Indemnité de maire en 2026 : barème par commune
Le maire ne touche pas un salaire mais une indemnité de fonction, fixée par la loi selon la population de sa commune : de 1 155 € brut par mois sous 500 habitants à 5 960 € au-delà de 100 000, barème revalorisé au 1er janvier 2026. Sous 3 500 habitants, le taux maximal s’applique de droit, sans délibération du conseil municipal.
Le barème légal, par taille de commune
L’indemnité de fonction du maire est un pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique, l’indice 1027, dont la valeur mensuelle brute est de 4 110,52 € au 1er janvier 2026 (décret n° 2023-519 du 28 juin 2023). Le taux applicable dépend de la population de la commune, sur la base du dernier recensement (article L. 2123-23 du code général des collectivités territoriales). Le barème compte huit paliers, du village de moins de 500 habitants à la grande ville de plus de 100 000, sachant que la majorité des 34 986 communes françaises se situent dans les tranches les plus basses.
| Population | Taux (% de l’IB 1027) | Indemnité brute mensuelle |
|---|---|---|
| Moins de 500 hab. | 28,1 % | 1 155,06 € |
| 500 à 999 hab. | 44,3 % | 1 820,96 € |
| 1 000 à 3 499 hab. | 55,7 % | 2 289,56 € |
| 3 500 à 9 999 hab. | 58,3 % | 2 396,44 € |
| 10 000 à 19 999 hab. | 67,6 % | 2 778,71 € |
| 20 000 à 49 999 hab. | 90 % | 3 699,47 € |
| 50 000 à 99 999 hab. | 110 % | 4 521,58 € |
| 100 000 hab. et plus | 145 % | 5 960,26 € |
Paris échappe à ce barème général : l’indemnité de la maire de Paris atteint 7 912,76 € brut par mois, à 192,5 % de l’indice 1027 (article L. 2511-34-1 du CGCT).
Les communes de moins de 3 500 habitants : le taux maximal de droit
Depuis la loi Engagement et proximité du 27 décembre 2019, le taux maximal du barème s’applique automatiquement dans les communes de moins de 3 500 habitants, sans délibération du conseil municipal. Seul le maire peut demander une indemnité inférieure : le conseil ne peut pas la lui imposer.
La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local a revalorisé ce barème à compter du 1er janvier 2026, de l’ordre de 8 à 10 % pour les communes de moins de 3 500 habitants selon les premiers commentaires disponibles. Les montants du tableau ci-dessus intègrent cette revalorisation.
Majorations et cumul avec d’autres mandats
Dans les communes de 100 000 habitants et plus, le conseil municipal peut voter une majoration de 40 % de l’indemnité du maire (article L. 2123-22 du CGCT). Des majorations plus modestes existent aussi pour les communes chefs-lieux de département ou d’arrondissement.
Un maire qui préside en plus une intercommunalité (communauté de communes, d’agglomération, métropole) touche deux indemnités, mais leur somme est plafonnée à une fois et demie le montant de l’indemnité parlementaire, soit environ 8 898 € brut par mois au 1er janvier 2024 (article L. 2123-20 du CGCT). Au-delà, l’excédent est reversé au budget de la collectivité où le mandat est le plus récent, un mécanisme appelé écrêtement.
Ce qu’il reste après CSG et CRDS
Sous la moitié du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 2 002,50 € par mois en 2026, l’indemnité n’est soumise qu’à la CSG et à la CRDS, au taux global de 9,70 %, sans l’abattement de 1,75 % pour frais professionnels réservé aux salaires (Urssaf.fr). Pour un maire d’une commune de moins de 500 habitants, l’indemnité brute de 1 155,06 € se réduit ainsi à environ 1 043 € net par mois (calcul), avant la cotisation Ircantec.
Au-delà de ce seuil, comme pour la plupart des communes de 1 000 habitants et plus, l’indemnité est en plus soumise aux cotisations de sécurité sociale de droit commun, maladie, famille et vieillesse comprises : le prélèvement se rapproche alors de celui d’un salaire, sans qu’un montant net officiel type soit publié par strate.
