Travailler avec Uber

Avec Uber, deux activités bien différentes se développent en France : les courses en VTC avec l’application Uber, et la livraison de repas avec Uber Eats. Dans les deux cas, la grande majorité des personnes qui travaillent avec la plateforme ne sont pas salariées : ce sont des chauffeurs et des livreurs indépendants, rémunérés à la course ou à la livraison. Une équipe salariée, plus restreinte, fait tourner la technologie et la relation client depuis les bureaux d’Uber en France. Voici les métiers qu’on y trouve, la différence de statut entre ces deux mondes, et ce que cela change concrètement.

40 000chauffeurs partenaires VTC d’Uber en France en mai 2024, contre 30 000 avant la crise sanitaire
65 000livreurs indépendants travaillent avec Uber Eats en France, selon son directeur général France en mai 2025
32agglomérations françaises couvertes par l’activité VTC d’Uber en mai 2024

Les métiers que l’on trouve chez Uber

Uber emploie très peu de monde en direct. L’essentiel de l’activité, courses VTC et livraisons Uber Eats, repose sur des partenaires indépendants qui utilisent l’application sans être salariés de la plateforme. À côté, une petite équipe de salariés en CDI fait tourner la technologie, les données et la relation client depuis les bureaux d’Uber en France.

Les partenaires indépendants. Chauffeurs et livreurs facturent leurs courses ou leurs livraisons à Uber, le plus souvent sous le statut de micro-entrepreneur.

Les salariés en CDI. Dans les bureaux d’Uber en France, une équipe plus restreinte développe l’application, analyse les données de courses et de livraisons, et gère la relation avec les utilisateurs et les partenaires.

Le statut d’indépendant des chauffeurs et livreurs partenaires

Un chauffeur ou un livreur partenaire d’Uber n’est pas salarié de l’entreprise au sens du code du travail. Il choisit ses horaires de connexion, facture ses courses ou ses livraisons, et supporte seul les charges du statut indépendant (cotisations, assurance, matériel). Uber reste cependant une plateforme qui fixe les tarifs, attribue les courses par algorithme et peut suspendre un compte selon la notation laissée par les utilisateurs.

Cette organisation alimente un débat juridique ancien. La Cour de cassation avait jugé en 2020 que le statut d’indépendant d’un ancien chauffeur Uber était fictif et qu’il devait être requalifié en salarié. En février 2026, l’Urssaf d’Île-de-France a réclamé 1,7 milliard d’euros à Uber, dont 1,2 milliard de cotisations et 512 millions de majorations, estimant que la plateforme avait maquillé une relation salariale en contrat d’entreprise pour environ 71 000 chauffeurs actifs entre 2019 et 2022. Deux arrêts rendus en juillet 2025 par la Cour de cassation ont toutefois confirmé le statut d’indépendant dans d’autres dossiers : la question se tranche au cas par cas.

Le prix payé par la cliente ou le client ne correspond pas à ce que touche le chauffeur : Uber applique une tarification dynamique, ajustée par un algorithme selon la demande, et prélève une commission sur chaque course. Un accord entre les plateformes de VTC, dont Uber, et les représentants des chauffeurs fixe depuis le 26 mars 2024 des planchers de rémunération : 9 € minimum par course, 1 € par kilomètre parcouru et 30 € par heure d’activité.

Pour les livreurs à vélo ou à deux-roues, les relations avec les plateformes sont encadrées depuis 2022 par l’ARPE, l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi, qui organise l’élection de leurs représentants et publie chaque année l’évolution de leurs revenus horaires sur chaque plateforme.

Avantages et inconvénients de travailler avec Uber

Ce qui plaît

  • La liberté horaire des partenaires indépendants, qui se connectent et se déconnectent de l’application quand ils le souhaitent.
  • Un revenu complémentaire possible, à côté d’une autre activité ou pendant une transition professionnelle.
  • Un démarrage rapide, sans diplôme requis pour livrer, et avec une carte professionnelle VTC pour conduire.

Ce qui pèse

  • L’absence de protection sociale classique : pas d’assurance chômage, une couverture maladie et une retraite réduites au minimum du régime des indépendants.
  • Un revenu instable, qui varie selon la demande, les heures travaillées et la tarification dynamique de l’algorithme.
  • Une dépendance à la plateforme, qui fixe les règles d’attribution des courses et peut suspendre un compte sur la base des notations.

Autres lieux proches

Deliveroo applique le même modèle indépendant à ses livreurs, avec la même régulation ARPE. Amazon, de son côté, emploie des salariés en entrepôt tout en recourant à des livreurs sous-traitants qui ne sont pas salariés Amazon.

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