Ingénieur en aéronautique

L’ingénieur en aéronautique conçoit, dimensionne, teste et industrialise des avions, hélicoptères, drones ou systèmes aéronautiques. Il intervient sur tout le cycle de vie d’un aéronef : de l’étude préliminaire jusqu’à la maintenance en service. Ce métier s’exerce principalement dans les grands groupes du secteur (Airbus, Safran, Dassault Aviation, Thales) ainsi que chez les équipementiers et bureaux d’études spécialisés.

Missions principales

En conception, l’ingénieur aéronautique réalise des études préliminaires, choisit les solutions techniques et rédige les spécifications. Il modélise les structures en 3D, effectue des calculs d’aérodynamique ou de résistance des matériaux, et dimensionne les systèmes embarqués en tenant compte des exigences de sécurité et de performance.

En phase d’essais et certification, il conçoit des bancs d’essais, supervise les tests au sol et en vol, analyse les résultats et corrige les non-conformités. Il participe aux démarches de certification auprès des autorités de l’aviation civile (EASA), qui imposent des normes très strictes dans ce secteur.

En industrialisation, il prépare le passage en production série en définissant les gammes, les moyens industriels et les processus qualité. Il suit ensuite les incidents remontés depuis la flotte en service et propose des modifications pour améliorer la fiabilité ou réduire les coûts de maintenance.

L’ingénieur aéronautique travaille en mode projet, en coordination avec des équipes pluridisciplinaires (mécanique, avionique, logiciel embarqué, qualité) et dans un environnement souvent international.

Compétences requises

Des bases solides en mécanique, aérodynamique, thermique et matériaux composites sont incontournables. La maîtrise des outils de CAO et de calcul numérique, ainsi que la connaissance des normes aéronautiques (EN9100, DO-178C, DO-254), font partie des compétences clés. Des notions en avionique, systèmes embarqués et sûreté de fonctionnement sont également appréciées.

La rigueur, le sens des responsabilités et le respect des procédures sont des qualités essentielles dans un secteur où la sécurité est non négociable. Un bon niveau d’anglais est indispensable, la documentation technique et les échanges avec les partenaires étant fréquemment en anglais.

Formation et accès au métier

Le poste exige un bac+5 minimum. Les écoles d’ingénieurs spécialisées dans l’aéronautique et le spatial sont les voies royales : ISAE-SUPAERO, ENAC, ENSMA, ESTACA, IPSA, Arts et Métiers, Centrale ou Polytechnique avec spécialisation. Un master universitaire en mécanique, aéronautique ou systèmes embarqués permet également d’accéder au métier.

Les stages et l’alternance chez les grands donneurs d’ordre (Airbus, Safran, Dassault) ou les sous-traitants du secteur sont de puissants accélérateurs de carrière. Des certifications complémentaires (EN9100, LEAN Six Sigma, méthodes MBSE) sont un plus apprécié des recruteurs.

Salaire

En début de carrière, un ingénieur aéronautique gagne entre 36 000 et 42 000 € brut par an. Avec de l’expérience (3 à 8 ans), la rémunération progresse vers 42 000 à 55 000 € brut annuels. Les profils experts et managers dans les grands groupes peuvent atteindre 80 000 à 90 000 € brut par an, voire davantage pour les responsables de programmes ou les directeurs techniques. La moyenne tous profils confondus se situe autour de 60 000 € brut annuels.

Les salaires sont généralement plus élevés en Île-de-France, en Occitanie (bassin toulousain d’Airbus) et en Nouvelle-Aquitaine. Les grandes entreprises du secteur rémunèrent mieux que les PME sous-traitantes.

Évolutions de carrière

Un ingénieur aéronautique peut évoluer vers des postes de chef de projet, lead technique, responsable industrialisation ou program manager. Certains choisissent une filière d’expertise (structures, aérodynamique, avionique, propulsion, matériaux composites) et deviennent experts métier reconnus. À plus long terme, des postes de direction technique, de directeur d’ingénierie ou de directeur de site sont accessibles pour les profils expérimentés.

Les compétences aéronautiques sont transférables vers le spatial, la défense, les drones, mais aussi vers l’automobile et le ferroviaire, où la culture sécurité et les méthodes de gestion de projet sont très valorisées.

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