L’idée de quitter son travail du jour au lendemain effleure un salarié au moins une fois dans sa vie. En effet, il n’est pas toujours évident de se complaire dans une activité. Les raisons qui poussent un employé à quitter son emploi peuvent-être le manque de satisfaction au travail ou encore la rémunération. Une démission sur un coup de tête peut avoir de nombreuses conséquences. Cependant, il existe des solutions pour ne pas sortir perdant.

Pourquoi quitter son travail ?

Nombreux sont les salariés qui décident de démissionner, cela malgré le fait qu’il est difficile d’obtenir un emploi de nos jours. Voir un employé quitter son travail du jour au lendemain est toujours un coup dur pour une entreprise. Surtout s’il s’agit d’un de ses meilleurs éléments. Les raisons d’une décision aussi radicale sont multiples. Le souci peut venir, soit du salarié lui-même, soit de l’entreprise. Cela peut aussi résulter de la dégradation de l’environnement de travail en général.

Dans le premier cas, il peut s’agir d’une démotivation au travail. Cela est causée par le déséquilibre qui existe entre efforts et récompenses. Le manque de reconnaissance ou de considération peut entraîner la perte de motivation de l’employé. La dynamique d’équipe est aussi un élément important au sein d’une entreprise. Il est difficile pour une personne qui déteste ses collègues ou ses managers de continuer à travailler avec eux.

Plusieurs types de mal-être peuvent être synonyme de démission. Une quantité de travail excessive peut être perçue par le salarié comme une exploitation ou même entrainer un burn-out. Par contre, s’il ne fait rien à longueur de temps, il risque de s’ennuyer ou de faire du bore-out. À ces situations vient parfois s’ajouter la difficulté de concilier travail et vie familiale ou encore le manque de sens.

Les risques en cas de démission ou d’abandon de poste

La différence entre les deux notions réside dans l’absence d’ambiguïté quant au départ du salarié. Lors d’une démission, l’employeur est au courant de la rupture du contrat de travail. En revanche, dans le cas d’un abandon de poste, celui-ci n’est pas prévenu de l’absence prolongée de l’employé. Il faut savoir que ces décisions, l’une comme l’autre, comportent des risques, notamment sur le plan financier. Démissionner n’ouvre pas, entre autres, de droit à une prestation chômage.

Autre détail important, seuls les CDI sont concernés par la démission. Les salariés en contrat à durée déterminée (CDD) doivent arriver jusqu’à la fin de leur contrat.

Certains salariés considèrent l’abandon de poste comme étant une alternative à la démission. Cependant, les risques encourus ne sont pas négligeables. En effet, une absence brusque, prolongée et sans justificatif peut entraîner des sanctions telles que le licenciement pour faute grave. Le salarié en situation d’abandon de poste ne touchera pas de salaire ou des indemnités liées au chômage durant cette période.

L’employé peut même être amené à verser des dédommagements à l’employeur suite aux torts que ce dernier a subis. La situation en est toute autre, s’il s’agit d’un employé en période d’essai. En effet, la rupture du contrat de travail, que ce soit par l’employeur ou le salarié, est possible à tout moment.

Il faudra ainsi réfléchir à tous ces points avant de prendre la décision de quitter son travail du jour au lendemain.

Les solutions pour quitter son travail

Il existe différents moyens de quitter un emploi : la rupture conventionnelle, la résiliation judiciaire, la prise d’acte. Chaque situation possédant ses conditions et ses risques. Prendre un congé est une solution pour quitter un travail. Ainsi l’employé aura l’assurance de ne pas voir disparaître brusquement ses revenus. Il évitera ainsi de prendre la décision de quitter son travail du jour au lendemain.

Prendre un congé pour faire le point

Plusieurs choix s’offrent à l’employé : projet de transition professionnelle ou congé individuel de formation. Il y a aussi le congé sabbatique, congé pour création ou reprise d’entreprise, congé maladie. Dans ce cas, il y a suspension du contrat de travail durant la période où le salarié quitte son poste. Celui-ci le réintégrera à son retour.

Le projet de formation professionnelle est un moyen pour le salarié de quitter son poste pendant 1 an. Cela dans le but d’acquérir de nouvelles compétences. Il permet aussi d’accéder à une qualification professionnelle à un niveau supérieur ou en vue d’une reconversion.

Le congé sabbatique est rarement refusé par l’employeur et permet au salarié de ne pas quitter son travail du jour au lendemain. Cependant, il faut remplir quelques conditions, notamment en termes d’ancienneté.

Un salarié peut également prendre un congé pour créer sa propre entreprise ou reprendre la direction d’une autre. Le refus ou le report de ce type de congé par l’employeur se fait sous des conditions strictes.

Le congé maladie est une solution permettant aux employés qui ne sont plus aptes à travailler correctement de faire une pause. Cependant, nombreux sont ceux qui sont tentés de simuler un accident ou une maladie. Or l’effet est parfois le contraire de celui escompté.

Quitter son travail avec la rupture conventionnelle

La rupture dite « d’un commun accord » est remplacée par la rupture conventionnelle en 2008. La Cour de cassation et les autorités administratives sont plutôt positives à son égard. Ce n’est pas le cas des confédérations syndicalistes. En effet, certains employeurs s’en servent pour éviter de licencier un salarié, en mettant ce dernier sous pression. Toutefois, cette solution reste un bon compromis, en permettant d’ouvrir des droits d’allocation chômage au salarié. C’est-à-dire 1/5 d’un mois de salaire, multiplié par les années d’ancienneté. Le salarié peut même obtenir des indemnités plus élevées s’il négocie lui-même ou par l’intermédiaire d’un avocat.

Quitter son travail avec la prise d’acte ou la résiliation judiciaire

La prise d’acte de la rupture du contrat de travail est la solution adéquate si la faute revient à l’employeur. Il peut s’agir d’un cas de non-paiement, d’harcèlement, etc. On parle également de rupture par le salarié du fait de l’employeur. Une prise d’acte peut produire deux effets selon la Cour de cassation. Le premier est celui d’une démission tandis que le second est celui d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. La différence réside dans le fait que la prise d’acte est justifiée ou pas.

La résiliation judiciaire est également une initiative du salarié. Contrairement à la prise d’acte où l’employeur est directement notifié par l’employé, cette action passe par le Conseil Prud’homme. Cette alternative est conseillée dans le cas où des doutes subsistent quant à la gravité des faits reprochés.