Travailler dans un orphelinat

Le mot « orphelinat » a disparu du vocabulaire administratif français depuis les années 1970, mais c’est toujours lui que les internautes tapent dans un moteur de recherche. Voici ce qu’il recouvre réellement aujourd’hui, pourquoi les enfants qui vivent dans ces structures sont rarement orphelins au sens strict, et les métiers que vous y exercerez si vous voulez travailler auprès d’eux.

5 170enfants avaient le statut de pupille de l’État au 31 décembre 2023, l’équivalent légal le plus proche du mot « orphelinat » aujourd’hui, soit 36 pour 100 000 mineurs (ONPE)
12 %des pupilles de l’État admis en 2023 l’ont été en tant qu’orphelins de père et de mère : la grande majorité des autres arrive après une décision judiciaire ou une remise à l’aide sociale à l’enfance (ONPE)
123 800professionnels travaillaient fin 2024 dans les services sociaux et médico-sociaux des départements, dont 21 % dans l’aide sociale à l’enfance hors assistants familiaux (DREES)

Les métiers que l’on trouve dans ce type de structure

Une structure d’accueil pour enfants sans soutien familial réunit des professionnels de l’éducatif, du soin et de l’accompagnement psychologique, qui se relaient pour couvrir une présence quasi continue. Six de ces métiers ont leur fiche complète sur ce site.

« Orphelinat », un mot resté dans les recherches mais plus dans la loi

L’administration française a abandonné le terme « orphelinat » dans les années 1970, au profit de catégories plus précises selon l’âge et la durée de la prise en charge : le foyer de l’enfance pour l’urgence, la pouponnière pour les tout-petits, et la maison d’enfants à caractère social (Mecs) quand le relais est pris par une structure associative. Ce découpage remplace l’image d’un bâtiment unique qui regrouperait tous les enfants sans parents, quel que soit leur âge.

Cette image, justement, ne correspond plus à la réalité des enfants accueillis. Un enfant réellement orphelin, c’est-à-dire ayant perdu ses deux parents, reste une situation rare parmi les enfants placés en France : la plupart des placements répondent à un danger constaté au sein de la famille (négligence, violence, incapacité des parents à exercer leur rôle), pas au décès des parents. Même parmi les enfants qui obtiennent le statut juridique le plus proche de l’orphelin, celui de pupille de l’État, l’orphelinage véritable ne concerne qu’une minorité des admissions, comme le montrent les chiffres ci-dessus.

Le mot n’a pourtant pas disparu partout. Du côté des associations caritatives, en particulier celles qui soutiennent des enfants à l’étranger ou sollicitent des dons, « orphelinat » reste un terme courant, y compris pour désigner des structures où une partie des enfants a encore un parent vivant. C’est un choix de langage, tourné vers un public qui comprend immédiatement de quoi il s’agit, plus qu’une description administrative exacte.

Avantages et inconvénients de travailler avec des enfants sans soutien familial

Ce qui plaît

  • Le sens de l’utilité, concret et visible dans le quotidien de chaque enfant accompagné.
  • Le lien humain, souvent fort, qui se construit avec des enfants suivis parfois sur plusieurs années.
  • Le travail en équipe, entre éducateurs, psychologue et personnel soignant, pour prendre les décisions qui comptent.

Ce qui pèse

  • Une charge émotionnelle réelle, nourrie par des histoires de vie heurtées dès le plus jeune âge.
  • Le manque chronique de personnel, qui touche l’ensemble du secteur de la protection de l’enfance.
  • Une rémunération modeste, qui ne reflète pas toujours le niveau de responsabilité confié.

Autres structures de la protection de l’enfance

L’accueil des enfants sans soutien familial passe aussi par d’autres types de structures, selon l’âge de l’enfant et le caractère durable ou non du placement.

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