Salaire avitailleur en 2026 : grille, primes et net
La paie de l’avitailleur dépend d’une convention méconnue, celle de l’industrie du pétrole, et non celle du transport aérien qui régit l’agent de piste. Un débutant touche déjà 2 115,85 € brut par mois, nettement au-dessus du SMIC, avant les primes de nuit, de dimanche ou d’ancienneté. Cette page détaille la grille, les compléments de salaire, le calcul du net et la comparaison avec les métiers voisins de l’aéroport.

Secteur privé : la convention de l’industrie du pétrole (IDCC 1388)
L’avitailleur d’aéronefs ne relève ni de la fonction publique ni d’un statut libéral : c’est un salarié du privé, employé par une compagnie pétrolière ou l’un de ses sous-traitants. Sa convention, la convention collective nationale de l’industrie du pétrole du 3 septembre 1985 (IDCC 1388), vise explicitement dans son champ d’application « l’assistance carburants et huile, avitaillement des aéronefs », à côté du raffinage, du commerce de gros de carburants et de l’entreposage. C’est une convention différente de celle du personnel au sol du transport aérien (IDCC 275), qui couvre les agents de piste et d’escale mais pas l’avitaillement.
La classification des emplois range l’avitailleur d’aéronefs parmi les ouvriers, en deux échelons : l’échelon A, coefficient 185, décrit comme le premier niveau du poste, et l’échelon B, coefficient 200, pour l’ouvrier qui opère à partir d’installations locales ou extérieures avec plus d’autonomie. Les deux échelons restent sous le seuil de 215 points qui sépare, dans cette convention, les ouvriers et employés des agents de maîtrise.
Selon l’accord de salaires du 27 novembre 2025, étendu par arrêté du 27 janvier 2026 et applicable depuis le 1er janvier 2026, le coefficient 185 est payé 2 115,85 € brut par mois et le coefficient 200, 2 213,92 €. Les deux montants dépassent le SMIC de 1 867,02 € brut en vigueur depuis le 1er juin 2026. La convention garantit en plus une ressource minimale annuelle de 23 550 € pour tout salarié à temps complet ayant six mois de présence continue, primes fixes et treizième mois compris.
Beaucoup d’offres passent par l’intérim, y compris chez de grandes compagnies pétrolières. Dans ce cas, deux indemnités s’ajoutent au salaire de base à la fin de chaque mission : l’indemnité de fin de mission, égale à 10 % de la rémunération totale brute, et l’indemnité compensatrice de congés payés, également de 10 %, prévues par le Code du travail pour tout contrat de mission. Elles ne remplacent ni un treizième mois, ni la prime d’ancienneté de la convention, qui suppose un contrat direct avec l’employeur.
Primes, indemnités et variables
Le texte de base de la convention, toujours en vigueur pour ses dispositions non salariales, fixe plusieurs compléments de paie propres à ce secteur.
| Élément | Montant ou taux | Condition |
|---|---|---|
| Majoration d’incommodité, travail exceptionnel de nuit | 33 % des appointements | Entre 21 heures et 5 heures |
| Majoration d’incommodité, dimanche ou jour férié | 33 % des appointements | Non cumulable avec celle de nuit |
| Heures supplémentaires, de la 36e à la 43e heure | 25 % du salaire horaire | Au-delà de la durée légale |
| Heures supplémentaires, à partir de la 44e heure | 50 % du salaire horaire | Compensation en temps possible |
| Prime d’ancienneté | De 3 % à 3 ans à 18 % à 18 ans | Un point de plus par année, sur le salaire minimum |
| Indemnité de panier, jour | 7,33 € | Par jour concerné |
| Indemnité de panier, nuit | 14,66 € | Par nuit concernée |
Un avitailleur qui facture les livraisons d’après les données d’un compteur de distribution touche, en plus, un supplément de dix points de coefficient, prévu par une note de l’annexe de classification. La convention ne détaille pas de majoration propre au travail posté régulier, seulement celle des heures « exceptionnelles » de nuit, de dimanche et de jour férié : sur un poste organisé en rotation permanente, vérifiez auprès de l’employeur comment cette majoration s’applique concrètement à votre planning.
