Salaire d’un mannequin en 2026 : minima, agence et net
Un mannequin ne touche pas de salaire mensuel fixe : il est payé pour chaque prestation, à l’heure, selon une grille conventionnelle dont le minimum va de 39,80 € à 218,40 € brut en 2025. Voici ce que fixent les textes, la part que garde l’agence, les cachets des mineurs, et ce qu’il reste après cotisations.
Un salariat présumé, sans salaire mensuel
Le premier repère est juridique. Selon l’article L. 7123-3 du Code du travail, tout contrat par lequel une personne s’assure, moyennant rémunération, le concours d’un mannequin est présumé être un contrat de travail, quelles que soient la forme et la qualification données par les parties. La FFAM en déduit que le mannequin ne peut pas être payé sur facture.
Il n’existe donc pas de rubrique « libéral » comparable à celle d’un photographe ou d’un graphiste. Le répertoire ROME de France Travail mentionne bien un exercice en indépendant, mais aucun revenu d’indépendant n’est publié pour ce métier, et je n’ai pas trouvé de source officielle chiffrant les revenus des mannequins. Les sites qui affichent des « salaires moyens » citent rarement leur méthode : la page s’en tient aux textes.
La convention collective des mannequins : IDCC 2397
Les agences appliquent la convention collective nationale des mannequins adultes et des mannequins enfants de moins de 16 ans employés par les agences de mannequins, signée le 22 juin 2004 et étendue le 13 avril 2005, référencée sous l’IDCC 2397. Les minima ont été actualisés par l’avenant n° 2 du 22 janvier 2025, étendu par arrêté du 13 mars 2025 : +1,3 % pour les mannequins de plus de 16 ans et +2 % pour les moins de 16 ans. Pour vérifier la convention de votre bulletin, utilisez notre outil de recherche de convention collective.
Ces avenants ont été signés dans le cadre de la convention collective des entreprises au service de la création et de l’événement du 27 juin 2024, qui reprend la grille dans son article 3.4. Je n’ai pas trouvé de source officielle expliquant précisément comment les deux textes s’articulent pendant la période de transition : consultez votre contrat.
| Prestation (adultes) | Minimum brut de l’heure, 2025 | Heures pour égaler le SMIC mensuel |
|---|---|---|
| Presse, prestation la moins rémunérée | 39,80 € | 46,9 h |
| Presse, prestation la mieux rémunérée | 101,10 € | 18,5 h |
| Essayage technique | 81,05 € | 23,0 h |
| Catégorie 1 | 111,75 € | 16,7 h |
| Catégorie 2 | 130,20 € | 14,3 h |
| Catégorie 3 | 171,50 € | 10,9 h |
| Catégorie 4 | 218,40 € | 8,5 h |
La dernière colonne illustre l’essentiel : le tarif horaire est élevé, mais le nombre d’heures payées dans un mois est faible et imprévisible. Une séance de presse mal rémunérée en demande près de 47 pour égaler le SMIC, alors que huit ou neuf heures suffiraient à la catégorie 4. La grille ne dit rien des heures que vous parviendrez réellement à facturer.
La part de l’agence : ce que le client paie, ce que vous touchez
La convention ne fixe pas un taux de commission. Elle fixe un plancher de salaire rapporté au prix payé par le client à l’agence : d’après l’article 3.4, 33 % pour les prestations de presse éditoriale et 36 % pour les autres. Le mannequin reçoit donc, en brut, au moins cette part de la somme facturée, ou le minimum horaire de la grille si celui-ci est plus élevé.
Le reste ne revient pas intégralement à l’agence : il couvre aussi les charges patronales et la marge de l’agence. Un article de Village de la Justice estime qu’après cotisations et commission, le mannequin conserve environ 33 à 36 % du tarif facturé avant impôt. Un plafond de commission distinct, cité par certains sites, n’a pas pu être confirmé dans une source officielle : demandez toujours à votre agence le prix facturé au client et le calcul de votre salaire.
Salaire et droits d’image, deux paiements différents
Payer la présence du mannequin est un salaire. Rémunérer l’exploitation de son image peut relever d’une redevance, hors salaire, seulement si elle dépend des ventes ou de l’usage réel. Un forfait fixé lors de la séance est requalifié en salaire, selon la jurisprudence citée par Village de la Justice.
