Le chômage est reparti à la hausse au printemps 2026. L’Insee a publié le 7 août un taux de 8,3 % pour le deuxième trimestre, en progression de 0,2 point sur trois mois, soit 2,7 millions de personnes sans emploi au sens du Bureau international du travail.
Ce chiffre unique recouvre des situations très inégales. Un jeune actif sur cinq est au chômage quand la proportion tombe à un sur dix-huit chez les plus de 50 ans. Entre les Hauts-de-France et la Bretagne, l’écart dépasse trois points.
Voici les indicateurs à jour, avec pour chacun sa source officielle et sa période de référence exacte.
8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026
Selon l’enquête Emploi de l’Insee, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026. Il progresse de 0,2 point par rapport au premier trimestre, où il atteignait 8,1 %.
Le nombre de chômeurs augmente de 62 000 sur le trimestre pour atteindre 2,7 millions de personnes. Être chômeur au sens du BIT suppose trois conditions simultanées : être sans emploi, être disponible pour travailler dans les deux semaines, et avoir cherché activement un emploi au cours du mois précédent.
Une précision de méthode change la lecture des séries longues. Depuis 2026, l’Insee publie ses indicateurs nationaux sur le champ France y compris Mayotte, avec des séries rétropolées. Les comparaisons avec les publications antérieures à ce changement demandent donc de la prudence.
Les jeunes trois fois plus touchés que les seniors
Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,4 point sur le trimestre. Plus d’un jeune actif sur cinq est donc sans emploi.
Ce chiffre demande une lecture prudente. Il rapporte le nombre de jeunes chômeurs au nombre de jeunes actifs, et non à l’ensemble de la classe d’âge. La majorité des 15-24 ans étant en études, la population active de référence reste étroite, ce qui mécaniquement gonfle le taux.
| Tranche d’âge | Taux de chômage T2 2026 | Évolution sur le trimestre |
| 15-24 ans | 21,6 % | +0,4 point |
| 25-49 ans | 7,5 % | +0,2 point |
| 50 ans et plus | 5,5 % | +0,3 point |
Les seniors affichent le taux le plus bas, mais leur situation comporte un revers connu. Une fois au chômage après 50 ans, la durée de recherche s’allonge nettement, ce qui alimente le chômage de longue durée.
671 000 personnes au chômage depuis plus d’un an
Le taux de chômage de longue durée s’établit à 2,1 % de la population active au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,1 point. Il concerne 671 000 personnes, soit 36 000 de plus qu’au trimestre précédent.
Cette catégorie regroupe les personnes qui déclarent chercher un emploi depuis au moins un an. Elle constitue l’indicateur le plus révélateur des difficultés structurelles du marché du travail, car elle réagit plus lentement que le taux global aux variations de conjoncture.
Pour les personnes concernées, la formation reste l’un des leviers mobilisables pendant cette période. Les conditions d’indemnisation varient selon les dispositifs, un point que nous détaillons dans notre article sur la formation pendant le chômage. En fin de droits, le relais est pris par le RSA, dont le montant s’élève à 651,69 € mensuels pour une personne seule depuis le 1er avril 2026.
Pourquoi les chiffres de France Travail diffèrent
Deux séries statistiques coexistent en France et ne mesurent pas la même chose. Le taux BIT de l’Insee repose sur une enquête auprès des ménages. Les chiffres de France Travail comptent les personnes inscrites sur ses listes.
D’après les statistiques France Travail-Dares publiées le 28 juillet 2026, la catégorie A compte 3 323 000 inscrits en moyenne sur le deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,8 %. En intégrant les personnes exerçant une activité réduite, les catégories A, B et C réunies atteignent 5 801 500 inscrits, en progression de 1,3 %.
L’écart entre 2,7 millions de chômeurs BIT et 3,3 millions d’inscrits en catégorie A n’a rien d’une contradiction. Un inscrit peut ne pas remplir les critères du BIT, par exemple s’il n’a pas effectué de démarche active le mois précédent. À l’inverse, un chômeur au sens du BIT peut ne pas être inscrit du tout.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour le plein emploi, les séries France Travail sont également affectées par l’inscription automatique de nouveaux publics et par la création des catégories F et G. La Dares publie pour cette raison des séries à champ constant, seules pertinentes pour comparer avec les années antérieures.
Des écarts régionaux qui dépassent trois points
Les taux de chômage localisés les plus récents portent sur le premier trimestre 2026, publiés par l’Insee le 19 juin 2026. Ces données trimestrielles restent provisoires pour le dernier trimestre connu.
| Région | Taux de chômage T1 2026 |
| Hauts-de-France | 9,8 % |
| Occitanie | 9,5 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 8,5 % |
| Île-de-France | 7,9 % |
| Grand Est | 7,7 % |
| Normandie | 7,7 % |
| Centre-Val de Loire | 7,5 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | 7,3 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 7,3 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 7,0 % |
| Corse | 6,8 % |
| Bretagne | 6,6 % |
| Pays de la Loire | 6,6 % |
| France métropolitaine | 7,9 % |
Les Hauts-de-France et l’Occitanie dépassent les 9,5 %, quand la Bretagne et les Pays de la Loire restent sous les 6,7 %. Ces écarts recoupent largement l’histoire industrielle des territoires et la structure de leur tissu économique. Le détail par département est consultable dans les séries de taux de chômage localisés de l’Insee.
Emploi et activité : les autres indicateurs du trimestre
Le taux d’emploi des 15-64 ans s’établit à 69,0 % au deuxième trimestre 2026, en recul de 0,3 point. Il mesure la part des personnes en emploi dans l’ensemble de la classe d’âge, sans distinction de statut ou de temps de travail.
Le taux d’activité, qui additionne les personnes en emploi et les chômeurs, atteint 75,4 %, en baisse de 0,1 point. La combinaison d’un taux d’emploi en recul et d’un taux de chômage en hausse traduit un marché du travail qui se contracte plutôt qu’un simple redéploiement des actifs.
Ce que le taux de chômage ne dit pas
L’Insee estime lui-même l’incertitude autour du taux national et de son évolution trimestrielle à environ 0,3 point. Le passage de 8,1 % à 8,3 % se situe donc à la limite de ce que l’enquête permet de trancher. Un trimestre isolé ne fait pas une tendance, deux trimestres consécutifs commencent à en dessiner une.
Le taux BIT ignore par ailleurs le halo autour du chômage, c’est-à-dire les personnes qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas les critères de disponibilité ou de recherche active. Elles ne sont comptées ni parmi les chômeurs ni parmi les inactifs au sens courant du terme, alors que leur situation ressemble souvent à celle des chômeurs recensés.
Pour votre situation personnelle, le taux national a finalement peu de valeur prédictive. Le taux de votre région, celui de votre tranche d’âge et surtout la tension sur votre métier pèsent bien davantage. Un développeur en Bretagne et un employé administratif dans les Hauts-de-France ne vivent pas le même marché du travail, quel que soit le chiffre publié chaque trimestre. Le niveau de rémunération suit la même logique, comme le montrent les écarts détaillés dans notre analyse du salaire moyen en France.





