Maquilleuse : métier, formation et salaire en 2026
À 5 h du matin sur un plateau de tournage, la comédienne n’est pas encore sortie de sa loge que la maquilleuse a déjà repéré le grain de peau, la lumière et la scène de la veille à raccorder. Le même métier sert un mariage le samedi, un défilé le mardi et un comptoir de parfumerie en décembre. Les statuts, les règles et les paies n’ont presque rien en commun.
Ce que fait une maquilleuse
Le maquillage se pratique dans des univers qui n’ont ni les mêmes clients, ni les mêmes contraintes. La fiche officielle de France Travail (ROME L1501, « Maquilleur / Maquilleuse spectacle ») décrit un métier de création et de préparation : maquillages de comédiens, de chanteurs, de mannequins et de présentateurs pour des spectacles, des concerts, des défilés et des tournages, en lien avec le réalisateur et les costumiers.
Sur un tournage, le travail consiste autant à tenir qu’à créer : le maquillage doit être identique d’une prise à l’autre, parfois sur plusieurs semaines. La maquilleuse prépare la peau, réalise le maquillage, puis fait les raccords entre les plans. Elle note le look de chaque scène pour le retrouver le lendemain. Sur les films qui l’exigent, le maquillage d’effets spéciaux (cicatrices, vieillissement, prothèses) demande un savoir-faire distinct, avec sa propre ligne dans la grille des minima.
En mode et publicité, elle travaille avec le photographe, le directeur artistique et la styliste : le maquillage se pense selon la lumière, les couleurs des vêtements et l’esprit de la campagne. En événementiel et mariage, elle reçoit une cliente qui veut être belle toute une journée et sur toutes les photos, avec un essai préalable. En parfumerie et magasin de cosmétiques, elle conseille, démontre et vend pour une marque : l’atteinte d’objectifs de vente fait partie du poste.
Le maquillage permanent (dermopigmentation) relève d’un autre univers : il pigmente la peau et suit des règles sanitaires propres, détaillées plus bas.
Les compétences attendues
Le socle est technique : analyser une peau, choisir les textures, corriger un teint, tenir un maquillage sous les projecteurs ou en plein soleil, réaliser un maquillage waterproof pour une scène de pluie. Le référentiel de France Travail y ajoute le travail sur les faux cils, le maquillage rapide pour les changements de scène et la capacité à résoudre un problème en direct.
L’hygiène est une compétence à part entière : pinceaux désinfectés, spatules, produits protégés, car une maquilleuse touche des dizaines de visages. Elle est aussi commerciale, dès lors que la maquilleuse est indépendante : devis, portfolio, réseaux sociaux, gestion des annulations. Enfin, sur un plateau, la discrétion, la ponctualité et le calme comptent autant que le talent : on maquille un comédien tendu à quelques minutes de la prise.
Devenir maquilleuse
Il n’existe pas de diplôme d’État unique de « maquilleur ». Selon France Travail, l’emploi est accessible avec un diplôme de niveau CAP à Bac + 2 dans les métiers de l’esthétique, de la cosmétique et de la parfumerie. Les voies les plus courantes :
- Passer un diplôme d’esthétiqueCAP Esthétique cosmétique parfumerie (deux ans, niveau 3) ou brevet professionnel (deux ans, niveau 4), selon artisanat.fr.
- Viser un bac pro ou un BTSLe bac pro (trois ans, RNCP36331) et le BTS Métiers de l’esthétique-cosmétique-parfumerie (deux ans, RNCP37375) ouvrent aussi la parfumerie et la marque.
- Se spécialiser en école de maquillageTitres de niveau 4 inscrits au RNCP, comme « Maquilleur artistique professionnel » (RNCP39371) et « Maquilleur professionnel » (RNCP41323).
- Construire un portfolio et un réseauTests photo, assistanat sur les tournages et les défilés : c’est là que se décroche le premier contrat.
Les deux titres privés cités sont lus sur le registre : RNCP39371 est délivré par Le Conservatoire du Maquillage, au niveau 4, enregistré jusqu’au 19 juillet 2028, avec un accès pour les titulaires d’un niveau 3 ou, après examen du dossier, avec un an d’expérience (France compétences). RNCP41323, niveau 4, est enregistré jusqu’au 24 septembre 2028 d’après un relais du registre (MesCertifs). Les tarifs des écoles privées ne sont pas établis ici : demandez le prix total, matériel compris, avant de vous engager.
Qualification : le point que les guides tranchent trop vite
Plusieurs guides de création d’entreprise écrivent qu’une maquilleuse indépendante doit détenir un CAP d’esthétique ou trois ans d’expérience. La page de Bpifrance Création sur l’activité d’esthéticienne ne dit rien du maquillage seul, sans soins. Ce point n’est pas établi ici : interrogez votre chambre de métiers et de l’artisanat avant de vous installer. Pour la règle applicable aux soins, voir la fiche esthéticienne.
