Salaire procureur en 2026 : grille, astreintes et carrière
Le procureur est payé sur la même grille que le juge, son collègue du siège : traitement indiciaire, prime forfaitaire et part modulable. Ce qui change, au parquet, c’est une indemnité d’astreinte propre aux nuits et aux week-ends de permanence. Cette page détaille cet écart, sans reprendre la grille complète déjà publiée pour le juge et le magistrat.
Une seule grille pour le siège et le parquet
Le procureur n’a pas de grille à part. Il relève de la même grille indiciaire à trois grades que le juge, en vigueur depuis le 1er décembre 2025 (décret n° 2025-1033, circulaire JUSB2533423C du 1er décembre 2025). Le traitement brut mensuel est l’indice majoré multiplié par 4,922783 €, valeur du point inchangée depuis le 1er juillet 2023 : 2 402,32 € au premier échelon, jusqu’à 6 827,90 € au deuxième grade et 7 856,76 € pour les deux chefs de la Cour de cassation, dont le procureur général.
Les tableaux complets, échelon par échelon, sont déjà publiés dans les pages salaire du juge et salaire du magistrat : nous ne les recopions pas ici. Ce que ces deux pages ne détaillent pas, en revanche, c’est ce qui change réellement pour le parquet.
Avant 2023, les primes des magistrats se calculaient en pourcentage du traitement indiciaire, ce qui les faisait varier mécaniquement à chaque passage d’échelon. Le décret n° 2023-768 et l’arrêté du 12 août 2023 ont basculé le système vers des montants annuels fixes, identiques pour un même grade, un même échelon et une même fonction, que le magistrat siège ou poursuive. Cette réforme ne distingue donc pas le parquet, mais elle change la façon de lire une fiche de paie : la prime ne suit plus une simple règle de trois sur le traitement.
L’astreinte, l’écart propre au parquet
Une indemnité d’astreinte distincte s’ajoute pour les magistrats du parquet, par décret n° 2002-30 du 7 janvier 2002 et décret n° 2003-1284 du 26 décembre 2003. Elle indemnise les permanences qui répondent aux appels des enquêteurs hors des heures de bureau, nuit comme week-end. Une revalorisation par arrêté du 3 mars 2010 a porté l’astreinte de jour, le week-end et les jours fériés, à 40 € par astreinte, dans la limite de 306 € par mois.
L’astreinte de nuit, elle, reste réservée aux magistrats du parquet des tribunaux judiciaires : 46 € par astreinte, plafonnée à 534 € par mois. L’astreinte de jour, elle, concerne plus largement les procureurs et certains juges qui assurent une permanence de fin de semaine. Nous n’avons pas trouvé de revalorisation publiée après 2010, ni de confirmation que ce régime a été modifié par la réforme du régime indemnitaire de 2023, qui porte sur les primes forfaitaire et modulable et non sur les astreintes. Le montant exact perçu par un procureur dépend donc du nombre de permanences assurées dans son parquet, une donnée propre à chaque juridiction que nous n’avons pas trouvée au niveau national.
À titre d’exemple, un substitut qui assure quatre astreintes de nuit et quatre astreintes de jour sur un mois chargé perçoit, en plus de son traitement et de sa prime forfaitaire, 184 € et 160 €, soit 344 € bruts avant les plafonds mensuels de 534 € et 306 € : un mois ordinaire reste donc sous ces plafonds, qui ne jouent que lors des périodes de permanence les plus denses.
Primes forfaitaire et modulable : pas d’écart avec le siège
Depuis l’arrêté du 12 août 2023, la prime forfaitaire va de 20 000 € par an à l’entrée à 36 500 € en haut de l’ancienne hors hiérarchie, et la part modulable, décidée par le chef de juridiction, d’une référence de 6 500 € à 12 000 € par an selon un coefficient de 0 à 3. Ces montants sont fixés par grade, échelon et fonction, pas par filière : siège et parquet suivent le même barème, comme le relève déjà la page salaire du magistrat.
Évolution selon la fonction : de substitut à procureur général
La progression d’un procureur se lit en fonctions plus qu’en échelons purs : substitut, procureur adjoint ou premier substitut, procureur de la République, puis avocat général ou substitut général en cour d’appel, et enfin procureur général. Seuls les deux extrêmes de cette trajectoire ont une rémunération que nous avons pu recalculer avec certitude à partir des textes publiés.
| Fonction | Repère de traitement brut mensuel | Source |
|---|---|---|
| Substitut du procureur, entrée dans le corps | 2 402,32 € de traitement, 4 069 € avec la prime forfaitaire | Circulaire du 1er décembre 2025 |
| Procureur général près la Cour de cassation | 7 856,76 € de traitement, échelon unique | Même circulaire |
Du brut au net
Le procureur est fonctionnaire : la retenue pour pension civile de 11,10 % du traitement indiciaire s’applique, sans porter sur les primes. À l’entrée, 2 402,32 € de traitement brut deviennent 2 135,66 € avant CSG et CRDS. Après une dizaine d’années, au dixième échelon du deuxième grade, 5 336,30 € de traitement deviennent 4 743,97 € selon le même calcul. Pour simuler un bulletin complet, primes et astreintes incluses, utilisez le calculateur brut net de la fonction publique.
Les astreintes et la part modulable s’ajoutent à ce traitement net sans suivre le même taux de retenue, puisque la pension civile se calcule sur le seul traitement indiciaire. Un procureur qui assure beaucoup de permanences voit donc son revenu mensuel varier davantage que sa future pension, qui reste assise sur la grille plutôt que sur l’activité réelle au parquet.
Comparaison avec l’avocat et le greffier
Le procureur débutant touche davantage, en brut, qu’un avocat salarié ou qu’un greffier de même ancienneté, mais ces trois métiers ne se comparent pas à poste égal : le premier dirige une enquête, le second plaide, le troisième authentifie les actes.
| Métier | Rémunération | Source, année |
|---|---|---|
| Procureur, substitut débutant | 4 069 € brut par mois, prime forfaitaire comprise | Circulaire du 1er décembre 2025, 2026 |
| Avocat salarié, 1re année, Paris | 2 624 € brut par mois (31 494 € par an) | IDCC 3253, avenant n° 29, 2025 |
| Greffier, 1er échelon | 1 885 € brut par mois, hors primes | Grille greffier, 2026 |
Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner
Comme pour tout magistrat, personne ne négocie ce traitement : il est fixé par décret. Ce qui varie, pour un procureur, tient à trois leviers propres au parquet : le nombre de permanences assurées, qui change l’astreinte perçue d’un mois à l’autre, le coefficient de part modulable accordé par le chef de juridiction, et la fonction occupée au fil de la carrière, jusqu’à un parquet général ou un parquet national.
Pour un chiffre à jour, la circulaire de reclassement du 1er décembre 2025 et le portail de recrutement du ministère de la Justice restent les relais les plus fiables. Sur les astreintes, aucun de ces relais ne publie de montant plus récent que l’arrêté de 2010 : un candidat a intérêt à demander, avant de choisir un poste, le volume de permanences réellement assuré dans la juridiction visée.
Sommaire
- Une seule grille pour le siège et le parquet
- L’astreinte, l’écart propre au parquet
- Primes forfaitaire et modulable : pas d’écart avec le siège
- Évolution selon la fonction : de substitut à procureur général
- Du brut au net
- Comparaison avec l’avocat et le greffier
- Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner
Vous souhaitez vous reconvertir ou évoluer dans ce métier ?
Découvrez les formations disponibles près de chez vous et financez votre projet grâce au CPF.