Mineurs : un pourcentage propre et une consignation
Pour les enfants de moins de 16 ans, le plancher est de 31 % du prix facturé, quel que soit le type de prestation, et la grille horaire est actualisée de 2 % en 2025. Une part de la rémunération reste à la disposition des parents ; le reste est versé à la Caisse des dépôts jusqu’à la majorité. Le pourcentage consigné est fixé par la décision administrative d’autorisation, et non par la convention.
Les fonds consignés portent un intérêt de 2,76 % par an depuis le 1er novembre 2025, selon la Caisse des dépôts. À 16 ans, le salaire est versé directement au mannequin.
Primes, majorations et variables
La grille ne mentionne ni prime d’ancienneté ni treizième mois : la rémunération se compose de trois éléments. D’abord le salaire de la prestation, à l’heure ou au forfait, jamais inférieur au minimum de la grille. Ensuite l’indemnité de congés payés, de 10 % en sus de chaque cachet, versée à chaque mission. Enfin la rémunération de l’exploitation de l’image, qui dépend de la durée, du territoire et des supports fixés au contrat.
L’article 3.4 prévoit aussi des majorations pour les prises de vue dénudées : 50 % pour la lingerie, 150 % pour les seins nus et 200 % pour le nu intégral. La convention les ajoute au minimum de la prestation concernée.
Évolution selon la catégorie, l’expérience et la région
La grille conventionnelle ne récompense pas l’ancienneté : elle rémunère le type de prestation. Un mannequin qui passe du catalogue à la publicité d’une grande marque change de catégorie, donc de plancher. Le tarif réel, lui, se négocie par l’agence, au-dessus du minimum, selon la notoriété du profil, la durée de l’exploitation et le budget du client.
Aucune source consultée ne publie de revenus par années d’expérience ni par région. L’écart entre le minimum de la grille et le tarif de marché ne peut pas être calculé faute de donnée publique.
| Situation | Plancher conventionnel | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Presse éditoriale, adulte | 33 % du prix facturé, ou 39,80 à 101,10 € brut/h | Le plus élevé des deux s’applique |
| Autres prestations, adulte | 36 % du prix facturé, ou la grille de catégories | Le plancher dépend du type de prestation |
| Enfant de moins de 16 ans | 31 % du prix facturé | Une partie du cachet est consignée |
Du brut au net
Prenons une séance de quatre heures au minimum presse : 4 × 39,80 € = 159,20 € brut, plus 10 % de congés payés, soit 175,12 €. Au taux de cotisations salariales moyen du site, 21 % sous le plafond de la sécurité sociale de 4 005 € par mois, le net s’établit autour de 138 €. Ce calcul est un ordre de grandeur : le taux réel dépend de votre bulletin.
Pour votre cas, utilisez le calculateur de salaire brut en net. Les cachets d’un même mois s’additionnent : le plafond de 4 005 € et l’impôt se jugent sur le total, pas sur chaque séance. Les cachets, qui sont des salaires, sont soumis à l’impôt sur le revenu dans les mêmes conditions.
Comparaison avec le SMIC et les autres cadres
Faute de source comparable pour les métiers proches de l’image et du spectacle, la comparaison se fait avec le SMIC, seul repère national commun. Il s’élève à 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026, soit 12,31 € de l’heure.
| Référence | Brut de l’heure | Rapport au SMIC horaire |
|---|---|---|
| SMIC, juin 2026 | 12,31 € | 1 |
| Mannequin, presse, minimum bas (2025) | 39,80 € | 3,2 fois |
| Mannequin, catégorie 4 (2025) | 218,40 € | 17,7 fois |
Ce qui fait varier la paie, et comment vous renseigner
Trois éléments comptent. Le type de prestation détermine le plancher. Le nombre d’heures facturées dans le mois détermine le revenu réel. Les conditions d’exploitation de l’image déterminent ce que la marque paie en plus du cachet de présence. Le contrat doit préciser durée, territoire et supports : c’est là que se négocie la différence.
Avant chaque séance, demandez par écrit la catégorie, le nombre d’heures, le prix facturé si votre agence le communique, et le paiement des droits d’image. Après, comparez votre bulletin avec la grille du barème 2025 ; en cas d’écart, appuyez-vous sur le texte de la convention pour en discuter avec l’agence.
Sommaire
- Un salariat présumé, sans salaire mensuel
- La convention collective des mannequins : IDCC 2397
- La part de l’agence : ce que le client paie, ce que vous touchez
- Mineurs : un pourcentage propre et une consignation
- Primes, majorations et variables
- Évolution selon la catégorie, l’expérience et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec le SMIC et les autres cadres
- Ce qui fait varier la paie, et comment vous renseigner
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