En reconversion, une maquilleuse en devenir peut financer un titre par le CPF ou avec France Travail, et faire valoir son expérience par la VAE (vae.gouv.fr). Le plus solide reste souvent de démarrer par un diplôme d’esthétique, qui ouvre à la fois l’emploi salarié en parfumerie et la qualification en cas de contrôle.
Le maquillage permanent : des règles distinctes
La dermopigmentation relève des règles du tatouage et du perçage. Selon l’ARS d’Île-de-France, le professionnel doit déclarer son activité à l’ARS et suivre une formation d’hygiène et de salubrité d’au moins 21 heures, sur trois jours consécutifs, dans un organisme agréé, à renouveler tous les cinq ans depuis mars 2024. Bpifrance Création renvoie au décret n° 2024-470 du 24 mai 2024. La date de l’arrêté qui fixe la formation diffère selon les sources : elle n’est pas citée ici. Pour le tatouage lui-même, voir la fiche tatoueur.
Pour comparer les organismes, leurs prix et leurs formats, consultez notre classement des formations d’esthétique éligibles au CPF.
Où travailler et dans quelles conditions
La fiche du ROME donne les statuts d’emploi : salariée du secteur privé (CDI, CDD), contrat intermittent, contrat saisonnier. Les employeurs sont les sociétés de production audiovisuelle, les institutions culturelles, les structures de loisirs, les marques et les points de vente. Les horaires sont décalés, avec des week-ends, des jours fériés et un rythme irrégulier fait de pics d’activité.
Salariée en CDI : parfumerie, magasin de cosmétiques, institut. Intermittente : tournages, spectacle, défilés. Le maquilleur, classé parmi les techniciens, relève en principe de l’annexe 8 de l’assurance chômage (l’annexe 10 vise les artistes), avec 507 heures à réunir sur 12 mois pour ouvrir des droits, selon France Travail. Indépendante : mariées, événementiel, coaching, shootings, souvent en micro-entreprise.
Ce qui plaît
- La création et la variété des contextes, du plateau au mariage.
- L’autonomie de l’indépendante, qui choisit ses clients et ses tarifs.
- Les passerelles vers la mode, le spectacle et la marque.
Ce qui pèse
- L’irrégularité des contrats, des journées et des revenus.
- Les horaires décalés : réveils avant l’aube, week-ends, jours fériés.
- La concurrence sur les plateaux et la prospection permanente.
Combien gagne une maquilleuse
La paie dépend du cadre : minima de convention pour la salariée, cachets pour l’intermittente, chiffre d’affaires pour l’indépendante. La page salaire de la maquilleuse détaille chaque cadre. Les trois repères ci-dessous viennent de la grille de la production audiovisuelle (IDCC 2642) publiée par l’USPA, applicable au 1er juin 2026.
Emploi et débouchés
Aucune source publique consultée ne donne le nombre de maquilleuses en France. Les données existent pour l’ensemble du régime : selon France Travail (Statistiques et indicateurs n° 25.029, décembre 2025), le spectacle a compté 305 000 salariés intermittents en 2024, dont 110 000 en emploi technique. Le nombre de maquilleurs y est noyé dans ce total et n’est pas isolé.
Pour la parfumerie et l’esthétique, le panorama de l’OPCO EP (édition 2022) compte 45 830 salariés dans la branche, dont 93 % de femmes, et 96 % d’établissements de moins de 11 postes. Aucun taux de tension ni nombre de projets de recrutement propre au maquillage n’a été retrouvé : le ROME indique seulement des contrats intermittents et saisonniers et un rythme irrégulier.
Évolutions de carrière
Sur un tournage, la progression suit la hiérarchie de la grille : assistante, maquilleuse, chef maquilleuse, avec une ligne à part pour le maquillage et la coiffure d’effets spéciaux. Le ROME liste aussi les appellations de concepteur de maquillages, de maquilleur-posticheur et de maquilleur coiffeur, qui élargissent le champ.
Côté marque, on peut évoluer vers la formation, l’animation de réseau ou la cosmétologie via le BTS. Une indépendante peut aussi développer sa clientèle jusqu’à monter une petite équipe. Le maquillage ouvre aussi des passerelles vers le soin (esthétique) et vers la réinsertion par l’image (socio-esthétique).
Métiers proches
Le maquillage voisine l’esthétique, la coiffure, le costume et la mode : ces métiers partagent des plateaux, des clientes et des techniques.
Bien choisir son terrain avant de se lancer
Le vrai choix ne porte pas sur le maquillage, mais sur la façon d’être payée. Sur un plateau, on est technicienne à la journée : 507 heures en 12 mois pour ouvrir des droits, soit environ 73 journées de 7 heures, ce qui suppose un réseau. En parfumerie, on a un contrat stable, un salaire proche du minimum et des objectifs de vente. À son compte, on fixe ses tarifs, mais on porte les cotisations, les frais de produits et les mois creux.
Un test simple avant d’investir dans une école : demander à trois maquilleuses de chaque univers comment se répartissent leurs journées entre travail payé, prospection et déplacements. Les saisons de mariage, les périodes de tournage et les fêtes de fin d’année dessinent le calendrier réel du métier, bien plus que les diplômes.
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