Dans les deux cas s’ajoute la cotisation à l’Ircantec, le régime de retraite complémentaire des élus, obligatoire dès le premier euro d’indemnité. Un maire peut aussi cotiser, à titre facultatif, à l’un des deux régimes de retraite par rente propres aux élus, le Fonpel ou la Carel : la cotisation choisie par l’élu est alors abondée à parts égales par la commune, dans la limite d’un plafond voté en conseil municipal.
Cumuler l’indemnité avec un emploi salarié
Un maire salarié conserve son emploi. Son employeur doit lui laisser le temps de participer aux séances du conseil municipal (article L. 2123-1 du CGCT) et lui accorder, sur demande, un crédit d’heures trimestriel et forfaitaire, calculé par référence à la durée légale du travail (article L. 2123-2). Ce temps n’est pas payé par l’employeur, sauf accord plus favorable, mais son refus ou un licenciement lié au mandat expose l’employeur à des sanctions.
| Fonction et taille de commune | Crédit d’heures par trimestre |
|---|---|
| Maire, commune de 10 000 hab. et plus | 140 heures |
| Maire, commune de moins de 10 000 hab. | 122 h 30 |
| Adjoint, commune de moins de 10 000 hab. | 70 heures |
| Conseiller municipal, commune de moins de 3 500 hab. | 10 h 30 |
Ce crédit d’heures peut être majoré de 30 % dans les communes chefs-lieux de département ou d’arrondissement. Il se cumule avec les autorisations d’absence de l’article L. 2123-1, sans s’y substituer.
Frais de représentation et de déplacement
L’indemnité de fonction ne couvre pas les frais liés au mandat. Les maires des communes de plus de 5 000 habitants peuvent recevoir, sur décision expresse du conseil municipal, une enveloppe facultative pour frais de représentation (article L. 2123-19 du CGCT), destinée aux dépenses de réception ou de gerbes qui dépassent la sphère privée. Pour tout élu, un déplacement lié à un mandat spécial confié par le conseil ouvre droit, sur justificatifs, au remboursement des frais réels de transport et de séjour (article L. 2123-18).
Comparaison avec des postes proches, en mairie
Dans une commune de 1 000 à 3 499 habitants, l’indemnité du maire est nettement supérieure à celle de ses adjoints et au salaire d’un agent administratif de la même mairie. L’écart s’explique par la nature du mandat : le maire porte seul la responsabilité de l’exécutif et des pouvoirs de police, quand un adjoint agit par délégation et qu’un agent applique les décisions prises par les élus.
| Fonction | Montant brut mensuel | Nature |
|---|---|---|
| Maire | 2 289,56 € | Indemnité, taux maximal de droit |
| Adjoint au maire | 878,83 € | Indemnité, taux maximal |
| Secrétaire de mairie | 1 867,02 € | Salaire, temps plein porté au Smic |
Pourquoi l’indemnité ne se négocie pas
Contrairement à un salaire, l’indemnité du maire n’est jamais discutée avec un employeur. Son montant maximal est fixé par la loi, et le conseil municipal ne peut le réduire que par une délibération publique, votée en séance et consultable par tout habitant. Un habitant qui veut connaître l’indemnité de son maire n’a donc rien à demander en confidence : la délibération figure dans le recueil des actes de la mairie.
Dans les communes de plus de 20 000 habitants, la transparence va plus loin : le maire doit déclarer son patrimoine et ses intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) dans les deux mois suivant son entrée en fonction, en application de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013. Une omission ou une fausse déclaration est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
Sommaire
- Le barème légal, par taille de commune
- Les communes de moins de 3 500 habitants : le taux maximal de droit
- Majorations et cumul avec d’autres mandats
- Ce qu’il reste après CSG et CRDS
- Cumuler l’indemnité avec un emploi salarié
- Frais de représentation et de déplacement
- Comparaison avec des postes proches, en mairie
- Pourquoi l’indemnité ne se négocie pas
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