Ces majorations se calculent sur les appointements, c’est-à-dire le salaire de base du coefficient, prime d’ancienneté comprise mais paniers exclus. Un avitailleur au coefficient 185 qui travaille une nuit complète touche donc environ un tiers de son taux horaire de base en plus, en sus de l’indemnité de panier de nuit.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
La progression de carrière se lit directement dans les coefficients de la convention.
| Situation | Coefficient | Brut mensuel 2026 |
|---|---|---|
| Avitailleur, échelon A (débutant) | 185 | 2 115,85 € |
| Avitailleur, échelon B (installations extérieures) | 200 | 2 213,92 € |
| Seuil agent de maîtrise | 215 | 2 311,98 € |
Au-delà du seuil de 215, la convention prévoit des coefficients d’agent de maîtrise puis d’ingénieur et cadre, mais aucune source consultée ne relie précisément un intitulé d’encadrement de l’avitaillement à l’un de ces coefficients : le passage se négocie au cas par cas avec l’employeur, selon le poste réellement occupé.
Aucune source consultée ne publie non plus de grille régionale propre à ce métier : la convention est nationale, et les écarts observés entre aéroports tiennent surtout aux primes de poste et à la fréquence du travail de nuit, plus qu’au taux de base.
Du brut au net
L’avitailleur est un salarié non-cadre du secteur privé, sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale. Les cotisations salariales représentent environ 21,00 % du brut dans cette situation.
| Ligne de paie | Montant mensuel |
|---|---|
| Brut, échelon A, coefficient 185 | 2 115,85 € |
| Cotisations salariales, 21,00 % | – 444,33 € |
| Net avant impôt | 1 671,52 € |
Les indemnités de panier et les majorations de nuit ou de dimanche s’ajoutent ensuite au brut avant de subir le même taux de cotisation. Pour un calcul complet avec vos propres primes, utilisez notre calculateur de salaire brut en net.
Comparaison avec les métiers proches
Les métiers voisins de l’aéroport et du transport routier ne relèvent pas de la même convention, ce qui explique une partie des écarts de salaire de base.
| Métier | Salaire de base | Convention |
|---|---|---|
| Avitailleur, échelon A | 2 115,85 € brut | IDCC 1388, industrie du pétrole |
| Agent de piste, débutant | 1 867,02 € brut (SMIC) | IDCC 275, personnel au sol du transport aérien |
| Conducteur de poids lourd, coefficient 150M | 1 885,25 € brut | IDCC 16, transport routier de marchandises |
À l’embauche, l’avitailleur gagne environ 249 € brut de plus par mois qu’un agent de piste payé au SMIC, alors que les deux métiers travaillent sur le même tarmac. La différence tient à la convention appliquée, pas à la difficulté du poste : l’industrie du pétrole a toujours payé ses coefficients d’entrée au-dessus du SMIC, contrairement à plusieurs bas de grille du transport aérien.
Ne confondez pas non plus avec le mécanicien poids lourd, qui entretient les camions au lieu de les conduire : il dépend d’une troisième convention encore, celle des services de l’automobile (IDCC 1090) ou, selon l’employeur, du transport routier (IDCC 16). Sa grille n’est pas comparable terme à terme avec celle de l’avitailleur, propre à l’industrie pétrolière.
Fiche métier avitailleurMissions, permis, formation et conditions de travail.Voir la fiche
Ce qui fait vraiment varier la paie d’un avitailleur
À coefficient égal, l’écart entre deux avitailleurs tient d’abord au volume de nuits et de dimanches travaillés, majorés à 33 % chacun, et aux paniers qui s’y ajoutent. Un planning chargé en horaires décalés peut ajouter plusieurs centaines d’euros bruts par mois à la grille de base.
Le second levier est le statut d’embauche. Un contrat direct chez une compagnie pétrolière ouvre droit à la prime d’ancienneté de la convention dès trois ans, alors qu’une mission d’intérim répétée d’un employeur à l’autre ne cumule pas cette ancienneté. Avant d’accepter un poste, demandez donc qui est l’employeur juridique et si l’ancienneté chez un sous-traitant précédent sera reprise.
Pour vous situer, comparez toujours votre bulletin en brut mensuel hors panier avec les coefficients 185 et 200 ci-dessus. En dessous de 2 115,85 €, hors période d’essai, la rémunération ne respecte pas le minimum conventionnel : demandez sa correction ou saisissez l’inspection du travail.
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