nationale et identique pour tous les neurochirurgiens.

Situation à l’hôpital publicBrut mensuel
Débutant, 1er échelon4 634 €
8 ans, 5e échelon5 724 €
14 ans, 8e échelon6 637 €
Fin de grille, 13e échelon9 368 €
Grille nationale identique sur tout le territoire, hors indemnité de résidence (0 à 3 % selon la commune) et hors gardes.

Un neurochirurgien gagne le même brut à Lille qu’à Marseille sur cette grille, à l’exception marginale de l’indemnité de résidence. Ce qui varie fortement, en revanche, c’est la répartition géographique des postes eux-mêmes : l’Île-de-France concentre 21,2 % des neurochirurgiens en exercice et Paris seule 12,6 %, avec une densité de 4,0 praticiens pour 100 000 habitants contre 1,0 au niveau national, selon l’ARS Île-de-France. Les spécialisations (rachis, neuro-oncologie, base du crâne, neurochirurgie pédiatrique) n’ouvrent pas de grille distincte à l’hôpital public ; en libéral, elles pèsent sur la patientèle et le volume d’actes, sans donnée chiffrée publique disponible.

Du brut au net

Le praticien hospitalier cotise au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et à l’Ircantec pour sa retraite complémentaire, et non à la CNRACL, propre aux fonctionnaires titulaires.

Ligne de paieMontant mensuel
Émoluments, 1er échelon4 633,98 €
Vieillesse plafonnée, 6,90 % jusqu’à 4 005 €– 276,35 €
Vieillesse déplafonnée, 0,40 %– 18,54 €
Ircantec tranche A, 2,84 % jusqu’à 4 005 €– 113,74 €
Ircantec tranche B, 7,06 % au-delà– 44,41 €
CSG et CRDS, 9,70 % de 98,25 % du brut– 441,63 €
Net avant impôt3 739,31 €
Calcul Voilà le travail : praticien hospitalier à temps plein, sans garde ni IESPE, hors mutuelle et impôt. Régime général, Ircantec 2026 (arrêté du 19 décembre 2025) et CSG-CRDS, plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 € en 2026. Estimation : la fiche de paie réelle fait foi.

Au 13e échelon, hors gardes et IESPE, le même calcul donne un net avant impôt voisin de 7 669 €. Les gardes et l’IESPE s’ajoutent à ce socle dans les mêmes proportions. Pour affiner ce calcul selon votre situation, utilisez notre calculateur brut net de la fonction publique. En libéral, le revenu net publié par la CARMF est déjà calculé après charges professionnelles et cotisations sociales ; il reste ensuite soumis à l’impôt sur le revenu comme tout bénéfice non commercial.

Comparaison avec les métiers proches

Faute de ligne CARMF propre à la neurochirurgie, la comparaison la plus honnête reste celle des catégories voisines publiées pour 2024.

SpécialitéRevenu net moyen, libéral, 2024
NeurochirurgienNon isolé, compris dans la ligne « chirurgie »
Chirurgien (toutes spécialités)195 329 €
Radiologue194 605 €
Anesthésiste-réanimateur215 912 €
Source : CARMF, revenu net d’activité indépendante (RNAI) par spécialité, fichier statistique 2024, publié sur carmf.fr.

À l’hôpital public, la comparaison est plus simple : tous ces praticiens partagent la même grille de praticien hospitalier, à l’exception près des gardes et de l’IESPE, dont la fréquence varie selon l’effectif de chaque spécialité dans l’établissement.

Fiche métier neurochirurgienMissions, formation, compétences et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un neurochirurgien

À l’hôpital public, la variable la plus concrète reste le nombre de gardes assumées, dans des équipes réduites où chaque praticien en absorbe mécaniquement davantage que dans une spécialité plus peuplée. Renoncer à toute activité libérale complémentaire pour toucher l’IESPE engage un arbitrage à chiffrer selon le volume d’actes que ce renoncement ferait perdre, un calcul d’autant plus sensible que les postes de neurochirurgien restent concentrés sur un nombre limité d’établissements.

En libéral, le choix du secteur d’honoraires au moment de l’installation pèse plus durablement que l’ancienneté elle-même, un retour au secteur 1 après une installation en secteur 2 restant rare. Pour vérifier une proposition, comparez-la à la grille de l’arrêté du 29 juin 2023, disponible auprès du Centre national de gestion, et, en libéral, aux données annuelles de la CARMF, en gardant à l’esprit qu’elles mesurent la chirurgie dans son ensemble et non la neurochirurgie seule.

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